‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 399 sur 469 · GENRE PLAC0PAR1A. CORDA · texte numérisé non relu

GENRE PLAC0PAR1A. CORDA

Ce pygidium est un peu alongé et médiocrement bombé en travers. L’axe, saillant en demi-cercle, occupe à peu-près autant de largeur qu’un des lobes latéraux. Son aspect rappèle la forme de l’axe des Lichas. La première et la seconde articulation sont très-courtes dans le sens longitudinal; la troisième est beaucoup plus longue. Elle est suivie d’un appendice fdiforme

qui s’étend jusqu’au contour. Le relief du premier anneau est le seul bien prononcé. Chacun

des lobes présente quatre plèvres inclinées vers l’arrière, et soudées ensemble sur la moitié de leur longueur. La partie intérieure de chacune d’elles est creusée par un léger sillon. Nous ne distinguons pas d’étranglement entre la partie interne et le prolongement externe. Ce dernier

forme une pointe un peu arquée vers l’arrière. Toutes les pointes ont une longueur à peu-près

uniforme, et sont presque parallèles à l’axe.

Le test porte la trace d’une granulation fine, un peu irrégulière, sur l’axe, sur les lobes latéraux, et sur les pointes.

Dimensions. Longueur, y compris les pointes: 4 m. m. largeur maximum: 5 m. m.

Gisent’. et local. L’exemplaire unique que nous décrivons, provient de notre étage calcaire supérieur G, dans les bancs duquel nous l’avons trouvé, aux environs de Hostin, à l’Est de Béraun.

Rapp. et différ. Les caractères que nous avons exposés, quoique rappelant le type des Cheirurus , pourraient bien appartenir à quelque autre genre. C’est ce qu’on ne saurait décider, au moyen du seul fragment que nous possédons, et que nous classons provisoirement parmi les formes avec lesquelles il nous paraît présenter le plus d’analogie. Il n’y a d’ailleurs aucun pygidium de Cheirurus avec lequel on puisse le confondre, à cause de l’élément rudimentaire rectiligne qui termine le bout de l’axe, et de la forme des plèvres.

Genre Placoparia. Corda.

Trilobites. Sternberg. Boeck.

Conocephalus. (partim.) Goldfuss. Burmeister.

Calymene. fparlïm.) Rouault.

Placoparia. Corda.

Cheirurus. (partïm.) Sharpe.

Aperçu historique.

1825. Le Cle. Sternberg décrit et figure, sous le nom de Trilob. Sulzeri, var. ). la première forme connue du genre qui nous occupe fVerh. d. vat. Mus. p. 82. PI. I. fig. 3 J.

1827- Ch. Boeck donne à l’espèce Bohême le nom de Trilob. Zippei, et il en reproduit la figure. Il observe la forme toute particulière qui caractérise les plèvres de ce Trilobite, soit au thorax, soit au pygidium. Il indique, 12 segmens thoraciques. (Mot. til Laer. om Trilob. Mag. f. Naturw. I. Heft I.J.

1833. Le Cle. Sternberg répète les observations de Boeck, au sujet de Trilob. Zippei (Verli. d. vat. Mus. p. 50).

1843. Goldfuss énumère Conoc. Zippei, dans sa classification des Trilobites (N. Jahrb. f. Miner. Heft V. p. 557 ).

1843. Burmeister cite Trilob. Zippei Boeck, parmi les synonimes de Conoc. Sidzeri (Organ. d. Trilob. p. 86).

1846- Marie Rouault décrit et figure, sous le nom de Calym. Tournemini, un Trilobite de Bretagne, qui appartient au genre Placoparia (Bull. soc. géol. de France. 2e. Sér. IV. p. 309. PL 3. fig. 4).

1847- Corda établit le genre Placoparia, d’après les exemplaires de Plac. Zippei, connus de Sternberg et de Boeck, et quelques autres fragmens. Il reproduit la même espèce, sous le nom de Plac. grandis. Le fragment qu’il nomme Plac. macroptera est l’extrémité du pygidium de Ch. sculicauda fProdr. p. 128).

