IV.* CLASSE. TERRAINS CLYSMIENS
ou TERRAINS DILUVIENS.
Ces terrains sont les plus superficieb de toutes les roches de Fépoque saturnienne; ils portent aussi Tempreinte évidente d'un délaissement des eaux; mais plutôt par transport violent que par dépôt tranquille.
Leur^ parties sont quelquefois volumineuses; leurs roches sont le plus souvent formées par voie d'agrégation ; elles sont rarement homogènes, même à Tœîl, et leur texture est grossière. Cependant leurs parties sont quelquefois liées par une base ou ciment formé par voie chimique ou de dissolu-
1 C'est-à-dire, d'inondation , parce que la majeure partie de ces terrains est évidemment le produit du transport et du dépôt mécanique des eaux.
Syn. Terrains de transport, d'alIuYÎon , d'atterrissement, diluviens, SE Bonn.» Diluvium, Buckl., Sedow., etc.; Aufgeschwemmtet Gebirge , KErBRST.; Aeltere Alluçial-Bildungen , Boii. M. Keferstein y réunit sont le nom de jûngstes Flots , les terrains lacustres, calcaires, siliceux, meulières, etc., dont le dépôt nous semble dû à une tout autre cause. M. d'Omalius a compris nos terrains cljsmiens et les tkalassiqucs sous le nom de terrains mastozootiques.
TERRAINS CLYSMIENS. 'Sj
tion (les poudingues, brèches osseuses), et quelquefois aussi elles résultent entièrement de ce mode de formation (travertins et calcaires concrétionnés anciens, etc.).
Les roches d'agrégation en masse , ou ayant quelquefois l'apparence de couches j qui composent ces terrains, se distinguent des autres roches d'agrégation qui leur ressemblent et qui se trouvent dans d'autres terrains, en ce qu'elles ne sont jamais placées sous de vraies couches solides, tout au plus \ti trouve- 1- on quelquefois recouvertes par un dépôt foiblfc-^ ment agrégé de sable ou de liinon de la période jovienne, ou par une sorte d'enduit de travertin moderne, ou, enfin, par des laves.
Ces terrains , considérés sous le point de vue géognostîque Àoùs lequel nous les classons, sont très-difficiles à distinguer^ dans leur point de contact, des terrains de la période jovienne, dont l'origine est analogue.
Les terrains cljsmiens, aux signes qui appartiennent à iouà les terrains d'inondation, de transport ou d'alluvion , joignent le caractère particulier de se présenter sous des circonstances qui doivent nécessairement faire admettre de grandes diâlérenc^ sous le rapport des formes , des élévations , des masses et de la puissance de l'eau , entre la surface de la ter^ à répoque où ces terrains ont été déposés, et cette surface à Fépbque actuelle.
Tantôt c'est dans letlr position que se trouvent ces earactères. Les terrains clystniens se présentent, soit à des élévations, soit à des distances où aucun cours d'eau , mu par lès fdt'èes actuelles les plus violentes , ne pourroit arriver.
Tatitôt c'est par le volume et la nature des débris et des^ masses quiiés composent que ces terrains se distinguent dei prëcédetis ; en effet , ces masses sont d'uù tel voludae ^u'àucuxr cours d'eau actuel n'auroit pu les transporter^ et d'une telle nature qu'on ne peut les attribuer aux rbchés dii sol sur lequel elles se trouvent, et qui auroient été dégagées pap un couri
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d'eau des matières désagrégeables qui les environnent ; on est donc forcé d^admettre que ces niasses ont leur origine à de grandes distances du lieu où on les voit, et qu'elles y ont été amenées par une force dont on ne connoît plus , dans la nature actuelle , d'exemples applicables aux lieux et aux objets de Tobservation.
Tantôt , en6n , c'est par la nature des débris organiques qu'ils renferment que ces terrains se distinguent des terrains joviens de même structure. Ainsi, quelle que soit la position de ces terrains , par rapport aux cours d'eau qui peuvent les avoir transportés, s'ils renferment des restes ou débris de corps organisés , soit animaux , soit végétaux , qu^on ne connoisse plus vîvans à la surface du globe ou dont les analogues , s'ils en ont, vivent dans des climats et sous des latithdes très-différentes de celles ob se trouve le terrain qui les enveloppe ; s'ils les renferment en quantité telle qu'on ne puisse attribuer leur présence à des circonstances fortuites , on doit rapporter encore , d'après nos principes , ces terrains à l'époque saturnienne ou antédiluvienne.
Tels sont les terrains limoneux qui , dans le val d'Arno et à une hauteur que l'Arno dans ses crues pourroit encore recouvrir, renferment des ossemens d'éléphans, d'hippopotames, etc. -, tel est celui qui, sur les plateaux des collines subapennines, dans les plaines et sur les plateaux des environs de Paris , à une hauteur que les eaux courantes actuelles n'ont jamais pu atteindre, renferme des ossemens des mémet genres et des portions de palmiers.
Si, au contraire, ces débris organiques, végétaux ou animaux , peuvent provenir d'êtres qui vivent encore à la surface du globe et même dans les parages où se voient. ces débris; mais s'ils sont réunis dans une position telle qu'aucune circonstance géologique ou physique connue dans le monde actuel n'ait pu les placer dans cette position , les terrains qu'ils constituent appartiennent encore aux terrains clysmiens saturniens.
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Tels sont les amas de coquilles marines et même de coquilles fluviatiles ou lacustres, absolument semblables à celles qui vivent dans le pays, qu^on voit en France, à Saint-Michel en Lhermes ; en Suéde , à Uddevalla ; en Toscane , à Colle , etc. , et qui sont placés à une élévation à laquelle ni la mer ni les cours d*eau actuels n'auroient pu les porter.
On sent, d'après les régies que nous avons cru reconnoitre, les conséquences que nous en avons déduites et les principes que nous avons posés, que ces terrains ne doivent renfermer aucun reste, aucun débris de Tespéce humaine ni de ses arts. C'est, en effet, ce que l'observation a généralement constaté. Les anomalies ou exceptions qu'on a cru remarquer , sont trèspeu nombreuses et demandent à être appréciées. On conçoit facilement combien de circonstances peuvent introduire dans un terrain superBciel , meuble et peu épais, des corps qui lui sont étrangers; combien il est difficile d'assigner dans une telle sorte de terrain les limites qui séparent la partie saturnienne de la partie jovienne, etc.; on sent, enfin, que cette séparation des débris organiques antédiluviens et des débris humains, n'est pas uniquement fondée sur les rapports observés dans la position des terrains alluviens et des terrains clysmiens, ni sur ceux des débris organiques qu'ils renferment, mais sur l'ensemble des phénomènes qui paroîssent indiquer que la race humaine n'existoit pas à la surface du globe lors de la dernière révolution qui a dénudé nos continens et leur a donné les formes et les limites qu'on leur connoit depuis les temps historiques les plus reculés.
Nous compléterons ce que nous avons à dire sur ces terrains, en énumérant les groupes de roches et même les roches qu'on peut y distinguer. J^ous allons y retrouver plusieurs des roches qui se sont déjà présentées dans les terrains joviens , et nous sommes obligés de les désigner de la même manière*
JO TBKKf CLYSlf. LIMONEUX.