Tableau Analytique D'une Classification Morphologique Des Organes Souterrains De La Végétation (Racines Et Rhizomes)
genre sont représentées avec un volumineux nucléus plus ou moins dissimulé sous un amas de granules amylacés. D’autre part, je viens d examiner les racines de VHepatica triloba , et il n’y a rien de si facile que de constater la présence du nucléus dans les cellules amylifères.
Enfin, M. Guillard doute qu’il puisse exister un nucléus « dans les cellules très-comprimées et comme étouffées des rayons médullaires ». — Or, j’ai figuré en 1865 des cellules des rayons médullaires du Houx fortement aplaties, épaissies, canaliculées, et qui contenaient au mois d’août un nucléus très-apparent et des granules amylacés relativement volumineux. J’ai des préparations de Ber ber is vulgaris faites au mois de juillet 1865, dans lesquelles la plupart des cellules d’un large rayon médullaire offrent un nucléus et un amas circulaire de fines granulations amylacées. J’ai des préparations de Magnolia Yulan faites au mois de juin 1866, dans lesquelles on voit aisément le nucléus dans les éléments volumineux et épaissis des rayons médullaires. Aujourd’hui même j’ai vu l’organe en question dans les rayons médullaires du Laurus nobilis , du Viburnum Tirais et du Quercus coccifera.
J’aurai sans doute l’occasion de revenir un jour sur les autres assertions contenues dans la note de M. Guillard. On peut apprécier, dès maintenant, la valeur des arguments qu’il m’a opposés.
M. Roze confirme, d’après son témoignage oculaire, l’existence du nucléus dans les cellules examinées par M. Gris.
M. Guillard demande si M. Roze a constaté l’existence du nucléus dans les fibres ligneuses et dans les fibres libériennes (où l’amidon se rencontre), dans les pétioles et dans les nervures de la feuille.
M. Roze répond :
Qu’il a eu le plaisir d’examiner la presque totalité des préparations microscopiques dont vient de parler M. Gris, et qu’il y a aussi reconnu la présence du nucléus dans les cellules médullaires des plantes citées, et dans les cellules amylifères des racines de VHepatica triloba ; mais que, quelle que soit son opinion sur le sujet en litige, il désire s’en tenir à l’énoncé de cette constatation et ne pas prendre part à la discussion actuelle.
M. Gordier, vice-président, remplace au fauteuil M. G. de Saint Pierre, qui fait à la Société la communication suivante :
TABLEAU ANALYTIQUE D'UNE CLASSIFICATION MORPHOLOGIQUE DES ORGANES SOUTERRAINS DE LA VÉGÉTATION (Racines et Rhizomes), par M. GERMAIN?
de SAINT-PIERRE.
J’ai insisté précédemment sur les caractères morphologiques essentiels qui distinguent les racines des rhizomes.
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J’ai l’honneur de présenter aujourd’hui un tableau analytique (sous la forme dichotomique) des états morphologiques les plus essentiels et les plus intéressants que peuvent affecter ces divers organes. Je reviendrai plus tard avec plus de détails sur les types les plus curieux qui se trouvent simplement indiqués et caractérisés dans ce tableau.
fl. — Organe* asile*.
Organes axiles terminés par un bourgeon. — (Tiges ou rameaux •). ?•
Organes axiles jamais terminés par un bourgeon. — (Racines [•!].). *•
t. — Racines.
Racine coléorrhizée (quelques Monocotylées, exemple : Graminées ; quelques Dicotylées, exemple : Raphanus ).
Racine non coléorrhizée (la plupart des racines).
Racine piléorrhizée (un petit nombre de racines ; exemple : Lemna).
Racine non piléorrhizée (la plupart des racines).
Racine primordiale continuant à s’accroître. — ( Racine pivotante.) . 3 .
La racine primordiale étant détruite : racines (fibres radicales) produites par la tige souterraine ou aérienne. — (Racines advenlives.) . 4 .
(1) Article complémentaire ajouté pendant l'impression :
Racines et rhizomes chez les végétaux acotylés.
Les végétaux acotylés cellulaires peuvent être complètement dépourvus de productions radiculaires: tels sont, dans la classe des Algues, les Diatomées, plantes quelquefois réduites à une seule cellule ; les Conferves, qui consistent en filaments formés de longues cellules superposées, etc.; et, chez les Champignons, les Nostocs, masses mucilagineuses à peine adhérentes au sol.
Les Algues de grande dimension, notamment les Fucacées, présentent souvent des prolongements radiculaires, véritables racines composées de cellules allongées, et qui ont la forme de crampons ou crochets : ces racines n’ont d’autre objet que de fixer la plante au sol ; la plante se nourrit en absorbant par toute sa superficie l’eau dans laquelle elle vit submergée.
Les Champignons n’ont souvent pour racine que le mycélium, sorte de lacis filamenteux qui résulte de la germination des spores ; mais il existe aussi, dans certains genres de la classe des Champignons, des productions radiculaires plus ou moins analogues aux crampons des Algues; j’ai observé ces radifications notamment chez les Clathrus et les
Phallus .
Chez les végétaux acotylés cellulaires d’un type plus élevé (les Hépatiques et les Mousses), les racines consistent en fibres cellulaires radicales adventives; ces fibres radicales naissent de la face inférieure des expansions foliacées ou des tiges couchées et rampantes (Hépatiques) ou de la base des tiges (Mousses) ; chez les Lycopodes : racines adventives analogues à celles des Mousses, mais plus robustes.
Chez les Équisétacées, il existe de longues tiges souterraines ou rhizomes ratneux qui offrent, à peu de chose près, la structure de la tige aérienne des mêmes plantes. Ces rhizomes présentent souvent des mérithalles renflés en tubercules ovoïdes charnus (réservoirs de substances nutritives ; au niveau des nœuds, ces rhizomes émettent des fibres radicales adventives.
Che« les Fougères, il existe de longs rhizomes charnus ou ligneux, chargés de bases de feuilles détruites, et émettant des fibres radicales adventives ; les espèces herbacées n’ont pas d’autre tige que ces rhizomes, dont les seules dépendances aériennes sont des feuilles fructifères ou frondes.
Chez les Marsil acées : rhizomes grêles; chez les Isoëtes : souche courte radicante.
J’ai insisté précédemment sur les caractères morphologiques essentiels qui distinguent les racines des rhizomes.