‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 413 sur 469 · C. Dicranactis · texte numérisé non relu

C. Dicranactis

Pygidium sans axe et sans côtes distinctes au milieu.

2 espèces.

Axe distinct au pygidium, côte médiane non bifurquée.

9 espèces.

Axe distinct au pygidium, côte médiane bifurquée.

15 espèces.

Une seule espèce de Bohême, dont le pygidium présente des pointes ornementales sur le

contour, donne lieu à M. Corda de fonder le genre Thysanopeltis. D’après la base de classifi¬

cation adoptée dans le Prodrôme, pour l’établissement des deux sections principales, les deux genres Bronteus et Thysanopeltis , malgré les plus intimes affinités, sont considérés comme constituant deux familles différentes, dont la première est rangée dans la section des Tèlejurides , tandisque la seconde est rejetée parmi les Odonturüles. Nous aurons occasion de discuter, ciaprès, l’indépendance de ces genres et des 27 espèces admises par M. Corda. ( Prodrom J

1850. Le Profr. MacCoy, dans sa classification des Trilobites, se borne à énumérer le

genre Bronteus , parmi ceux qui composent sa famille des Ogyginae. (Ann. and Mag. Nat. Hist.

Ser. 2. IV. p. 401.)

1850. Les DD. Sandberger donnent la caractéristique du genre Bronteus. Ils décrivent et figurent des fragtnens de Br. alutaceus , Goldf. provenant de Willmar. ( Verst . d. Bhein. Sch. Syst. Nass. p. 20. Pl. II. fig. 3.)

L’esquisse historique qui précède, montre, que les matériaux ont pendant long-temps manqué aux paléontologues, pour les mettre en état de donner au type qui nous occupe, l’indépendance qui lui appartient. Aussitôt qu’on a pu rapprocher deux formes de ce genre, le Prof'. Emmrich a senti combien elles diffèrent de tous les autres types. La création du genre Bronteus par Goldfuss en 1859, a été bientôt suivie de nouvelles découvertes, qui en ont confirmé toute la nécessité.

Le grand nombre d’espèces aujourd’hui connues, et dont nos formations fournissent la plus grande partie, nous permet d’établir les caractères génériques, d’une manière plus complète.

Caractères génériques.

Corps ovalaire, plus ou moins alongé, suivant la forme longue ou la forme large. Trilobation très -distincte sur la tête et sur le thorax, indiquée seulement sur le pygidium, par un axe rudimentaire. Chacune de ces trois parties occupe habituellement un tiers de la longueur totale, excepté dans quelques espèces, où le pygidium prédomine, comme dans Br. planus. (Pl 42.)

La surface céphalique varie beaucoup dans son bombement. Elle est fortement voûtée dans Br. Brongniarti (Pl. 46), Br. campanifer (Pl. 44), tandisqu’elle a peu de relief dans Br. planus. Elle offre un contour extérieur plus ou moins arrondi, tantôt pourvu tantôt dépourvu d’un limbe distinct. Son contour intérieur est un peu concave vers le thorax. L’angle gênai, habituellement aigu, est quelquefois prolongé en pointe aplatie et très-courte. L’anneau et le sillon occipital sont prononcés, dans toutes les espèces, tandisque le bord et le sillon postérieur de la joue sont généralement peu marqués.

La glabelle, toujours bien développée, sans beaucoup de relief, a une forme particulière) très - dilatée au front, et fortement étranglée au droit des yeux. Les sillons dorsaux, toujours très-distincts et profonds, conservent dans toutes les espèces un tracé caractéristique qui n’offre que de faibles variations. A partir du sillon dorsal, jusqu’au droit du sillon moyen de la glabelle, chacun d’eux figure une ' courbe toujours fortement convexe vers l’axe, analogue à un demi-cercle, mais moins régulière. Dans cette première partie, on voit la plus grande profondeur, surtout près du sillon occipital. Quelquefois même, au droit de l’oeil, il existe une dépression ovalaire, qui semble être un élargissement du sillon dorsal, du côté externe, comme dans les Harpes. (Pl. 8 — -9.) Nous observons principalement cette dépression dans Br. palifer (Pl. 45), Br. planus (Pl. 42), Br. angusticeps (PL 47). Elle se trouve située un peu en avant du sillon occipital, à la base du lobe palpébral. Dans diverses espèces elle n’est pas sensible, comme dans Br. campanifer (Pl. 44) et Br. viator (Pl. 47). Au droit du sillon moyen de la glabelle, le sillon dorsal devient à peu-près rectiligne jusqu’au sillon antérieur, où il prend une courbure en demi-cercle, concave vers l’axe, pour arrondir les extrémités du lobe frontal. Cette courbe est tantôt raccordée sans jarret, avec la ligne droite dont nous venons de parler, comme dans Br.

