‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 370 sur 469 · Acidasp. mira. Barr · texte numérisé non relu

Acidasp. mira. Barr

1816. Odontopleura

1846. Odont.

1847. Odont.

Odont.

Odont.

mira.

cornuta.

mira.

Hoseri.

crassicornis.

Barr. Not. prélim. p. 57.

Beyr. Unters. üb. Trilob. II. p. 22. PL III. fig. 5. (glabelle.)

Cord. Prodr. p. 149. PL 7. fig. 78.

Cord. Prodr. p. 150.

Cord. Prodr. p. 155.

L’ensemble du corps est ovalaire, plus ou moins alongé, suivant la forme longue ou la forme large. La tête occupe environ le tiers et le pygidium le dixième de la longueur totale, sauf les variations individuelles dans les proportions.

La surface céphalique est assez fortement bombée. Son contour figure un pentagone, dont tous les côtés sont rectilignes. Le bord frontal et le bord thoraciques sont parallèles. La joue mobile fournit deux autres côtés inégaux, dont le plus long, commençant au front, est incliné à 50u par rapport à l’axe, tandisque le second forme un pan coupé, à angle droit sur la direction de la pointe génale.

La partie antérieure de la suture faciale fait un angle de 4-5" avec l’axe, ce qui donne à cette espèce une apparence particulière, parmi ses congénères.

Le bord frontal est mince, relevé verticalement, et détermine à l’intérieur une petite rainure bien marquée. Le corps médian de la glabelle est très-prononcé, cylindroide, un peu évasé au front et élargi au droit du lobe postérieur. Les faux sillons qui le limitent sont très-marqués, et à peu-près parallèles à l’axe. Tous les exemplaires bien conservés nous montrent distinctement trois sillons latéraux sur la glabelle. Le sillon antérieur est très-rapproché du front et n est séparé du sillon moyen que par un intervalle très-étroit. Le sillon postérieur placé à mi-distance entre le sillon moyen et le bord occipital, détermine deux lobes isolés en forme de tubercules enflés et un peu irréguliers. Les sillons dorsaux, bien que distincts, sont peu profonds; ils aboutissent, vers l’avant, au sillon antérieur de la glabelle, et vers l’arrière, à l’angle rentrant du contour céphalique.

Le sillon occipital indiqué par la chûte du corps central, se confond, dans sa partie médiane, avec la surface déprimée de l’anneau occipital. Ses extrémités biiurquées déterminent un lobe peu distinct, derrière le lobe postérieur de la glabelle. L’anneau occipital se prolonge vers le thorax, par une surface aplatie, qui donne naissance, de chaque côté, à une pointe cylindroide, relevée à 30°, divergente par rapport à l’axe, et atteignant le milieu du corps. Il n existe ordinairement aucun tubercule entre les deux pointes, sur l’anneau occipital.

Le triangle interne de la joue fixe est très-b'en défini, entre le sillon dorsal et la rainure du filet oculaire. 11 figure une surface alorigée, qui, au droit de l’oeil, présente une largeur égale à celle du lobe postérieur de la glabelle. Il se rétrécit très-rapidement vers l’avant, par suite de l’angle d’environ 45°, que forme le filet oculaire avec l’axe. Ce filet, bien prononcé, est rectiligne depuis le front jusqu’à l’oeil, au delà duquel il se prolonge par le lobe palpébral, dont nous allons parler.

En dehors du filet de L’oeil, jusqu’à la suture faciale, se trouve une petite bande plate et très-étroite vers l'arrière. Elle s’élargit un peu en s’approchant du front, où sa surface forme une cavité triangulaire, très-distincte dans les plus grands individus, mais difficile à reconnaître dans la plupart des autres.

L'oeil est situé au droit du centre du lobe postérieur, à mi-distance entre le sillon dorsal et le bord latéral de la joue. Il est élevé sur haut d’un pédoncule, de 5 à 6 millimètres de longueur. Ce support, de forme cylindroide, est oblique, environ à 45°, par rapport au plan du corps, mais par suite de la compression subie, il se présente sous diverses directions, relativement

à celle du filet oculaire, avec lequel il est en connexion. L’état plus ou moins avancé de décomposition de divers individus nous permet d’observer bien clairement les deux parties dont se compose le pédoncule. Elles se séparent aisément, par suite de la suture faciale, qui les divise. L’une de ces parties est le lobe palpébral, figurant une bande plate, alongée, dont le sommet s’élargit et se bombe, en forme de cuillère, au droit de la surface visuelle. L’autre portion de la paroi du pédoncule est demi-cylindrique. Au sommet, elle se dilate pour donner naissance à la surface réticulée, qui a la forme ovoide, comme dans diverses espèces congénères. Nous distinguons très-bien, à la loupe, les lentilles rangées en quinconce, et un peu saillantes, qui occupent sa superficie. Nous ferons remarquer, que le lobe palpébral s’étend jusqu’au sommet de l’ovoide, et qu’ainsi la surface visuelle n’occupe guères que la moitié du contour horizontal.

