‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 392 sur 469 · Cheir. Hawlei. Barr · texte numérisé non relu

Cheir. Hawlei. Barr

La surface céphalique est peu bombée. Son contour extérieur, parabolique, est formé par un bord d’apparence filiforme, qui se prolonge hors de l’angle gênai, par une pointe très-courte, divergente, et qui détermine vers l’intérieur un sillon très-étroit. Le contour de la tête vers le thorax est presque rectiligne, un peu concave vers l’avant. L’anneau occipital est large, et saillant au milieu; il paraît de moitié plus étroit sur les côtés. Le sillon occipital est profond. Le bord postérieur des joues, presque filiforme près du sillon dorsal, devient plus fort en s’éloignant jusqu’à l’angle gênai, où il se raccorde avec le bord externe sensiblement plus étroit. Un peu au delà de la moitié de sa longueur, on aperçoit la trace saillante du nodule, correspondant au nodule externe de la plèvre. Le sillon qui accompagne intérieurement ce bord est bien marqué.

La glabelle, alongée, est comprise entre des sillons dorsaux rectilignes, peu divergens. Elle augmente lentement de largeur, depuis sa base jusqu’au lobe frontal qui s’arrondit. Elle est doucement bombée en travers, mais elle a peu de relief au dessus des joues. Les sillons latéraux, à peu-près également espacés, ne pénétrent de chaque côté, que jusqu’au tiers de la largeur correspondante. Les sillons antérieur et moyen sont parallèles, inclinés à 45° sur l’axe. Le sillon postérieur, suivant la même inclinaison à son origine, se courbe ensuite parallèlement à 1 axe, sans atteindre le sillon occipital, avec lequel il est cependant uni par une faible dépression. Le lobe postérieur est un peu enflé. La suture faciale suit le même cours que dans Ch. insignis, c. à d. s’applique immédiatement au lobe frontal, dont elle détache le bord. Après avoir traversé le sillon dorsal, elle diverge un peu pour gagner l’oeil. La branche postérieure tombe perpendiculairement sur le contour gênai. L’oeil, qui paraît très-petit, est situé au droit du sillon antérieur de la glabelle, c. à d. très-en avant. Il résulte de sa position, que la joue mobile est fort petite. La joue fixe est au contraire très-étendue, et peu bombée.

L'hypostôme est comme celui de Ch. insignis, mais le bord buccal ne paraît pas échancré au milieu.

Le thorax n’est connu que par des fragmens. L’axe est saillant et occupe environ la moitié de la largeur d’un lobe latéral. Ses anneaux sont séparés par des rainures étroites et profondes. Leurs extrémités se projettent un peu en avant. Les plèvres forment un coude arrondi vers la moitié de leur longueur, où nous voyons un étranglement peu marqué. Leur partie interne se trouve ainsi presque égale en longueur à la partie externe. Elle est divisée par un sillon très-peu oblique, en deux triangles égaux, un peu enflés à leur gros bout. Les bords de la partie interne, parallèles dans toute leur étendue, portent petite bande rudimentaire, formant

le fond du sillon qui sépare les segmens contigus. Cette petite bande se voit surtout à son extrémité, où elle s’épaissit et se relève, près du coude. La partie externe de la plèvre porte à son origine un nodule arrondi, au droit du faible étranglement déjà mentionné. Elle se prolonge ensuite en pointe plate, large et à peu-près rectiligne, inclinée à 45°.

Le pygidium forme une surface horizontale, sur laquelle l’axe domine par son relief. Il

conserve presque la même largeur jusqu’à l’extrémité postérieure, et montre quatre articulations très-distinctes, à peu-près semblables. La première est beaucoup plus saillante que les trois autres. Chacun des lobes latéraux porte la trace trois de plèvres, dont la première seule est développée. Elle montre un sillon oblique, très, -long, sur sa partie interne, et sa partie externe se

prolonge par une pointe un peu courbe, étroite et dont la longueur est égale à celle de la partie

soudée. Nous remarquons, sur la partie interne, un grand élargissement de sa surface, surtout près du thorax, où la bande antérieure prend des dimensions insolites. La seconde plèvre et la troisième se réduisent à une côte non sillonnée, qui part de l’anneau correspondant et se termine en pointe émoussée, rudimentaire, dépassant à peine le quatrième segment de l’axe.

Le test, fort mince, est orné, sur la glabelle, d’une granulation extrêmement fine, que nous retrouvons aussi sur l’hypostôme. Ces deux surfaces présentent de plus, dans certains exemplaires, des grains épars et assez forts, comme dans Ch. insignis. Les joues sont semées de cavités très-^petites, égales et serrées, sur toute la surface.

L’enroulement n’est pas constaté.

Dimensions. D’après les fragmens connus, cette espèce doit atteindre une longueur d’environ 60 m. m.

Gisem1. et Local. Nous n’avons trouvé jusqu’ici Ch. Haivlei, que dans les environs de Lochkow, au Sud de Prague, dans les bancs de notre étage calcaire inférieur E. Il est accompagné par Crom. intercostatus, Crom. Bohémiens, Phacops Volborthi, et une multitude de Céphalopodes, qui caractérisent cet horizon, avec Ter. Megera. Ter. obovata, <Sçc

Rapp. et dïffér. Les espèces les plus rapprochées par la lobation de la glabelle se distinguent comme il suit.

1. Ch. insignis , (PI. 41) type de ce groupe, présente un sillon occipital dilaté au milieu, entre les sillons postérieurs. La partie interne de sa plèvre, notablement plus courte que la partie externe, porte un sillon court et très-oblique, auquel correspondent des élémens très-prononcés. Le pygidium montre, de chaque côté, trois pointes bien développées.

2. Ch. obtusatus (PI. 41) se distingue par les caractères que nous venons d’indiquer dans la tête et dans le pygidium de Ch. insignis. Il se rapproche, au contraire de Ch. Quenstedti, par la forme de sa plèvre thoracique, dont la partie interne est aussi très-longue.

3. Ch. Beyrichi (PI. 42) a la glabelle comprise entre des sillons dorsaux parallèles à l’axe. Son pygidium porte des plèvres terminées en palettes.

4. Ch. Quenstedti, (PI. 42) appartenant à ce même groupe, paraît très-analogue à Ch.Hawlei. Nous le différencions, par les sillons latéraux de la glabelle, réunis sur l’axe, et surtout par la forme du pygidium, où l’on voit, de chaque côté, deux plèvres complètes et une troisième rudimentaire, toutes dépassant de beaucoup en saillie, le dernier segment de l’axe.

5. Nous trouvons encore un forme très-analogue, parmi les espèces étrangères. C’est celle que le C,e. Münster a figurée sous divers noms (Beytr. III. PL V. fig. 5 — 6 — 12?) et qui peut conserver celui de Ch. propinquus. L’affinité entre ce Cheirurus de Franconie et Ch Haivlei serait très-intime, si quelque découverte venait à prouver, que le pygidium nommé Parad. brevimucronatus, fibid. fig. 12.) appartient à la même espèce. Ce fragment, très-mutilé, que nous avons récemment examiné, nous a paru montrer, qu’il n’existe qu’une seule plèvre développée avec sa pointe, sur chacun des lobes latéraux. Dans tous les cas, l’insuffisance des documens existans ne nous permet pas de nous prononcer sur l’identité ou sur l’indépendance de ces formes, par rapport à Ch. Hawlei, car la plèvre thoracique pourrait être différente, malgré la ressemblance aujourd’hui apparente, des extrémités du corps.

GENRE CHEIRURUS. BEYRICH.

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