GENRE BRONTEUS. GOLDFUSS.

oblongus et Br. thysanopeltis (PI. 47), Br. cainpanifer (PL 44); tantôt, au contraire, elle se projette brusquement vers le dehors et fait une saillie prononcée, comme dans Br. palifer (PI. 45), Br. Haidingeri (PI. 46). Les variations de courbure des sillons dorsaux, leur distance et leur obliquité plus ou moins grande par rapport à l’axe, déterminent les diverses apparences de la glabelle, tantôt très -large, comme dans Br. campanifer et Br. palifer ; tantôt alongée, comme dans Br. angusticeps et Br. thysanopeltis. On peut remarquer, dans le premier cas, que la saillie latérale du lobe frontal est égale à celle de l’oeil, tandisque dans le second, la surface visuelle est beaucoup plus éloignée de l’axe, que l’extrémité du lobe comparé.

Les sillons latéraux de la glabelle sont, en général, moins nettement définis que dans la plupart des autres genres. Ils paraissent manquer complètement dans quelques espèces , comme Br. Dormitzeri (PI. 48). Ils se présentent sous la forme la plus simple, dans Br. planus (PI. 42), •

Br. palifer (PI. 45), où chacun d’eux est isolé et à peu-près transverse. En prenant ces espèces

pour types de la lobation, on peut reconnaître les sillons latéraux, dans tous les Bronteus , malgré les apparences plus ou moins compliquées que présente leur forme. Habituellement, le sillon moyen, à partir du sillon dorsal , pénètre transversalement, ou obliquement, jusques vers le quart de la largeur de la glabelle, et puis, il se courbe souvent parallèlement à l’axe, pour rejoindre le sillon antérieur, comme dans Br. viator et Br. thysanopeltis (PI. 48) Alors, le lobe antérieur figure un- tubercule ovalaire. Le sillon antérieur est transverse, et ne s’avance jamais au delà du tiers de la largeur correspondante. Dans diverses espèces, comme dans Br. viator , Br. Brongniarti (PL 44) on voit le sillon antérieur isolé plus ou moins complètement du sillon dorsal,

et dans tous les cas , son extrémité interne est beaucoup plus profonde. La dépression paral¬

lèle à l’axe qui unit fréquemment les sillons antérieur et moyen d’un même côté, a sa plus grande profondeur à mi -distance entre ces deux sillons, et il arrive parfois quelle n’est visible qu’en ce point. Alors, elle a l’air d’un sillon isolé, entre les deux que nous venons de nommer, et on dirait qu’il y a 4 paires de sillons latéraux, comme dans Br. Haidingeri et Br. Brongniarti (PL 44). — Le sillon postérieur est court, et s’unit toujours avec le sillon moyen, vers l’intérieur.

En somme, dans les Bronteus, le lobe frontal prédomine par son grand développement, et occupe à lui seul la moitié de la surface de la glabelle. Le lobe antérieur, quand il est prononcé, figure un tubercule aplati, plus ou moins étendu et arrondi. Le lobe moyen, est représenté par un petit tubercule, souvent rudimentaire, derrière le lobe antérieur. Le lobe postérieur n'est jamais bien déterminé, mais se reconnaît de chaque côté, à la base de la glabelle, comme dans Br. palifer (PL 45), Br. viator (PL 47).

Les branches de la suture faciale, isolées, coupent le contour antérieur de la tête, un peu en dehors du sillon dorsal. La distance qui les sépare sur le front, varie beaucoup, suivant le développement du lobe frontal, très-inégal dans les diverses espèces. A partir du contour, elles décrivent une courbe en S pour joindre l’oeil, en s’éloignant progressivement du sillon dorsal. Après avoir contourné le lobe palpébral, elles divergent suivant une ligne presque transverse, jusques vers le milieu de la joue, où elles se coudent brusquement vers l’arrière, pour atteindre le bord postérieur de la tête, au droit de la séparation des parties interne et externe de la plèvre. Dans toute son étendue, le cours de la suture faciale est souvent tracé sur un filet en relief, résultant d’un faible relèvement des bords accolés, comme dans Br. campanifer (PL 44), Br. Dormitzeri (PL 48). — Il en est de même dans les Acidaspis.

A une distance de 1 à 3 millimètres au dessous de l’arête frontale, existe une suture rostrale, qui unit* ensemble les deux branches de la suture faciale. Elle est figurée dans Br. campanifer, et dans Br. palifer, (PL 44 et 45.) La doublure sous frontale est toujours trèsétendue, vers l’intérieur, de sorte que le bord antérieur de l’hypostôme, ou la suture hypostomale, correspond à peu-près à la position des sillons antérieurs de la glabelle.

