CHAPITRE HUIHEIIE
L'Histoire moderne est le meilleur moyen d'arriver à U connaissance de notre époque. — De la réformation. — Reuchlin , Ulric de Hutten, Luther et Mélanchton.*— influence particulière de chacun de ces réformateurs. — La philosophie, cause de la réforme religieuse. — Ladivisioi^ de TËglise était-elle nécessaire? — Concile de Trente.
Avant d'essayer de tracer un tableau de l'époque de la réformation et du siècle de Charles- Quint ^ il me semble qu'il est nécessaire de bien expliquer ici le but que je me propose dans ce travail. ,,
L'époque où nous vivons, apparaîtra aussi
dans les siècles futurs , comme Tune des plus
remarquables et des plus extraordinaires que
rhistoire du monde ait jamais offertes. Qui ne
désirerait connaître avec clarté la liaison interne II. I
s TABLEAU
et le principe caché de phéooinènes si remarquables? Qui ne voudrait pouvoir deviner quelle est la marche que l'esprit humain doit choisir et qu'il prendra au milieu de cel ébranlement général? Qui pourrait se soustraire à cette grande contemplation^ s'isoler, se maintenir indépendant de l'époque? Qui est-ce qui n'est pas plus ou moins puissamment saisi par elle y et entraîné avec une force irrésistible dans 1 élan de sa marche?
On a cherché par différentes voies à dépeindre cette époque si riche en révolutions extérieures et en changemens internes encore plus remarquables; on a voulu l'éclaircir, Texpliquer. C'est aussi justement là le but que je me suis proposé dans ce tableau.
Il est évident qu'on ne peut encore écrire une histoire prc^ement dite de notre époque, mais qu'il est seulement possible de la préparer par dés travaux préliminaires, parce qu'on ne saurait faire l'histoire d'événemens inachevés , qui sont encore trop près de nous, et au milieu desquels nous nous sommes nous-mêmes trouvés. De spirituds écrivains ont essayé, comnie observateurs de la vie sociale et de l'histoire contemporaine, de tracer le caractère de
répoque actuelle, d'après quelques-uns ^es traits qui la dessinent. Plusieurs de ces traits ont été reconnus comme justes , et Ton a admiré la perspicacité de l'observateur. D'autres ont paru douteux, incertains, ou sans justesse ; enfin, lors même que chacun d'eux serait juste et bien tracé, ce ne sont que des individualités, où manquent l'idée principale, le lien d'union et le génie de l'ensemble, que nous désirons cependant surtout y rencontrer. D'un autre côté, d'ingénieux penseurs ont cherché à embrasser et à analyser l'esprit de l'époque, de manière à en former une théorie générale de la marche nécessaire de la raison et de Thomme dans son développement progressif. Us ont assigné à cette époque la place que dans cette marche elle occupe au milieu de la suite des siècles et des milliers d'années. Mais lors même qu'une semblable théorie pourrait s'appuyer d'une harmonie générale, ce qui n'est pas, ce ne serait encore qu'un système indéterminé, une idée vide de sens. Que si un philosophe de cette espèce nous apprend, en définitive, que notre époque est à peu près sur la limite qui sépare ime barbarie extrême d'une restauration et d'un perfectionnement si désirables, une telle con-
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clusion est bien loin, je ne dis pas seulement d'expliquer l'énigme des grands événemens et des phénomènes dont nous sommes témoins oculaires, mais encore même de nous faire connaître, du moins en partie, les véritables causes et l'état intérieur de tous ces bouleversemens, de ces secousses , de cette vie et de ces désastres auxquels nous prenons part.
Il m'a semblé qu^ le chemin le plus sûr pour arriver à cette connaissance de notre époque, était rhistoire. L'histoire moderne nous ofire dans son cours, plusieurs grandes époques de troubles semblables à la nôtre. J'ai donc pensé que celui qui aurait médité sur la migration des peuples, sur les croisades et sur la réformatioD , suf la marche de ces événemens , leurs conséquences, leurs caractères propres, serait parfaitement préparé k ne pas se laisser tromper par l'apparence de notre époque, et à se former sur elle un jugement solidement fondé et clairement motivé.
A cet effet, j'ai cru qu'un tableau des faits déjà connus, tout-à-fait dirigé vers ce but, pouvait seul être digne d'attention, pourvu que par là je pusse tracer clairement ces trois grandes époques de révolutions générales. Linter-
DE L'HISTOIKE MODERNE. 5
prétation historique de noire époque par le passée serait infructueuse , si Ton s attachait ' seulement aux détails , et si Ton tournait tous ces efforts vers quelques analogies, qui ne sont qu'un jeu, ne peuvent jamais s'appliquer au tout, et ne nous donnent aucune véritable lumière. Si l'on recherche dans l'histoire des documens et des 'exemples semblables peur la comparaison, afin de justifier les actions de l'époque actuelle, on n'y voit plus alors, quel-* que difficile que cela soit pour le sentiment, et quelque dur que cela paraisse à la raison, qu'un cas semblable à ua autre qui s'est déjà rencontré, qu'une action évidemment dans l'ordre naturel, et l'on répétera dans ce sens le mot du prophète : // ri y a rien de now^eau sous le soleil.
