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^34 TERR. TZéM. ABYSS. DU LIAS.
la France 9 dans TAngleterre, et peut «être encore ailleurs, un groupe de terrain tout- à- fait distinct du précédent par tous ses caractères minéralogiques, et surtout par les générations organiques qui vivoient dans les mers et sur la terre A Tépoque de sa formation ; ces différences m*ont paru ai nombreuses, si importantes et même si tranchées, que fai cru pouvoir placer ici la ligne qui sépare les terrains abjs- •tques des groupes dont Tensemble forme les terrains pélagiques. '
Le lias proprement dit , premier groupe des terrains abjrssîques, s^étend jusqu'aux marnes bigarrées ou Keuper, et n'en est pas nettement séparé.
Son mode de formation est presque entièrement mécanique. •Cependant les lamelles cristallines qu'il fait voir, les minéraux cristallins qu'il renferme, indiquent l'influence de Faction chimique ou de cristallisation.
à donner de% noms adjectifs à tous les terrains, propote /ÛMi^se. — Calcaire à gryphites arquées. — Marnes bleuet inférieures' — ' Idaê ov Mergelkalk^ Boci.
1 J'ai prit cette opinion dès 1617, lors de mon Toyage dans le Jura et la Suisse, et M. Charbaut contribua beaucoup 4 me la donner par les observations qu'il me fit faire aux environs de Salins. Je Tai consignée en i8aa dans la Description géologique des environs de Paris, p. 245. Je l'ai rappelée dans l'introduction à ma classification des roches mélangées, publiée en 1627 ; la différence de manière de voir des géologues anglois et allemands, les objections qu'on m*a faites, et notamment celle d'un géologue aussi savant que M. Hausmann , m'ont engagé À revoir et à peser de nouveau les motifs qui m'j aroient engagé. Ils m'ont paru assez nombreux et surtout assez puissans pour persister dans cette division. On pourra en juger par l'exposé que je présente pour la première fois des caractères gcognostiques des terrains de lias; il faut, pour les apprécier, prendre l'ensemble des caractères des terrains abys» siques et le comparer avec l'ensemble des caractères des terrains pélagiques; or, le lias ne peut pas être séparé des premiers , de l'aven même des géologues, qui: le rénniitent aux terrains pélagiques.
TERA. YZéH« ABTSS. DU IFAS* &3S
La: texture de la roche , soit qu'on Tobserve dans le calcaire et les marnes qui la composent principalement, soit qu'on Tobserve dans les roches arénacéès qui s'y rencontrent, est grossière ou terreuse.
Il est nettement stratifié , et sa stratification en assises généralement peu puissantes est souvent plus droite que contournée; première différence entre lui et le calcaire jurassique. ' Cette stratification est tantôt horizontale et tantôt fortement inclinée, et c^est ici que se présente, dans le lias du Jura, le caractère géologique regardé comme de première râleur pour établir des époques différentes de formation. Les couches de lias sont rarement en stratification concordante avec celle du calcaire jurassique , et, comme le fait observer M. Charbaut ', cette concordance est une exception, tandis que la stratification contrastante est la règle. Cette disposition peut s'observer dans plusieurs parties du Jura , mais notamment et très-facilement à la butte de Pimont, au nord-est de Lons-Ie-Saulnier , oit les marnes de Toolithe infrajurassique sont placées en stratification horizontale sur lés têtes des couches de lias, qui est en stratification inclinée de moins de ^5^
Cette disposition , si elle étoit* isolée, pourroit être attribuée à un accident, mais elle se présente , avec moins dVvidence, il est vrai, dans un grand nombre de points du Jura moyen, ce qui fait dire à M. Charbaut que le lias était formé depuis long-'lemps et déjà renversé lorsque le calcaire ooUthique est venu se déposer sur lui.
Le nivellement présente un autre caractère, d'une valeur presque égale au {Précédent. Le sommet de quelques collines ou buttes de lias est quelquefois plus élevé que les couches du calcaire oolithîque , qui lui sont cependant évidemment supérieures dans l'ordre de la chronologie géognostîque.
