III. mïnutus. Cord. ibid. p
La figure générale de ce Trilobite est sub-rectangulaire, terminée par deux demi-cercles. Sa tête, abstraction faite des tubercules oculaires, pourrait être comparée à un quart de sphère, et lorsque l’animal est placé dans sa position naturelle, horizontale, tout le contour céphalique forme une paroi verticale, très-élevée au front. Les sillons dorsaux, à partir du bord postérieur, figurent une courbe en S très-prononcée, dont les sinus,- convexes à l’axe, rétrécissent fortement la glabelle, au droit des yeux. Ils disparaissent en atteignant l’angle antérieur du lobe palpébral. La surface visuelle est annulaire et verticale. Sa cornée lisse nous permet quelquefois d’apercevoir la trace des lentilles très-petites, en rangées obliques, très-serrées, comme celles des Asaphus. Sous l’oeil, on voit un bourrelet annulaire, très-enflé, qui en fait la base, et qui paraît se développer de plus en plus avec l’âge. On le remarque aussi dans le type, Bum. Barriensis. Le lobe palpébral est horizontal, un peu bombé dans les adultes, et terminé en dehors par un demicercle, qui affleure la surface réticulée. Vers l’intérieur, il se prolonge jusqu’au sillon dorsal. La suture faciale part du bord postérieur de la tête, non loin de l’angle arrondi des joues; elle contourne l’oeil, et descend ensuite suivant une direction courbée en S, de manière à couper le bord frontal par un sinus concave vers l’axe, au droit de la projection du centré de l’oeil. Au dessous de l'arête frontale est une suture rostrale, qui détache la doublure, dont la forme est figurée. Dans divers individus, surtout dans ceux qui ont les plus grandes dimensions, le bord frontal cesse d’être convexe. Dans les uns il devient rectiligne, sur une étendue égale à la distance des yeux. Dans d’autres, il prend une concavité marquée, par l’effet d’une échancrure. Ces modifications sont si graduées, sur les divers exemplaires, que nous devons les considérer comme individuelles et en rapport avec les progrès de l’âge.
10 segmens au thorax. L’axe occupe les deux tiers de la largeur totale. Il est faiblement bombé et séparé des lobes latéraux par une inflexion, ou sillon dorsal très-peu prononcé. Sa largeur, à peu-près équivalente vers les deux extrémités, est sensiblement plus grande vers le milieu du tronc. Ses anneaux sont séparés par de faibles rainures. Les plèvres n’offrent aucune trace de sillon dans leur longueur. Elles forment un arc peu courbé, dont la concavité est tournée vers l’avant. Leur bout est arrondi, et leur talus porte un large biseau, toujours imbriqué, même lorsque l’animal est étendu.
Le pygidium a un contour extérieur à peu-près semi-circulaire. Sa surface est fortement et régulièrement bombée, presque comme un quart de sphéroïde. Cependant, le bord tend à devenir horizontal. Le contour contigu au thorax figure un arc aplati, concave vers l’arrière. Au milieu, on aperçoit le genou articulaire, comme une bande très-étroite, indiquant la seule trace de l’axe, sur cette partie du corps. De chaque côté, on distingue aussi l’inflexion ou sillon dorsal, à partir duquel la surface articulaire, représentant le biseau du premier segment, s’étend jusqu’au contour extérieur. Le sillon déterminant le genou sur l’axe se prolonge un peu derrière la facette dont nous parlons, et lui donne l’air d’une côte. Ces apparences se voient aussi bierj sur le test que
sur le moule. La doublure du test s’étend sur un quart de la largeur. Il existe entr’elle et le test un vide, que nous trouvons rempli par la roche, et qui a jusqu’à 2 m. m. d’épaisseur dans certains exemplaires.
