‹ Tableau des terrains qui composent l'écorce du globeChapitre 73 sur 126 · Gr. TERR. HÉMIL. QUARZEUX · texte numérisé non relu

Gr. TERR. HÉMIL. QUARZEUX

Il en est de ce groupe des terrains hémilysiens comme des précédens: sans avoir de position bien déterminée , il se trouve

cependant plus ordinairement dans la place que nous lui donnons que dans toute autre.

C'est un terrain peu varié, qui semble , au premier aspect, résulter entièrement d'une formation par voie mécanique; mais quand on examine les grès et les quarzites qui en sont une des parties principales , on y reconnoît , surtout dans cea derniers , une densité et une texture subcristalline qui n'appartiennent pas en général aux roches de même nature , formées par voie d'agrégation ; enfin, on remarque que ces grès , souvent homogènes, sont tapissés, tant sur leurs fissures que sur les parois de leurs cavités drusiques, de cristaux de quarz hyalin.

1 J'avois déjà émis ce doute avant de connoitre les observations et l'opinion de M. Elie de Beaumont (Ann. des se. nat, tom. i5, p. 354), qui reportent à une époque beaucoup plus récente ces célèbres poudingues, et probablement à celle des poudingues du terrain pœcilien, 4* groupe des terrains abjssiques.

2 C'esfc-à-dire abondant en rocbes siliceuses.

Jiingere Grauwackê ou rothêr UebergangS'Sandsttin* (A. hovi. )

3oâ TE&ll. BÀMIL. QÛA'&ZEUaCS.

Ces roches quaneuses ne sont pas toujours homogènes ; c'est cependant leiir manière d'être la plus habituelle, et c'est une des premières différences qu'on remarque, entre ce terrain et le groupe des arkoses du terrain précédent* Lorsqu'elles renferment des minéraux étrangers, ce sont ordinairement des marnes et argiles rougeàtres, quelques hytlomictes, qui y sont ou en nids ou en lits subordonnés; da mica, du felspath, qui s^j montrent disséminés en petites pa^ ties et comme composant la roche elle-même*

C'est aussi et surtout par les débris organiques qu'elles enveloppent quelquefois , que ces roches quarseuses se distinguent encore de celles des terrains supérieurs ; car ce sost toujours des espèces des genres qui appartiennent aux ter- , rains hémilysiens : tels que Irilobites , productus , etc. ( dans les grès et quarzites de May, près Caen; de Cayuga, dans l'Amérique septentrionale, etc.).

Quoique les roches de ce groupe soient souvent en cooches subordonnées dans les terrains hémilysiens , néanmoins elles se montrent aussi quelquefois d'une manière presque indépendante; elles forment alors des collines peu élevées, quelquefois même de simples plateaux à structure nettement stratifiée, dont les couches droites, mais plus ou moins inclinées, produisent parleur relèvement des montagnes a pentes roides d'un côté , et à escarpemens abruptes ou en. forme d'escalier de Tautre côté (la montagne du Roure, prés Cherbourg , etc. ).

Ce groupe ne renferme presque point d'autres minéraux étrangers que ceux que je viens de nommer. Je n'y connois ni fîleos , ni amas de minerais métalliques , ni même aucun minerai en druses ou en grains disséminés ' ; mais il

1 Je ne sais si on ne trouvera pas dans la suite de nombreuses exceptions à cette gëuéralité, qui n'est bonne que pour le moment «ctoel et pour l'Europe; car, si le grès flexible du Brésil appartient à ce groupe, il apportera une première exception à cette règle.

^BlLa. BÉMIL. QUAaZBUX. 3oS

est fréquemment accompagné de porphyres et d'autres roches entritiques , qui tantôt le recouvrent de la manière la; plus distincte (Sundewold , au nord d& Christiania), et tantôt le traversent en amas droits ou même en filons.

M. Boue fait remarquer qu^il est d'autant plus étendu et puissant, que ces roches sont plus abondantes (TEcosse, la Norwége , etc. ) , et qu'il est au contraire trés-restreint dans les contrées où les roches entritiques ne se montrent , pour ainsi dire, qu'en petites masses, comme dans les Pyrénées.

Cette règle paroit s'appliquer plus constamment et plus exactement au grès pourpré qu'au quarzite. Les exemples qu'on va donner semblent du moins l'indiquer.

Exemples du groupe çuarzeux.

