PRÉFACE. III
struments de leur puissance. De même qu’après le moyen âge, diverses sciences morales, que la théologie avait attirées, et comme enveloppées, n’ont pris leur grandeur qu’en se séparant d’elle, ainsi des controverses religieuses du quatrième siècle on peut tirer tout un ordre de vérités historiques, qui marquent le travail de la raison commune, en même temps que le bienfait de la loi chrétienne. Seulement, pour traiter ce sujet, il no suffirait pas de développer, comme je l’ai fait, mon premier travail, d’y comprendre d’autres noms de la môme époque, de peindre avec plus de détail quelques grands caractères, et de multiplier les témoignages de leur action immédiate sur les âmes et de l’immortelle grandeur qui reste à leurs écrits. Il aurait fallu entreprendre davantage, raconter la lutte des deux sociétés dans tous les rangs et sous toutes les formes, dans le pouvoir et dans le peuple, dans la législation, la philosophie, les lettres, -à travers cette variété de climats, de conditions sociales, et d’instincts indigènes, que présentait la vaste étendue de l’empire.
Dans un tel enchaineinent de faits et d’idées, la parole des orateurs sacrés, au lieu d’être le sujet d’une étude, serait un des événements d’un immense récit, ou plutôt en serait l’âme. On ne semblerait pas citer par fragments leur génie ; on ferait entendre leur voix pour accuser, ou pour défendre, pour consoler, pour secourir, au milieu de ce monde mobile et passionné d’Alexandrie, d’Antioche, de Carthage, de Milan. La vie romaine du quatrième siècle se déploierait comme ces grands drames de la muse antique sur un théâtre ouvert et retentissant, que dominait de son harmonie le chant religieux du chœur redisant aux puissants et au peuple des conseils de prudence et de vertu.
Dans un tel tableau fait pour montrer avec éclat ce