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C. Tableaux synoptiques des évolutions de la grande suture

D. Caractères fournis par la grande suture.

antérieure ou sommet, placé vers la région frontale de la tête et toujours ouverte vers 1’ ex trêmité opposée, ou postérieure.

En considérant cette grande suture dans l’ensemble de la tribu Trilobitique, on voit qu’ elle subit de nombreuses modifications. Les apparences diverses qu’elle présente, proviennent des déplaceinens de son sommet et de ses branches, dont les évolutions s’ opèrent d une manière indépendante les unes des autres.

Le sommet occupe trois stations principales, distinctes, que nous nommons: faciale , marginale et roslrale. — La première oscille entre le lobe frontal de la glabelle et le contour antérieur 'de la tête. — La seconde est sur 1’ arête marginale plus ou moins prononcée, formant la limite entre la surface supérieure et la surface inférieure de cette partie du corps. — La troisième varie sur la surface de la doublure rostrale, ou sous -frontale, du test céphalique.

A chacune de ces stations du sommet, observées sur un certain nombre de genres, et indiquées dans les tableaux qui suivent, correspondent des évolutions multipliées des branches faciales de la grande suture. Les extrémités postérieures de ces branches (w ro) se déplacent sur le contour céphalique, entre deux limites extrêmes, savoir: d’ un coté, le sillon dorsal (S) et de F autre côté, le voisinage de la projection latérale du centre de F œil (L). Nous subdiviserons ce périmètre en 3 stations distinctes savoir:

Stat. I. sur le bord postérieur, entre le sillon dorsal S, et le sommet de l’angle gênai D.

Stat. IL sur le sommet de F angle gênai D.

Stat. III. sur le bord latéral, entre l’angle D, et la projection L du centre de l’œil.

Ces déplacemens semblent s’opérer d’une manière irrégulière, ou du moins nous ne saisissons pas la connexion qui peut les lier, soit entr’eux, soit avec la station correspondante du sommet. Les tableaux ci-après, confrontés avec les planches 2A, 2 B, 3, exposent ces irrégularités.

Outre les déplacemens des points (« w) le tracé des branches faciales sur la surface, céphalique présente des variations qui semblent résulter de deux forces opposées. — 1. Chacune de ces branches est assujétie à contourner le lobe palpébral, toutes les fois qu’il existe un œil réticulé, ce qui F attire plus ou moins vers F intérieur du lobe latéral de la tête. Cet assujétissement n’ a pas lieu, dans le cas où F œil est réduit à des stemmates. — 2. Une force répulsive, opposée à la contrainte que nous venons d’indiquer, tend à éloigner les deux branches F une de l’autre, et à les rejeter hors de la surface supérieure, jusques sur l’arête marginale. Celte répulsion se manifeste, même sur les Trilobites pourvus d’yeux réticulés, car on peut remarquer, qu’ en avant de ces organes, les branches faciales sont toujours concaves F une vers l’autre, et qu’ après avoir quitté le lobe palpébral elles divergent rapidement vers les bords. Le mouvement répulsif devient plus intense dans les Trilobites sans yeux, ou à stemmates. Ainsi, dans Ampyx, les branches sont repoussées vers le contour; dans Conoceph. Sulzeri elles sont reléguées sur le limbe latéral; dans Trinucleus et Dionide, elles se montrent à peine^sur l’extrémité de ce limbe, et enfin dans Harpes, elles sont entièrement tracées sur F arête marginale, limite de leur évolution.

It. Genres dépourvus de la grande suture.

La grande suture des Trilobites constituant un des traits principaux de leur conformation, on serait naturellement porté à croire, qu’elle doit exister, sous une forme ou apparence quelconque, dans tous les genres. Cependant, parmi les 45 types qu’embrassent nos études, il n’y en a que 40 sur lesquels la grande suture a été observée. Il reste donc 5 genres pour lesquels l’existence de ce joint n’a pas été constatée, savoir:

Harpides. Placoparia.

Telephus. Dindymene.

Agnostus.

Ces 5 genres forment deux catégories.

SUTURES DE LA TÈTE DES TRILOBITES

Deux entr’ eux, Harpides et Telephus , nous sont trop imparfaitement connus, pour que nous puissions admettre avec certitude l’existence de la grande suture sur leur tête. Cependant, l’analogie qui lie Harpides avec Arethusina nous porterait à croire, que ce genre doit tôt au tard entrer dans les taldeaux ci-après. Nous pensons de même au sujet de Telephus (Tl. 18.) dont la tête porte des bords latéraux échancrés, faisant soupçonner la chute d’une joue mobile, réduite à une bande du limbe, comme dans Conoceph. Sulzeri.

La seconde catégorie se compose des 3 types: Placoparia , Dindymene et Agnoslus. Les diverses espèces de ces genres que nous avons pu examiner, sont également privées de toute trace de la grande suture.

La tête de Placoparia (PI. 2 9) présente un contour sans aucune échancrure. Cependant, comme la surface céphalique ne porte aucun indice des yeux, on pourrait concevoir que cette tête est conformée comme celle de Conoc. Sulzeri, (PI. 2B fig. 2 4. 25.) dans laquelle les branches faciales de la suture ne détachent qu’ une bande étroite du limbe latéral , dont la disparition n’empêche pas le contour d’avoir l’apparence intacte. S’il en était ainsi, la grande suture des Placoparia serait tôt au tard constatée.

Nous ne saurions avoir la même espérance pour Dindymene (PI. 4 3.). Les deux espèces connues de ce genre nous montrent non seulement le contour complet de la tête, mais encore la pointe génale en place. Celle dernière circonstance ne permet pas de supposer une conformation analogue à celle de Conoc. Sulzeri ni à celle de Trinucleus.

Quant aux Agnoslus (PI. 4 9) le manque de la grande suture est un fait trop évident pour qu’ il soit nécessaire de nous y arrêter, après 1’ avoir constaté.

Voilà donc 3 genres qui constituent une remarquable anomalie dans la tribu, par la privation d' un important élément, signalant la conformation commune à tous les autres types. Il serait cependant possible qu’on découvrit un jour, dans ces 3 genres, de nouvelles formes pourvues de la grande suture. Une pareille bisarrerie n’aurait pas plus droit de nous étonner, que celle que nous avons à constater parmi les Acidaspis. Ce genre est représenté en Bohême par 2 9 espèces dont la tête est connue et parmi lesquelles 2 7 nous montrent très-distinctement la grande suture, tandisque Acid. Verneuili et Acid, vesiculosa en sont réellement dépourvues, bien qu’elles possèdent des yeux réticulés, comme les autres formes congénères.

Tous les faits que nous venons d’ exposer relativement à la grande suture sont résumés d’ une manière synoptique dans les deux tableaux suivans , où nous avons aussi indiqué pour chaque type la forme correspondante des sutures de jonction. Afin de faire ressortir les rapports que la grande suture pourrait établir entre les genres, nous avons ordonné ceux-ci. dans le Tableau I, suivant les stations du sommet. Dans le Tableau II nous les avons disposés par groupes, à peu-près suivant les stations des points w w.

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