France. A May, près Caen : quarzite rougeàtre et rosâtre; poudingue, avec trilobites, térébratules , peclerif conularia et fer sablonneux , et dans un calcaire charbonneux qui Taccompagne , à Feugueroles , corps articulé, que Linné et Wahlenberg ont nommé graptolithe '. —Aux pieds de la montagne du Roure , près Cherbourg : quarzite assez pur. — Près Falaise» — Dans un grand nombre d'autres lieux de la Normandie , des départemens de Maine-et-Loire , d'Ille-et-Vilaine , etc. Je crois pouvoir rapporter à ce groupe le poudingue jaspique , nommé caillou de Rennes,

Cierp et pente sud des Pyrénées. (Boue, d'après Charpentier. }

Pays-Bas et Belgique. Ciney, près Namur; Abentheuer, Asbach , dans le Hundsruck , etc. Grès à entroques et à strophomènes, comme ceux du Harz, etc. Chamoy, près Givet: des quarzites rougeàtres.

I C'est ^ M. Deslongchamp , de Caen, que je dois la connoissance de ce fait.

So4 TE&a* HéMlL« QOABSBÛX.

IsLBS BaiTANNiQUEs. Grés pourpré 9 poudingues psammi tiques, avec nidt<d'argile ocreuse rouge, fine.

£a Ecosse • fie d'Arran.

Allemagne* Blngen , etc. , près Mayence. C'eat bien un quarzite de ce groupe et non un grès rouge,du terrain abyssique. Ses fissures sont souvent tapissées de quarz hyalin.— > Dans les environs d*Ascha£fenbourg. — Partie moyenne de la Bohème. — Dans le Harz , entre le Brocken et Ilsenbuig, pour le quarzite sans coquilles, et au Ramelsberg, à Schalk, à Elbingerode, etc., pour le grès à encrines, spirifères, nautiles P etc.

Scandinavie. En Suède, près de Féglise d*Andrarum en Scanie : grès blanc et quarzite inférieurs aux ampélites. -* Au pied du Kinnekulle en Westrogothie : c'est un grès dans la stricte acception de ce nom.

Sundewold, au nord de Christiania. Terrain de grès pourpré, composé de macignobrun et rouge, de brèche à base de macigno solide et à fragmens de schiste, de psammite pourpré, de poudingue psammitique, de poudingue siliceux, alternant avec des lits de marne argileuse rougeàtre , inférienrt au trappîte et au porphyre brun-rouge.— Holmstrand , vers sa base. — Les environs de Swangstrand , dans le golfe de Christiania , présentent k peu près la même association de roches quarzeuse et psammitique dans la même disposition.

Amérique septenteionalb. Etats-Unis. On peut rapporter k ce groupe le grès ferrugineux des environs d'Utîca, vallée de la Mohawk , et celui de la partie occidentale des Alléghanis et des monts Catskill; le quarzite brunâtre de Belfast, dans le district du Maine; le grès blanc du pays de Cayuga, dans l'État de New-York, tous pétris d'encrines, despirifércs, de productus, de trilobites, et tellement semblables aux roches européennes des mêmes terrains, qu^il faut souvent le secours de l'étiquette de localité pour les distinguer.

TBRlL.^HéMlL. TAAUMATSnX. 8of

4' Gr. TERRAINS HÉMILYSIENS SCHISTEUX *

OU TRÀUMÀTÉUX.

C'est le groupe fondamental du terrain hémiljsieii^ celui; qui distingue le plus clairement ce terrain des tewains supét rieuts ou de sédiment; mais qui ne le disifngiie pas. aussi bien des terrains de cristallisation qu'on nomme vulgairement primilifê.

Il renferme plusieurs des roches des autres grpupes, no^ tamment des anagénites, des grés , des quarzites et^d^s phyl^ lades^ mais peu de calcaire et peu de stéaschiste*

Le mode de formation par dissolution et cristalli^tio]l commence à dominer dans c« groupe , tant dans les roches qui le composent^ lors même qu'elles sont formées de parties fragmentaires agrégées, que dans les minéraux et métaux qui y sont disséminés en parties cristallines ^ qui le traversent eii veines j qui tapissent les parois des fissures ou qui y sont réu^ nis en amas«

Néanmoins il est constamment' et souvent très «, nettement stratifié; mais sa straiification est presque toujours fortement inclinée ou même ondulée et contournée^ 11 constitue à lui seul des terrains très^tendus , des collines et des montagnes trés-élevées. On porte à plus de 2000 mètres son maxipiunif d'élévation.

