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GENRE AMPHION. GANTIER

Dimensions. Longueur totale: 18 m. m. largeur: 26 m. m.

Gisemt1. et local. Ce pygidium a été trouvé dans les mines de fer de Hlawa , près de la montagne dite Giftberg, célèbre par ses beaux minéraux, dans la seigneurie de Horzowitz. La formation dans laquelle sont enclavées ces couches ferrugineuses , est une bande de quartzite, à la base de notre étage D. Cette bande repose sur les schistes fossilifères de Ginetz, c. à d. sur notre étage C, renfermant la Faune primordiale des Paradoxules, Conocephalites Spe. Le seul fossile qui accompagne le pygidium décrit, est Orthis desiderata, remarquable par ses plis dichotomes. Ces deux espèces seraient les plus anciennes de notre étage des quartzites D.

Rapp. et différ. Le pygidium qui nous occupe présente une ressemblance assez grande avec celui d'Amph. Fischeri. Il est seulement d’une dimension un peu plus grande que celui des exemplaires ordinaires qui proviennent de la Russie. Nous le distinguons spécifiquement par ses côtes beaucoup plus distantes entr’elles que dans l’espèce comparée et par les pointes plus longues et plus divergentes, auxquelles ces côtes donnent naissance.

Dans tous les cas, la présence de cette forme, très-analogue à Amph. Fischeri, dans la Faune seconde de notre division inférieure, confirme les rapprochemens que nous avons déjà faits ailleurs, entre les formations qui la renferment, et celles des environs de St. Pétersbourg. (Nouv. Trilob. p. 24.) Outre l’existence déjà signalée des Asaphus, Illaenus, Ampyx dfc. à cette époque, dans les deux contrées, nous rappélerons, que c’est l’horizon dans lequel on trouve des Brachiopodes à test réticulé, savoir: Spir. Tcheffkini, Sp. reticulatus et Lept. ornala, en Russie; auxquels correspond Ter. hamifera en Bohême.

Le petit nombre des segmens que présente le pygidium que nous venons de décrire, ne permet pas de le confondre avec celui des Cromus, qui offrent beaucoup d’articulations, et principalement sur l’axe.

Genre Cromus. Barrande.

Caractères génériques.

Forme générale du corps ovalaire; trilobation très-distincte dans toute son étendue. La tête et le pygidium paraissent occuper chacun un peu moins du tiers de la longueur totale. Le contour extérieur de la tête, à peu -près sémi - circulaire , est formé par un bord ou bourrelet épais, qui quelquefois sé prolonge en pointe , à l’angle des joues. Le contour intérieur est un peu concave vers le thorax. L’anneau occipital et le bord gênai postérieur sont très - distincts, et déterminés par un sillon intérieur bien marqué. La glabelle, médiocrement bombée, est comprise entre deux sillons dorsaux profonds, étroits, rectilignes, divergens à partir du sillon occipital. Sa plus grande largeur est un peu en arrière du front, qui se termine par une partie angulaire, obtuse. Le nombre des sillons latéraux de la glabelle est de quatre paires, à peu-près également espacées. Ces sillons sont peu étendus, à partir du sillon dorsal,- et presque perpendiculaires à l’axe. L’intervalle qui sépare leurs bouts internes, équivaut au tiers de la largeur correspondante de la glabelle, dans la paire, et il va en croissant dans les autres paires vers l’avant, où il dépasse la moitié de la largeur. La suture faciale est immédiatement appliquée autour du contour frontal de la glabelle, embrassée par ses deux branches unies, qui, après avoir traversé le sillon dorsal, divergent légèrement pour atteindre l’oeil. A partir de cet organe, elles décrivent une courbe presque transverse, un peu concave vers l’axe, et qui aboutit un peu au dessus de l’angle gênai. La pointe de cet angle, lorsqu’il en existe une, reste attachée à la joue fixe. Cette joue est très-étendue, triangulaire, bombée, et s’élève souvent au niveau de la glabelle. La joue mobile, au contraire, est étroite, alongée. Elle est unie avec la joue opposée par le bord qui reste entre le lobe frontal et le contour. Nous n’avons pas la certitude que ce bord soit

divisé, au droit de l’axe, par une suture médiane, analogue à celle qu’on observe dans les Encrinurus.

