Tableau d'histoire
de l’orateur,’’ au fond de la salle des délibérations de l’Assemblée Législative.
Cette composition représente une mémorable séance de la Chambre des députés du Bas-Canada, tenue dans le cours du mois de décembre 1792, sous l’autorité de l’acte constitutionnel de 1791.
La scène se passe à l’ancien évêché de Québes, occupé par le gouvernement depuis 1778, et qui s’élevait sur l’emplacement appelé aujourd’hui Jardin Montmorency.
La salle des délibérations de la Charmbre des députés avait été antérieurement affectée au culte. C'était la chapelle même de l’ancien évêché. M. Huot a eu l’heureuse pensée de rappeler cette destination première en mettant bien en évidence certains détails de construction de l’édifice tout à fait intéressants, comme le jubé, réservé au public désireux d'entendre les orateurs parlementaires, et quelques fenêtres cintrées laissant voir, dans une délicieuse perspective aérienne, l’historique château
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St-Louis, tel que reconstruit par Frontenac en 1694 ; le cap Diamant, couvert d’une légère couche de
à neige, et l’ancien bastion avancé de la citadelle, Tableau dont la construction remontait à l’année 1693.
» . e d'Histoire Des cinquante députés récemment élus par le peuple et harangué:s per !e lieutenant-gouverneur sir Alured Clarke à l’ouverture du Parlement, le 17 décembre 1792, seize étaient d’origine britannique : les trente-quatre autres étaient canadiens-français. Tous sont représentés dans le tableau de l’artiste et occupertt le parquet de l’enceinte législative.
La séance est présidée par Jean-Antoine Paret, élu ‘‘orateur ”’ quelques jours auparavant. On discute la proposition de William Grant à l’effet de décrêéter l’usage exclusif de la langue anglaise dans les procès-verbaux des délibérations de la Chambre. Les députés, en costumes de l’époque, —perruques blanches, juste-au-corps de couleurs diverses, jabots de cérémonie, culottes courtes et souliers à boucles, sont groupés dans des attitudes variées, pleines d’aisance et de naturel. Ce sont, à part le président, MM. J.-B.-M. Hertel de Rouville, Gabriel- Elzéar Tascherezu, A. Juchereau Duchesnay, Pierre Louis Panet, James Todd, Jacob Jordan, Edouard C’Hara, Mathieu MecNider, Pierre Marcoux, René Boileau, Francois-Antoine LaRoque, Joseph Parineau, Joseph Frobisher, James McGill, Pierres Bédard, Nicolas-Gaspard Boïisseau, Louis de Salaberry, David Lynd, Robert Lester, John Youns, Jean-Sazstiste Durocher, John Richardson, James
ë Walker, William Grant, Pierre Guérout, Benjamin Cherrier, Thomas Coffin, Augustin Rivard, Philipse &e Rocheblave, François Mailhiot, John, Lees, Nicolas St-Martin, PSE de La Valtrie, Louis JM Olivier, John Barnes, M.-A, Chartier de Lotbinière,
Pierre-Amable De Bonne, Joseph-Marie de Ton-
\ nancour,Jean Digé, F. Dambourgès, Joseph Lacroix, 0 N | Jean Boudreau, Louis Dunière, Guillaume/de Lori- ; CALe.a actes mier, Hippolyte St-Georges Dupré, Pierre Legras- 7ableau Pierreville, Joseph Dufour, Bonaventure Panet. d'Histoire
Dans la galerie du ‘‘ jubé ”’ se tient une foule attentive.
Le personnage principal du tableau, Michel- Alain Chartier de Lotbinière, l’orateur qui porte en ce moment la parole, se tient debout, le front haut, le bras levé, dans l’attitude que devait avoir ce patriote élosuent lorsqu’il défendait la cause du maintien de notre langue maternelle et de l’emploi du français à l’égal de l’anglais dans les comptes rendus officiels des délibérations parlementaires. Près de lui se tiennent Joseph Papineau, père, Pierre- Stanislas Wédard et Philippe de Rocheblave, qui, avec le président Jearn-Antoine Panet, se distinguèrent tout particulièrement dans ce débat qui fut pour eux un triomphe.
Il y a dans ce tableau une leçon que tout le monde comprendra, et nous devons applaudir à la pensée qui a fait choisir ce sujet de composition
Ajoutons qu’il y a autre chose qu’une leçon de patriotisme dans la magistrale création de l’artiste : il y a aussi ure leçon d’art, et d’art éclairé. Je ne crois pas me tromper en disant que l’on chercherrait en vain un anachronisme dans ce beau travail ; par contre on peut y remarquer un dessin indiquant une main expérimentée, ure heureuse disposition des persorrages et l’observation de cette loi du paral!élisme et des équivalences dont l’application est récie par ce maître suprême : le goût, ‘ sentiment exquis des convenance:. ?
Au cours de l’exécution de son tableav, M.
Huot a dû faire un voyage d’outre-mer et se livrer à de longues et patiente recherche:. Il s’est ap-
Tableau pliqué, en ces derniers temps, à ‘‘ polir et repolir ”?
d'Histoire son ouvrage, donnant un soin particulier à l’harmonie des tons, au choix, à la gradation et à l’éclat des couleurs.
A l’ampleur de la conception de l’artiste est venue s’ajouter le charme d’une exécution brillante ; et c’est ainsi que, sur une même toile, on peut admirer aujourd’hui la réunion de ces deux qualités maîtresses des grandes œuvres : la force et la grâce.
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