Crom. Beaumonti. Barr
1 84-6. Calymene? Beaumonti. Barr. Not. prêt. p. 52.
1847. Amphion Beaumonti. Cord. Prodr. p. 92.
Le contour extérieur de la tête se rapproche beaucoup d’un demi-cercle. Il est formé par un bord épais et assez large, déterminé par un sillon intérieur très-étroit. Ce limbe contourne le front de la glabelle, autant que nous pouvons en juger par des fragmens. 11 présente un élargissement triangulaire qui s’étend entre la suture faciale et le sillon dorsal, au point où celui-ci se raccorde avec le sillon des joues. C’est ce que nous voyons d’après des fragmens isolés. Le contour intérieur de la tête est presque rectiligne. L’anneau occipital prononcé, et le bord postérieur des joues Axes sont intérieurement limités par un sillon bien marqué. La glabelle, alongée, a sa plus grande largeur un peu en arrière du front, où elle se termine par deux pans
coupés à 90u. Elle est saillante au dessus du niveau des joues, et bombée en travers. Sa
partie la plus élevée correspond à la plus grande largeur; l’extrémité frontale est déprimée. Sur chaque côté, nous trouvons constamment quatre sillons, non compris le sillon occipital. Ils sont étroits, rectilignes et presque également espacés entre la base de la glabelle, et le point de sa
largeur maximum. Ils pénètrent perpendiculairement à l’axe , un peu au delà du quart de la
largeur correspondante. La suture faciale unit ses deux branches au devant du front, laissant le bord en dehors. Ces branches divergofit d’abord à angle droit, l’une par rapport à l’autre, formant les pans coupés déjà indiqués au lobe frontal. Après avoir franchi le sillon dorsal, elles se rapprochent un peu pour atteindre l’oeil, qu’elles contournent; puis elles divergent presque en ligne droite, oblique à 45° pour atteindre le bord latéral, un peu au dessus de
l’angle postérieur des joues. La joue fixe est très-étendue, et figure une sorte de triangle
curviligne, dont la base longe le thorax. L’angle gênai est arrondi. La joue mobile aussi triangulaire, un peu moins étendue que la joue fixe, s’unit par le bord frontal à la pièce correspondante sur le côté opposé. Les yeux, petits, assez saillans, sont placés au droit du second lobe d’avant, à mi-distance entre le sillon dorsal et contour gênai. Leur surface paraît être très-finement réticulée.
L’hypostôme est ovalaire, trilobé. Le lobe médian, correspondant au corps central des autres
genres, est conique, alongé, s’élargit vers la bouche, où il se termine par une ligne arrondie.
GENRE CROMUS. BARRANDE.
Les lobes latéraux, à peu-près aussi larges vers le front que le lobe central, sont fortement coudés au contour extérieur, et s’unissent par leur bout aminci, vers l’extrémité buccale, qui est prolongée par une languette étroite, arrondie au bout. Le bord frontal convexe, est très-étroit au milieu; il s’étend de chaque côté pour former les ailes, qui se recourbent derrière la surface que nous venons de décrire.
Le thorax est imparfaitement connu, et nous ne pouvons pas fixer le nombre des segmens qui le composent. Le plus grand fragment que nous en possédons, n’en montre que dix. L’axe, un peu moins large que les lobes latéraux, est assez bombé, déterminé- par des sillons dorsaux peu profonds. Les anneaux, séparés par des rainures presque aussi larges qu’eux, ne montrent aucun renflement à leurs extrémités. Les plèvres se coudent un peu au delà du milieu. Leur surface est occupée par un bourrelet qui paraît seul se prolonger, et se terminer en pointe émoussée, dirigée vers l’arrière. Ces détails ne sont pas très-distincts sur nos fragmens, ainsi, nous ne les donnons qu’avec réserve et avec doute. Le pygidium, sub-triangulaire, plus large que long, est assez fortement bombé en travers. L’axe occupe environ la moitié de la largeur de chacun des lobes latéraux et il est saillant au dessus d’eux. Il porte de 15 à 20 articulations. Les premiers anneaux vers le corps sont ininterrompus ; leur nombre varie de 3 à 6 selon les individus. La plupart des anneaux suivans, et surtout les derniers, sont interrompus sur le milieu de l’axe. Cinq à six grains saillans placés au milieu de cet intervalle, sont à peu-près régulièrement espacés sur la longueur totale. Le dernier segment, rudimentaire, de l’axe se termine entre les dernières côtes et ne se prolonge pas jusqu’au bord. Chacun des lobes latéraux montre onze à douze côtes, qui augmentent un peu de largeur de puis l’axe jusqu’au bord, où elles font une très-faible saillie arrondie. Elles sont séparées par des rainures profondes, de la même largeur qu’elles. Leur surface supérieure est plane.