D’après l’existence des sutures mentionnées, la carapace céphalique des Bronteus est décomposée en 5 parties séparables, savoir: la glabelle, deux joues mobiles, chacune avec sa doublure, a doublure sous-frontale, et enfin l’hypostôme. Les Cheirurus nous offrent une semblable con-

formation, si ce n’est que leur doublure sous-frontale est très-réduite. Les Illaenus, au contraire, qui reproduisent les mêmes sutures, ont la pièce rostrale aussi développée que celle des Bronteus

Les yeux présentent la formé que nous nommons annulaire. Ils sont placés en arrière du centre de la glabelle', et toujours au droit de son étranglement. — Leur surface visuelle est ordinairement bosselée, d’une manière plus ou moins marquée suivant les espèces. Elle est couverte d’une cornée générale, comme dans le second type de la structure des yeux, défini dans nos études générales, (p. 136.) La dimension de ces organes varie beaucoup, ainsi que le nombre de leurs lentilles. Nous en comptons jusqu’à 4000 dans l’oeil d’un individu adulte de Br. palifer, et seulement 1000 dans Br. Brongniarti.

La joue fixe, très-réduite, se compose principalement du lobe palpébral, et de la languette placée derrière l’oeil, entre la- suture faciale et le bord thoracique.

La joue mobile, triangulaire, est beaucoup plus grande, et quelquefois très -inclinée vers le dehors. Elle porte la pointe génale, ordinairement très -peu étendue.

L’hypostôme varie si peu dans ce genre, qu’il est à peu-près impossible de distinguer les différences spécifiques dans sa forme. Le corps central est assez fortement bombé en travers, ovalaire, tronqué vers le front, où il est sans limbe. Un petit sillon latéral en sépare les aîles très-développées et recourbées en arrière. Vers son extrémité postérieure, il présente, de chaque côté, une impression profonde, pénétrant obliquement jusqu’au tiers de la largeur. A partir des aîles, il est entouré d’un limbe assez large, concentrique, déterminé par une rainure prononcée. Ce limbe est tantôt arrondi au contour buccal, comme dans Br. planus (PL 48), tantôt il figure une pointe médiane, rudimentaire, comme dans Br. palifer. (PL 43).

10 segmens au thorax, nombre constant dans toutes les formes connues. L’axe est saillant et bien déterminé par des sillons dorsaux parallèles. Les plèvres, suivant le type à bourrelet, sont enflées et ressemblent beaucoup à celles des Cheirurus, si ce n’est qu’elles offrent rarement la trace d’un sillon, que nous trouvons cependant, sur Br. Edwardsi (PL 42) et sur Br. porosus (PL 48). Dans la plupart des espèces, on reconnaît aisément la partie interne et la partie externe de la plèvre, séparées par un petit étranglement, au droit du coude. La partie interne montre, sur chaque bord, une bande plus ou moins apparente, et qui s’élargit en s’éloignant de l’axe. Les extrémités relevées des deux bandes contiguës figurent souvent deux petites lèvres accolées, comme dans Br. Brongniarti (PL 46). C’est ce que nous avons aussi observé dans la plupart des Cheirurus (p. 761). La partie externe de la plèvre prend une inclinaison quelquefois égale à 43°, comme dans Br. Brongniarti , et parfois très-peu sensible, comme dans Br. planus (PL 42). A son origine, lorsqu’il existe un étranglement prononcé, elle présente une sorte de nodule, analogue à celui que nous avons signalé au même point, dans les Cheirurus. On aperçoit

cette disposition dans Br. Brongniarti (PL 46), Br. porosus (PL 48), &c. Au delà du coude,

cette partie externe s’aplatit et diminue de largeur, de manière à figurer un coutelas, un peu arqué vers l’arrière.

Dans quelques Bronteus, dont l’anneau occipital très -développé se projette en arrière, nous remarquons, que le premier anneau . de l’axe thoracique est assez fortement échancré ou concave du côté de la tête. Le sillon dorsal de ce premier segment est aussi ordinairement très-oblique, comme on peut le voir dans Br. palifer dont nous avons figuré le premier segment, isolé. Dans la plupart des espèces, la plèvre de ce premier segment diffère légèrement des autres, et paraît un peu plus courte, et un peu plus forte près du sillon dorsal. Habituellement, toutes les plèvres ont une égale longueur à partir de l’axe. Par exception, dans Br. palifer elles vont en croissant vers le pygidium. — La doublure du test, sous la plèvre, s’étend aussi loin que la partie externe.

