EFG H
Bemopleurides.
Portl.
Sphaerexochus.
Beyr.
Staurocephalus.
Barr.
Symphysurus.
Goldf.
Zethus. . .
Pand.
Yeux composés de
Stemmates.
Harpes. . .
Goldf.
Le tableau qui précède, nous montre dans la première colonne à gauche, huit genres dans lesquels l’existence des yeux n’est pas constatée, c. à d. environ un sixième du nombre total des 45 types comparés, et formant la presque totalité de ceux qui sont généralement adoptés. Deux d’entre ces huit genres : Conocephalites et Trinucleus, ont chacun quelques espèces pourvues d’yeux, tandisque les autres en paraissent privées. Toute la surface de la tête étant connue dans Agnostus, Ampyx, Dindymene, Dionide, il reste peu d’espoir d’y découvrir des yeux aualogues à ceux que nous offrent les autres genres ; mais les têtes de Placoparia et Telephus n’étant pas complètes, il est possible qu’on découvre dans ces deux types les organes de la vue.
Parmi les genres rangés dans la seconde colonne, ceux qui appartiennent à la Bohême sont dans un état de conservation, qui ne permet pas d’observer la surface visuelle, détruite au milieu des schistes. Mais ce défaut de conservation n’empêche pas de reconnaître, dans la forme générale des yeux de cette catégorie, la plus grande analogie avec les yeux réticulés des types de la troisième colonne. Les Paradoxides , Olenns <$fc. avaient été considérés comme aveugles par les anciens paléontologues, sans doute parceque les yeux de ces genres ont en général très-peu de saillie, soit par suite de leur conformation naturelle, soit par l’effet de la compression qu’ils ont subie, dans les formations schisteuses où on les trouve.
Une observation assez intéressante sous le rapport géologique, c’est que les genres soit Bohèmes soit étrangers, qui composent les deux premières colonnes, appartiennent tous à la division Silurienne inférieure. Aucun Trilobite appartenant à la division supérieure n’est privé d’yeux, à l’exception d’une espèce d ’Ampyx, qui se trouve dans notre étage calcaire inférieur E. Presque aucune espèce de cette division ne laisse de doute sur la forme de sa surface visuelle. Cette dernière circonstance dépend évidemment de la nature de la roche calcaire, dans laquelle sont conservés les fossiles.
La troisième colonne contient à elle seule 27 genres, tandisque les deux autres prises ensemble, n’en renferment que 18. Ainsi la surface visuelle est connue dans plus de la moitié des formes génériques. On peut remarquer dans la 3! colonne, que les Trilobites de la Faune primordiale, ou de l’étage C, ne sont représentés que par le seul genre Conocephalites , circonstance qui tient à l’état de conservation, dont nous parlerons ci-après. On voit aussi, que parmi tous les genres dont la surface visuelle a pu être observée, deux seulement, Amphion et Harpides n’ont pas encore permis de distinguer la réticulation. Dans les 25 autres types, la plupart des espèces montrent la surface oculaire réticulée, tandisqu’on en rencontre quelques unes dans lesquelles on ne voit qu’une cornée lisse. Il est probable que cette différence dépend souvent de l’état de conservation et quelquefois de l’extrême exiguité des facettes à observer. Nous sommes donc disposé à croire, que la surface visuelle était réticulée dans les yeux de tous les Trilobites. Nous voyons en effet dans l’oeil de Proet. tuberculatus, dont la cornée est lisse, que les fragmens de la surface visuelle, dépouillés de cette enveloppe, sont très-distinctement réticulés. Une exception remarquable à cette conformation, nous est offerte par le genre Harpes, que nous avons pour ce motif, placé entièrement à part. Nous aurons occasion d’en parler dans le paragraphe suivant.
Disparition des yeux dans l'âge adulte.
Une seule espèce, Trinucleus Bucklandi, nous présente ce phénomène extraordinaire. Tous les jeunes exemplaires portent sur le milieu de la joue , un tubercule assez prononcé , que nous considérons comme l’oeil. Un tubercule analogue existant sur la joue de Trin. seticornis His. Trin. seticornis Portl. et Trin. radiatus. Portl. a été regardé par certains paléontologues comme un simple ornement. Nous pensons que le manque de la suture faciale, qui ordinairement coexiste avec l’oeil , a eu beaucoup d’influence sur cette interprétation. Mais aujourd’hui , il est démontré par nos observations sur Deiphon Forbesi, Addaspis Verneuili tyc. fyc., que l’oeil existe dans certains Trilobites, sans aucune suture faciale; nous sommes donc plus en droit de considérer comme des yeux, les tubercules sur le milieu de la joue des Trinucleus. Or, dans Tr. Bucklandi tous les jeunes exemplaires sont pourvus de semblables tubercules, que nous observons encore dans l’âge moyen. Mais dans les individus adultes, ces tubercules disparaissent sans laisser aucune trace. Tous les exemplaires à nous connus, s’accordent à constater cette disparition , tandisqu’un tubercule ornemental existant sur la glabelle, persiste à tous les âges.
La nature vivante nous fournit des exemples de la disparition des yeux dans certains Crustacés, tels que les Lernées fyc., sortes de parasites qui perdent les organes de la vue après s’être fixés. ( Milne Edwards Crustacés. Vol. III. p. 489.J
§'. 2. Structure des yeux.
Ce sujet très-important donne lieu aux études suivantes :
A. Aperçu et documens historiques.
B. 1 T" type de la structure des yeux. — Phacops — - Dalmania.