Quandbon considère, non les détails, mais bien l'ensemble du tout, il n'est point alors de meilleur préservatif .contre la tendance de l'époque y. que le souvenir d'un passé riche e»
grandeur. D'après ce principe, j'ai cru devoir tirer des trois grandes révolutions,* de la migration des^ peuples, des croisades et de la réformation, un tableau delà nation allemande, aussi vrai que cela m'était possible, tant de son
primitif état, lorsqu'elle vivait encore dans la liberté originaire, que de son développement et de son perfectionnement dans le moyen âge. Ce dessein exigeait une revue particulière et précise des grande^ forces et des formes de gouvernement qui dominèrent à cette époque, des relations et des liens de FÊglise, et de l'ancien empire en Allemagne , en Italie , dans l'Europe entière, enfin de Fesprit chevaleresque et de son influence* Cette revue est d'autant plus nécessaire , que la principale question qu'il y à à résoudre sur notre époque, est la grande question de la constitution sociale , de la possi-* bilité de maintenir le bien et les heureux e^ets de l'ancienne constitution dans les nouvelles relations du moi^de , de l'union la plus mesu-* rée et la moins dangereuse des anciens privilèges, avec ce que réclame impériiosement l'élan d'une vie nouvelle.
Ceci nous conduit à méditer sur les premiers fondemens de l'union des citoyens et de la constitution sociale. Que si maintenant l'his" toire et la théorie s'accordent à reconnaître cette force fondamentale de gouvernement dans la noblesse, tous les autres ordres se rapportant à celui-là , et se formant d'après son exejtïT.
pie 9 il sera plus simple et plus sûr d'expliquer d'abord ce que la noblesse , en elle-même et d'après sa première destination, devait étre,^ par le rassemblement des faits, par la description de ce qu'elle fut dans l'origine , et de ce qu'elle devint dans la suite des temps, tantôt élevée par une civilisation perfectionnée et savante, d'après les lois et les nobles coutumes de la chevalerie, tantôt aussi corrompue, dégénérée en un droit du plus fort, et en un injuste amour de guerroyer. Cette méthode me parait meilleure que ces faibles théories sur le gouvernement, la constitution et ]a législation dont notre époque a vu éelore et disparaître un si grand nombre. •
Parmi toutes les époques passées de révolution^ aucune n'est si près de nous que celle de la réforme. Dans les temps de la migration des peuples et des croisades, ce fut plutôt seulement un nouvel élan qui fut imprimé à l'imagination. Mais à l'époque de la réforme, ce fut comme dans la nôtre, la raison, la pensée qui se développa ainsi qu'une force souveraine, conservatrice ou destitictrice. Cette pensée, cette divine essence que ndus portons en nouS'^ mêmes, lorsqu'elle est bien dirigée, peut do-
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miner avec une grande puissance sur le monde et le temps. Cest une idée glorieuse pour la dignité de Fhomme. Mais combien aussi sont terribles sa puissance et son développement, lorsque la passion et Tégoïsme s'emparent de cette puissante force. Chaque époque nous offre comme la nôtre, de grands exemples et d'utiles leçons à cet égard .
Une analyse exacte de la réforme et de ses principes fondamentaux, occupera bien sa place dans celte suite d'observations sur l'histoire moderne, elle en sera même une des parties les plus importantes, les plus essentielles. Les caractères de quatre grands* hommes extraordinaires, serviront parfaitement à expliquer quelles causes ont amené les troubles luthériens, pourquoi ils obtinrent une réussite si prompte, une durée si solide, pourquoi enfin au lieu d'une réformatîon de toute l'Église, il ne s'en suivit qu'une division dans son sein.
