‹ T'as menti! [microforme]Chapitre 18 sur 22 · L'ARMEE · texte numérisé non relu

L'ARMEE

L'armée soviette compte maintenant à peu près 1,000,000 ou 1,200,000 soldats de ligne. Presque tous ces soldats sont âgés de 17 à 27 ans. La morale des régiments varie beaucoup. Les communistes convaincus, qui comprennent le gros de l’armée, combattent avec l’entousiame des croisés. Les autres régiments, qui sont composés de gens qui sont entrés dans l’armée pour avoir une meilleure ration de pain, sont tout-à-fait indignes de confiance. Un grand nombre d'officiers de la 27 armée occupent des postes importants dans l'administration de la nouvelle armée, mais ils sont sous le contrôle d’inspecteurs communistes convaincus. Presque tous les officiers de grades inférieurs, dans l’armée, sont des ouvriers qui ont montré du courage dans les rangs et qui ont été entrainés dans des écoles spéciales d'officiers. La discipline a été rétablie, et dans l’ensemble, l'esprit ou la morale de l’armée parait très bonne, surtout depuis ses récents succès. Les soldats n'ont plus cet air de chiens battus qui les caractérisait sous le Czar, et ils se comportent comme des hommes libres, comme des Américains. Ils sont appréciés du peuple.

J'ai été témoin d’une revue de 15,000 hommes à Pétrograde. Les hommes marchaient bien et leur équipement en chaussures, uniformes, fusils, mitrailleuses et artilleries légère, était excellent. D'un autre côté, ils n’avaient pas de gros canons, ni d’aéroplanes, ni d’obus à gaz, ni de feu liquide, en fait, aucun de ces instruments raffinés pour la destruction.

Le témoignage universel était que le recrutement pour l’armée était plus facile dans les districts qui avaient vêcu sous les soviets d’abord, qui avaient été ensuite dominés par les forces anti-soviettes, puis, qui avaient été réoccupés par l’armée rouge.

Trotsky est énormément fier de l’armée qu’il a créée, mais il est aussi digne de remarque qu’il est, en même temps, prêt à licencier l’armée, de suite, si la paix est obtenue, afin de diriger l'énergie et les cerveaux de cette armée vers le rétablissment de la vie normale du pays.

PRESTIGE DE LENIN.

La prise que Lenin a faite sur l'imagination du peuple russe, fait de sa position presque celle d’un dictateur. Il y a déjà une légende de Lenin. Il est regardé presque comme un prophète. .Son portrait, généralement accompagné de celui de Karl Marx, est suspendu partout. En Russie, l’on n'entend jamais prononcer Lenin et Trotsky, tout d’une phrase, comme on le fait ‘ans le monde de l'occident. Lenin est classé comme un homme à part. Trotsky n’est que l’un du commun des mortels, :

Lorsque je visitai Lenin au Kremlin, j'ai du attendre quelques minutes, jusqu’à ce qu’une délégation de payans ait laissé sa chambre. Ils avaient entendu dire, dans leur village, que le camar:’ie Lenin avait

faim. Ils avaient donc parcouru des centaines de milles, apportant à

» comme don de leur village,:800 poods de pain. Immédiatement avant eux, était venue une autre délégation de paysans qui avaient entendu dire que le camarade Lenin travaillait dans une chambre nonchauffée. Ils s'étaient amenés, portant un poêle et suffisarmment de bois pour tenir ce ne à chauffer pendant trois mois. Lenin est le seul chef

(leader) à qui l’on fait de tels cadeaux. Et il les déverse dans le fonds

commun. Ù La physionomie de Lenin est très Crapponte- Frame et droit, mais

aussi sympathique, il est d’une humeur plaisante et d’abord agréable.

Page 1