TT
TÎ..1
arroser et nourrir la matrice. Enfin ^ le troS^ aième (g) est assez gros; il rampe le long des membranes de la matrice , et va se ter* miner par des conduits capillaires ^ vers son col, où il se mêle avec les Taisseaiix hypo* gastriques et iliaques (A); cVst ce vaisseau qui fait les. règles dans les femmes grosses | et qui les dëcHarge de Paboudance de leur^ humeurs.
ïl n^y a point de parties dans le corps de la fenune où le;» anastomoses (/) et les communications des vaisseaux paroissent plus é?i« deniinent que dans la matiice; car on n^A qu^à souffler d^1n cdtë j tous les vaisseaux sVnflent de Pautre^. et se remplissent de veut; si bien qu^après cela 'on ne peut douter du mélange des humeurs dans cette partie.
Fresque tous les anatomistes appellent les vaisseaux dont nous venons de parler , des vaisseaux spermat/'ques {ci) y ou parce qu^ils se sont imaginé (ju^ls préparoient la semence | on que la hemence dés femmes n^^oit pas différente de leurs règles } mais pour moi | qui les ai toujours trouvés pleins de ^ng, je les nommerai les vaisseaux sanguins de la
matrice.
UsL u Ère branché qui est distrihu^aux testicules (K) , e&t divisée en deux rameaux , ainsi que je Vxk observé paf un micruscupe. L^un entre dans Tune des extrémitésdu testicuie(^ avec un tel artifice., que l'artère et le ntrf (w) se divisent en mille petits conduits, et filtrent leur humeur dans sa cavité* L'autre se per*
dant dans le ligament lai^e (/) qui lui sert d^appuiy porte sans doute à la tuba {pc) des humeurs propres à faire et entretenir les boules oà se forment les enfants.
Ce que fai observé de particulier ^ cVst que les vaisseaux spermatiques («) qui coulent en abondance dans le ligament large {i)^ entre le testicule (o) et la tuba (/?), et que Ton peut nommer vaisseaux nerveux ^ parce qn^on ne les aperçoit presque point {u) , ont im^ deux ou trois troncs que j^ai aperçus , dans quelques femmes ^ toucher les cornes de la matrice y comme si Thunleur^ venant des testicules par des vaisseaux capillaires^ étoit portée par plusieurs troncs pour être communiquée aux cornés de la matrice.
Les cornes de la matrice ^ que Ton appelle la. /f/3a. (p) ou \j3i. trompe de Fallope^ ont du rapport aux vésicules séminaires des hommes; car elles conservent la semence des femmes.
Ces cornes sortent de chaque côté de la matrice, vers son fond (;); elles sont de la lodt» gueur de sept pouces ou environ ^ et de là grosseur à peu près d^m pouce d'ans les feilimes grosses ; mais^ dans les jeunes filles ou dans les vieilles femmes, elles sont fort
Îetites et ne ressemblent qVà un ligament.
)u côté de la matrice elles sont grêles , durcis et blanches (^); et puis devenant plus i'Ôuges' et plus, larges à'-hièâure' quMleà s^éh éloignent, elles forment à l'autre extrémité ce que nous appelons Xa. frange delà trompe {f). Ces conduits , que j^ài trouvés s^ayancer dans le ventre; au-dessous' des testicules ^ sont
( 49 ) ptn$ pressés en quelaues lieux qu^en d'sntrès s si bien que chacun forme trois ou quatre pe* titfs cellules qui pourroient être la cause de. plusieurs enfants qu'une femme peut faire en une seule fois.
La frange (r) est faite de petites fibres entrelacées les unes dans les autres et embax^ rassées d'une humeur gluante ^ principalement quand une femme est grosse. Ces fibres ^ qui ressemblent à de petits nerfs ^ empêchent sans doute que la semence ne sorte plus sou* irent qu'elle ne fait par FouTerture de la frange y ou plutdt elles y préparent Pair, lorsque l'enfant commence à y être forme j quoiqu'il ne respire pas : tout de même que la luette et l'épiglotte le préparent pour le poumon- Car cet élément est un corps qui pé* nètre tont^ et qui même se fait passage dans les matières les plus pressantes et les plus solides. C'est peut*être pour cela que Von a nommé ces tuyaux la soupape ou le soupirail de la matrice»
Une femme n'a pas plutôt conçu ^ que l'on obsenre en ce temps-là , plus qu'en tout autre y une élévation & l'ouverture de ses vaisseaux dans la matrice. ; et j'y ai souvent rencontré comme une petite peau charnue ^ que l'on pourroit appeler valvule (7)^ qui défsndoit l'entrée) et^ermettoit la sortie aux humeurs qui se rencontroient dans les cornes de la matrice.
