‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 348 sur 469 · Illaen. Salteri. Barr · texte numérisé non relu

Illaen. Salteri. Barr

1847. ? Illaenus attenuatus Cord. Prodr. p. 54. (fragm. indist.)

Illaenus limbatus. Cord. ibid.

L’ensemble du corps est ovalaire, plus ou moins alongé, suivant que l’on considère la forme longue ou la forme large. Dans la première, le rapport des axes est de 5:3, tandisqu’il est de 6 : 5, dans la seconde. La tête et le pygidium occupent chacun une longueur plus grande que le thorax; mais ce rapport varie un peu suivant les individus. Le contour extérieur de la tête forme une demi-ellipse; le contour intérieur est un peu concave vers l’avant. L’angle gênai est arrondi. L’ensemble de la surface céphalique est très-bombé dans tous les sens ; le point culminant est au centre. La glabelle est marquée par deux sillons dorsaux distincts, un peu convexes l’un vers l’autre, et qui disparaissent, dans la plupart des exemplaires, au milieu de la longueur de la tête. Dans quelques individus, on aperçoit une impression concentrique au bord frontal, et qui semble être la courbe de réunion des sillons dorsaux, limitant la glabelle. La suture faciale est presque parallèle à l’axe, dans tout l’ensemble de son cours. Les yeux, fort petits, sont situés à mi-distance, entre le sillon dorsal et le bord latéral de la joue, au quart de la longueur de la tête, à partir du bord postérieur. Le moule nous montre leur surface réticulée,

que nous avons dessinée. La joue mobile est triangulaire, assez grande. La doublure sous-frontale du test, que nous figurons, s’étend sur le quart de la longueur de la tête.

L’hypostôme probable de cette espèce se trouve isolé, dans les mêmes schistes, , avec celui de El. Panderi. Ils offrent des formes très-analogues l’une longue, l’autre large. On peut les comparer sur la PI. o5 et on reconnaîtra sur chacune d’elles les mêmes traits. Au milieu est un corps très-bombé dans les deux sens. Il est ovale, et suivi, vers la bouche, d’une surface en croissant, séparée de lui par une forte rainure. La surface de ce croissant est elle même bombée, et isolée du véritable bord par un sillon distinct. Le bord frontal convexe, relevé, s’élargit sur les côtés, pour former les aîles assez développés et courbées en arrière. Le bord latéral est étroit, relevé, épaissi et échancré, au droit du corps central. Plus loin, vers la bouche, il s’aplatit, en formant deux pans coupés le long du croissant, et présente deux pointes larges, par suite d’une profonde échancrure. Cette extrémité rappèle la fourche de l’hypostôme des Asaphus et des Calymene.

10 segmens au thorax, nombre constant sur un grand nombre d’exemplaires bien conservés. L’axe saillant, bien déterminé par des sillons dorsaux larges et profonds, a peu de relief au dessus des lobes latéraux, entre lesquels il se trouve comme encaissé, et qui occupent un peu plus d’étendue que lui. Sa largeur diminue au moins d’un quart, entre la tête et le pygidium. Les lobes latéraux, déprimés vers l’axe, se bombent fortement au milieu, avant de s’incliner vers le dehors, à peu-près à 35°. Chacune des plèvres porte, à son origine, dans le sillon dorsal, près du bord postérieur, une petite cavité conique, qui est aussi marquée sur le bord occipital et sur le bord antérieur du pygidium. Leur coude varie à partir du quart , jusques vers le milieu de leur longueur, en raison de l’amincissement de l’axe.

Le pygidium a la forme d’une demi-ellipse, plus ou moins alongée, plus ou moins amaigrie vers l’arrière, suivant que l’individu représente la forme longue ou la forme large. Sa surface est bombée, d’une manière régulière, en tout sens, lorsqu’elle n’a pas été aplatie par la compression. Son contour forme un talus qui devient presque horizontal vers 1e. bord. Nous distinguons la trace de l’axe sur la plupart des individus, jusques vers le tiers de la longueur, ou elle disparaît. La doublure du test s’étend sur la moitié de la largeur correspondante. Son impression inférieure est marquée par des stries concentriques aux bords.