Reuchlin, Ulric de Hutten, Luther et Melanchlon, tous quatre sa vans, quoique le premier ftlt aussi revêtu d'emplois civils, le second soldat et chevalier, ont, par le pouvoir de leurs écrits et de leur éloquence, obtenu sur leur époque et sur le monde une influence telle, que
peu de souverains et de princes n'en eurent jamais sur la leur. Les deux premiers, Reuchlin et Hutten , ayant seulement préparé les voies et pris part à la secousse, apparaissent peu dans l'histoire, cependant leur influence n'en fut pas moins grande. Reuchlin était un homme dont on peut dire, que si son esprit avait été dominant, si un génie aussi rare et aussi profond avait pu être général, il aurait bien amené une réformation dans le plus haut sens du mot, une clarté philosophique et une restauration du christianisme obscurci par les disputes scholastiques , mais jamais il n'eût donné naissance au protestantisme, k une division dans le sein de l'Église. Ulrich de Hutten et Luther représentent la séparation , le caractère puissant d'opposition à tout rapprochement que la réforme prit dès l'origine. Et s'il eût été encore possible de rétablir la paix troublée, lorsque la division régnait déjà depuis un âge d'homme, cet œuvre que le grand empereur désirait si ardemment, eût été accompli chez tous les protestans, par le doux Melanchton et ses disciples. Plus tard les opinions changèrent beaucoup, l'esprit du protestantisme devint tout autre. Mais si l'on veut juger ce grand événement, si riche en
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conséquences dans ses principes fondamentaux et philosophiques, il faut se reporter toot4i-fait dans ces premiers temps^ observer la réforma-^ tion telle qu'elle fut dès son origine.
Reuchlin, l'un des premiers savanaque FAtlemagne ait produits, aussi connu en Italie que dans sa patrie, unissait en lui, à la fin du quinzième siècle, toute la civilisation, toutes les connaissances et tout le savoir que ces deux pays possédaient alors. Il fut le premier restaurateur de la littérature grecque qui semblait a cette époque vouloir reprendre une nouvelle vie, et non content de cette gloire, il fiit aussi le fondateur, le créateur des études orientales dans toute l'Europe.
Mais le but de ces études n'était pas chez lui comme chez les savans et les littérateurs modernes, la connaissance du langage, les recherches historiques ou la pompe de l'éloquence.
Il appliquait tout son savoir à l'objet qui, pour un homme habile, demeure toujours le premier et le plus important , a la connaissance des hommes, de la nature et de la Divinité.
Il fut sans comparaison le plus profond philosophe de son époque. Dans cette profondeur particulière qui s'unit à la dai1;é, il se montra
DE L'HISTOlfUS UODËE^E. 1 1
encore supérieur à Leibuitz. Sous le rapport de la plénitude et de l'étendue de la science^ un seul jeune homme pouvait alors 'être mis en parallèle avec lui , c'était en Italie, le prince Pic de la Mirandole, objet de l'admiration de ses contemporains. Mais, enlevé par une mort prématurée, il ne put jamais atteindre une clarté semblable k celle de Reuchlin. Il était aussi versé dans le monde extérieur, dans la vie et l'État,- que devait l'être un homme qui vivait dans la plus grande intimité avec la plupart des savans, et avec un grand nombre de nobles et de princes instruits, tant en Italie qu'en Allemagne. Son penchant pour les langues et la philosophie i orientales , exposèrent Reuchlin aux soupçops et à la hfiine de plusieurs théologiens d'un esprit étroit. La dispute fut animée et parvint jusqu'à Home 5 le débat y ftit terminé en faveur du bon parti et de Reuchlin. Rome était alors plus que jamais le siège des sciences, des arts et de la vraie culture intelleotuelle. Il y régnait même peu avant que la réformation éclatât, une liberté de penser dont on ne peut maintenant qu'être surpris. Ce n'était pas, comme on le représente souvent, seulement une liberté et une indifférence qui , sans être
ouvertement avouées, en étaient d'autant plus dominantes, et inspiraient Tindulgënoe la plus grande pour les discussions dogmatiques qui ne concernaient pas le gouvernement de FÉglise : une telle opinion se montrait bien dans quelques parties de l'Italie; mais chez les gens respectables et bien pensant, la liberté prenait sa source dans une connaissance fondamentale et profonde de la philosophie, de la religion et des arts, ainsi que dans leur harmonie réciproque. La philosophie de Reuchlin dépasse beaucoup l'étendue et les bornes d'une capacité et d'un coup d'œil ordinaires. Plusieurs parties pourraient facilement en paraître dangereuses a des hommes d'un esprit borné. L'ensemble ne combat pas la foi chrétienne; il est bien éloigné des vues et des leçons du protestantisme; il peut même plutôt servir à prouver que Reuchlin , d'après ses. propres opinions , n'appartenait en aucune manière aux protestans. Sa discussion à Toceasion des langues et de la philosophie orientales, ayant été mêlée au milieu des affaires protestantes, ce fut là seulement pourquoi on compta Reuchlin au nombre des fondateurs et des auteurs de la réformation que, comme beaucoup d'autres, il
aida à propager sans le vouloir et sacs le sa-< voir.