C'est un des terrains les plus Hches en minéraux^ et sur* tout en gites métallifères. Ils y sont tantôt en veines , tantôt en filons^ quelquefois en. amas couchés et même en lits^ près»

ffi à-

t Où les roëhe^ «chlstéusés et argîleuies s«int doittinailtes. On pdurroîl abtsi lé nommer groupe ifautndieUx^ |tar<!e ((u'il l'ënfèrnié lé terrain àê tnuniate^ dénomination scientifique et très-convenable, par laquelle M. d'Aubuisson remplacé le fiom dé Grduwdckê des éilTrierii mineurs allemands.

JEUerê Grauwacken'Formathn (A. Boyi)é

3o6 TEER. HÉMIL. TR A tJ M ATS ITX*

que jamais disséminés dans Tintérieur même de la roche. Cependant ces minéraux ne se présentent pas indistinctement dans toutes les roches de ce groupe; c'est prinpipalement dans lesphyllades, les psammites schistoïdes, les calcaires et le» dolomies compactes, qu'ils sont le plus abondans. Parmi les minéraux pierreux, ce sont en général des calcaires apathiques et de Farragonite, des fluqrites plus rares que dans le calcaire, de la barytine; et parmi les minerais, du fer carbonate apathique, du fer oligiste très-abondamment, de la blende, •de la galène argentifère. Cest un des principaux gîtes de cette dernière substance, qui y est souvent accompagnée de quelques minerais d*argent proprement dits, de pyrites de fer et de cuivre , de cuivre carbomité , etc.

Les corps organisés fossiles y sont beaucoup moins nombreux que dans le groupe calcaire, mais ils appartiennent tous aux genres qui caractérisent les terrains hémilysiens* Ce sont, parmi les trilobites, des ogygies, des calymènes de Tristan, des paradoxites et des agnostes; parmi les mollusques, quelques orthocératites fort rares et d'une détermination trèsincertaine, des graptolithes, quelques térébratules , des pieu* robranches ou posidonia (Bronn), etc.

Enfin , parmi les végétaux on ne trouve pas de genre qvi n'appartienne également au terrain houiller et peu d*espèees qui ne s*y rencontrent. Cette circonstance établit d'une ma> nière assez remarquable la liaison de ces terrains entre eux.

Le tableau fait connoitre les nombreuses roches qui entrent dans la composition de ce groupe, soit comme roches principales, soit comme couches subordonnées. Les exemples que je vais prendre dans quelques contrées feront connoftre ce qu'il y a de plus particulier à savoir sur chacune de cet roches.

On n'y verra pas cité le phyllade pailleté de Claris , parce qu'il est maintenant très-incertain que ce terrain appartienne à la classe des hémilysiens. C'est M. Keferstein qui a avancé

TERR. HÉMIL. TRAUMAJEUX* Zoj

cette opinion, et je suis d'autant plus 4îsposé à Tadmettre^ que si j'eusse été plus hardi , plus conséquent aux règles des caractères zoologîques en géologie, j'aurois eu plus d'égard à la présence des poissons et des tortues dans ce phyllade, et i l'absence de tout trilobite, orthocératite , etc., qu'à sa nature d'ardoise et à sa strati6catîon inclinée, qui me paroissoit concordante avec celles des stéaschistes et du calschiste de la vallée de Sernft.

Exemples du groupe TRAVMATEtrXé

France. Ils sont bien plus nombreux que les autres, parctf qu'ils constituent en général la masse des terrains hémilysiens* Les schistes ardoises des environs d'Angers sont à ce terrain | par leurs trilobites ( ogygia GueUardi)^ ce que les environs de Dudley sont aux calcaires. A ce caractère si tranché se joignent toutes les autres particularités des terrains hémilysîens schisteux , le quarzite brun verdàtre , à Beaucouzé , les phyllades divers , traversés de filons de phtanite rougeàtre , de quarz rempli de fer oligiste, etc., recouverts ou accompagnés de quarzite grenu , etc. •*— Dans les environs de Rennes , k Bain et à la Hunaudière; c'est un.phyllade micacé, passant au stéaschiste , renfermant le calymène de Tristan et une coquille discoïde qui a beaucoup de ressemblance avec les nautiles et avec celle qui accompagne, en Irlande, près de Saint^Doolas^ les spirifères et les évomphales , en Norwége , les trilobites^ etc. Un terrain schisteux k peu près semblable , renfermant presque les mêmes débris organiques, se présente dans d'autres parties de la Bretagne , tels qu'à l'île J&onde et au Faon , près Brest , à Foulaouen et dans les mines de plomb de Huelgoët , département du Finistère , etc. — ~ Le àol de Foligné, qui , à peu de distance de Rennes; fournit différentes variétés de tripoli , paroit appartenir à un terrain phlogosique , formé dans le groupe schisteux hémilysien. — A Vatterille , près Cherbourg : ampélite graphique ,

