PREMIÈRE PARTIE
les tendances de Tatti et celles de Michel-Ange, allaient arriver rapidement aux folles extrava-' gances du rococo.
Ces sculpteurs travaillèrent avec le maître à Venise. Ils contribuèrent notamment à orner la Bibliothèque, surtout Vittoria. Mais il est difficile de déterminer leurs œuvree respectives.
Tiziano Minio, de Padoue, en collaboration avec Desiderio, de Florence, sculptèrent le couvercle en bronze des fonts baptismaux à S. -Marc. Segala fit, en 1565, la statue du baptistère. C’est également à Minio qu’on doit les deux statues d'évêques , derrière le maître-autel de saint Antoine, à Padoue.
G. Campagna (1552-1623)
Le plus important des successeurs de Jacopo Tatti Sansovino, est Girolamo Campagna. Elève de DanaseCattaneo, ses compositions ont unegrâce encore naïve qui mérite des éloges. Ce sculpteur, originaire de Vérone, a laissé à Venise des œuvres assez nombreuses : un haut relief du Christ mort avec deux anges à S. Giuliano, groupe plein d’expression, de noblesse et de beauté, bien que la draperie soit un peu maniérée; a S. Giorgio Maggiore, un groupe en bronze du maître-autel —
les quatre Evangélistes à de mi-age n ou il lés portent un globe du monde sur lequel se tient le Christ — qui témoigne d’un sentiment de l’expression vivante, bien qu’en même temps d’une sorte de tendance à motifs de caryatides.
Il faut louer aussi, pour l’excellence de leur pose et leur belle inspiration, les statues en bronze de saint Marc et de saint François regardant le Crucifié (église du Redentore, maître-autel). Le modelé du Christ est habile autant que mesuré.
A citer aussi : saint Pierre et saint Thomas (près du maître-autel de S. Tommaso), et, à l’église de Santa-Maria de’ Miracoli, saint François et sainte Claire.
Les Madones de Campagna copient trop Véronèse. Celle de l’église S. Salvatore (deuxième chapelle de droite) a de la grâce pourtant avec l’enfant assis sur les mains de sa mère. La vierge de S. Giorgio Maggiore est quelconque, sinon mauvaise.
A Vérone, à l’angle de la Casa de’ Mercanti, on trouve une Madone d’une jolie expression.
La statue de saint Sébatien, à Venise (maîtreautel de l’église S. Lorenzo) est une oeuvre sans affectation et où l’expression de souffrance s’obtient sans nul souci de l’effet à produire, mais comme avec foi.