1848. Daniel' Sharpe énumère, sous le nom d e Cheiruras, espèce indéterminée, des fragmens d’une Placoparia. , découverts par lui à Yallongo, près d’Oporto, en Portugal ( Proceed . geol. Soc. Lond. Nov. 1848. p. 146 J.

Caractères génériques.

Forme générale du corps ovalaire, trilobation distincte dans toute son étendue. La tête est médiocrement développée; le pygidium petit.

Contour extérieur céphalique sémi-circulaire ; contour intérieur presque rectiligne. Le sillon occipital bien marqué. L’anneau occipital est saillant, étroit, ainsi que le bord gênai postérieur. La glabelle, très-développée, est comprise entre des sillons dorsaux larges, profonds, rectilignes, qui, avant d’atteindre le front, se bifurquent. La branche la plus courte suit leur direction rectiligne, et tombe dans la rainure du bord, au point de sa jonction avec le sillon antérieur. L’autre branche, plus longue, se courbe brusquement, et presque à angle droit, sur la joue, en laissant entr’elle et la rainure du bord, une étroite languette. Cette disposition nous paraît appartenir exclusivement à ce genre, parmi tous ceux que nous connaissons. De chaque côté, la glabelle offre trois sillons latéraux, non compris le sillon occipital. Le sillon antérieur, incliné à 4-5°, s’unit par son bout externe, en un même point, avec le sillon dorsal et avec la rainure du bord latéral de la joue. Les sillons moyen et postérieur sont moins inclinés. La suture faciale et les yeux sont invisibles. La joue est saillante, bombée, triangulaire, fortement inclinée vers l’extérieur. Elle est couverte de cavités analogues à celles qui ornent les joues des Cheirurus. L’hypostôme a le corps central très - fortement bombé en travers, alongé, ovalaire. Il est entouré d’un bord qui s’élargit vers l’extrémité buccale. On aperçoit la trace de deux aîles très-peu développées, aux bouts du bord frontal.

11 à 12 segmens au thorax, suivant les espèces. Nous comptons 11 segmens au thorax et 4 sur l’axe du pygidium, en tout 15, sur un individu de Plac. Tourneminei provenant d’Angers et qui se trouve dans notre collection. Ce chiffre 15 est aussi celui qui a été initialement indiqué par M. Marie Rouault, pour l’ensemble de ces deux parties du corps, dans cette espèce. Comme les pygidium isolés que nous devons à la bonté de ce savant, montrent invariablement 4 articulations sur l’axe, il en reste 1 1 pour le thorax. Nous avons compté les mêmes nombres dans un bel exemplaire du même Trilobite, que notre ami M. de Verneuil a recueilli en Espagne. Ces faits nous semblent suffisamment établir l’existence de 11 segmens thoraciques dans Plac. Tourneminei , tandisque le chiffre 12 est constaté dans les deux individus connus de Plac. Zippei , qui porte en outre 5 articulations au pygidium, au lieu de 4. Le genre Placoparia doit donc grossir la liste de ceux que nous avons énumérés dans le tableau de la page 192.

L’axe occupe une largeur à peu -près égale à celle de chacun des lobes latéraux. Il est fortement bombé, et déterminé par des sillons dorsaux d’une largeur insolite et très - profonds. Les anneaux sont séparés par des rainures aussi larges qu'eux. Les plèvres, d’abord horizontales, se coudent à angle droit au delà de la moitié de leur longueur. A partir du sillon dorsal, elles portent un bourrelet très-élevé, qui s’étend sur la partie coudée, et qui est bordé d’une petite bande, en avant et en arrière, de la partie horizontale.

Le pygidium, arrondi, un peu amaigri vers l’arrière , reproduit la forme des élémens du thorax. L’axe, saillant, se prolonge en s’amincissant rapidement jusques près du bord, entre deux sillons dorsaux bien marqués. Il montre 4 à 5 segmens, dont le dernier est rudimentaire. Les lobes latéraux offrent chacun quatre côtes conformées comme les plèvres thoraciques, mais un peu plus épaisses et diminuant rapidement d'étendue jusqu’à la dernière.