Le pygidium, sémi-ovalaire, plus ou moins amaigri vers l’arrière, offre une surface tantôt presque plane, tantôt plus ou moins voûtée, jusqu’à figurer le quart d’un ellipsoïde. Il porte, dans toutes les espèces connues, un rudiment de l’axe, déterminé par des sillons dorsaux, qui convergent suivant un

angle aigu, plus ou moins arrondi au sommet. La surface de ce rudiment est le plus souvent

GENRE BRONTEUS. GOLDFUSS.

trilobée par deux sillons longitudinaux, et rarement elle montre les sillons transversaux indiqués dans Br. planus (PL 42) et Br. simulons (PL 48). Le relief de l’axe et ses dimensions relatives varient suivant les espèces. A partir des sillons dorsaux qui limitent l’axe, rayonnent des côtes à peu près rectilignes, séparées par des sillons variables en largeur et en profondeur, suivant les espèces. La côte médiane est tantôt bifurquée tantôt entière jusqu’à l’extrémité. Le nombre des côtes latérales varie de six à sept, mais le second chiffre est beaucoup plus fréquent que le premier. Une seule espèce, Br. radialus Münst. montre 8 côtes latérales, outre la côte médiane d’une largeur insolite, et qui ne paraît pas bifurquée.

Le contour interne du pygidium ne présente pas de demi-côte articulaire. Nous y reconnaissons seulement la trace de la bande antérieure de la plèvre, comme dans les Clieirurus et les autres Trilobites qui ont la plèvre à bourrelet. Le genou articulaire est toujours très-distinct sur 1’ axe. Le contour extérieur du pygidium est uni dans toutes les espèces, excepté deux où il est orné de pointes. L’une est notre Br. Ihysanopeltis (PL 4 7) 5 l’autre est Br. acanlhopellis Schnur. récemment découvert dans les formations Dévoniennes des contrées Rhénanes par le Prof. Schnur de Trêves, qui a eu la bonté de nous en envoyer l’empreinte. Le raccordement entre les contours intérieur et extérieur a une apparence très-variable, et distingue les espèces. Tantôt il se fait par un arc d’une très-petite étendue, comme dans Br. planus ; tantôt par un arc très-ample, comme dans Br. palifer (PL 45); tantôt enfin, par un pan ocupé rectiligne, comme dans Br. furcifer , (PL 48).

La doublure , du test, sous le pygidium, fournit un bon caractère spécifique, par son étendue, qui parait au maximum dans Br. palifer. — Quelquefois la surface d.e la doublure est plane, d’après son impression sur la roche. Comme elle est appliquée le plus souvent, sans intervalle, contre le test, elle se moule sur les côtes et sillons de la surface dorsale, qu’elle reproduit en sens inverse, c. à d. les reliefs par des creux, et réciproquement. Dans une seule espèce, Br. palifer la superficie de la doublure offre des côtes et sillons symétriquement correspondans et opposés à ceux de la surface du test. Nous en avons donné la section. (PL 4 5)

La faculté d’enroulement est constatée par divers individus de Bront. Brongniarti et de Br. planus de notre collection. L’un d eux est figuré. (PI. 4 2. fig. 2 9.)

Dimensions. Les plus grandes espèces ont dii atteindre 2 50 mm. c. à d. approcher de la taille des plus grands Trilobites connus. Les plus petits Bronleus de Bohème on tau moins 1 5 à 20 mm. de longueur.

Distribution verticale et horizontale.

Les espèces de Bronleus que nous allons décrire, appartiennent toutes exclusivement à notre division Silurienne supérieure. Nous n’en avons découvert aucune trace dans la division inférieure. Les 31 espèces que nous reconnaissons dans notre terrain sont réparties très-inégalement, entre trois étages seulement de notre division supérieure; comme il suit:

Espèces de l’étage calcaire inférieur .

id. communes entre les étages . . . . E

id. de l’étage calcaire moyen ....

id. communes entre les étages .... F

id. de l’étage calcaire supérieur

total .

à déduire les espèces communes

total des espèces de Bohême .

N*a- Dans ce nombre est compris Br. Hawlei Barr. qui manque au tableau de la p, 840, et qui est décrit daDS les additions, (p. 889).

Parcourons les contrées paléozoiques étrangères.

1. En Angleterre, une seule espèce, Br. signalas a été signalée dans le terrain Silurien, et elle appartient à l’étage de Wenlock, c. à d. à la base de la division Silurienne supérieure.

2. En Irlande, Br. Hibernicus a été trouvé par le Capt. Portlock, et Br. signatus par le Prof. MacCoy, dans les formations qui correspondent au Car ad. Sandslone. c. à d. à la Faune seconde de la division inférieure du système. Nous ferons observer en passant, que le bassin Silurien de cette île nous présente aussi les plus anciennes formes connues des types Harpes Lichas fyc.

