A. SAINT-MARTIN
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Publié par la Section de Langue Française du Parti
Enregistré conformément à !' Acte du Parlement du Canada, en 1920, au bureau du Minietre de l’Agrieulture.
Je demande pardon au lecteur si je suis obligé, parfois, de blesser ses susceptibilités mais il me faut appeler un chat: “un chat.” Honni soit qui mal y pense.
Dans tous les pays, on est convenu d'appeler “bourgeoisie” l’ensemble ou la classe des membres de la société qui vivent de profit; de même qu'on appelle ‘“prolétasiat” l’ensemble ou la classe des membres de la société qui travaillent à salaire.
… De plus, il y a certains membres du prolétariat qui, pour des considérations économiques (places, honneurs, argent) prostituent leur pin: ceau, leur plume ou leur parole, au plus haut et dernier enchérisseur, la bourgeoisie, Ces prostitués ont reçu ordre de leur souteneur, d’apaiser le prolétariat et de prêcher L'harmonie entre le capital et le travail: ils gagnent admirablement bien leur argent!
Dans les pays à navalisme ou à militarisme à outrance, comme en Angleterre, en France, en Allemagne, on peut dire que la bourgeoisie, en casque à pointe, y fait affaire sous la raison social de “Hanover & Cie,” “Clémenceau & Cie” ou “Hohenzollern & Cie.”
Dans les pays à militarisme plus mitigé, tel que la Belgique ou la Russie, la bourgeoisie, en chapeau de soie, y fait affaires sous la raison sociale de “Nicholas & Cie” ou de “Albert & Cie”,
Dans les pays moins militaristes encore, tel que les Etats-Unis, le Ca: nada (avent la guerre), la bourgeoisie, en chapeau de paille, y fait affaires sous la rubrique “Wilson & Cie” ou “Borden & Cie”.
Mais partout, c'est la bourgeosie qui règne, quelque soit l'enseigne, ou la : FF
I es pars, cette bourgeoisie a établi une dictature absolue, en t: sole à celle qui existe au Canada. Chacin sait que dans notre 2: endu démocratique, les juges de paix, les grand jurés, les petits es échevins, les conseïlers, les maires, les membres du Conseil Léssssatif, ies sénateurs, doivent être pris exclusivement dans la bourgeoisie. Chacun sait que pour être élu député au fédéral ou au provincial, il faut appartenir, à de rares exceptions près, à l’un des grands partis politiques. Or, comme ces partis sont contrôlés par leur caisse électorale, seuls les membres de la bourgeoisie, ou les prostitués du pro: létariat, sont éligibles, même comme candidats.
Cette dictature de la bourgeoisie que nous avons au Canada existait partout, lorsque dans certains pays, notamment dans le sud du Mexique, la Russie, la Hongrie, la Sicile, l'Afghanistan, le prolétariat a secoué son joug, a délogé la bourgeoisie du pouvoir, et il a établi la dictature du prolétariat. Il est évident que cette dictature, par la nature même des choses, ne peut être que provisoire. Elle disparaitra le jour où la bourgeoisie aura disparu, après s'être fondue dans la future, seule et uniqüe classe des travailleurs de la Terre. Il ne faut pas oublier ‘ S -
# CE QUI EST EN CARACTERE GRAS EST DE L'AUTEUR, LES CITATIONS SONT EN GARACTERES ORDINAIRES.
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par des hommes comme Lenin et Trotsky, le prolétariat à du pouvoir et ayant établi la dictature du proléta-
iblement et méthodiquement à transformer le régime social selon ses rs. Il s’est d’abord donné une forme de gouvernement (le soviet) conforme à ses besoins. Pour mettre fin à toute exploitation de l’homme par l’homme, il a aboli le principe même de la pro é pri-
. Pour faire disparaitre toute forme de profit, il s’est rgé luimême de la production et de la distribution de sa richesse. Enfin, pour . combattre l'ignorance, il a établi des milliers d'écoles velles, à tel
partout. , 2
Comme question de fait, les progrès accomplis étaient si rapides, frappants et si extraordinaires, que la bourgecisie mondiale a vite compris qu’elle était en face d’un danger imminent pour sa domination} elle s'est de suite rendu compte que si les peuples de l’univers apprenaient jamais quels bienfaits énormes résultent de la dictature du prolétariat, ils regie à l'exemple du peuple Russe et délogeraient la classe bourgeoise
u pouvoir.
L'exemple est entrainant, chaque peuple se serait dit: puisque le prolétariat Russe s’est débarrassé du règne de la bourgeoisie ®t s’en trouve si bien, pourquoi ne pas faire comme lui? Si la mon
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diale voulait continuer sa domination, il fallait donc de toute nécessité que la révolution russe fusse écrasée.
Pour atteindre ce résultat, la bourgeoisie ne pouvait pas compter sur le peuple russe; ce dernier savait : vp à quoi s'en tenir, il ne consentirait jamais à retourner à l’ancien régin.e, 1! ne restait plus qu'un seul moyen: “l'invasion”, pour forcer la nation russe à se soumettre à la domination bourgeoise. ’
Seulement, la bourgeoisie ne va pas à la guerre: elle est bien trop intelligente mag cela; elle préfère vendre de la mitraille, des ferrailles, des armes, habits et tout le fourniment; elle y trouve son profit, Elle aime bien mieux spéculer sur les nécessités de ju vie, c'est plus sûr Pour sa peau et plus payant pour sa bourse. Elle préfère se servir dans chaqüe pays de son comité exécutif “le gouvernement”, pour envoyer les peuples s'entr'égorger, sous le fallacieux prétexte de patriotisme. Ë
Mais les peuples deviennent récalcitrants, ils voient un peu partout le jeu de la bourgeoisie; ils commencent à en avoir plein le dos des guerres. Aussi la bourgeoisie est-elle obligée d'adopter une tactique différente pour mijoter, ordonner et exécuter la guerre contre le prolétariat russe, et voiei quelle a été sa tactique:
D'une part, elie a commencé par isoler les travailleurs de la Russie du reste de l'univers; elle a établi ce que Pichon, le comparse de Clémenceau, appelle euphoniquement “un cordon sanitaire”,
D'autre part, a avoir empêché toute communication, par télégra-
phie sans fil, par Le Aie par télégraphe, par journaux, par livres, par
correspondances, par personnes, de sortir de la Rüssie; après avoir mis en prison, dans tous les pays quiconque voulait renseigner ses semblables sur ce qui se passait en Russie et avoir, par force, empêché la vérité de se répandre; elle a entrepris, par les dépêches de la Presse associée, par les écrits et les discours de ses prostitués, par ses journaux, par ses gouvernements, par ses clerg’ ‘ar ses vues animées, en un mot par tous les moyens de propagar sa disposition, elle a entrepris, dis-je, une campagne de dénigremen., de mensonges, de diffamations odieuses, d’accusations de tous les crimes imaginables et inimaginables contre la République Soviette de Russie.
Au dire de la bourgeoisie ct de ses prostitués, les bolchévistes auraient décrété la nationalisation des femmes, auraient martyrisée et massacré les prêtres, les nobles, les bourgeois, les travailleurs, les femmes et les enfants.
Bref, à les entendre, le bolchévisme est une bête immonde; c’est une plaie mondiale, pire que l’influenza; c’est enfin l’abomination de la désolation; et cela tout en ayant bien soin de ne jamai: nous laisser entendre d’autre son que celui de leur cloche. ;
Eh bien, en face de cet amas d’uccusations venant de la bourgeoisie mondiale, je lui répond catég': iquement, hautement et fermement:
T'AS MFNTI!!