ORDRE II
LES ANNELIDES SERPULÉES, ANNELIDES SERPULEÆ.
^ La conformation des familles précédentes ne se reproduit qu’avec d’importantes modifications dans les ANNELIDES serpulées, qui sont destinées à la vie sédentaire, et condamnées, par la structure de leurs
organes, à ne point quitter le tube naturel ou demi-factice qui leur sert de retraite (i).
La tete n existe plus, et, avec elle, disparoissent les yeux et les antennes.
La bouche ne se déroule presque jamais en trompe tubuleuse, et toujours elle manque de mâchoires; elle est seulement pourvue à l’extérieur de lèvres extensibles, souvent accompagnées de tentacules.
Les tentacules sont quelquefois des papilles très-courtes et insérées sur une lèvre circulaire; mais ie plus souvent ce sont des fdets fort longs , portes par un feger renflement qui surmonte les deux levres et qu on peut prendre pour une tête imparfaite.
Le corps se divise en plusieurs segmens, qui, comme ceux des Néréidées, portent tous une paire de pieds; à l’exception cependant des anneaux de chaque extrémité, qui peuvent en être dépourvus. Ceux de lextiemite postérieure forment communément un tube plus ou moins long, au bout duquel est fanus toujours plissé et ouveit non en dessus, mais en dessous ou en arrière.
pieds se composent aussi de deux parties, dont l’une, propre à fa nage, répond ordinairement à fa rame dorsale des Néréidées, et l’autre, beaucoup moins propre à i’action de nager qu’à celle de s’accrocher et de se fixer , répond a leur rame ventrale. Nous leur en conserverons les noms.
(i) On sait que les Nereidees habitent aussi des ne sont point absolument néces.saires à leur existence-
fourreaux membraneux qui se forment naturellement au- elles les abandonnent sans aucun inconvénient, et la
tour de leur corps par transsudation : mais ces fourreaux plupart même n’en ont pas.
M,N. XOAl£I>’^, 3.® partie.
6Ô SYSTÈME DES ANNELIDES.
Les deux rames sont presque toujours intimement unies, et néanmoins elles se distinguent éminemment par leur forme et par la nature de leurs soies.
II y a en effet, dans cet ordre, des soies de trois sortes, qui ne se rencontrent jamais ensemble sur la même rame, et qui n occupent jamais les deux rames du même pied : i les soies suhulées proprement dites; 2.° les soies h palette ; 3.° les soies a crochets.
Les soies suhulées ne diffèrent essentiellement des soies proprement dites (festucæ) des Néréidées, ni par leur forme, ni par leur disposition. Elles sont réunies dans une seule gaine, ou, mais très-rarement, distribuées dans plusieurs, qui toutefois se réunissent en un seul faisceau constamment dépourvu d’acicules. Ce faisceau constitue ordinairement la rame dorsale, et c’est la seule partie du pied à laquelle le nom de rame convienne exactement.
Les soies a crochets (uncinuli) sont de petites lames minces, comprimées latéralement, courtes ou peu alongées, exactement alignées, très-serrées les unes contre les autres, et découpées sous leur sommet en plusieurs dents aiguës et crochues, qui sont d’autant plus longues qu’elles se rapprochent davantage de la base de la soie; rarement elles sont à un seul crochet. Ces soies, disposées sur un ou deux rangs, occupent le bord saillant d’un feuillet ou d’un mamelon transverse, qui réunit les muscles destinés à les mouvoir, et dans l’épaisseur duquel elles peuvent elles -mêmes se retirer (i).
Quoique les soies à crochets occupent généralement la place de la rame ventrale, elles peuvent prendre celle de la rame dorsale, soit à tous les pieds , soit seulement sur un certain nombre.
Les soies suhulées sont fort sujettes à manquer dans la partie postérieure du corps, et les soies à crochets dans la partie la plus antérieure, où elles sont quelquefois remplacées par les soies à palette (spatellulæ). J’appelle ainsi une troisième sorte de soies, dont le bout est aplati horizontalement et arrondi en spatule.
(1) Ce sont les mamelons en question, que quelques zoologistes modernes, faute d’y regarder de près, ont pris et prennent encore pour des stigmates.
n anive aussi quelquefois que la première paire de pieds, et une, deux ou meme trois des suivantes, affectent des formes anomales qui ne paroissent pas convenir au mouvement progressif, et qui, jointes au voiume des segmens antérieurs, donnent à ces segmens réunis l’apparence d’une tête.
Les a'nrs manquent en tout ou en partie: lorsqu’ils existent, on n’en trouve qu’un à chaque pied; c’est ordinairement le cirre supérieur.
Les hranchies manquent de même, ou elles n’occupent que certains segmens. Ordinairement elles sont bornées pour le nombre à une, deux ou trois paires qui naissent des segmens les plus antérieurs, où elles peuvent acquérir un plus grand développement.
H.N. TOME I.“, partie.
(Î8 . SYSTÈME DES ANNELIDES.
DISTRIBUTION ET CARACTÈRES
DES
ANNELIDES SERPULÉES.
Branchies miles, ou peu nombreuses et situées sur les premiers segmens du corps. — ■ Pieds de plusieurs sortes.
Famille 5. LES AMPHITRITES, AMPHITRITÆ.
Des branchies au nombre d une a trois paires , plus ou moins compliquées.
Section i 4"^' Rames ventrales de deux sortes : celles des premières paires de pieds portant des soies à crochets; celles des paires suivantes, des soies subulées ." — Voimàt tentacules (amphitrites sabellienn esJ
zo. Serpula. Bouche exactement terminale, — Deux hranchies libres, flabel-
liformes ou pectiniformes , â divisions garnies, sur un de leurs côtés, d’un double rang de barbes; les deux divisions postérieures imberbes, presque toujours dissemblables. — Rames ventrales portant des soies à crochets jusqu’à la sixième paire inclusivement. — Les sept premières paires de pieds disposées sur une sorte âlécusson membraneux.
I. Branchies flabelliformes : leurs deux divisions imberbes inégales; l’une courte et filiforme, l’autre terminée en entonnoir ou en massue operculaire.
a. Branchies pectiniformes, spirales : leurs deux divisions imberbes inégales ; l’une très - courte , l’autre très -grosse, en cône inverse et operculaire,
3 . Branchies pectiniformes , spirales ; leurs deux divisions imberbes également courtes et pointues.
(i) L’importance des caractères qui distinguent cette jour en familles ; les genres qu’elles comprennent se consection et les deux suivantes, pourra les faire ériger quelque vertiroient facilement en sections, et leurs tribus en genres.
2 1 . Sabella»
SYSTEME DES ANNELIDES. 6g
Bouche exactement terminale. — Deux branchies libres, flabelliformes ou pectiniformes , à divisions garnies, sur un de leurs côtés, d’un double rang de barbes; les deux divisions postérieures imberbes, également courtes et pointues, — Rames ventrales portant des soies à crochets jusqu’à la septième ou huitième paire inclusivement. — Point âïe'cusson membraneux.