On a dit que le lias se présentoit en Europe sur un très-gnind
1 Ann. des mines, tom. i3, 1826, pag. 177 et saiir.
tiZ6- TIER* YzéM« ABYS8. DU LIAA»
nombre de points. 11 n'y est pas toujours recouvert de cal- «uiire oolithîque ; il parof t que celui du département du Gard est absolument dégagé de ce terrain et a été déposé d'une manière tout-à-fait indépendante.
J'ai fait remarquer plus haut que c'est dans les terrains «bjTSsiques que se montrent les premiers gites métalliques de plomb, de zinc sulfuré, etc., et de quelle manière ilss'jr montrent : le lias ne renferme ces métaux que rarement et en petite quantité; mais, enfin, il en contient, tandis que je n'en ai jamais vu , et je ne sache pas qu'aucun géologue en «it encore cité dans le calcaire oolithique, sauf le eas parti*culier et rare où ce terrain est immédiatement placé sur les terrains agalysiens, ou au moins sur les arkoses métallifères qui les continuent (environs d'Alençon). Cette circonstance est importante ; elle indique des phénomènes géognostiques très-dififérens entre les deux ordres de terrain , et fournit va des plus puissans argumens en iaveur de leur séparation pro* noncée.
Il n'y a pas de houille propreihent dite dans le lias, tel que aious le connoissons jusqu'à présent ; ce sont des iignites qui sont accompagnés quelquefois de débris de végétaux t r è ss e m blables aux fougères des houilles ; mais ils sont en lits peu puissans et ne donnent qu'un combustible d'assez mauvaise qualité.
Mais c'est dans le système général des débris organiques animaux que se présentent lencore des différences aussi titnchées qu'importantes ; on les appréciera facilement en conparaiït les listes des débris organiques des oolithes iurasûques du terrain pélagique, avec celles du lias des terrains abys- «iques.
On voit d'abord que les coquilles caractéristiques de ce groupe sont l'ammoni^tfs Bucklandij leplagiostoma giganUumfle giyphœa areuata de Lamarck.
On remarquera ensuite que parmi les reptiles il n'y a plus de crocodiles dans le lias , et que les espèces d'Ichtyosaures et
tBHR. YZéM. ABY8$. DU LIA4* 23*7
de Plésiosaures , seuls genres qu'on y indique , sont différentes de celles des terrains pélagiques.
Parmi dix-huit espèces d'ammonites du terrain pélagique et dix-neuf du lias, il n'j a que cinq espèces communes aun deux terrains.
Parmi les autres coquilles , tant uni valves que bivalves , dont quatre-vingt-cinq espèces déterminées appartiennent aux terrains pélagiques et vingt- huit au lias , il n'y a guère que sept espèces désignées comme étant communes aux deux terrains* Plusieurs genres qui se trouvent dans un terrain , ne se sont pas rencontrés dans l'autre ; ainsi , les Trigonies , les Pinnes j et peut-être bien d'autres genres , que Pétat imparfait de la conchyliologie fossile n*a pas permis de déterminer et qui •ont assez abondans dans les terrains pélagiques j n'ont pas encore été cités dans le lias , tandis que celui-ci renferme des gryphées , des spirifères , des pentamères, des hyppopodiums, qu'on ne trouve plus dans les terrains supérieurs*
On voit donc, ainsi que je l'ai annoncé, que les caractères géognostiques ou de stratification , minéralogiques et zoolo*giques, se réunissent pour établie entre le lias , premier groupe des terrains abyssiques , et les terrains pélagiques des différences essentielles, de première valeur, qui me semblent suffisantes pour placer entre ces terrains une ligne de séparation de la catégorie des ordres beaucoup plus prononcée que celles qui séparent les simples groupes de roches.
Le groupe des terrains abyssiques qui est désigné par le nom de lias, renferme en roches subordonnées un grès , un cal«> caire marneux, qui est le calcaire à gryphites proprement dit, et un ampélite alumineux.
