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dans les rues les jours ouvriers, et dans les promenades publiques les dimanches et fêtes , si peu (pie le temps soit beau. On ne peut mieux s’en faire une idée qu’en comparant toutes les rues passagère^ de Londres aux deux galeries fie pierre du Palais-Loyal , quand il pleut. On ne porte point de bâton, et on prend toujours la droite -, la même règle a lieu pour les voilures. Le Strand est une grande rue qui commence à kVhitehall , et qui se prolonge jusqu à la cité , à l’entrée de bleet-Street; cette rue , la plus riche de Londres, est encore célèbre par les pickpocket , bu filous qui y abondent. Il est curieux de connaître lemploi du dimanche.
Dans toute l’Angleterre on se lève fort tard.
pareeque l’écriture sainte dit que le septième jour est consacré au repos. A dix heures, on prend du thé avec du lait et du beurre étendu sur des tranches de pain. L’usage est qu’on prenne deux tasses de thé qui vous sont servies par la maîtresse de la maison , si vous êtes en famille; et par vous-même, si vous vivez en garçon. En laissant ce soin aux domestiques , . les maîtres courent grand risque de n’avoir que la seconde infusion. A onze heures, on se rend à l’église jusqu à une heure de l'après-midi ; à deux heures; vous allez promener à Saint-Ja-
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mes-Park, à Kensington, ou dans la campagne du côté de Prime-Rose-Hill pays enchanteur; on boit de très-bon lait et d’excellent vin dans une guinguette qu’on appelle Cluilk- F arm, qui est au nord de Prime-Rose-IIill, au pied de la butte. On tâche d’être de retour à Hicle-Park , pour prendre rang dans la file des voitures, si on est riche ; ou ^>our contempler les promeneurs , si on est à pied. Le bon ton est de faire un acte d’apparition dans Hj flepark, tous les dimanches, entre quatre et cinq heures. En rentrant, on se met à table. Les hommes qui savent qu’on ne peut pas aller au spectacle prolongent la promenade des bouteilles.
Quand les dames sont sorties de table , on sert trois bouteilles : une de Porto , une de Claret et une de Cherry , dans des carafes de cristal , avec.dcs étiquettes en argent. Le maître de la maison a une réserve auprès de lui , et, quand les bouteilles lui arrivent, il a soin de les remplir de nouveau sans discontinuer la conversation. Quelques personnes chargent un domestique de cette besogne', malgré le danger de la contrebande. Ôn peut dire que les Anglais boivent comme des cordcliers , et ils se grisent rarement ; mais c’est le dégoûtant pot de chant-
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bre dont j’ai parlé qui suffirait pour dégriser un Français, eût-il avalé son plein ventre de Madère. Quand la maîtresse du logis croit que la société a bienfait son devoir, lias doue his du! V , elle fait avertir que le thé est servi. On offre aussi du café, mais fort rarement. On fait peu d usage des liqueurs. En dépit de la sévérité des prêtres, on chante, on s’accompagne sur le piano ou sur la harpe, mais sans bruit, et les fenêtres bien closes, pour ne pas scandaliser le public- On parle politique; les plus dévots lisent des chapitres de la Bible ; on fait un petit souper avec des viandes frôides. Enfin entre dix et onze heures on va se coucher avec l’espoir d’un écolier qui a passé un jour de pénitence, et qui se propose de s’en dédommager le lendemain. On n'a pas même eu le plaisir de lire les journaux, dayly papers, qui ne se publient pas les dimanches; il y a bien des journaux, sunday papers , papiers du dimanche; mais ils ne sonique la répétition sommaire des papiers qui ont paru pendant la semaine. Examinons cet article si nécessaire aux jouissances de John Bull.