‹ Tableau de l'amour conjugalChapitre 42 sur 68 · HI · texte numérisé non relu

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de ses règles vour en färe un fardeau. Mais : comment se pourrait-il faire que cette semence, qui, originairement, est du sang féminin, pût avoir des parties si différentes entre elles pour faire cailler le sang dont elle procède, et de plus pour y former une peau, des arières et des veines ? Il n’y a que la semence de l’homme, qui est d'une tout autre matière, qui puisse cau ser ces eflets, et c’est à celle-là aussi que l’on doit attribuer la faute et la véritable génération humaine. Une chose ne peut agir sur soi-même, il faut qu’elle ait des partiès de différentes substances pour meltre un corps en mouvement, et pour en former quelque chose, Ilest vrai que la semence de Ia femme peut faire mouvoir son sang comme fait la bile, lorsqu'elle y est mêlée, mais il n’en peut rien former. à

De plus, personne n’a dit jusqu'ici que le faux germe s’engendrait sans Ja participation d’un homme; et cependant il est aussi bien une erreur de la conception que le fardeau, qui n’est que la chair de l’arrière-faix mal faite.

Disons encore que, si le fardeau pouvait se former sans la semence de l’homme, nous ne verrions pas si souvent des enfans conçus et liés avec des fardeaux; et Alexandre Benoît ne nous ferait pas observer un enfant de quatre ou , cinq mois étouffé au milieu d’un fardeau dont il tirait son aliment comme dela chair de l’arriére-faix; et Kerkringe ne nous en montrerait pas un autre, comme nous l’avons remarqué ci dessus. ,

Ajoutons à cela que, si le sang des règles s’est ‘caillé quelquefois, et qu’en sortant il ait donné des marques d’un fardeau, comme le témoigne Marcellus, on doit croire que ce n’était que du sang, qui se caille aisément lorsqu'il est pur et qu’il est hors de ses vaisseaux. Si on le met dans l’eau, il se dissout incontinent, et'on voit par là que ce n’est que du'sang en grumeaux et non une fausse conception.

On peut ercore dire que l’équivoque du mot fardeau a été la seule cause que piusieurs médecins ont cru que le fardeau pouvait être engendré sans la pariicipation d’un homme. Ils étaient fondés sur les écrits de quelques anciens médecins, qui ont pris le fardeau pour une humeur de la matrice : mais la génération de ce fardeau ne dépend point du commerce d’un homme avec une femme : il n’en est pas de même de celui dont nous parlons, qui ne peut être engendré sans que l’hemme y ait contribué de sa part,

Enfin les œufs de poule n’ont nulle proportion aux fardeaux des femmes. Il est vrai que les femmes ont des matières qui répondent assez bien aux matières des œufs, et que celles qui jouissent d’une santé parfaite, et qui sont dans une belle jeunesse, rendent souvent de la semence proportionnée au blanc de l'œuf, et des règles qui répondent au jaune, et qui ont l’une et l’autre les mêmes usages ; mais l’expérience nous à montré que cette semence et ce sang des

fègles n’engendraient rien, s'ils n'étaient tou« chés par un homme, comme il ne sortirait point. de poulet d’un œuf, à moins qu’il ne fût rendu fécond par la semence du coq.

On peut donc conclure après Hippocrate, Aristote, Galien, et plusieurs autres, que les fausses générations ne se peuvent faire sans qu’une femme n’ait été caressée par un homme.

Il serait bon de rapporter ici les signes des faux germes et des fardeaux, pour les distinguer d’avec la véritable grossesse, puisque c’est principalement Paffaire d’un médecin , qui ne doit jamais s’ÿ tromper, : |

Si donc une femme est grosse d’un faux germe ou d’un fardeau, elle a plus de douleur au ventre que celle qui l’est d’un véritable enfant ; sa douleur procédant plutôt d’une cause qui est conure les lois de la aature, que de celle qui es selon ses équitables décrets.

D ailleurs, eile a les mernelles moins dures et moins pleines de lait : il y en a même qui. manquent de lait et qui nous marquent par-là qu'elles n’ont pas d'enfant dans les entrailles.

Au reste, le fardeau n’ayant point de moutement par lui-même, il tombe du côté que la femme se tourne : au lieu que l’enfant demeure atraché par sa propre vertu dans le lieu où il est, et qu’on le sent mouvoir de bas en haut quand on met la main sur le ventre d’une femme grosse

de cinq ou six mois; ce que Poan n aperçoit mi dans un faux germe ni dans un fardeau.

Enfir une femme a beaucoup plus de peine et plus de tranchée à rendre un germe ou un fardeau, qui donne le branle aux couches: au lieu qu’un fardeau étant immobile, les efforts doivent tous venir du côté de la mère.

PIN DU YOMH TROÏSTEME,

TABLE

DES MATIERES

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