1. Gbès du lias. Il ne paroît pas avoir de position bien déterminée : il est tantôt supérieur au calcaire , et tantôt interposé en bancs entre les couches de marnes, et descend même dan^ le groupe suivant ; il a reçu aussi le nom de grès à carreau
2l38. TB&&* YZàU. ABYSf. DU IXA4*
{QuofUrsa^dêUin) , et a été confondu souvent avec le gréa det glaucomes crayeuses et sableuses, et même avec le grès bigarré; mais sa position , quand on peut Tobserver, et.lea débm de végétaux , quand il s'en présente , peuvent servir k le distia^ guer. Ce grés passe quelquefois au psammite et même aiu( arkoses , . c*est surtout lorsque le lias recouvre presque immédiatement le terrain primordial. 11 renferme quelquefois de petits lits de charbon fossile qui est à Tétat d*anthnicitç (col du Chardonnet) , du minerai de fer bydrosddé compacte (la Voulte).
2. Calcaire marneux. C'est le calcaire k grjrphite arquée {gryphœa arcuata^ Lam.; gryphœa incurva ^ Sow.). C'est dans cette roche que se trouve le plus grand nombre d'espèces de coquilles et d'espèces de minéraux; le tableau les fkit connottre. On remarquera qu'on y cite encore du sulikte de baryte , qu'on y indique le silex comme y étant fort rare» Ces minéraux se trouvent aussi dans le grès.
3. AMPéLtTB ALUMiNEUx. Cette roche se présente dans plusieurs terrains, et surtout dans les terrains inférieurs a celui-ci y mais on ne peut se refuser à la reconnoitre dans les schistes argileux, bitumineux et pyriteux, qui, à Wbitby et dans quelques autres lieux , fournissent de l'alun* On y rapporte aussi l'ampélite alumineux avec gypse d'Amberg, qui renferme en outre de la célestine d'Arau. (Boue.)
a* Gr, TERR. ABYSS. DU KEUPER. '
Ce groupe, établi par M. Charbaut et ensuite parles géologues allemands, sous le nom uoivoque de Keuper, est constamment inférieur au premier ; il s'y lie néanmoins par des
1 Nom tecliniqae des mineurs de l'Allemagne occidentale. — M. d'Omalius d'Halloy propose d'appeler ce terrain kéojtritjue, ->* Marses irisas, CHAaBAOT; Marnes bigarnSes, qu'il ne faut pas confeodre «tec celles du grés.
TEEa. YZl^M. ABYSS. DU KEUPfiB» 339
roches et des pétrifications communes : il renferme plus de roches argileuses et marneuses que d'autres. 11 est surtout remarquable parce que c'est le gîte principal et le plus ordinaire du gypse strié, et du selmarin rupestre. Il paroit que c'est dans ce groupe , lors même qu'il ne renferme pas de selmarin rupestre, que prennent naissance les sources salées, beaucoup plus fréquentes que le selmarin) c'est donc lui qui renferme les marnes salées proprement dites (Salzthon),
Il contient, en roches subordonnées, un grès avec des empreintes végétale, des argiles employées pour la poterie, du calcaire presque compacte en bancs peu épais, du calcaire lumachelle, des marnes bitumineuses, qui renferment des stipites tantôt en lits peu puissans , tantôt en nodules, et, .presque toujours au-dessus du gypse , du selmarin rupestre. Le gypse et le sel sont plus abondans dans ses parties inférieures que dans ses supérieures.
Les grès qu'il renferme, et qui sont ordinairement mêlés d'argile ou même de marnes, qui passent par conséquent à la roche que j'ai définie sous le nom de macigno, présentent, dans divers lieux d'Allemagne , des empreintes et des restes de végétaux'. C'est le second dépôt de Stifite, en allant de haut en bas.
On remarque souvent dans les terrains de lias et de keuper des enfoncemens en forme d'entonnoirs, qui se sont formés dans ces terrains et qui continuent à se former encore. M. Charbaut, quia fait cette observation, les attribue avec beaucoup de vraisemblance à la dissolution au gypse et du selmarin, qui s'opère toujours par le passage des eaux souterraines.
1 Je ne crois pas qu'on puisse rapporter à ce groupe les arkoses métallifères que j'ai décrites ailleurs, ni par conséquent les nids mëtalliquet, etc., qu'elles renferment aux Ecoucliets, en Bourgogne, etc., et que cite M. Boue : je crois les arkoses de ces localités, et celles qui leur ressembl«nt, de beaucoup inférieures au keuper, et quelquefois même- aus deux autres groupes des terrains abjrstiques.
