Bront. planus. Corel
1847. Bronteui planus. Cord. Prodr. p. 59.
La forme du corps figure une ellipse presque parfaitement régulière, dont les axes sont entr eux : : 5 : 2. La tête occupe un peu plus du quart, et le pygidium presque la moitié de la longueur totale.
La surface céphalique est médiocrement bombée dans les rares exemplaires qui n’ont pas été aplatis par la compression. Son contour extérieur est très-rapproché d’un demi-cercle. Il est formé par un limbe qui paraît développé, si on le compare à celui de la plupart des espèces, et dont la largeur devant la glabelle, dans les plus grands individus ne dépasse pas 2 à 5 m.m. Ce limbe, relevé et concave au front, s’aplatit en s’élargissant le long des joues, et il se termine par une pointe génale rudimentaire, qui n’atteint pas le bout de la première plèvre. Le contour intérieur de la tête est légèrement concave vers le thorax. L’anneau occipital, trèsprononcé, un peu projeté vers l’arrière, est dilaté au milieu, et porte un grain saillant au sommet. Le sillon occipital est large et profond, lorsqu’il n’a pas été effacé par la pression subie. Le bord et le sillon postérieurs des joues sont indiqués sur la joue fixe, à partir du sillon dorsal, jusqu’au point où aboutit la suture faciale. Leur existence, rudimentaire vers l’axe, se manifeste par une petite échancrure dans le relief de cette joue. On aperçoit aussi leur trace très-étroite, le long de la joue mobile.
La glabelle, doucement voûtée dans les deux sens, s’élève très- peu au dessus du niveau des joues. Son lobe frontal, occupant environ le quart de la longueur, a une grande extension transverse et par ses extrémités il dépasse notablement, de chaque côté, le reste de la surface. La largeur maximum, correspondant au milieu de ce lobe, est triple de la largeur de la glabelle, en avant du sillon occipital. Les sillons dorsaux sont prononcés. Au droit des yeux, nous voyons, en dehors de chacun de ces sillons, une impression creuse, en forme de demi -cercle, sur le talus de la joue fixe , comme dans Br. palifer (PI. 45) &c. Les sillons latéraux de la glabelle sont distincts, quoique peu profonds. Les sillons antérieurs et moyens dirigés transversalement, pénètrent, de chaque côté, jusqu’au tiers de la largeur correspondante. Le sillon antérieur ne se réunit pas au sillon moyen, par son extrémité interne. Dans quelques fragmens très -bien conservés, on voit que le premier se dilate et s’approfondit, en s’éloignant du sillon dorsal, près duquel il est légèrement tracé. Le sillon postérieur, moins bien défini que les deux autres, est représenté par une faible dépréssion oblique, qui tend à se réunir avec le sillon moyen, vers l’intérieur. Il en résulte un lobe moyen d’apparence un peu variable, suivant l’état de conservation des individus.
La suture faciale suit, dans sa partie antérieure, le cours typique décrit ci-dessus, (p. 835.) Nous remarquons que ses branches sont notablement distantes du sillon dorsal. Elle présente, dans sa partie postérieure, une légère déviation, par rapport au cours habituel. L’oeil de cette espèce se trouvant situé assez en avant du contour postérieur de la joue, et étant d’ailleurs trèspetit, la suture, au lieu de diverger transversalement, comme dans la plupart des espèces, prend, à partir du lobe palpébral, une direction oblique à 45° vers l’arrière, et elle atteint le bord thoracique, en décrivant un S. Le point où elle aboutit correspond à la saillie latérale de la paroi visuelle, par rapport à l’axe du corps.
L’oeil, dont nous venons d’indiquer le faible développement, est placé au droit du sillon postérieur de la glabelle, un peu plus près du sillon dorsal que du contour gênai. Sa paroi visuelle, annulaire, rarement conservée, nous permet de reconnaître des lentilles très-petites, disposées en files obliques. Chacune d’elles est distincte par son relief, sous une cornée générale, luisante. Nous évaluons leur nombre à environ 500 par oeil. Le lobe palpébral, sémi-circulaire, horizontal, ne recouvre pas toute la saillie de la surface réticulée.
La joue fixe a une grande étendue, et elle s’élève au niveau de la glabelle, entre l’oeil et le sillon dorsal. La joue mobile, triangulaire, offre un faible relief autour de l’oeil, et plus loin elle s’aplatit, en formant une légère concavité, concentrique au bord latéral.
L’hypostôme figuré (PI. 48) reproduit les caractères du type. Son bord buccal est arrondi en demi-cercle. Les impressions latérales de son corps central sont très-prononcées, et elles se réunissent sur l’axe, en détachant vers l’arrière une sorte de croissant, concentrique au bord.
10 segmens au thorax, comptés sur un grand nombre d’individus, dont le plus petit a une longueur de 14 m.m. et se trouve par conséquent déjà loin du premier âge. L’axe, doucement bombé, compris entre des sillons dorsaux parallèles, dans toute sa longueur, occupe le quart de la largeur totale. Ses anneaux, séparés par des rainures étroites, s’amincissent au milieu, de manière à laisser voir, même dans l’état d’extension, une partie du genou articulaire, comme dans Br. palifer (PI. 8) et dans la plupart des Homalonotus. Le premier anneau diffère un peu des autres, parceque son sillon dorsal est oblique. Les lobes latéraux offrent chacun une surface presque plane. La plèvre nous permet de reconnaître sa partie interne et sa partie externe, entre lesquelles il n’existe cependant aucun étranglement sensible. La partie interne, doucement enflée, horizontale, plus longue que la partie externe, est bordée de chaque côté par une bande rudimentaire, très-visible dans les exemplaires bien conservés, et surtout dans les segmens qu’on trouve isolés, comme celui que nous avons figuré. (PI. 48.) La partie externe, inclinée à 10u, s’aplatit, s’arque un peu vers l’arrière, et se termine en coutelas. La première plèvre, est sensiblement plus large que les autres.