Les yeux, peu développés, paraissent plus ou moins ovoides. Leur paroi visuelle est finement réticulée.

L’bypostôme, ovalaire, alongé, fortement bombé en travers, a une apparence très-caractéristique pour ce genre. Il présente un corps central trilobé par deux sillons longitudinaux, qui déterminent un lobe médian plus saillant que les parties latérales. Ce lobe, alongé, un peu épaissi vers l’arrière, dépasse, vers le front, la longueur des petits lobes latéraux, parallèles. Il se raccorde avec eux vers l’extrémité buccale. Il existe un bord frontal, un peu concave, par lequel l’hypostôme se soude à la doublure sous - frontale. Ce bord, s’élargissant beaucoup sur les côtés, forme les allés recourbées en arrière. Le bord latéral ne commence à se développer que vers

la partie postérieure du corps central, et il se prolonge vers la bouche, par une languette large,

aplatie, qui paraît former la suite du lobe médian, mais qui en est séparée par un sillon. Le thorax ne nous est connu que par des fragrnens incomplets, qui ne nous montrent pas au delà de 10 segmens, nomme celui qui est figuré (PI. 43). L’axe, bombé, moins large que les lobes latéraux, est déterminé par des sillons dorsaux bien marqués. Les plèvres, un peu coudées vers le milieu de leur longueur, se terminent en pointes fortes, inclinées vers l’arrière. Elles sont ornées d’un bourrelet saillant, qui occupe presque toute leur surface, laissant une bande rudimentaire de chaque côté.

Le pygidium paraît continuer le thorax, sans presque aucune modification dans la forme des plèvres. L’axe offre un nombre de segmens variant entre 12 et 28, parmi les espèces à notre connaissance en Bohême. Dans certaines formes, une partie des anneaux est interrompue au sommet de l’axe, et l’on observe un grain saillant dans l’intervalle. Le segment final se

prolonge quelquefois jusqu’au bout de la saillie des plèvres postérieures ou du moins, nous

voyons entre la dernière paire de côtes un rudiment qui peut aussi bien représenter l’axe que deux côtes fondues ensemble. Lorsque le nombre des segmens de l’axe devient très-grand, il y a relativement beaucoup moins de plèvres indiquées sur les lobes latéraux. Ainsi, dans Crom. intercostatus il y a jusqu’à 26 articulations sur l’axe, et jamais plus de 16 paires de côtes. Il est à remarquer, que ces côtes correspondent aux bourrelets des plèvres thoraciques, et ne sont pas sillonnées sur leur surface. Le sillon suturai se trouve au fond de la rainure entre les côtes, comme dans tous les genres suivant le type de la plèvre à bourrelet. Celte soudure se reconnaît à un léger sillon, qui se voit dans Amph. intercostatus , au fond de la rainure profonde qui sépare les côtes, entre deux petits filets, qui représentent les bandes soudées de deux plèvres consécutives. Ce fait nous explique ce qui a lieu dans les espèces congénères. Les deux ou trois dernières paires de côtes prennent une direction parallèle à l’axe. Le contour du | ygidium est toujours un peu dentelé, par la saillie plus ou moins grande des côtes, qui sont prolongées en pointe, dans plusieurs espèces.

Le test est orné de granulation, principalement sur la tête, où les grains deviennent quelquefois des tubercules. Sur les joues, ces ornemens sont parfois entremêlés de petites cavités, analogues à celles des Cheirurus. /

La faculté d’enroulement paraît constatée par les fragrnens connus du thorax.

Distribution verticale et horizontale.