La joue mobile est tres-étroite dans toute son étendue; sa largeur maximum ne dépasse pas celle de la joue fixe. Elle forme un talus incliné à 30°, mais de peu de hauteur. Nous remarquons dans cette espèce, comme dans Acid. Bachi, que la pointe génale, qui est forte, et cylindroide, prend naissance sur la surface même de la joue, un peu à l’intérieur du limbe qui entoure celle-ci. Cette pointe diverge à 45°. Le limbe du contour est formé par un bourrelet assez large, déterminant à l’intérieur une rainure marquée. Sur son arête externe, sont disposées

10 à 14 épines, horizontales, augmentant progressivement de longueur, depuis le front jusques vers l’angle gênai. Elles sont dirigées vers l’avant, à peu-près normalement au hord, et les plus longues atteignent environ 4 m. ni.

L’hypostôme, que nous voyons en place sur divers exemplaires, a une forme trapézoïdale. Le corps central, peu bombé, est divisé en 3 parties, par deux impressions très-larges et profondes, qui pénètrent sa surface, à partir du contour frontal. Ces impressions détachent, de chaque côté, une sorte de bourrelet oblique à 43°, qui va se fondre vers l’arrière, avec la partie médiane, sub-carrée. Les bords latéraux sont très-larges; le bord buccal, profondément échancré, forme deux lobes arrondis. - Nous voyons cet hypostôme soudé immédiatement à l’arête du bord frontal de la glabelle. Ainsi, dans ce cas, la suture hypostomale devient une suture marginale.

9 segmens au thorax. L’axe, très-bombé, un peu moins large qu’un lobe latéral, diminue très-peu de largeur depuis la tête jusqu’au pygidium. Ses anneaux sont séparés par des rainures profondes, presque aussi larges qu’eux. Leurs extrémités sont un peu projetées en avant et

enflées en forme de nodule. Les plèvres sont horizontales dans toute leur étendue, et s’inclinent à peine vers leur extrémité, ornée de plusieurs pointes. Leur bourrelet, naissant derrière le nodule de l’anneau, est sensiblement arqué, cylindroide, et occupe environ le tiers de la surface.

11 se tuméfie vers le bout, à l’origine de sa pointe, et il porte, en cet endroit, un tubercule

spiniforme trés-développé, ordinairement brisé. La pointe principale, cylindrique, dérivant de ce bourrelet, varie beaucoup en direction et en longueur, suivant la position du segment auquel elle appartient. Dans le premier segment, elle se courbe un peu vers l’avant, comme dans Acid. Verneuili; dans le second, elle est à peu-près transverse, et dans les suivans, elle s’arque de plus en plus vers l’arrière. Dans le 9e elle figure un arc très-concave vers l’axe. La longueur varie en même temps. La première pointe a de 5 à 7 m. m. dans les adultes, tandisque la 6e, qui est ordinairement la plus, développée, a jusqu’à environ 20 m. m. Les pointes suivantes se raccourcissent progressivement, de sorte que la 9e reproduit à peu-près la longueur de la

première.

La bande postérieure, étroite, forme une petit talus, peu incliné vers l’arrière, et elle remplit la concavité du bourrelet. La bande antérieure, plus large que le bourrelet principal, en est séparée par une rainure très-marquée et porte elle même un bourrelet secondaire. Celui-ci est aplati, rectiligne, peu saillant et il s’élargit à partir du sillon dorsal, jusqu’au bout externe, où il se coude, pour aboutir obliquement sur la partie tuméfiée du bourrelet principal. Il donne naissance à une pointe méplate, qui croît successivement en longueur, à partir du premier segment, où elle a 4 m. m. jusqu’au 8”, où elle en a 5 à 6. Elle n'existe pas dans le 9e segment,

et sa place est occupée par une petite épine. Dans tous les segmens où elle se trouve, son

