ACTE DEUXIÈME
TABARIN, s'enfermant dans le toaneau.
Eh! eh ! le drôle a de la flamme !
GAUTHIER, avec siacérité.
Viens-t'en!... car je me sens mal à l'aise — et je voi Le regard paternel toujours fixé sur moi —
Faisant un effort pour allier sa situation personnelle à la situation du matamore.
Viens, Isabelle, avant que Ton ne nous sépare, Fuyons ! l'heure est propice, et l'occasion rare, Et, contre les périls dont je crains le retour, La fuite seule peut abriter notre amour.
Il l'entraîne hors du théâtre, par le petit escalier à droite. LE PEUPLE.
Bravo !
GAUTHIER, au pieJ de l'escalier, montrant la droite, hors de vue pour le peuple. — Avec sincérité.
Hâtons-nous !
ISABELLE , sur la dernière marche de l'escalier.
Quoi?... que voulez-vous encore?...
GAUTHIER, arrachant sa fausse moustache et jetant son chapeau à plume.
Fuir! ça n'est plus l'acteur, c'est l'amant qui t'implore.
TABARIN, sortant la tète de son tonneau. Mondor eu fait autant par moments.
Holà?...
GAUTHIER
Fuir tous les deux par l'ombre secondés !...
ISABELLE
C'est une trahison que vous me demandez !...
GAUTHIER
Qu'importe? il faut choisir. Adorée ou battue. Choisis ! — Viens avec moi, cruelle ou je me tue!
ISABELLE
Gauthier !
• Tabarin, dans son tonneau, Mondor dans le sien, Francisquiue, a» pied de l'escalier à droite, Gauthier à l'extrême droite.
oO TABARIN
<;.\UTHiER.
Le fleuve est là ! la mort me tente ! et si Tu refuses...
ISABELLE
Gauthier!...
r.AUTHIEU, l'entiaiuaut ti droite.
Je t'aime !...
> le. AISE, qui a i>aiii sur lo tréteau au fond de l'escalier et a entendu les dernières répliques.
Oli! qu'est ceci?...
Il court k droite après eux. — Pendant ce qui précède le public s'est amusé d'abord de voir les deux tètes de Mondor et de Tabarin. — Puis il commence de s'étonner. — l'n silence se fait.