Le test n’est pas conservé. — La faculté d’enroulement n’est pas constatée.

GENRE PLACOPARIA. CORDA.

Distribution des espèces.

La seule espèce que fournit la Bohême appartient à notre étage des quartzites D, c. à d. à la Faune seconde de notre division Silurienne inférieure. L’extrême rareté des exemplaires et

l’incertitude qui dure encore sur la localité qui a fourni les plus anciens d’entr’eux, ne nous

permettent pas d’attacher à ce genre une grande importance, relativement à notre terrain considéré seul. Il en est tout autrement, si nous embrassons l’ensemble des contrées Siluriennes de l’Europe. En effet, durant ces dernières années, l’existence des Placoparia a été constatée en France, en Portugal et en Espagne.

1. Nous avons déjà cité Plac. Tourneminei , découverte en Bretagne par M. Marie Rouault.

Nous savons que cette espèce se trouve dans un assez grand nombre de localités de cette province et de l’Anjou. Partout, elle est associée avec d’autres Trilobites analogues ou identiques avec ceux qui composent notre Faune seconde de Bohême. Elle contribue donc à établir le

parallélisme des formations de France qu’elle caractérise, avec notre étage des quartzites D.

2. En Portugal, des fragmens de Placoparia ont été recueillis près d’Oporto, par M. Daniel Sharpe, dans la collection duquel nous les avons récemment reconnus, à Londres. Ils ont été énumérés sous le nom de Cheirurus , par ce savant, dans sa notice citée ci-dessus. Nous y avons remarqué, entr’autres, une tête montrant la lobation caractéristique. Ces fragmens sont associés, près Vallongo, à Illaenus Lusitaniens, Ogygia, Calym. Tristani , et autres fossiles, représentant la Faune seconde de Bohême.

3. En Espagne, notre ami M. de Verneuil a recueilli des exemplaires complets, et plusieurs fragmens d’une espèce, provisoirement identifiée avec Plac. Tourneminei. Les divers fossiles qui l’accompagnent, dans la Sierra Morena, sont: Cal. Tristani, Illaen. Lusitaniens? et autres formes analogues à celles de France et de Portugal, déjà mentionnées.

Ainsi, dans toutes les contrées où l’existence des Placoparia est constatée, ce genre caractérise uniquement la Faune qui correspond à la Faune seconde de Bohême.

Rapports et différences.

Par la forme de ses plèvres à bourrelet, ce genre se rapproche de ceux qui suivent le même type, dans leurs segmens. Il est le seul entre tous, dont le bourrelet atteint un si grand développement vertical, et dont la plèvre se coude à angle droit. Dans tous les autres, le bourrelet se prolonge ordinairement par une pointe plus ou moins obliquement étendue et arquée vers l’arrière. L’existence simultanée de trois paires de sillons bien prononcés sur la glabelle et de la plèvre à bourrelet, est très-rare parmi les Trilobites que nous avons eu l’occasion d’étudier. Les genres Cheirurus et Sphaerexochus sont les seuls qui nous offrent la réunion de ces caractères, au même degré que Placoparia. Ce sont donc les types les plus rapprochés, et les seuls par rapport auxquels il est utile de signaler des moyens de distinction. Ces moyens nous sont fournis: — 1. par l’absence de la suture faciale et des yeux, dans Placoparia, — 2. par la direction très-oblique de son sillon antérieur, confluent avec la rainure du limbe gênai. — 3. par la bifurcation du sillon dorsal. — 4-. par la saillie verticale du bourrelet de sa plèvre. — 5. par la direction verticale de la partie externe de cet élément du corps.

Placop. Zippei. Cord.

1825. Trilobites Sulzeri. Yar. /?. Sternb. Verhandl. d. vat. Mus. p. 82. PI. 1. fîg. 3.

1827, Tril. Zippei. Boeck. Ma g. f. Naturw. I.

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