Dans les tableaux historiques de la reformations^ on fait ordinairement dérouler son origine de la vente des indulgences et des tributs d'argent que Rome prélevait sur les âmes pieuses de FÂUemagne, pour achever la construction de l'église de Sainte-Pierre^ ou de tout autre abus de détail. Mais on s'arrête alors seulement au premier motif extérieur, qui aurait facilement pu être satisfait sans entraîner un événement^ une secousse, gui tôt ou tard, il est vrai, aurait eu lieu également lor^hmême que cette occasion ne se fVit pas présentée.
Le véritable principe de la réformation doit être recherché bien plus profondément que dans ce motif accidentel , et il existait déjà depuis long-temps avant que d'éclater. C'est dans la {diilosophie qu'il se trouvait, ou plutôt dans sa décadence et sa corruption; dans la philosophie , c'est-à-dire dans les principes scientifiques de l'enseignement supérieur, et dans l'esprit interne de l'opinion publique. Le premier de ces deux élémens appartenait alors davantage à la philosophie que maintenant. Le second, l'esprit intérieur, la cause première de l'opinion
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publique 9 et de la façon de penser dominante , fut toujours de son domaine.
C'est dans l'empire invisible de la philosophie, dans l'esprit des penseurs de chaque époque^ que s'opère d'abord tout changement intellectuel. C'est chez eux que commence à exister une opinion, qui , quoiqu'elle ne devienne universelle que plusieurs siècles plus tard, agit comme opinion publique sur les développe* mens du monde extérieur, et n'obtient souvent qu'une influence trop grande, trop visible. A la vérité, l'on devrait penser que la philosophie ne croit pas avéfe le temps comme les autres sciences, et que surtout nul changement ne s'opère en elle. La seule chose dans laquelle la philosophie soit immuable, c'est la connaissance de l'éternité que nous nommons Dieu dans le sentiment de notre imperfection , vertu et justice relativement à notre destination morale, et immortalité de l'àme sous le rapport de nos espérances. Une telle science est, il est vrai, susceptible d'être diversement conçue, mais en elle-même elle n'a point de progrès à faire. Les grandes découvertes, dont la philosophie se donne de temps en temps la gloire, ne sont que des découvertes déjà faites des siè-
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des auparavant, sous une autre forme et dans une autre langue. Mais justement la manière dont cette connaissance est exprimée, expliquée et développée, est de la plus grande importance pour Topinion générale, qui tôt ou tard est toujours déterminée par les savans. Cette importance est d'autant plus grande lorsque l'esprit prend une direction fôcheuse contre cette connaissance, qui seule peut donner une unité solide k l'homme et à la vie, ou lorsqu'on a négligé de s'opposer à la funeste influence de ses désastreux efforts , tandis qu'il en était encore temps. Toutes les fois cependant qu'un gouvernement ou qu'une croyance est en opposition ouverte ou cachée avec la philosophie dominante , on peut être sûr que ses principes tour à tour écrasés sous le poids de leur faiblesse, ou relevant une tète audacieuse, finiront par être vaincus.
Dès les premiers temps de son origine, le christianisme fut déjà lié le plus étroitement possible avec la philosophie par quelques-uns de ses premiers disciples, preuve certaine que cette alliance n'était pas nuisible, mais bien convenable au christianisme. Les anciens combattans avaient même décidé la victoire sur les
croyances et les principes de l'antiquité , principalement par la supériorité de la philosophie chrétienne sur le stoïque platonisme.
Combien dut être nuisible à la religion^ la décadence I la corruption de la philosophie , qui, causée par différentes circonstances, atteignit un si haut degré dans le quatorzième et le quinzième siècle. Ces circonstances furent l'esprit de secte facile à enflammer, et dominant dans les grandes universités libres, puis les disputes et la jalousie de plusieurs ordres savans qui tenaient entre leurs mains presque tout le savoir et toute l'instruction. La jurisprudence romaine nouvellement adoptée , avait aussi servi à nourrir le feu des disputes philosophiques. Dans toutes les universités de l'Europe, la philosophie dominante avait dégénéré en un esprit passionné de sectes, en un goût de discussions dialectiques et en un vain jeu de formes. La philosophie plus haute et meilleure de quelques penseurs, dont l'Allemagne depuis Albert le Grand jusqu'à Reuchlin, avait fourni le plus grand nombre, ne pouvait pré valoir sur les opinions générales, ni obtenir aucun succès, parce que cette autre philosophie dominait d'une manière absolue. Celle-ci remontrait éga-
lement une secrète Opposition dans la fausse philosophie éloignée de Dieu, dont l'esprit est si peu d'accord avec le christianisme. Aussitôt que la vraie philosophie est abandonnée, il en paraît nécessairement une fausse à sa place.
Surtout depuis la connaissance de l'Orient, Vincrédulité et le fanatisme n'avaient pas cessé de se répandre en silence, sous mille formes diverses. Peu avant la réforme, la tendance à l'astrologie et aux arts magiques devint évidente* Quelques personnes , mêlant à dessein des arts illusoires à la connaissance peu répandue de la nature, influèrent d'une manière fâcheuse sur les mœurs et l'esprit de l'époque.