Ces cornes {p)^ que l'on peut nommer vaisseaux oïl' conduits éjaculatoires ^ sont •
r«mpUçs d'iuie matière qui ressemble à du
( 5p ) petit lait un peu épais; elle se trouve souTent en si grande abondance dans* les femmes qui aiment ëperdâment^ qu'elle sort "des deux cAtés quand elle est agitée ; c^est à-dire ^ par la frange j pour causer les accidents qui arrivent aux femmes incommodées de vapeurs j et par fouvertuve de la matrice, pour faire les pollutions que souffrent souvent les plus amoureuses.
J'ai souvent observé dans le» chiennespleines ce que Harvée a remarqué dans les biches ^ que les cornes de la matrice avoient un mouvement semblable à peu près à celui de nos boyaux, et je ne doute point que celles des femmes n'«a aient aussi pour se décharger de l'enfant qui commencée se for* mer, et pour se défendre encore d'une abondance de semence corrompue : si bien que, pour les affermir contre la violence des mouvements qu'elles sont contraintes de faire quelquefois, la Nature les a fortifiées par un fort ligament qui va d'un bout à l'autre; car ce sont ces cornes , avec les testicules, et non le corps de la matrice, que l'on sent souvent avec tant de violence dans quc^lques femmes histériques.
ARTICITE IIL De la Semence de la femme»
c)î Àristote et ses sectateurs ne s'étoient pas acquis pendant plusieurs siècles une graiidt
( 3» ) T^putàti<»i9 je me persuade quHl me setoix aisé présentemeni de prouTcr que les femmes ont de la semence qui contribue en partie à la génération ; car il n ^ auroit qu^à eza« miner sans préoccupation Faction et Pusage des parties que ie viens de décrire y pour être conTaincu que Le sentHnenft où )e suis est le plus TraisemUables niais aTant que de l'établir dans toute sa tcrcep Toyons m peu de mots^ si les raisons dies adv^ersaîres ont quel** que soUdîté.
1 . Si les femmes y disent-ils y. avoient de la semence j elles n^auroient point de règles f puisque Tune et Pautre matière peut suffire à former an enfant ; mais parce que nous sommes assurés ^ ajoutent-ils ^ qu^elles ont des règles y et qu'elles n'engendrent jamais sans en avoir^ on doit conclure qu'elles n'ont point de semence.
a. D'ailleurs y si les femmes avoient de la semence y il s'ensuiTroit qu'elles auroient un principe d'action par lequel un enfant pourroit se former dans leurs entrailles sans la participation d'un homme, leur semence agissant sur les règles } mais parce que nous n'avons point d'exemple de cela 9 on doit aussi avouer qu'elles n'ont point de semence.
3. Au reste y il n'y auroife jamais de conception sans volupté y si les femmes avoient djs la semence } mais parce que, disent-ils ^ nous sommes certains, par l'aveu même des femmes, qu'elles sont quelquefois devenues grosses sans avoir été touchées du m^^indre contentement, nous devons croire
^nMIes n^ont point d» semence; car si elles en avoient^ elles seroient alors ^ sans doute ^ averties de sou écoulement par quelques pe* tites Yoluptés.
4* I^s disent encore, que si les femmes ont de la semence, au moins nVst-elle pas fé-* conde , et ne peut serrir en aucune manière à la génération ; que ce n^est qu^une humi* dite superflue, pour arroser leurs parties naturelles, et pour les irriter quand il faut se joindre amoureusement; et que , comme les eunuques ont une espèce de ^emience qui n'a aucune vertu, les femmes ont aussi une matière qui n'a point de force à former un enfant.
5. Lesfemmes sont semblables aux enfants et aux eunuques dans la voix, dans le poil^ dans l'habitude du corps et dans la passion de Pâme : elles n'ont donc pas plus de semence qu'eux.
Mais , 1 • l'expérience nous fait voir qu'il en est tout autrement, et la raison n'y est pas contraire ; car la semence des femmes est bien différente de leurs règles : l'une est l)lancbe , et les autres sont rouges. Celle-là sort en petite quantité , et ne s'écoule point ordinairement sans quelque plaisir 5 etcelles<« ci s'épancbent le plus squvent en abondance; et bien loin de les rendre joyeuses, elles en deviennent tristes et abattues. Après tout , la forte imagination peut souvent contribuer à l'écoulement de la semence, mais quelque vive que soit cette faculté de l'âme, elle n^ sauroit avancer ni retarder les règles d'un
seul jour j et ainsi les feiiunes ont de la se* mence et des règles tout ensemble ^ puis* qu'elles ont diverses passions qui en sont des marques évidentes; la première matière ser« vant à engendrer } et la seconde à nourrir en partie les enfants qu^elles font.