S40 TBE&. YZéM. ABYSS. DU K£UPBX*
Exemples des terrains de lias et de KMUPEBm,
Francb. Tous les environs de Salins, an sud du fort Bdin, & la descente de Moutaine, au sud de Salins, etc.: arec son keuper et son gypse.
Lons-le-Saulnier , au nord-ouest : avec célestine et dëpM de lignite. — - Vie , Gemonval , Corcelle , offrant le second dépôt de stipite mentionné plus haut, -— Environs d*Alai8 , Sauvage, Anduze, etc. : avec lignite et ampélite, gjpse strié, etc* — • Environs de Lyon , Saint - Cyr au Montdor : arec rognons de fer hydroxidé compacte et oligiste métalloïde; et au sud de Chessy. — Environs de Castellane , Auvit : avec gypic et lignites. — A Saint- Amand, département du Cher: avec fi;ry'' jihœa eymhium?'^ Dans le département de TYonne , au nordouest d'Avallon : avec taches de galène , barytine, etc.; et k Test d^Avallon. (De Bonnard.) — En Normandie, LoDgean, Blaye, à Touest de Bayeux: avec trichites, lignites. —Dan» les Ardennes, à Flize , entre Metz et Sedan ; à Warcq , prés de Mézière. — Dans la Moselle, à Vigy près Metz: avec nodules de fer hydroxidé compacte, renfermant de la célestine ; dans les environs de Montmédy, etc.
En Suisse. A Asuel , dans le bassin de la Lâche ; dtttkê les ienvirons d*Arau. — A Neuewelt , prés de Bâle : avec les marnes irisées, schisteuses, solides, remplies d'empreintes végétales, énumérées au tableau des corps organisés fossiles, et qui placent ce dépôt charbonneux parmi les stipites.
En Angleterre. A Whitby , dans TYorkshire; dans la partie inférieure de cette côte : avec les pyrites, la barytine , le jsjret, Fampélite alumineux; Charmouth et Lyme- régis en Dorsetshire; Westbury-Cliff en Glocestershire , etc.
11 est possible que le charbon minéral de l'ile de Borohobn, qui me parolt être un stipite , celui d'HOganes , et les végétaux fossiles de Htfr en Scanie, appartiennent aux terrains de lias plutôt encore qu*aù groupe infrajurassique ;. mais spé-
. TE&&» YZ^M. ABrSS. DU KEUPE&. 241
cialement à la partie sableuse de ce groupe, à celle qui est désignée dans le tableau sous le nom de grés du lias, et dans laquelle on reconnoît, comme à Bornholm , des végétaux, quelques coquilles et du fer hydroxidé.
On peut donner pour exemple du keuper ou marnes irisées du lias, renfermant le gypse et le selmarin, presque tous les gîtes connus de Test de la France , dans les départemens de la Meuse, du Jura, etc., et en Allemagne les dépôts de ce sel en Tyrol , Sal^bourg, etc., et même ceux du royaume de Wurtemberg et du pays de Bade , quoiqu'ils soient plus particulièrement situés dans le calcaire conchylien , terrain immédiatement inférieur au lias.
Mais un exemple des plus remarquables des terrains de lias, est celui que nous donnent les couches non primitives dans Tacception vulgaire de ce mot, qui sont comprises entre le Mont-Blanc , le mont Rose , le mont Viso et le mont Pelvoux dans roisans, notamment au Petit- cœur dans le vallon de Naves prés Moutier, et au col du Chardonnet, au nord de Briançon ; couches qui se lientavec celles du même terrain déjà reconnues à Digne, Castellane, Sisteron, etc., en Provence.
Le terrain de lias dans les Hautes -Alpes avoit déjà été indiqué par MM. Buckland et Keferstein, et reconnu par M. Bakewell. Mais M. Élie de Beaumont ' en a déterminé la présence certaine et la position au moyen des caractères zoologiques des bélemnites, des ammonites, etc.; il a fait connoître exactement son étendue, ses singuliers rapports, sa stratification concordante , et enfin Talternance de ces roches , dans les lieux qu'on vient de citer, avec des lits de schistes argileux, de calschistes, de grés P , etc., qui renferment des débris de végétaux des mêmes espèces que celles qui forment dans leut entier les dépôts houillers.
1 Ann. des se. nat., t. 14, 1828, Juin, ettom. i5, 1828, Décembre , pag. 353.
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