Un esprit philosophique de cette espèce, dont l'histoire embellie par l'imagination, est devenue sous le nom du docteur Faust, une tradition populaire, était lié -avec un grand nombre d'hpmmes remai:quables de ce tempslà- Il vivait dans le château de François de . Sickingen. Il eut une influence considérable et pernicieuse sur les esprits de son temps.
La première tentative d'une révolution totale
dans l'Église par Arnold de B«escia , était aussi
le produit d'unç philosophie enthousiaste. Les
difierentes oppositions et les innovations des II. î
siècles suivansjusqu'à la séparation de l'Égtise^ tirèrent toutes leur origine de la philosophie, et Luther lui-même fut moins excité par la pensée» ée détruire quelques abus, que par la croyance à lui particulière, dont il ne voulait pas se départir, et qu'il voulut établir puissamment. •
L'influence et l'esprit de Reuchlin peuvent nous initier aux causes internes de la réformation. Le caractère d'Ulrich de Hutten nous expliquera, de son côté, la prompte propagation et l'importance politique qu'elle obtint dès l'origine. Tout à la fois soldat et savant, il possédait une éloquence irrésistible et entraînante, qu'il déploya non seulement contre les moines, notais encore souvent contre les Turcs, les Français, ou dans d'autres sujets favoris de discussions. Il dut encore plus d'influence à son esprit mordant et à son talent de sociabilité, par lequel il fut en relation d'amitié avec tout ce qu'il y avait de l'^ens instruits oij remarquables dans l'Allemagne. Les sciences légères et aimables avaient aussi plus d'empire sur hii que le savoir profond et sérieux.
Plus la philosophie dominante montrait de faiblesse,j3lus la classe de ses partisans, amis
de Tantique littérature nouvellement restaurée, s'étaient abandonnés à leur vaine curiosité.
Dans les grandes assemblées de ces humanistes, il régnait une abnégation et un renoncement à toutes les sciences sérieuses, une certaine liberté de penser légère et dirigée seulement vers les 'sciences agréables, qui était d'autant plus dangereuse, que cette classe d'hommes influait davantage sur une époque où la langue latine était non seulement celle des affaires, mais encore celle de la conversation. Une épigramme de Hutten était en peu de temps répandue et lue dans toutes les capitales de l'Europe. Une vie assez aventureuse lui avait fait à diverses reprises parcourir la moitié de FEurope, et n'avait contribué qu'à développer encore son esprit iiiquiel et sans repos. Il avait le courage de tout entreprendre, même les cho3es les plus dangereuses. Ainsi , vaillant chevalier, il combattit un jour en champ clos quati'c Français qui avaient parlé irrévérentieusemcrit de l'empereur. Maximilien récompensa celle action par de hautes dignités. Sa plume était encore plus téméraire et plus tranchante que son épée.
Lorsque le duc Ulrich se fut défait de son
cousin Jean de Hatlen, sa soif de vengeance dirigea foules ses batteries contre ce puissant ennemi. Ulrich de Wiertemberg chercha à justifier, par un motif de jalousie pour son épouse, un acte arbitraire qui avait été plutôt la suite d'une intrigue amoureuse avec la femme du jeiine Hutten, et qu'il avait autorisée comme Tun des chefe du tribunal secret.
Nous avons une image du gouvernement délabré de cette époque dans cette société secrète, qui osait citer devant son tribunal, l'empereur lui-même , dont les membres tenaient pour des misérables sans importance, tous ceux qui n'étaient pas initiés. Us ne craignaient pas que des actes arbitraires et despotiques, tels que les leurs, fussent publiquement connus. Il est du reste évident que cette merveilleuse société secrète , dans les débats qui avaient lieu à celle époque entre la noblesse et les autres états, accordait sa protection à la première. Sous ce rapport, elle parait avoir été dirigée p)ar les mêmes principes qui furent les guides d'autres sociétés du même genre, plus anciennes.