30& TBRR* né M IL. tRAUMATEUX*

avec empreintes de pleurobranche P ( Fo$iàonia Beeheri 9 Àronn). — A Houville-Jes-Mines, dans le Cotentin, où Ici calymènes de Tristan se trouvent avec des coquilles bivalves indéterminées. Au pied du château de Falaise, etc. — * Plusieurs parties des Pyrénées françoises appartiennent à ce groupe; mais il faut avoir un grand soin de ne pas le$ confondre avec les terrains plutoniques, qui peuvent les accompagner souvent et presque s^ mêler, et avec les terrains ixémiens pélagiques, qui paroissent les recouvrir immédiatement dans quelques points.

Je crois qu'il existe de puissantes masses de montagnes, appartenant au terrain hémilysien schisteux , dans les lieux suivans : Vers le col du Tourmalet et les bases du Pic-du-Midl': calcaire compacte noir, carbonifère, avec grenats-mélanites, alternant avec des lits de quarzite ; calcaire saccaroïde -gàr tâtre; point de débris organiques. — Barèges : schiste carburé, schiste argileux, avec lits de phtanite. — Montperdu , Gavarnie , Marborér Ces montagnes et ces lieux n'appartien» nent pas entièrement au groupe schisteux , ni même au terrain hémilysien. La considération combinée des roches et des débris organiques qu'elles renferment , indique des terrains différens, dans lesquels celles dont il est ici question ne jouent qu'un r61e très -secondaire. Je trouve dans ces montagnes (et ye me borne ici aux tours de Marboré),

depuis leur sommet jusqu'à leur base , les plus grandes ressemblances avec la montagne des Fis en Savoie. Ainsi des schistes carbures, avec des lits de phtanite et du phyllade pailleté très-6ssile (au port de Gavarnie) formeroient la base de ces montagnes et seroient peut-être les seules roches qui, dans ce groupe, appartinssent aux terrains hémilysiens ; ensuite, et dans les mêmes lieux, sont du phyllade pailleté, du psammite schistoïde très- micacé , renfermant des empreintes de feuilles et même des tiges, qui, malgré leur état d'altération , ofirent aux yeux dés naturalistes qui ont eu

TERS. BÉAf IL. TRAUMATEUX* So^

souvent occasion d'étudier ces empreintes en meilleur état ^ tous les caractères du terrain houiller filicifère. '

Au Montperdu et aux tours de Marboré, qui en sont une dépendance, se présentent un calcaire noir, carbure-sableux^ micacé , une sorte de macîgno solide, dans lequel on a re* connu des débris de mollusques et de zoophytes , des caryo» phyllies, des ananchites? des nummulites, des fragmens de cardium P qui me semblent devoir le faire rapporter aux terrains crétacés.

Les vallées de Louron, de Larbouste , de Peyresourdet qui renferment des calschistes veinés, des schistes carbures, des calcaires compactes , avec lits de phtanite, qui les font paroitre comme, rubanés de noir et de verdâtre, et des cal« caires presque compactes, avec des lits de grenats brun-rougeâtres , offrent un autre exemple bien caractérisé des grou« pes schisteux des terrains hémilysiens, puisqu'on y trouve réunies d*une manière si frappante des roches compactes et des roches de cristallisation.

Les Pays-Bas et la Belgique, où domine souvent le groupe calcareux , renferment aussi 'des terrains schisteux hémily-

1 M. Boue rapporte cette partie du terrain de Gavaruie à la fonuation de transition calc^iire à encrinites, et c'est bien la même roche que celle que je viens d'indiquer, qu'il a en vue. Sa désignation (Mergeliger Glimmer-Sandsteinmit Pflansen-jébdrûckenj Gararnie) ne peut me laisser craindre que nous ayons parlé de deux roches différentes. Ce que )'ai vu et ramasse sur les lieux, ce que j'ai sous les yeux, m'engagent à •oumettre mes doutes à M. Boue et aux géologues sur le rapprochement qtt« je propose au lieu du sien. Il paroît que M. de Charpentier a soupçonné .également ici la présence du terrain houiller (ce qui ne veut pas dire celle de la houille; car on trouve dans la table, à l'article Marboré, 'Bvuille du Marboré^ voyez Houille de Gaçarnie ; mais à Tarticle Gavamie, p. 3^3 , où il est qjiestion d'empreintes végétales, M. de Charpentier ne fait plus Jincnne mention de la houille, et rapporte à la forinatioa de transition, le ptammite {GrauwéÊ€kê) qui U renferme.