Le test de cette espèce est orné, principalement près des bords extérieurs, de plis-sillons sub-réguliers, entre lesquels on aperçoit une grande quantité de points creux. Le milieu de la surface de la tête et du pygidium montre à peine les traces des stries, mais il est couvert de petites cavités. Nous remarquons aussi, dans les plus jeunes individus, que les stries paraissent peu, et seulement sur les bords, tandisque toute la surface est scrobiculeuse. La doublure sousfrontale et celle du pygidium portent des plis-sillons très-prononcés, concentriques aux contours, et sub-réguliers, presque parallèles entr’eux. On ne voit sur ces parois aucune trace des cavités caractéristiques de la paroi dorsale.
L’enroulement est constaté.
Dimensions L’individu complet figuré a une longueur de 42 m. m. sur 32 de largeur maximum, au droit du sillon occipital. D’après divers fragmens, nous évaluons à environ 120 m. m. la taille des plus grands adultes.
Gisem1 . et local. Gette espèce est caractéristique pour les bancs de notre étage calcaire inférieur E, où ses traces sont répandues en beaucoup de localités, très-distantes les unes des autres. Nous citerons, à partir de Prague, les escarpemens de Wiskocilka, Tachlowitz,. les collines entre Luzetz et Lodenitz, S1. Iwan, les collines dites Listice, le lieu dit Ratinka près Béraun, &c. Un seul individu a été trouvé entier. Les débris de lll. Bouchardi sont habituellement associés avec Cheir. insignis, Sphaer. mirus, Areth. Konincki , Lichas scabra, Leptaena depressa , Ter. obovata, fyc.
Rapp. et différ. Cette espèce a beaucoup de ressemblance avec les autres Trilobites, constituant la section des Bumastus.
I. III. Barriensis, type de ce sous-genre se distingue: — 1. par son contour frontal arrondi à tous les âges, ainsi que le montre le bel individu figuré par J. W. Salter (Dec. II.); — 2. par deux lobes arrondis, au droit des yeux, à l’intérieur du sillon dorsal, de chaque côté de la glabelle — 3. par un tubercule ornemental, placé sur l’axe, en avant de la trace du sillon occipital.
II. III. Trentonensis, s’il a seulement les 9 segmens thoraciques, indiqués sur la figure citée, serait suffisamment différencié par cette circonstance. En faisant abstraction de ce moyen de distinction, ce Trilobite présente des caractères spécifiques bien marqués, savoir: — I. L’absence complète de toute trilobation au thorax, dont les segmens ne montrent pas même l’inflexion constante, séparant l'axe des plèvres, dans les congénères d’Europe. - — 2. La forme sub-triangulaire de la tête et surtout du pygidium, dont la partie médiane fait une sorte de promontoire, au droit de l’axe, vers l’arrière. Nous n’indiquons ces caractères que d’après la figure donnée par J. Hall, et représentant le moule d’un exemplaire perdu. — 3. M. Salter qui a vu un spécimen de cette espèce, recueilli au Canada par le Dr. Bigsby, a remarqué que l’angle gênai n’est pas arrondi comme dans les autres Trilobites de ce groupe. Ce fait compléterait l’indépendance de l'espèce Américaine.
Observation. Illaen. minutas Cord. a été décrit dans le Prodrôme (p. 53), comme le pygigium d’une espèce particulière. Le morceau qui a servi aux observations de M. Corda, appartient à la collection Hawle, et se trouve en ce moment sous nos yeux. Nous y reconnaissons la pièce médiane de la tête d’un jeune individu de lll. Bouchardi, très-bien caractérisée et parfaitement conservée avec le test. Les lobes palpébraux sont très-distincts et les joues mobiles manquent. Cette pièce a été trouvée parmi les fragmens nombreux des adultes de cette espèce, non pas à Khoda comme M. Corda l’a écrit par erreur, mais sur les collines dites Listice, à l’Est de Béraun. Les bancs qui fournissent lll. Bouchardi et ses contemporains, ne sont pas visibles à Khoda.
GENRE ILLAENUS. DALMAN.