Ulrich de Hutten était un de ces caractères dangereux qui apparaissent pqur la plupart, si
D£ L'HISTOmfi MODERNE. ^f
je puis m'exprimer ainsi, eomme des échantillons de l'époque, lorsqu'une profonde corruption et un hiQulevers Aient général menacent l'État et la nation. Il était né pour le commandement, et avec sa fougueuse activité, il était bien l'homme qu'il fallait pour bouleverser la moitié de l'univers. Tout alors en Allemagne paraissait mûr pour une révolution générale.. Les nombreuses émeutes populaires, l'étal de la>Souabe et de- la Basse-Saxe, où dé grandes querelles étaient sur le point d'amener une guerre civile, excitée secrètement aussi par la France; la t terrible guerre des paysans, les eiitreprises de Franz de Sickingen, et plus tard les troubles des anabaptistes sous Jean de Leyde, n'en furent que des pronostics isolés. Le principe d'une telle ipêvolution se trouvait' dans la profonde corruption morale de quelques États de la société, tandis que le corps de la nation était encolle plein de force, dans là corruption des croyances, dans les querelles nombreuses qui occupaient le monde, et en majeure partie surtout dans les relations intérieure» du gouvernement et des diverses classes de l'État*
La noblesse, quoique renouvelant toujours
son ancienne guerre epntre lejs viUés riches , devait bien sentir qu(? les véritables ennemis de son indépendance et de son pouvoir étaient les princes. Tapdis que ceux-ci ne voyaient pas sans inquiétude le pouvoir e<msidérable du nouvel empereur, la noblesse au contraire de-* mcura comme la. majorité de la nation dévouée a celui-ci.
Un empereur ambitieux qui aurait eu peut^ être les desseins dont on a accusé Charles- Quint envers l'Allemagne, n aurait eu qu'à se mettre à la t^tie de cette noblesse, et flatter quelque peu l'opinion publique, pour atteindre tout-à-fait Bon but , pour devenir maître absolu. Des ten^ative$ de ce genre se décelaient non seulement dans les entreprises de Sickingen, dirigées d':abord contre up {grince ecclésiasti-?' que, reconnu Français , inais encore dans plusieurs autres ms^nifestations de l'époque. On voit clairement dans les écrits de Luther, com< bien il comptait sur la noblesse, la regardant comme la yraie force et l'âme de la nation , par quelles espérances çt quelle perspective , il ta-? chait de lui repdre ses leçons agréables., et s'il ne pouvait ]a persuader de la gagJier du moi^s^ et de l'entraîner diins spn parti. Cette noUesse
DE LUISTOIKË MODERNE. 25
altemaDde était Fun des documens lea plus importans de Thistoire de ces temps-là, et de la situation intérieure de rÂUemagoe.
Ce fut sous ce point de vue politique^ que Hutten comprit le nouvel enseignement de Luther et les controverses de l'époque. Les moeurs et les écrits de ce satirique chevalier ne donnent pas une idée très avantageuse de sa philosophie y et de la part que son cœur prit aux affaires de religion. Il voyait dans les idées de Luther le germe d'une révolution allemande et il était, sans relâche, occupé à attiser le feju de la querelle i;ne fois allumée, et à renflam- ^ler toujours davantage.
L'art admirable de l'iniprimerie avait d'a^ bord reçu en Italie ainsi qu'en Allemagne, sa véritable destination. Il y était employé à multiplier les nobles mcmumens de l'antiquité et dutuoyenâge, et les écrits des anciens et des poètes les plus renommés, traduits en langue vulgaire par des littérateurs animés d'une belle émulation. Mais il devient n^aintenant un ins^ ^trument dimgereux, et un moyen facile pour inonder promptement le peuple d'une foule de pamphlets.
Dans la guerre iles paysans, la fermentation
prit une autre marche que celle qu'on s'attendait d'abord a lui voir prendre; mais nous ne devons pas nous en étonner : quand une fois les forces des masses sont en mouvement, quand la flamme des passions populaires est une fois allumée, elte prend d'elle-même sa course désastreuse, et n'obéit plus que rarement aux mains de celui qui lui a imprimé le premier élan.
Si la réforme ne fut pas dès l'origine une révolution semblable, on le doit surtout a Luther, qui assura ainsi sa durée, comme Ulrich de Hutten et ceux qui lui ressemblèrent, ont travaillé a sa prompte propagation. Si Luther ne s'était opposé avec toutes ses forces aUx dangereuses erreurs dans lesquelles, dès l'origine, quelques-uns de ses disciples étaient tombés ; si ces fanatiques enthousiastes de l'égalité commune, et de l'abolition de tout pouvoir mondain, comme superflu dans le nouvel ordre des choses, avaient obtenu le dessus^ ce qu'on a appelé la réfoi^mation de la foi et de l'Eglise, eût été une révolution complète dans le gouvernement et la nation. La première secousse de la guerre civile aurait sans doute été beau^ coup plus terrible et plus générale, mais vrai-
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semblablement qu'ensuite unefoisForage passé, elle se serait d'elle- même apaisée, et qu'un retour k l'ancien ordre de choses se serait opéré.