3. La Suède a fourni la première espèce connue, Br. lalicauda Wahl, (sp.) qui caractérise selon Murchison, la division inférieure et la Faune seconde de cette contrée; il existe aussi, selon Angelin, 2 espèces dans la division supérieure.

4. La Franconie nous présente 4 à 5 espèces de Bronteus , qui appartiennent au calcaire d’Elbersreuth, c. à d. selon toute vraisemblance, à la base de la division Silurienne supérieure, (p. 93.) En outre, des fragmens ont été recueillis dans les calcaires Dévoniens de Gattendorf et de Schübelhammer, et nous supposons provisoirement, qu’ils représentent une seule et même espèce.

5. L’Amérique du Nord semble ne posséder aucune forme du genre Bronteus dans la division Silurienne inférieure, et nous ne savons encore, si la division supérieure en a fourni jusqu’à ce jour.

D’après ce que nous venons de dire, le genre Bronteus n’est pas représenté dans la Faune primordiale. Il a commencé à paraître avec la Faune seconde de la division inférieure Silurienne, et il a pris son plus grand développement durant la période de la division supérieure. Son existence s’est prolongée pendant la période Dévonienne, d’après les faits suivans:

6. Les contrées Rhénanes ont fourni 7 formes décrites par Goldfuss. Il faut y ajouter Br. Acantliopeltis. Schnur. espèce inédite, très-analogue à notre Br. thysanopeltis.

7. En France, on connaît une espèce de Néhou, d’abord assimilée à Br. ftabellifer, mais qui en diffère, et que nous nommons, Br. Gërvillei.

8. Br. ftabellifer, Goldf. a été reconnu par le Prof. Phillips dans les formations Dévoniennes d’Angleterre.

9. La présence de cette espèce a été aussi signalée, dans le même système, en Russie, par les savans auteurs de la Géologie de la Bussie et de l’Oural.

10. Les formations Dévoniennes du Harz ont présenté la même forme à Fr. Ad. Romer, ainsi que: Br. insignilus Bevr. (signalas Roem.) Br. minor. Roem .Br. intumescens Roem. Ces deux dernières formes ont été récemment découvertes.

Depuis que Goldfuss a décrit, en 1843, les sept espèces Rhénanes, l’opinion générale des paléontologues a été, que le genre Bronteus caractérisait plus spécialement la période Dévonnienne. La longue série des Bronteus que fournissent nos formations de Rohême revendique d’une manière incontestable pour le système Silurien, le caractère que lui a si justement reconnu Sir Rodéric Murchison, quand il a dit, que c’était le centre de la création Trilobitique. R en est de même pour les Harpes , Acidaspis, Phacops, Proetus et presque tous les types représentés dans la période Dévonienne. Ces faits nous montrent combien il est aisé de se tromper, avant qu’on ait suffisamment étendu le cercle des observations.

Le tableau suivant résume les faits que nous venons de passer en revue.

Division Silurienne

Distribution des HmnîCUS.

infér.

supérieure

'OJ

Jo*

/ Bohême .

1 Angleterre ....

llrlande .

ISuède .

Espèces connues en /Franconie ....

'.Contrées Rhénanes

illarz .

f France .

\ Russie .

I— f 3jl 13 1 1 9 J 8|—||16

GENRE BRONTEUS. GOLDFUSS.

En faisant abstraction des espèces communes à diverses contrées, on voit par ce tableau, que le développement maximum du genre Bronteus correspond à peu-près au milieu de la hauteur de la division Silurienne supérieure. A partir de cet horizon, le nombre des espèces diminue rapidement dans les deux sens. Cette epoque, qui est aussi la môme pour les Pioetus, ne coincide pas avec le plus grand développement de la plupart des genres, et de 1 ensemble de la tribu Trilobitique, qui a eu lieu à la base de la division supérieure, ainsi que nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le faire observer.

Rapports et différences.

Le genre Bronteus est un de ceux qui nous paraissent le plus isolés, par leur conformation. Il offre cependant des rapports éloignés avec d’autres types.

1. Ce qui caractérise surtout les Bronteus, c’est la forme du pygidium, dont laxe est rudimentaire et les côtes rayonnantes. Sous ce rapport, nous voyons quelque analogie dans notre Aeglina , bien que, dans ce dernier type, les côtes soient beaucoup moins développées. Le reste du corps dans ces deux genres est d’ailleurs très-différent sous tous les rapports.