Le test ne s est pas conservé dans les schistes. Nous voyons par quelques impressions, que sa surface était ornée de cavités assez fortes, que nous observons surtout sur les joues.

Dimensions. D apres la plus grande tête isolée que nous possédons, certains individus de cette espèce ont atteint une longueur d’environ 110 m.m. sur une largeur maximum de 40 m.m.

Gisem,. et local. Cette espèce, comme les précédentes, caractérise notre étage des quartzites D. Elle apparaît dans la formation des schistes noirs feuilletés, dans lesquels nous' l’avons recueillie, près Trubin, aux environs de Béraun. Elle est rare à cette hauteur. Elle a eu son grand développement, dans la formation immédiatement superposée, des schistes très-micacés, sur la surface desquels elle est très-répandue. Nous l’avons trouvée dans cet horizon, aux environs de Praskoles, Wotmitz, Zahorzan, Wraz, et Lodenitz, localités situées sur le côté Nord-Ouest de notre bassin. Nous l’avons également découverte sur le côté Sud-Est, à Radausch et à Lazowitz. Elle existe aussi à Bracz et à Stërboholy, vers l’extrémité Nord-Est de la formation, c. à d. au point diamétralement opposé à Praskoles. Nous la considérons donc comme très-caractéristique pour les schistes très-micacés.

Dapp. et di/fer. Parmi les Illaenus de Bohême, III. Salteri étant le seul à 10 segmens thoraciques, se trouve suffisamment distingué par ce fait. III. distinctus, celui de tous qui offre le plus d analogie avec lui, a des sillons dorsaux prolongés jusqu’au bord frontal, ce qui ne permet pas de le confondre.

Sous le nom de El. limbatus , M. Corda a décrit un exemplaire de El. Salteri , appartenant au Musée Bohême. Par suite d’une brisure, la tête paraît très-raccourcie Le bord du pygidium

GENRE ILLAENUS. DALMAN

étant enlevé, on voit la doublure, que M. Corda a considérée comme un limbe. Le nom spécifique étant fondé sur un caractère qui n’existe pas, ne nous a pas paru pouvoir être conservé.

Plusieurs espèces étrangères, à 10 segmens, offrent des rapports plus ou moins rapprochés avec III. Salteri. Nous les distinguons comme il suit:

1. Ill, crassicauda diffère, par la forme plus courte et plus arrondie de sa tête et de son pygydium ; par ses yeux beaucoup plus gros, par la largeur plus grande de l'axe thoracique, et par les stries qui ornent toute la surface du corps. Si Ihypostôme que Sars a figure est exact, il fournirait encore un moyen puissant de distinction, car il est arrondi au bord buccal, au lieu de présenter la fourche que nous montre l’espèce de Bohême.

2. III. Davisii. Sait, a le pygidium très-arrondi, presque en demi-cercle, et laxe du thorax plus large que les lobes latéraux. Ces deux caractères établissent suffisamment son indépendance, par rapport à III. Salteri.

5. III. Portlocki. Sait, est fortement 'caractérisé, comme M. Salter le fait observer, par la forme de ses plèvres, dont le talus, ou partie externe est inclinée presque à angle droit. Cette disposition est très-opposée à celle que nous montre l’espèce Bohême comparée. On voit d’ailleurs, d’après la figure donnée par le Capt. Portlock (geol. Rep. PL X. fig. 7 .) que laxe de 1 espèce Irlandaise est beaucoup plus large et se prolonge jusques vers 1 extrémité du pygidium.

A. III. perovalis Murch. a le thorax plus long que le pygidium, et que la tête, considérés isolément. Ce caractère contraste avec les proportions de III. Salteri, dont le thorax est toujours plus court que chacune des deux autres parties du corps. L espèce Anglaise se distingue en outre, par l’axe circonscrit au pygidium.

5. III. Murchisoni. Sait, se rapproche de la forme Bumastoide, par la très-grande largeur de son axe thoracique ; ce qui nous dispense de tout parallèle.

6. III. tauricornis Kut. porte de longues et fortes pointes génales, des yeux très-saillans et très-développés, caractères très-contrastans avec ceux de notre espèce.

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