Le genre Cromus est représenté en Bohême par 4 espèces, qui appartiennent exclusivement à notre étage calcaire inférieur E, c. à d. à la base de notre division supérieure. L’une d’elles, Crom. Beaumonti est un des fossiles les plus caractéristiques de cette hauteur géologique, où nous trouvons un très-grand nombre de ses fragrnens, surtout le pygidium, sur presque tout le contour de notre bassin calcaire. Les trois autres espèces sont relativement assez rares, et restreintes à quelques localités.

GENRE CROMUS. BARRANDE.

Les fragmens décrits et figurés par le Cle. Miinster, sous les noms: Cal. subvariolaris et Cal. intermedia, ressemblent beaucoup à nos Cromus. La glabelle de la seconde forme montre aussi 4 paires de sillons latéraux, comme nos espèces de Bohême. Ces Trilobites de Franconie, provenant du calcaire d’Elbersreuth , confirment par leur présence dans cette formation, le rapprochement que nous avons admis entre cet horizon géologique et celui de notre étage calcaire inférieur E. (Voir p. 95.)

Rapports et différences.

Les Trilobites que nous rassemblons provisoirement dans notre genre Cromus, présentent des analogies très-intimes avec Encrinurus, et aussi quelques rapports éloignés avec Amphion.

I. Encrinurus est encore rare dans les collections. Heureusement, nous possédons quelques

fragmens de la forme typique de Suède, et d’autres de Dudley, parmi lesquels est un bel

exemplaire que nous devons à la bonté de notre ami M. Fletcher, qui a décrit ce Trilobile, sous le nom d e Cy b de punctata. (Quart. Journ. geol. Soc. May. 1848). Quant à la forme qui provient de l’île d’Oesel, nous la connaissons uniquement par la description et les figures publiées par le Profr. Kutorga, en 1848, et qu’il a eu la complaisance de nous communiquer. :(Verh. d. hais. Miner. Gesell. 1848. PL VIII. S‘. Pctersb). Ces documens et 'matériaux nous montrent les inexactitudes justement relevées par le Profr. Kutorga, dans les travaux antérieurs, au sujet de Encrin. punctatus. Avant d’aller plus loin, nous ferons remarquer en passant, que l’identité des formes décrites sous cette dénomination spécifique, ne nous paraît pas hors de doute. Dans le bel exemplaire figuré par le Profr. Kutorga , le segment thoracique présente seulement une surface rude, sans ornemens déterminés f unbestimmt rauh). Il n’en est pas de même dans la forme typique de Gothland. Un fragment du thorax, conservé avec le test, nous montre d’abord, à l’extrémité de chacun des anneaux de l’axe, et sur son bord antérieur, un tubercule très-prononcé. Nous voyons en outre divers grains assez forts, soit sur ces anneaux, soit sur les plèvres, dans

une position qui paraît sub-régulière, alternante, mais un peu variable pour chaque segment. Un

exemplaire de Dudley nous permet de reconnaître les mêmes ornemens et de plus , un gros tubercule spiniforme, signalé par M. Fletcher, sur le sommet des 7e et 10e anneaux de l’axe. Le dernier est également visible sur notre fragment Suédois, dont le 7e anneau est brisé. Ces grains et tubercules n’ayant laissé aucune trace sur les individus parfaitement conservés de l’île d’Oesel, mentionnés par le Profr. Kutorga , tandisqu’ils caractérisent constamment les homonymes de Gothland et de Dudley, ces Trilobites pourraient peut-être constituer deux espèces distinctes. Laissant cette question à ses juges naturels , nous observons entre Cromus et Encrinurus les rapports suivans.