GENRE ACWASPIS. MURCHISON.

inclinaison reste à peu-près constante, de 20 u à 30° par rapport à l’axe, et sa forme est un pey arquée. Par suite des diverses directions que nous venons d’indiquer, la pointe de la bande antérieure est en partie recouverte ou croisée par la pointe principale, qui passe par dessus, dans les 6e, 7e et 8e segmens. — Ces deux sortes de pointes, que leur forme et leurs dimensions distinguent au premier aspect, différent encore beaucoup par leurs orneinens. La pointe de la bande antérieure porte, sur chaque bord, une série d’épines dentiformes, symétriquement disposées, horizontales, divergentes, et assez fortes pour être visibles à l’oeil nu, dans les adultes. Nous en comptons de 8 à 10 de chaque côté. La pointe du bourrelet, ou principale, présente aussi des épines analogues et semblablement placées; mais elles sont beaucoup plus petites, et invisibles sans l’aide de la loupe. Leur exiguité et leur inclinaison sous le plan horizontal sont aussi cause, qu’elles se rencontrent rarement sur la surface de la roche qui expose les autres ornemens. • — Par une singulière anomalie, les deux pointes dont nous venons de faire ressortir les différences, dans les 7 premiers segmens, apparaissent sous une forme semblable, dans le 8e, où elles offrent presque la même longueur, et des séries d’épines également développées.

Dans l’arc qui raccorde, à leur origine, les deux pointes qui nous occupent, il apparaît avec l’âge, un troisième appendice analogue, beaucoup plus petit, et que nous considérons seulement comme une forte épine. Les individus les plus développés nous la montrent sur chaque plèvre, à partir de la 3e jusqu’à la 7e inclusivement. D’autres, moins avancés en âge, ne la portent que sur la 5e et les deux suivantes. Elle n’existe, ni dans les premières plèvres, ni dans la huitième. Nous la retrouvons dans la neuvième, avec une autre épine semblable, déjà mentionnée, représentant la pointe de la bande antérieure. Nous croyons devoir constater tous ces détails, parcequ’ils se présentent avec constance dans les bons et nombreux exemplaires soumis à nos observations. Toutes les pointes décrites sont des tubes creux, ouverts sous la plèvre, au point de leur naissance, pour recevoir les substances molles qui les remplissaient, sans doute, dans l'animal vivant.

Le pygidium est un segment de cercle dont la largeur est à la longueur, environ :: 4:1. L’axe, très-saillant, porte 2 articulations, dont la première paraît subdivisée, comme au thorax. (Fig. 7) La seconde, rudimentaire,' s’abaisse en talus pour disparaître un peu avant le bord. Les lobes latéraux forment une surface plane, sur laquelle on distingue très-bien les élémens du premier segment, savoir: le long du bord thoracique le bourrelet secondaire, aplati, de la bande antérieure, sans pointe correspondante au dehors; puis, au droit du premier anneau de l’axe, le bourrelet principal, très-saillant, qui se prolonge par une pointe analogue à celles du thorax c. à d. cylindroide et forte. Cette pointe est courbe et figure un arc concave vers l’axe. Elle a 6 à 7 ni. m. de longueur et elle est ornée d’une série de petites épines, sur chaque bord. Entre les pointes principales, nous comptons de 12 à 15 épines ou pointes secondaires, rectilignes, longues de 2 à 5 m. m. Deux petites pointes semblables se trouvent ordinairement de chaque côté, en dehors des grandes. Dans quelques exemplaires on n’en voit qu’une seule, et très-rarement on peut, en distinguer jusqu’à trois.

Le test est très-mince. Sur toute la tête, il est orné de grains épars, inégaux. Les plus gros sont des épines, dont on voit ordinairement la pointe brisée. Nous distinguons une série de quelques gros grains sur le bourrelet formant le contour de la joue mobile. Sur le sommet de chaque anneau de l’axe, au thorax comme au pygidium, nous trouvons la trace de deux gros grains, spiniformes, symétriquement situés, tandisqu’un grain plus petit occupe leur milieu, et d’autres sont épars sur leur surface. Une Série parallèle se voit souvent, près du bord postérieur de l’anneau. Le bourrelet principal de chaque plèvre porte un tubercule ou épine, à peu de distance de son extrémité, et le reste de sa superficie est tantôt lisse, tantôt semée de quelques grains. La bande antérieure offre une série de grains assez forts, accompagnés d’autres très-petits. La bande postérieure est lisse. Les mêmes ornemens se retrouvent au pygidium, dans une position analogue à celle des plèvres thoraciques. — Nous avons déjà signalé les séries d’épines qui ornent les bords opposés des pointes au bout des segmens. Nous

