‹ Tabarin; comédie en deux actes en versChapitre 14 sur 40 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FRANCISQUINE, puis GAUTHIER.

FRANCISQUINE le regarde s'éloigner, puis faisant nn geste d'insouciance.

Ah! bastel... Et pourquoi non?... je ne suis pas un ange! Je suis fille Bohême. On me bat — je me venge! Et le sort à mes vœux se conformant si bien, J'aurais mauvaise grâce à lui reprocher rien.

Elle appelle.

Gauthier!

Gauthier parait.

Mais quoi?... quel air sombre?...

GAUTHIER

Ah! chère Isabelle!...

— J'ai tout entendu.

FRANCISQUINE

Bon ! la querelle éternelle !

N'y pensons plus... parlons plutôt de nos amours : Gauthier, j'ai le moyen de nous voir tous le» jours,

— Tout le jour — sans que nul s'en étonne, ni gronde

— Devant tous, et le plus effrontément du monde.

GAUTHIER

Oh! faites!., car vous voir est mon premier souci! Et tenez... quelquefois il m'arrive ceci

— Lorsqu'à guetter en vain le jour entier s'érx^ule, Ou que je viens, tremblant et perdu dans la foule. Vous adorer de loin, reine de ce tréteau,

— Il m'arrive — tenez — d'envier ce rustaud.

Ce malheureux valet qu'on gouaille et qu'oa rosse, Et je ne sais vraiment — tant mon sort est atroce — Si tous les coups de pied qu'il faudrait recevoir Seraient payer trop cher l'ivresse de vous voir!

FRANCISQUINE

Eh bien, le ciel vous sert à plaisir, car la chose Que j'avais préparée et que je vous propose...

Enteudant veuir Mondor sur le théâtre.

Mondor!.. Laissez-moi faire, et dites comme moi!

Elle fait passer Gauthier à l'extrême droite.

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