2. Illaenus offre une ressemblance notable avec Bronteus , par son pygidium, dont laxe est rudimentaire; par le nombre 10 qui est le plus fréquent pour ses segmens thoraciques; par sa suture rostrale; par le grand développement de sa doublure sous-frontale, et enfin par les stries et cavités qui ornent son test, comme celui de divers Bronteus. Ces affinités sont contrebalancées, par le manque total de lobation dans la tête des Illaenus ; par la forme de leur plèvre thoracique qui tend vers le type à sillon; par l’absence de toute segmentation rayonnante dans leur pygidium et par la forme de leur hypostôme, dont le bord buccal est profondément échancre.

5. Le Prof'. Beyrich, dans son premier mémoire sur les Trilobites de Bohème, a essayé d’établir des rapports ' entre les Bronteus et les Cheirurus , et il les a cherchés dans le pygidium de ces deux types. Ce savant a fait dans ce but de tres-ingénieuses combinaisons, pour retrouver le nombre constant des 4 segmens • des Cheirurus, dans le chiffre des côtes des Bronteus, variant de 6 à 8 de chaque côté. Il nous semble inutile de discuter cette théorie, car le principe de la constance du nombre des segmens dans un même genre et dans une même famille, qui lui servait de fondement, serait aujourd’hui peu soutenable, après les nombreuses irrégularités que nous avons signalées sous ce rapport. En second lieu , nous croyons , que dans les Bronteus , chaque côte représente à elle seule un segment, car il en est ainsi dans les autres genres conformés suivant le type de la plèvre à bourrelet , notamment, dans les Cheirurus , Placoparia, Sphaere.Toehus, fyc. ainsi que nous l’avons développé dans nos études générales sur le pygidium. (p. 217.) La fusion des côtes des Bronteus par deux, pour en former un seul segment, nous paraît donc contraire à la nature des élémens dont le pygidium est composé dans ce genre et dans tous ceux qui appartiennent à la même série.

Bien que nous n’admettions pas les combinaisons du Prof'. Beyrich, pour rapprocher^ les Bronteus des Cheirurus, nous n’en reconnaissons pas moins les grandes affinités qui lient entr eux ces deux genres. Nous les trouvons surtout dans la forme de leur élément primitif, c. à d. du segment thoracique. Nous avons déjà touché ce sujet, en décrivant les Cheirurus et nous prions le lecteur de jeter les yeux sur le passage où il en est question, (p. 766.) Nous indiquerons encore, comme analogies accessoires entre ces deux types, l’existence, dans l.un et 1 autre, dune pièce rostrale, ou doublure sous - frontale séparable, et la grande ressemblance de forme et de structure, que nous offrent leurs yeux.

4. Lichas ayant un pygidium très - développé et dont l’axe est plus ou moins réduit, offre par là quelque rapport avec Bronteus, dont il diffère d’ailleurs beaucoup, par sa plèvre à sillon, par la lobation de sa tête, &c. Une seule espèce, Lich. ambigua, ayant la glabelle très - dilatée au front (PI. 28. fig. 16), reproduit presque la forme caractéristique des Bronteus. Cette analogie

nous a fait commettre un erreur, dans nos premières publications, où cette espèce est indiquée sous le nom de Bront. ambigms. (Not. prélim. p. 61. J

Le genre ThysoMopeltis a été fondé par M. Corda, sur un Bronteus de Bohême, dont le pygidium a le contour orné de pointes, et auquel nous avons conservé, pour ce motif, le nom de Bront. thysanopeltis. (PL 47.) D’après la définition donnée dans le Prodrom, (p. 117.) ce genre se distinguerait des Bronteus, seulement par les deux caractères suivans: — 1. par une forte protubérance, ovoide, placée entre l’oeil et le bord postérieur de la joue. fProdr. PI. VI. fig. 64. a.) — 2. par les pointes ornant le contour du pygidium.

Nous devons avant tout constater, que les fragmens de la collection Hawle, sur lesquels ces caractères ont dû être observés, et que nous venons d’examiner, consistent uniquement en une glabelle et un pygidium isolés, provenant de bancs différens de notre étage calcaire moyen F, et appartenant à deux espèces distinctes. La glabelle étant privée des joues, ne montre aucune trace des protubérances indiquées. Il n’existe d’ailleurs, ni dans la collection Hawle,. ni dans celle du Musée Bohême, aucune joue de Bronteus, qui présente ce caractère insolite. Quelle que soit la source à laquelle M. Corda l’a emprunté, il n’appartient pas à la tête de Br. thysanopeltis , dont nous avons figuré la joue isolée. (PI. 47.) Cette pièce se trouve dans un banc particulier de calcaire jaunâtre, renfermant aussi la glabelle et le pygidium, avec lesquels elle est spécifiquement unie, par l’apparence écailleuse, très-caractéristique, du test. Ainsi, dans aucun cas, on fie saurait distinguer Bront. thysanopeltis par les deux protubérances ovoides que M. Corda a supposées près du bord postérieur de la tête de ce Trilobite. — Quant au caractère tiré des pointes qui ornent le contour du pygidium de cette espèce , nous ne saurions le considérer comme générique, d’après les considérations que nous avons exposées dans nos études générales (p. 221). Le lecteur trouvera sur la page citée, l’indication de 6 genres, dans lesquels le pygidium offre un contour, tantôt uni, tantôt orné de pointes, suivant les espèces. Nous avons fait voir, que ces apparences variables sont généralement en rapport avec la forme plus ou moins aigue de la partie externe de la plèvre. En somme, le genre Thysanopeltis ne nous paraît point séparable des Bronteus, dont il présente d’ailleurs tous les caractères très-prononcés.