2. Le raisonnement de ces philosophes sur la formation de Phomme est si éloiené de la vérité, que je ne m^étonne pas si leurs raisons sont si foibles. Ils se persuadent que le sang des règles sert d^abord k nous former| et Pexpérience nous fait voir tout le contraire ; savoir 9 que nous sommes plusieurs mois dans le sein de nos mères sans en avoir besoin. Sur ce faux principe , ils établissent des raisonnements qui se détruisent d^eux« mémes ; car la semence ne pouvant rien faire elle seule y et n^étant qu^une cause partielle y il est impossible qu'elle soit la cause totale et active de la génération.
3. J'avoue que le plaisir n^accompagne pas toujours la conception , et je ne saurois croire que ce soit le seul écoulement de la semence des femmes qui leur cause des contentements. Le chatouillement qu'elles res« sentent des parties de Phomme , et de la forte imagination qu'elles ont dans le combat amoureux j en sont la principale cause : si bien que je ne m'étoqne pa& s'il y en ^ eu quelques-unes qui ^ n'ayant pas la liberté de l'imagination et du chatouillement | ont en« gendre sans, plaisir. »
4» Après tout , si les femmes n'ont pas d<i semence propre à engendrer , comment les
enfants ressemblent-ils si parfaitement à leur mère dans les qualités du coi^ps, dans les passions de Tânie et dans les maladies aux« quelles elles sont sujettes ? Et que dira-t*on . du mélange de différentes bétes y comme d^un cheval et d^une ânesse qui font un mulet ^ si la fidmelle, par sa semence y ne contribue en rien à la génération?
Mais pour prouver encore davantage ce que nous venons de dire ^ on m'avouera que la Nature ne fait rien en vain^ et qu'il ne falloit pas un si grand appareil de vaisseaux spermatiques ^ de testicules '^ de cornes ^ etc. ^ si toutes ces parties n'étoient faites que ^our humecter la matrice. Elles ont assurément tin autre office que celui que les péripatéti-^ tiens leur-donnent ; elles servent à -faire de la semenipe pour former les hommes ; et quoi* que la semence des lemn^esne soit pas si cuite que celle des hommes ^ elle ne laisse pourtant pas d'être d^ la semence , comme du sang est du sang^ .bien qu^il soit moins digéré que le nâtre«
On sait à quelles maladies quelques femmes sont sujettes quand elles demeurent viei^es ou veuves y ou quand elles ne sont pas asses caressées de leurs maris; et Ton sait aussi quel remède est le ,plus prompt et le plus efEcace pour les guérir. Si la semence qui est retenue dans^les cornes de la matrice est emiployéeà former un enfant ^ toutes les fâcheuses incommodités dont elles étoient auparavant tourmentées y cessent dans un moment^ et la cause materAellç de leui#
nianx servant à d'autres meilleurs usages^y elles jouissent ensuite d'une parfaite santé.
Mais encore ^ si j'osoià faire comparaison entre les oiseaux femelles et les femmes j je pourrois dire que^ puisqu'ils ont de la se« menée qui contribue à former leurs petits > les femmes en ont aussi qi^ sert à la génération ; car quel usage auroient les testicules des femmes qui la fabriquent? Et l'expérience ne nous fait^elle pas connoitre que les bêtes femelles châtrées ne souffrent pas l'approche de leurs mâles? Kous remarquons deux sortes de substance dans un œuf de poule : le poulet se forme du blanc ^ qui est la semence de la poule, et s'en nourrit dans les premiers jours de sa formation , et dans les derniers il se nourrit du jaune, qui vient du plus pur sang de la poule ; si bien que le blanc de l'œuf ayant du rapport à la semence de la femme, on peut dire que la génération se fait dans la femme comme dans les œufs> et qu'elle contribue à la formation d'un enfant en donnant de la semence de son cdté^ aussi bien que les femelles des oiseaux. Que dira-t-on des poules châtrées, à qui on a arraché lîovaire^ comme le réceptacle de leur semence, pour les rendre stériles^ grosses et tendres?
Enfin, s'il m'est permis de me servir de l'Ecriture sainte dans cette occasion , je pourrai conclure que la femme a de la semence iÇixi contribue à la génération , puisque Dieu , menaçant les hommes, leur dit, par la bouche de Moïse, ji^V/ mettra une haine irré*
mçncitiahie entre la semence de Ia femme et Ia semence du serpent,^ en parlant de la postérité de Pun et de Tautre.