Les princes, en particulier, surent gré à Luther d'avoir amorti le feu de la rébellion ; ceuxlà mêmes qui n'adnreCtaient pas ses principes , l'en estimèrent davantage. Son caractère personnel était*, en général, bien fait pour assurer à son parti durée et solidité. La grande force morale, qui lui donnait une supériorité si marquée sur tous les autres réformateurs , maintint l'unité autant du moins que cela était possible dans cet état de fermentation. Là chaleur passionnée avec laquelle Luther s'exprimait et se déclarait, donnait à ses principes et à ses opinions isolés le lien nécessaire pour maintenir l'existence de son parti. Si dans l'origine il avait été plus loin, s'iLs'étàit montré d'accord avec ces fanatiques qu'on vit paraître à cette époque, son édifice se serait bien plus vite ruiné. Mais justement parce que d'abord il ne s'éloigna pas trop de l'ancienne croyance, il acquil un grand nombre de disciples marquans, et il assura k son parti une solidité durable. Quant aux grandes passions dont il fut
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certainement doué, on peut réanir toutes les fautes dont on l'accuse dans un seul reproche, c'est qu il avait une obstination et un orgueil inflexibles. Souvent ses plus fidèles disciples et ses anii»firentd'arnères plaintes à ce sujet. Cette orgueilleuse obstination explique tout ce qui , dans ses écrits, peut paraître blamaUe par la chaleur passionnée de l'expression, ainsi que tout ce qui>dans sa foi personnelle, ne s'accorde pas avec l'esprit jieia de douceur çt d'amour du christianisQie. Celui qui veut ramener le christianisme à sa pureté primitive, doit prendre son esprit pur et plein d'amour. C'est ainsi que Borromée et sainte Thérèse ont véritablement réformé l'Église avec fermeté ^ mais avec douceur. Le zèle de Luther était sans mesure non seulement contre ses (ennemis , mais aussi contre ses amis et ses partisans, lol^qu'ils ne pensaient pas exactement comme lui. De notre temps, ce qu'il se permit de dire contre le rm Henri VIII, paraît incroyable; son emportement contre les calvinistes et <;ontre d'autres de ses disciples qui s'éloignaient de lui , et qu'il paraissait considérer comme d'indignes rebelles, surpasse encore en expressions passionnées, tout ce qu'il avait coutume d'écrire contre
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raûtechrist de Rome, ainsi qu'il nomoiait le pape. Méipe pour obtenft* rabolition des abus et le perfectionnement de la constitution de rÉglise^ ce zèle orageux n'était pas le meilleur cheuiin , c$^r ce n'était qu'en traitant avec les plus extrêmes ménagemens les relations de rÉglîse avec l'État, qu'on pouvait éviter de gT^indea querelles.
Des moyens aussi dangereux, renfermant eux-mêmes la source du mal, ne pouvaient servir à en ei^tirper les racines, k réformer vraiment la philosophie, à abolir Tancienne et à en établir une meilleure à la place. Cette tâche ne pouvait non plus être accomplie par un hoo^me qui ne savait voir dans le grand maître d'Alexandre, qu'un méchant païen mort et damné depuis long-temps.
" L'éloquence de Luther en faisait l'homme du peuple, et cette inflexibilité même, dont ses amis se plaignaient, jointe à l'influence bornée que^ malgré ses effi;>rts passiojnnés , ses prin-* cipes exerçaient sur l'État et sur la religion, doni;iaient k son parti d'autant plus de force et d'unie, et lui assuraient de la durée.
Le caractère personnel de Luther a beau* coup contribué k donner au nouveau parti
cette force et cette durée, comme secte séparée de l'Église. Celui de Melanchtôn qui, après Luther, fut honoré comme le chef des protestans, semblait au contraire fait pour empêcher la division s'il en était encore temps, et rétablir l'harmonie détruite dans l'Europe chrétienne. Une foule innombrable de gens bien pensans, ainsi que de grands hommes d'États occupés du bien public, espéraient que cette tâche difficile pourrait être accomplie par le doux Melanchtôn, à qui ses confrères eux-mêmes firent souvent le reproche d'être trop tolérant. L'empereur Charles V, dans la dernière moitié de sa vie, consacra sérieusement toutes ses forces à ce projet de rétablir la concorde, et d'obtenir le perfectionnement de l'Église au lieu de sa désunion. Il eut pour adversaires, des protestans dé marque qui s'y opposèrent de tout leur pouvoir. Cette tentative devait-elle êti'è saine? La séparation était-elle vraiment nécessaire? On décide ordinairement cette question d'après les conséquences, quoiqu'avec injustice. La sépa!ration n'était pas en elle-même nécessaire; une réunion nouvelle était encore possible. Les principes particuliers à Luther sur la non liberté de la volonté , furent en par-
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tie abandonnés, par ses successeurs, et en partie tellement changés, que, sur ce point principal, on en vint souvent tout près d'une réunion. Les innovations dans les cérémonies attachées aux mystères du christianisme étaient aussi importantes; car, par leur abolition et leur changement, on renversait les usages de l'ancien culte divin. Mais lorsque le plus essentiel, la reconnsiissance des mystères, fut adoptée par tous les protestant, à Vekception du parti de Zuingle, il était bien possible de s'accoirder. D'autres diflFérences extérieures n'avaient point empêché l'union des. Églises grecque et romaine, ni le rétablisse^lent de la paix après la guerre des hùssites. Quant aux biens ecclésiastiques, aux i*elations avec l'État, et à la constitution, on serait facilement tombé d'accord si l'on eût généralement voulu la paix , parce queNces objets là concernaient seulement l'extérieur de l'Église, et non l'essence de la foi. La n^ort d'Adrien VI, si vite enlevé au monde; la difficulté que l'empereur et le pouvoir ecclésiastique eurent à, être d'accord; le succès médiocre que les opinions de Mélanchton obtinrent cbes les protestans; les événemens politiques qui empêchèrent de faire plutôt une
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tentative qui n'eut lieu que lorsqu'il était trop tard y la séparation ayant déjà vieilli, étant de* venue une habitude; toutes ces circonstances et d'autres encore, donnèrent à la réformation ta direction qu'elle a prise , et que dans l'origine on était bieUv éloigné de prévoir.
