ET DE LA SYRIE
Ojfrant les Caractères tant distinctifs que naturels des Ordres > Familles et Genres , avec la Description des Espèces;
Par Jules-César SAVIGNY,
Membre de l’Institut d’Égypte,
Avant de tenter une nouvelle classification des annelides (2) ^ iï faiïoit essayer de perfectionner la connoissance encore imparfaite que ï’on avoir de leur économie extérieure ; connoissance si nécessaire pour retrouver dans les divers genres et comparer entre eux des organes sujets à se dérober à ia vue par leur petitesse, ieur état de rétraction, ou à la tromper par des transformations singulières (3). La tete , par exemple, netoit pas signalée, comme elle auroit dû ietre, par ia présence des yeux et des antennes : on attribuoit une partie si importante à des espèces qui ne font point, pas plus du moins que les mollusques acéphales , auxquels on s’accorde à la refuser ; tandis que , dans les espèces qui la possèdent, on la négligeoit, en prenant géné-
(i) Depuis la communication que j*ai faite de ce système à l’académie des sciences, j’y ai introduit quatre genres nouveaux, Aricia, Myriana, OpheliA et HæmochAriS, contenant chacun une espèce, et j*ai placé cinq'espèces nouvelles dans les genres PoLYNOË, Serpula, Clymene, Clepsine et Sanguisuga, précédemment établis. On n’y trouvera aucun autre changement important.
H. N. TOME I.“, 3.' partie.
(2) Tous les naturalistes savent que M. Cuvier est le créateur de la classe des vers à SANG RouGf , désignés ensuite par la dénomination plus précise S’annblides , qu’il en a depuis long-temps fait connoître l’organisation générale, et distingué les principaux genres. On doit donc consulter avant tout V Anatomie comparée et le Règne animal distribué d’après son organisation.
(3) Voyez mes Æérnoires sur les Annelides,
SYSTÈME DES ANNELIDES.
râlement pour elle îes premiers segmens du corps. La trompe netoît considérée que^comme un organe fort accessoire , et ion ignoroit le mode de structure auquel elie est essentiellement associée. Les mâchoires étoient censées toujours horizontales et disposées par paires; leur mouvement vertical dans certaines espèces, et leur nombre différent des deux cotes dans beaucoup d’autres , sont des modifications dont on n’avoit aucune idée. Les tentacules netoient point définis; j’ai restreint ce nom à des filets charnus, inarticulés et simplement contractiles, qui entourent immédiatement 1 orifice de fa bouche. Les yeux n’avoient ni leur nombre ni ieur position fixés. Les antennes étoient méconnues; on n’avoit aucunement songe à chercher dans les Annelides des organes identiques avec îes antennes des insectes (i); aussi leur insertion et leur nombre étoient-ils loin détre déterminés : iorsque les antennes étoient fort petites, eîles lestoient ignorées; lorsqu’elles étoient grandes et facilement visibles, elles recevoient des auteurs les noms de tentacules ou de cirres , dénominations vagues et communes à d autres appendices. Les pieds n’étoient pas suffisamment assimiles aux pieds des crustacés ou des insectes auxcpiels ils correspondent, et dont ils semblent quelquefois ne différer essentiellement que par leurs faisceaux de soies métalliques : le nombre de parties dont ils se composent, rames et cirres, ne se trouvoit pas arrêté; de sorte que ces parties étoient ordinairement considérées et présentées comme des organes distincts et indépendans. On n’avoit point suivi ces mêmes pieds dans leurs diverses transformations; îes plus voisins de îa tête étoient parfois confondus avec les antennes, et décrits sous îes noms impropres que î’on donnoit à ces antennes, Les formes variées de leurs soies n’avoient point été remarquées; il y a même une sorte de soies commune à tout un ordre, celîe des soies a crochets, dont îes naturaîistes ne soupçonnoient pas fexistence. Les élytres ou écailles dorsales n’étoient pas reconnues pour ce qu’eîîes sont, c’est-àdire , pour des appendices comparabîes , à certains égards , aux aiîes ou aux eîytresdes insectes, et sujets, comme eiîes, à manquer dans certaines espèces dune famiîîe, quoiqu’il existent dans les autres. Les branchies étoient supposées saiîlantes et visibles à l’extérieur dans des espèces où iî ne s’en montre point de telles, &c. &c. Nous énumérerons succinctement, en tête des ordres que nous avons adoptés, les modifications qui leur sont particulières ; mais nous devons tracer d’abord les caractères distinctifs de chacun d’eux.
(i) Le mot à antennes échappé bien quelquefois a cription de certaines annelides; mais l’usage qu’ils en fijnt Othon Fabricius et à d autres zoographes, dans la des- prouve qu’ils n’y attachent pas un *ens. rigoureux,
SYSTÈME DÈS ANNELIDES.
ORDRES DES ANNELIDES.