devons faire remarquer, que ces épines sont moins bien développées das les exemplaires de certaines localités, comme ceux de S'. Iwan, tandisque nous les voyons ordinairement très-prononcées, sur tous les individus provenant des calcaires schisteux situés aux environ de Lodenitz. L’influence locale nous semble expliquer suffisamment cette légère différence. La surface du pédoncule de l’oeil est hérissée de petites épines, analogues à celles qui ornent la tête.

Dimensions. Les individus adultes ont, en général, 4-0 m. m. de longueur sur 26 m.m. de largeur, non compris les pointes. Nous jugeons par des fragmens, que quelques uns dépassent ces proportions.

Gisem‘. et local. Cette espèce appartient exclusivement à notre étage calcaire inférieur E. Nous l’avons trouvée à S'. Iwan, aux environs de Lodenitz, dans les rochers de Kozel, sur les collines de Listice, à Borek et au lieu dit Ratinka près Béraun ; à Tachlowitz et à Lochkow .au Sud de Prague. Elle est partout associée avec Cheir. insignis, Arelh. Konincki, Lich. scabra, Lich. palmata. Proet. decorus, et avec les autres fossiles qui caractérisent cet horizon géologique.

Rapp. et dijfér. Les caractères qui distinguent principalement cette espèce de toutes les analogues de Bohême, sont: — • 1. La divergence à 45° de la suture faciale, — 2. le bourrelet secondaire existant sur la bande antérieure de la plèvre, — 3. le nombre et la disposition

des pointes secondaires, autour du pygidium. - — Acid. Verneuili et Acid, vesiculosa ont aussi les

filets oculaires très-divergens, mais la- conformation de tout le reste de leur corps est très-différente de celle que nous venons de décrire. La tête isolée que nous nommons, Acid, tricornïs, a aussi beaucoup d’analogie avec celle de Acid. mira. Elle se reconnaît, par la grande largeur du corps médian de la glabelle, et par les trois pointes qui ornent son anneau occipital.

Parmi les espèces étrangères à la Bohême, (Od.J Acid, cornuta Beyr. offre, dans la tête,

assez de rapports avec Acid, mira, pour que le ProP. Beyrich ait été induit à les considérer comme identiques. D’après les figures données par ce savant, nous voyons - — 1. que l’espèce Suédoise ne montre pas le premier sillon latéral de la glabelle, ordinairement bien marqué sur l’espèce Bohême. — 2. La forme, le nombre et la disposition des pointes autour du pygidium, sont différentes dans ces deux espèces. Nous pensons que si on connaissait complètement celle de Suède, on trouverait encore d’autres motifs pour maintenir leur indépendance spécifique.

Nous reconnaisons Acid, mira, dans les formes suivantes, qui ont reçu un nom spécifique dans le Prodrôme de M. Corda.

1. Odont. Hoseri Cord. est représentée par deux glabelles, dont l’une mal conservée, appartenant également au Musée Bohème. Ces fragmens sont sous nos yeux et nous voyons qu’ils proviennent des collines de Listice, et non de Khoda comme il est dit dans l’ouvrage cité. Khoda ne fournit rien de semblable. Les deux glabelles portent tous les caractères de Acid. mira.

2. Odont. crassicornis Cord. est le nom donné à une glabelle unique, de la collection Hawle, complètement identique aux deux dont nous venons de parler, et venant aussi évidemment de la même localité, d’après la nature de la roche calcaire et des fragmens d’autres fossiles, associés sur l’échantillon. M. Corda indique cette forme comme très-rare et provenant de Cbodaun. Or, le sol de Chodaun et les collines qui l’environnent, sont uniquement composés de quarlzites, sans aucune trace de calcaire. Tous nos efforts pour trouver le moindre vestige d’un fossila quelconque dans ces lieux, ont toujours été sans succès. 11 n’y a donc aucun gîte fossilifère qu’on puisse désigner par 1e- nom de Chodaun, dans les calcaires. La localité la plus voisine est située dans les schistes gris-jaunâtres, à mi-distance entre ce village et celui de Libomischel, dans les berges du ruisseau, et elle n’est accessible que lorsque celui-ci est à sec.

GENRE ACIDASPJS. MURCHISON

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