Il pourrait bien être vrai , qu'en un sens plus noble f rien ne fut accidentel dans le cours de l'histoire, que tout ce qvie nous appelons accident, lorsque nous l'avons devant les yeux, apparaisse comme l'acte d'une providence mystérieuse quand on le considère sous un point de vue plus .élevé. Nous reconnaîtrons donc volontiers et avec satisfaction, que la réforme a eu aussi plus tard de bienfaisantes conséquences pour le développement de l'esprit humain. Si elle ne les avait pas-eue& et n'eût pas dû les avoir, elle ne serait pas arrivée. Cependant, qu'on ne blâme pas le grand empereur d'avoir employé tant ^d'effbrts ,et dépensé la moitié de sa vie à l'œuvre de la concorde ; car ces conséquences tâordives et bienfaisantes qui nous réconcilient maintenant avec leè troubles passés et la séparation, étaient encore, à cette époque, cachées dans l'obscurité de- l'avenir. Mais ce que chacun put j^évoir et préjugea
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sans 4oate facilement sur la politique deChar^ les et la coimaissanee qu'il possédait du monde^ c'est ce qui est arrivé réellement ; l'Europe déchirée pendant au moins un siècle^ si ce n'est plus, par de sanglantes guerres civiles. En général , l'IiQmme ne doit pas anticiper sur l'avenir, autrement ce serait facile de disculper celpi qui se laisse entraîner par faiblesse à suivre un torrent de corruption, ou celui qui lé,fait pour favprisçr ses projets ambitieux. L'homme ne doit écouter que la voix de l'honneur, de la justice et de l'amour, qui Fappellera constamment à soutenir la lutte contre le^mal. Que par la volonté de Dieu, tin bien puisse un jour résulter de ce mal, c'est ce qu'il faut laisser à Dieu et k l'avenir.
L'événement que Charles prévoyait ^t qui accablait son cœur, fut enfin décidé, la séparation totale était déjà accomplie dans le fond des âmes, avant qu'elle fut légalement annon*. cée au monde par le ccwacile de Trente. Sans doute la décision de cette assemblée, en oppo-^ sition aux nouv^ux prindpes, ne pouvait être autre chose qu'une confirmation de l'antique croyance; sagns doute pour le. perfectionnement de l'Eglise, et l'abolition de divers abus et de
divers vices exîstansi on obtint plus du concile qu'on ne devait s'y attendre dans des circonstances si difficiles; cependant le mal et son vé-^ ritable principe, ne furent pas extirpés et pe pouvaient non plus l'être par un concile. L'har* monie détruite entre la philosophie et la foi chrétienne ne fut pas rétablie. La direction même des instituts scientifiques ; la constitution des universités et des associations ecclé-* siastiques, aux mains desquelles les études su-^ périeures étaient confiées, ne furent améliorées en rien dans leur base et leurs principes. Le germe du mal subsista.
L'abus de la philosophie et de la liberté de penser, qui produisit des disputes si fortes^ eut des conséquences si funestes , cbnduit maintenant à l'extrêftie opposé, à la restriction et à roppres3ion. L'oppression ouverte d une fausse philosophie et d'une liberté de penser abusive, quand le mal n^estpas extirpé, (|uand rien de meilleur n'est mis à la place, amène toujours uîie opposition d'autant plus terrible et plus dangereuse. C'est ce qui arriva, cette opposition se montra par la suite, et sa vaste influence s'est étendue jusqu'aux bouleverse-' mens qi^i ont agité notre époque.
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