Classification des Bronteus.

Le grand nombre des formes actuellement connues a déjà indiqué la convenance de faire quelques subdivisions dans ce genre. L’auteur du Prodrome y a établi trois coupes ou sousgenres, distingués par les noms qui suivent:

I. Paralejurus comprend les espèces dans lesquelles le pygidium n’a point d’axe, et dont les côtes sont effacées dans la partie centrale de la surface, savoir, Br. campanifer Beyr. (PI. 44) et Br. Zippei Cord. =: Br. Dorvnitzeri. Barr. (PL 48.) — Malheureusement, cette distinction a été établie par M. Corda sur des exemplaires mal conservés, et elle n’existe pas dans les individus qui permettent d’observer la surface intacte de leur test, comme ceux que nous avons figurés dans les planches indiquées.

II. Holomeris comprend les Bronteus dont l’axe est distinct, et dont la côte médiane n’est pas bifurquée.

III. Dicranadis renferme les espèces qui offrent à la fois un axe distinct et une côte médiane bifurquée.

Dans la pratique, ces sous-genres entraîneraient de graves erreurs, parceque dans diverses espèces, comme Br. Haidingeri, la côte médiane est entière au jeune âge, et se bifurque dans les adultes. Ce caractère ne paraît donc pas assez tranché, pour servir de base à des subdivisions. D’ailleurs, en l’adoptant, on serait obligé de séparer des espèces très - rapprochées par tous leurs traits, comme Br. oblongus et Br. transversus.

Le genre Bronteus est composé de formes si homogènes, et qui se modifient par degrés si continus, qu’il est très-difficile d’y faire des coupes bien nettes. Cependant, M. Beyrich nous

GENRE BRONTEUS. GOLDFUSS.

semble avoir bien saisi les caractères par lesquels on peut le mieux grouper les espèces, savoir: Le nombre des côtes latérales du pygidium, et la nature des ornemens du test. Le premier de ces caractères nous servira à établir des sections très - naturelles , et le second nous fournira le moyen de former des groupes dans chacune d’elles.

Dans les Bronteus aujourd’hui connus, le nombre des côtes, de chaque côté du pygidium, est représenté par les chiffres 6 — 7 — 8, non compris la côte médiane, bifurquée ou non bifurquée. Le nombre 4 a été aussi indiqué dans une forme décrite par Münster, sous le nom de Br. Neptuni. (Beytr. HI. PL V. fig. 16. ) M. le Profr. Beyrich l’a exclue avec raison, de la liste des espèces qu’il a classifiées. Ayant observé récemment le fragment original, appartenant à la collection de Bayreuth , nous avons reconnu qu’il était fortement mutilé , et inexactement figuré. Il ne peut donc pas être pris en considération, pour établir une exception parmi les Bronteus.

La section I, à 6 côtérales, ne comprend que deux espèces, et il est très - remarquable qu’elles soient les seules qui représentent le genre dans la division Silurienne inférieure, l’une en Irlande et l’autre en Suède. Nous ne comptons pas dans cette section Br. costatus Münst.,

décrit et figuré avec 6 côtes latérales et appartenant à la division Silurienne supérieure. Ce

Trilobite est représenté par un fragment du pygidium , que nous avons récemment observé à Munich, et qui est très -inexactement représenté dans l’ouvrage du Cte. Münster. (Beytr. III:

PL V. fig. 14. J La longueur de l’axe a été très - exagérée dans cette figure. L’un des lobes

latéraux permet de reconnaître 5 côtes , et l’autre en montre 2 ou 3. En somme, ce morceau nous a paru indéterminable , et dans aucun cas il ne peut démontrer l’existence d’un Bronteus à 6 côtes latérales, dans les calcaires d’Elbersreuth d’où il provient. — La collection de Bayreuth renferme un pygidium un peu mieux conservé, et portant aussi le nom de Br. costatus Münst. Ce pygidium , qu’il serait fort difficile d’identifier avec le fragment original dont nous venons de parler, nous a semblé avoir 7 côtes latérales et une côte médiane assez large.

