ADDITION
§• io3.
Il est évident que les genres Oursin , Baîane , Bucarde, Arche, Nucule , Modiole, Pinne , Avicule , Pîicatule , Lime , Patelle et Nautile, qui se sont élevés depuis les couches anciennes jusqu’aux plus nouvelles, ainsi que dans nos mers, à l’état vivant, ont dû traverser la craie, et leurs débris devroient s’y rencontrer aujourd’hui comme dans les autres couches , si leur têt soluble n’avoit disparu.
Les genres qui se trouvent dans toutes les couches , même dans celles de la craie, ainsi qu’à l’état vivant , sont au nombre de huit , savoir : Caryophyîlie , Sériatopore , Serpulée , ou Yermilie , Moule , Peigne , Huître, Térébratule et Troque. A l’égard de ce dernier, il a été très-rarement trouvé dans la craie.
C laô )
io5.
Le grès marin se trouvant au sommet de toutes les hauteurs des environs de Paris , on est assuré que les eaux de la mer ont couvert toutes ces hauteurs. Ces eaux ne p envoient être là sans s’étendre à de trèsgrandes distances , tant en France que dans d’autres pays. Leur retraite a dû s’opérer, soit avec lenteur, soit avec rapidité. Si elles se fussent retirées lentement , toutes les parties qui sont sèches aujourd’hui au roi en t été successivement rivages. On verroit partout les traces des escarpe mens et des falaises , comme on en voit sur les bords de la mer ; et partout on trouveroit des cailloux arrondis par les vagues ; mais c’est ce qu’on ne voit pas. Il y a donc lieu de croire que la retraite s’est faite rapidement ; et c’est là l’opinion générale. Dans ce cas , lorsque le niveau des eaux eut atteint celui du fond de la mer , et même , avant de l’avoir atteint , elles ont dû le sillonner en se retirant et en gagnant de différens côtés les lieux plus bas , et former en sens divers les longues vallées au fond desquelles coulent aujourd’hui nos
fleuves et nos rivières , et dont les principales sont couvertes de cailloux roulés.
Le fond de la mer qui a couvert les lieux que nous habitons aujourd’hui , pouvoit être inégal comme celui qu’elle recouvre de nos jours ; mais la correspondance des couches de chaque côté des bassins nous fait croire qu’en général ils ont été formés par le déchirement de ces dernières], et les corps qu’ils contiennent , et qui sont étrangers aux lieux où on les trouve , prouvent bien que des couches des pays plus élevés ont dû être déchirées pour les avoir fournis.