‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 62 sur 469 · NOMENCLATURE · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE

posent une complète similitude des formes, et ils ne détruisent point l’identité de l’espèce. Sars avait déjà observé, que parmi de nombreux pygidium de As. dilatatus , les uns étaient plus alongés et les autres plus élargis. (Isis. 1855. Heft III. 557.) La constance avec laquelle ces deux formes se présentent dans nos Trilobites, nous a conduit à penser, que leur contraste n’exprimait pas seulement des différences individuelles, mais qu’il pouvait avoir quelque connexion avec le sexe. Nous serions donc porté à considérer la forme large comme appartenant à la femelle, et la forme longue au mâle. Nous nous bornerons à cette indication que nous livrons aux zoologues , en ajoutant, que nous avons remarqué dans l’Histoire naturelle des Crustacés vivans par Milne Edwards, le passage suivant, qui peut être rapproché de notre observation sur les Trilobites. On lit, (Vol. 1. p. 175.)

■ Chez un grand nombre de Crustacés, les différences sexuelles ne consistent pas seulement

• dans le mode de conformation de l’appareil générateur et de ses annexes, et on peut souvent

• distinguer les mâles des femelles par d’autres particularités d’organisation. Chez les Décapodes •Brachyures, par exemple, l’abdomen est toujours étroit chez le mâle, tandisque chez la femelle il .•est très-large et recouvre en général, presque tout le plastron sternal, dont la forme est en rapport avec ces différences.

A cette analogie que nous offrent les représentai actuels des Crustacés, nous pourrions en ajouter d’autres un peu plus éloignées, que nous fournissent les mollusques Céphalopodes. Nous lisons dans une thèse soutenue par M. Alcide d’Orbigny, en 1846, sur les Ammonites, qu’il a reconnu des individus comprimés et d’autres renflés dans la même espèce, et il ajoute: des in- ■ dividus les plus, comprimés avaient sans doute appartenu aux mâles, tandisque les individus ren- •flés devaient être la demeure des femelles. Les animaux de ce sexe étant toujours plus larges

• et plus courts , chez les Céphalopodes acétabulifères, parce qu’ils doivent contenir les oeufs, je dus

• croire qu’il en était de même chez les Ammonites, dont la coquille avait nécessairement suivi le •volume des sexes qui l’habitaient. (Rech. sur les Amm. p. 9.)

Nous appelons l’attention des paléontologues sur ces considérations, et nous espérons que leurs observations concourront avec les nôtres, à constater dans les espèces de Trilobites de tous les pays et de toutes les formations, l’existence de la forme longue et de la forme large.

Le contraste entre ces deux formes est parfois si marqué, qu’on serait tenté de leur assigner des noms spécifiques différens, ce qui doublerait aisément le catalogue des espèces.

C’est une cause d’erreur à laquelle n’a point échappé fauteur du Prodrom einer Monogr. der bôhm. Trilob. comme nous aurons l’occasion de le constater dans nos descriptions.

Pour se faire une idée de la différence de ces deux formes, le lecteur n’a qu’à parcourir nos planches, et à comparer les divers exemplaires figurés des espèces suivantes:

Asaph. nobilis.

Calym. declinata.

Calym. pulehra.

Cafym. incerta.

Cheir. globosus.

Conoccph. Sulzeri.

Parad. spinosus.

Acidasp. Buchi.

Acid. Keyserlingi.

Les Agnostus nous présentent aussi pour la plupart, l’opposition de la forme large et de la forme longue. Si on a sous les yeux un certain nombre d’exemplaires de Illaen. crassicauda des environs de St. Pétersbourg, on fera aisément parmi eux la même distinction. Une semblable observation a été faite depuis longtemps par le Proft. Pander, sur Asaph. expansus de la même contrée. (Beitr. zur Geogn. Russl. p. 156.)

ML J. W. Salter, qui dans ces dernières années a étudié et décrit avec beaucoup de succès une partie des Trilobites Siluriens d’Angleterre, a cherché comme nous dans ces Crustacés , les indications indirectes de leur sexe. Il remarque d’abord, que dans les Insectes, le mâle se distingue par des yeux très-grands et proéminens, par des pointes ou épines beaucoup plus longues, par un corps étroit et déprimé, et que Je dernier de ces caractères est distinctif des sexes dans les Crustacés.