La section II, à 7 côtes latérales, renferme plus d’espèces que les deux autres ensemble, savoir: 50 espèces de Bohême et 15 espèces étrangères à notre terrain. Nous sommes obligé, pour faciliter la distinction de ces formes, de les grouper suivant la nature de leurs ornemens. Cette méthode paraît rompre quelques affinités naturelles, en ce qu’elle éloigne des espèces analogues par le bombement du pygidium. Mais si l’on prend pour base des subdivisions ce trait de la conformation ou tout autre quelconque, il sera presque impossible de séparer les groupes, qui passent insensiblement l’un dans l’autre.

La variété des ornemens que nous observons sur les Bronteus de Bohême, nous fournit six sub-divisions qui pourraient se décomposer en plus petits groupes, d’après l’analogie des formes. Nous avons suivi ces analogies, autant que possible, dans la disposition des noms.

Un inconvénient, que nous ne saurions éviter, s’attache à l’emploi des ornemens comme moyen de classification. C’est que, dans une même espèce, la tête et le pygidium peuvent différer totalement, sous le rapport de l’ornementation. Comme il est très-habituel de trouver ces parties du corps séparées l’une de l’autre, on peut être aisément induit en erreur, dans la classification. Nous avons un exemple de ce danger, dans Br. caelebs , dont la tête est partiellement striée, tandisque le pygidium est complètement lisse. Nous nous croyons cependant en droit d’associer ces fragmens, à cause de leur gisement commun dans une même banc, qui ne contient pas d’autres formes de ce genre.

Dans le tableau qui suit, nous avons énuméré les espèces étrangères à la Bohême, en les distinguant par une étoile. Il est possible qu’on puisse faire parmi elles diverses réductions, comme celles que le Prof. Beyrich a indiquées, pour les formes décrites par Goldfuss. Comme nous n’avons pas eu l’occasion d’étudier les exemplaires originaux, sur lesquels sont fondées ces dénominations spécifiques, nous nous abstenons de juger leur indépendance. Ce travail ne peut être fait que lorsqu’on a les matériaux sous les yeux.

Tableau du groupement des Br on feus,

^ ce

côte

médiane

Division

Silurienne

Groupes.

‘JS

infér.

supérieure

CG

cG

GS

cO

Sect. I. Six côtes latérales au pygidium.

Br. laticauda. . Wahl. (SP-) Nov. Act. Ups. VIII. PL 2.

Br. Hibernicus. Portl.

Geol. Hep. PI. V.

Sect. II. Sept côtes latérales au pygidium.

Br. elongatus. Barr.

Br. Sieberi. . Cord.

Test lisse.

Br. thysanopeltis. Barr.

Br. costatus. . Münst.

Beytr. 111. Pl. V. fig. 14.

Br. campanifer. Beyr.

Br. Dormitzeri. Barr.

Br. Zippei. . Barr.

Br. caelebs. . Barr.

Br. formosus. . Barr.

Ent.

Br. oblongus. . Cord.

Pl 47 .

Br. Kutorgai. . Barr.

Br. transversus. Cord.

Br. viator. . Barr.

Stries.

Br. furcifer. . Cord.

Br. palifer. . Beyr.

Ent.

Br. simulons. . Barr.

Br. planus. . Cord.

Ent.

Br. signatus. . Phill.

Pal. Foss. Dev. PL 57.

Br. signatus. . Goldf.

N. Jahrb. 1843. PL 6.

Br. insignitus. Beyr.

Kom. Harz. PL Xl. . .

Br. Neptuni. . Münst.

Beytr. III. PL V. fig. 16.

Br. grandis. (As.) Münst. (sp*) ibid. PI. IX. fig. 1.

Br. Brongniarti. Barr.

Ent.

Stries et ea-

Br. tenellus. . Barr.

vités.

Br. Partschi. . Barr.

Ent.-

Br. angusticeps. Barr.

Br. Haidingeri. Barr.

Ent.

Br. nuntius. . Barr.

Stries et

Br. spinifer. . Barr.

Ent.

granulation.

Br. umbellifer. Beyr.

Ent.

Br. Edwardsi. Barr.

Ent.

Grains et ca-

Br. flabellifer. Goldf.

N. Jahrb. 1843. PL VI.

Ent.

Br. porosus. . Barr.

Ent.

vités. 1

Br. brevifrons. Barr.

Br. infaustus. Barr.

Granulation.

Br. Richteri. . Barr.

Br. pustulatus. Barr.

Br. subradiatus. Münst.

Beytr. III. PL V. fig. 15.

Br. flabellifer? Phill.

Pal. Foss. Dev. PL 57.

fig. 254 .

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