‹ Tableau de ParisChapitre 143 sur 154 · PREMIÈRE TOILETTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE TOILETTE

C'est là que le mystère met en usage tous les cosmétiques qui embellissent la peau, ainsi que les autres préparations q'ji chez les femmes forment une science à part, oserai- je dire ? une encyclopédie.

La seconde toilette n'est qu'un jeu inventé par la coquetterie. Alors, si l'on grimace devant un miroir, c'est avec une glace étudiée. On ne se contemple plus, on s'admire. Si l'on tresse de longs cheveux flottants, ils ont déjà leur pli et reçu leurs parfums. Les boucles sont bientôt formées ; elles naissent sous une main légère, qui semble à peine y toucher. Si l'on plonge un bras d'albâtre dans une eau odoriférante, on ne peut rien ajouter à son poli comme à sa blancheur.

Cette toilette n'est qu'un rôle qui favorise le développement de mille attraits cachés ou non encore aperçus. Un peignoir qui se dérange, une jambe demi-nue qu'on laisse entrevoir, une mule légère qui échappe du pied mignon qu'elle renferme à peine, un déshabillé voluptueux où la taille paraît plus riche et plus élégante, donnent mille instants flatteurs à la vanité des femmes. Tout, jusqu'au babil interrompu et coupé qui imite le désordre et le négligé du moment, prête un jour aux saillies vagabondes de l'imagination.

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