Ces deux genres se rapprochent: — 1. par le cours de la suture faeiale, qui paraît identique dans l’un et l’autre; — • 2. par la forme des segmens thoraciques; — 3. par les ornemens

de leur test. — Ces affinités sont combattues par plusieurs différences: — 1. La glabelle des

Cromus porte, dans les 3 espèces pour lesquelles elle est connue, 4 paires de sillons latéraux,

distincts, tandisque la glabelle de Encrin. punctatus, suivant le Profr. Kutorga, ne montrerait aucune trace de lobation. Les têtes de l’espèce homonyme d’Angleterre , que nous avons sous les yeux, sont en harmonie avec celles de la forme d’Oesel. Les sillons disparaissent-ils à cause des forts tubercules qui couvrent la surface? C’est ce que nous ne pouvons apprécier en ce moment. — 2. L’hypostôme offre quelque analogie dans les deux genres comparés, mais celui de Encr. ( Cybele) punctatus de Dudley, figuré par notre ami M. Fletcher, se prolonge vers le front par un appendice cylindroide, qui ne paraît pas dans la pièce correspondante de nos Cromus. ( Quart Journ. geol. Soc. 1845. May. PI. 32. fg. I.a et 5). — 3. Le pygidium de Encr. punctatus, dans les formes de tout pays, est particulièrement caractérisé, entre ceux de tous les Trilobites, par la multiplicité des articulations de l’axe, tellement rapprochées, qu’on pourrait les considérer comme des subdivisions des véritables anneaux. Cette apparence, qui a frappé le Prof'. Emmrich, a provoqué la dénomination générique, rappelant que cet axe ressemble à une tige d’encrine.

(N. Jahrb. f. Miner. 1845. Heft. 1. p. 42 J. Il n’en est pas de même dans nos Cromus. Les segmens, quoique très-nombreux sur l’axe de leur pygidium, paraissent suivre cependant la loi ordinaire de décroissance, et leur nombre conserve la proportion habituelle par rapport à celui des côtes visibles sur les lobes latéraux.

Ces contrastes nous ont paru mériter considération, et nous ont porté à décrire les formes de Bohême sous un nouveau nom générique, en attendant que de nouvelles espèces viennent nous montrer un passage entr’elles et les Encrinurus , ou bien confirmer l'indépendance des deux types. Si cette séparation a lieu, divers Trilobites étrangers viendront peut-être se ranger parmi les Cromus , ce que nous jugeons par l’apparence de leur pygidium. Dans tous les cas, ces formes peu nombreuses peuvent constituer deux groupes distincts, dans le genre Encrinurus.

I 1. Encrin. punctatus. Brünn. (i Groupe 1. Calym. variolaris. Brongn.

Axe du pygi- / = Cybele punctata. Fletcher, dium, encrini-\

forme. { 2. Encrin. punctatus. Kutorga.

Groupe 2. / 3. Calym. variolaris. Park. (sp.)

Axe du pygi- ) = Cybele variolaris. Fletcher, dium, non en- i 4 ? Ampyx baccatus. (tète)

criniforme. f —1 Amph. multisegmentatus. (pygit

Emm. N. Jahrb. f. Miner. 1845. Heft I. p. 42. J Crust. foss. p. 14. PI. I. fig. 3, I

Quart. Journ. geol. soc. May. 1848. p. 403.)

PI. 32. fig. 1 à 5. i

Verh. d. kais. Min. Gesell. St. Petersb. 1848.) PI. 8. fig. 4. \

Murch. Sil. Syst. p. 655. PI. 14. fig. 1. j loc. cit. p. 404. PL 8. fig. 6 à 10. j

Port.1. Geol. Rep. p. 262. PI. III, fig, 11. )

) Portl. ib. p. 291. PL III. fig. 6. a. j

Gothland.

Dudley.

Oesel.

Dudley.

Irlande.

Par la forme du pygidium, le second groupe ressemble aux Cromus , mais il ne présente pas sur la glabelle, la lobation qui caractérise ce dernier genre.

II. Amphion offre quelques rapports avec Cromus , par la forme du segment thoracique. Il se distingue aisément, dans le type Amph. Fischeri , par la lobation toute particulière de la glabelle, sur le bord frontal, et par le nombre des segmens du thorax, qui paraît beaucoup plus considérable.

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