Cette observation est parfaitement en harmonie avec celles que nous avons exposées cidessus. Cependant, les Trilobites que M. Salter a pu examiner, ne lui ont pas fourni l’occasion de reconnaître en eux un ensemble complet de caractères analogues. Il a seulement observé dans Daim, caudata et quelques autres espèces, que certains individus ont la glabelle aplatie, les yeux plus saillans, le corps plus déprimé, les pointes du front, de l’angle gênai , et du pygidium plus longues. Il est porté à les considérer comme les mâles. Les femelles seraient représentées par les exemplaires qui ont en général une forme plus convexe, la glabelle saillante presque au niveau des yeux, et le pygidium terminé par une pointe obtuse. (Dec. 2, Daim. çaud. p. 4.)

Nous ne sommes pas étonné de voir, que les Dalmania d’Angleterre n’ont pas présenté à M. Salter la forme longue et la forme large, parceque ce genre est précisément l’un de ceux qui ne nous ont pas permis d’établir cette distinction en Bohême, malgré la variété de leurs formes. Nos exemplaires complets ne sont pas assez nombreux d’ailleurs, pour nous offrir l’occasion de confirmer les différences admises par M. Salter, comme caractères sexuels dans ce genre.

2. Parties principales du corps des Trilobites. Nomenclature comparée.

Le nom de Trilobites paraît avoir été d’abord employé par Walch, dans la description de la collection de Knorr, un peu après la première moitié du siècle dernier. Il est aujourd’hui si généralement admis, qu’il est inutile de discuter s’il pourrait être avantageusement remplacé par celui de Palaeades , proposé par Dalman en 1826.

, A mesure que le nombre des formes connues s’est augmenté, les termes de la nomenclature se sont d’autant plus multipliés, qu’on a cherché de nouvelles distinctions pour renfermer chaque espèce dans des limites plus étroites et mieux définies. On a donc introduit successivement de nouveaux noms, pour des élémens de la conformation, qui n’avaient pas été d’abord bien déterminés. Quelquefois aussi, les dénominations anciennes ont été détournées de leur sens primitif, et appliquées dans un sens plus ou moins différent. Nous croyons donc indispensable de définir tous les termes que nous devons employer dans nos descriptions. Cette nécessité se fait surtout sentir dans la langue Française, dont la littérature relative aux Trilobites, se borne à peuprès aux ouvrages d’Al. Brongniart et de Milne-Edwards. Le premier en créant la sciçnce, en 1822, n’a eu besoin pour ses distinctions génériques et spécifiques, que d’un nombre de termes très-restreint. Le second s’étant borné à une revue générale des formes connues en 1840, n’a enrichi la nomenclature Française, que d’un petit nombre d’expressions , et n’a pas conservé à toutes celles de son devancier, leur signification primitive.

La nomenclature latine a été développée par Dalman (1826), dans son traité sur les Palaeades, et plus tard employée par Emmrich, dans sa dissertation sur les Trilobites en 1859.

La nomenclature Allemande s’est peu à peu formée dans les ouvrages .de Pander, Emmrich, L. de Buch, Quenstedt, Burmeister, Beyrich et Sandberger.

Pendant le même temps, Sir Rodéric Murchison a ouvert la voie aux paléontologues Anglais, (1839) en adoptant la plupart des termes employés par Dalman, et en leur ajoutant quelques expressions puisées dans sa propre langue. Le Capitt. Portlok a étendu notablement la nomenclature Anglaise, en décrivant les Trilobites d’Irlande. 1843, Les travaux très-récens de J. Hall en Amérique, et ceux de M. M. Phillips, E. Forbes, Salter et Mac Coy en Angleterre, ont achevé de compléter tout ce qui pouvait encore manquer sous ce même rapport, à leur langue scientifique.

Nous nous efforcerons de mettre la nomenclature Française en harmonie avec celle qu’ont employée les savans que nous venons de nommer, et nous présenterons pour chaque objet, un tableau comparatif des termes les plus usités dans les quatre langues comparées.

Le lecteur trouvera dans nos Planches 1 — 2, et les explications qui les accompagnent, tous les élémens de la nomenclature.

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