La doublure du test s’étend sous toute la partie externe de la plèvre.
GENRE BROKTEUS GOLDFUSS.
Le pygidium, parabolique, alongé, est très-légèrement bombé autour de l’axe, sur la moitié de sa largeur. Le reste de sa surface est aplati. La ligne d’articulation est droite dans toute son étendue et n’offre qu’un arc très-petit de raccordement, à chaque extrémité. Ainsi, la largeur maximum se trouve près du bord thoracique. L’axe figure un demi -ovale, dont la base équivaut au quart de la largeur maximum, et dont la longueur est un peu moindre. Il est médiocrement enflé, et sa surface est lobée par deux sillons longitudinaux. Le lobe médian est
aussi large que la côte médiane à son origine. Sur quelques fragmens bien conservés, nous distinguons la segmentation de l’axe, consistant en 3 ou 4 sillons transverses, peu profonds. — - La côte médiane, à sa naissance, a une largeur double de celle des côtes voisines, et elle
s’élargit progressivement vers le bord. Sa surface, comprise entre deux sillons qui opposent leur
convexité, est un peu bombée et sans trace distincte de bifurcation. Les 7 côtes latérales, semblables entr’elles, ont un très -faible relief, qui s’efface de plus en plus, à mesure qu’elles s’éloignent de l’axe, de sorte que leur largeur paraît diminuer, en même -temps que les sillons intercostaux s’élargissent. Leur trace disparaît à une petite distance du contour. L’apparence que nous décrivons nous semble provenir, au moins en partie, de la compression, qui a réduit le relief de toutes les parties saillantes, à un degré inégal, dans les divers individus.
La doublure du test s’étend sur la moitié de la largeur de la surface, entre l’axe et le contour du pygidium.
Le test, conservé dans beaucoup d’exemplaires, a une couleur brune, plus ou moins foncée suivant les localités. Son épaisseur ne dépasse pas l de millimètre. Sa surface est ornée de stries, ou plis - sillons , très -peu saillans, et dont la direction varie suivant les parties du corps. Sur la tête et sur le pygidium, ils sont à peu-près concentriques aux contours extérieurs. Sur les anneaux thoraciques, ils forment des arcs concaves vers l’arrière. Sur les plèvres, ils sont légèrement obliques par rapport à la direction de l’axe. Ces stries sont irrégulières, plus ou moins serrées, souvent bifurquées et discontinues. Dans quelques fragmens, comme l’axe du pygidium figuré (PI. 48. fig. 6) nous apercevons de petites cavités entre les stries. Probablement, ce second ornement ne se développe qu’avec l’àge.
La faculté d’enroulement est constatée par plusieurs exemplaires de notre collection , qui sont fortement aplatis par la compression.
Dimensions. La longueur de la plupart des individus adultes est de 60 m. m. sur 40 m. m. de largeur. Quelques fragmens nous indiquent une taille un peu plus grande.
Gisem‘. et local. Cette espèce appartient exclusivement à notre étage calcaire inférieur E. La plupart des individus ont été trouvés aux environs de Lodenitz, dans une localité qui a fourni aussi, Acid, mira, Acid. Prevosti, Areth. Konincki , fc. Nous avons recueilli de rares fragmens de Br. planus à St. Iwan, sur les collines de Listice, dans les rochers de Kozel, et au lieu dit Ratinka près Béraun. Partout, il est associé avec les autres Trilobites que nous venons de nommer.
Bapp. et différ. L’apparence générale de Br. planus le distingue aisément des autres espèces congénères. Si l’on veut fonder plus exactement cette distinction, on remarquera: que l’oeil est petit, placé assez loin du bord postérieur; la suture faciale, derrière le lobe palpébral, est oblique, non transverse; la plèvre est presque plane dans toute son étendue; le pygidium est très- développé, et ses côtes diminuent peu à peu de largeur vers le contour.
Parmi toutes les espèces de Bohême, celle qui se rapproche le plus de Br. planus , est Br. Partschi (PI. 46) qui se trouve dans le même horizon géologique et dans plusieurs des mêmes localités. Les parties isolées du corps de ces deux Trilobites peuvent être confondues, lorsqu’elles sont mutilées ou très - aplaties par la compression. Dans le cas contraire, nous différencions la tête et le pygidium de Br. Partschi, par leur bombement plus prononcé. En second lieu, le lobe frontal de cette espèce ne porte aucun limbe distinct. Ses yeux, placés plus près du bord postérieur de la joue, sont relativement beaucoup plus développés. Leur longueur, suivant l’axe,
équivaut à ] de la longueur totale de la tête, tandisque dans Br. planus , le rapport analogue est d’environ ±. — Le pygidium de Br. Partschi est toujours moins alongé. Son axe, plus court, ne montre jamais de trace de segmentation, et ses côtes très - prononcées , sont séparées par des sillons étroits, jusqu’au contour.