Le test, dont nous trouvons divers fragmens bien conservés, est couvert sur la tête d’une très-forte granulation, égale, et sub-régulière. Les bords seuls sont lisses sur tout le contour extérieur et intérieur. La grosseur des grains composant cette ornementation est un peu variable suivant les individus et les localités. Quelquefois ils paraissent ouverts au sommet, comme dans la figure 11 PI. 43. Les fragmens du -thorax que nous connaissons, ne présentent que quelques
grains très-petits .sur les anneaux de l’axe; la surface des plèvres paraît lisse. L’axe et les côtes
du pygidium sont ornés de grains sub-régulièrement espacés, beaucoup moins forts que ceux de la tête.
L’enroulement paraît constaté par le fragment du thorax figuré.
Dimensions. En évaluant la longueur totale du corps, d’après les fragmens connus, elle serait d’environ 36 m. m. sur une largeur maximum de 22 m. m.
Gisem'. et local. Cette espèce est très-caractéristique pour notre étage calcaire inférieur E. Nous en trouvons les fragmens très-abondans sur toute la jnontagne dite Dlauha Hora, au Sud-
Ouest de Béraun; sur les collines de Listice, à Tobolka, Reporyje, Wohrada, Butowitz, Hinter-
Kopanina , Lochkow &c. &c. c’est à dire aux les points les plus éloignés , sur tout le contour du bassin calcaire. Crom. Beaumonti accompagne, dans ces localités, les nombreux Céphalopodes et divers Brachiopodes , tels que Ter. linguata , T. tumida , Spir. trapezoidalis , qui appartiennent à cette hauteur. Parmi les Trilobites qui se trouvent sur le même horizon, nous citerons: Proet. décoras, Proet. fPhaet.J Archiaci, Bronteus Haidingeri, Cheir. insignis, Cyphaspis Burmeisteri fyc.
Bapp. et différ. L’espèce qui se rapproche le plus de celle que nous décrivons, est Crom. Bohémiens, que nous distinguons par les pointes aigues, résultant de la saillie des côtes, hors du contour du pygidium. Nous sommes aussi porté à croire, que sa tête, quoique très - semblable par la forme, à celle de Crom. Beaumonti, peut se reconnaître par les tubercules plus forts dont elle est couverte. Crom. transiens a un pygidium d’une forme trop alongée, pour être confondu avec ceux que nous venons de oomparer entr’eux.
Le Profr. Zenker a possédé un des premiers fragmens du calcaire de Dlauha Hora , alors connu sous le nom Conglomérat de Kiinigshof Trouvant divers débris de Trilobites sur cette
roche, il les a associés au hazard. C’est ainsi qu’il a composé son Otarion diffractum, d’une tête de notre Cyphaspis Burmeisleri, et du pygidium de Crom. Beaumonti. D’après les morceaux de roche figurés, il avait sous les yeux la véritable tête de ce dernier, mais la forte granulation qui la couvre, l’a sans doute empêché de l’associer à un pygidium qui est presque lisse. fBeytr. z. Nat. Gesch. d. Urw. PL IV. fîg. Q — B — fc.J.
Le Cte. Sternberg a figuré le pygidium de Crom. Beaumonti , comme appartenant probablement à Tril. (Cheir.J Sternberyi. fVerh. d. Vaterl. Mus. 1833. PL 2. fig. 3. b J. Il n’en a donné aucune description.