5lO TBEa« BéMIL. TRAUMATEUZ*

siens. On y rapporte Fampëlite alumineux à strophomine de Huy, le phyllade feuilleté rougeàtre, renfermant des productus et de^ encrines de Charnoy près Givet ; le psammite scbistoïde alternant, prés Nivelle, avec le calcaire noirâtre sublamellaire.

Allemagne. Les environs de Ratingen, au nord-est et non loin de Dusseldorf , sont fort remarquables par la réunion de toutes les circonstances caractéristiques du terrain hémilysien. Un schiste ou phyllade argilo- ferrugineux rempli de ipirifer et de ces caryophyllies, que M. Sowerby a décrits tous le nom é^amplexu$ coralloidesj et renfermant des calyménes , un calcaire blanc , friable , et un calcaire sublamellaire grisâtre, pétri de productus scabriusculus , seoticuSf etc., et d'évomphales. Les couches sont presque verticales, mais les caryophyllîes qui les trav^sent perpendiculairement à leur stratification, prouvent qu'elles ont été déposées horitontalement et ensuite renversées. Ce calcaire est accompagné et peut -être recouvert par une dolomie cellulaire et même caverneuse , dont les cavités sont tapissées de dolomie rhomboïdale , d'arragonite aciculaire. '

Le Harz nous offre des exemples encore plus élémentaires de la position de ce groupe et des roches qui le composent; tels sont les schistes argileux et ardoises , les phyllades diven et les alternances de psammite et de phyllade de Goslar, de Ciausthal et de ses environs ; les psammites schistoïdes rougeàtres et grisâtres du Galgenberg prés Ciausthal; les schistes argilo-ferrugineux , renfermant des producius , de Witsembach prés Dillenbourg; les phyllades pailletés avec calyméne de Tristan, de Riesenbecke ; ceux qui contiennent des pleurobrancheâ ( posidonia Becheri , H. Bbonn ) , des environs de

I On coiiDoit à peu de dîstance'de ce liea (à Werden, «ur la Kulir) un ampélite «lumineux qui appartient peut-être k la formatioa imnié» diatement supérieure à ce terrain.

TEAl^« HiMIL. TRAUMATEUX« 'Sll

Clausthal et de Dillenbourg; le calschiste alternant avec les phyllades et renfermant des lits de jaspe gris verdàtre e| rougeàtre et de phtanite {Kieselschiefer); Tampëlite alumineux en lits dans ce même phyllade et le psammite des environs de Zellerfeld, de Laubenthal, de Lehrbach, des environs d'Andreasberg, etc.

Ces psammites schistoïdes enveloppent quelquefois des dé-' bris de tiges végétales qui ont la plus grande ressemblance avec celles du terrain houiller. On sait qu'ils sont travers ses par des filons de calcaire apathique métallifère , renfermant principalement des sulfures de plomb argentifère, de fer^ de cuivre , etc.

Scandinavie. Le terrain traumateux est généralement composé d^ampélite alumineux , avec des lits ou des nodules de calcaire charbonneux , et renferme plusieurs trilobites des genres Agnoste et Paradoxite , cités dans cette contrée.

A Andrarum en Scanie ; à Honsaker , au pied du Kinnekuli&; dans les environs de Falkttping; au Hunneberg, prés Vénersborg; dans File de Bornholm.

En Norwége, ce groupe est plus rare, et je ne puis citer, avec M. de Buch , que la base de TEkeberg^ à Test de Christiania.

S* Gr. TERR. HÉMIL. TALQUEUX. '

Ce groupe est aussi difiBcile à limiter , surtout dans ses rapports avec les terrains agalysiens, que le groupe calcareux , qui est au commencement des terrain^ hémilysiens, a été difiicile à distinguer du calcaire carbonifère du terrain abyssique.

Use lie même avec les formations massives ou plutoniques, car sa stratification est souvent obscure et par conséquent in« certaine, et sa nature talqueuse rapproche plusieurs de ses

1 Cett-k-dire abondant en roches talqueuses et magnésiennes. Talh, Quarz'und T%09isehief€r--Forma1ion(A, BouÉ). ^Talkige Formaiion (KxriafT). *

9là TEER. HÉ'MIL. TALQUEDX.

roches des ophiolites, qui appartiennent sans aucun ddvfo aux fonnations hors de série.

On Juge d'après ceci que le mode de formation de ce groupe est beaucoup plus chimique que mécanique, et qu'il ne présente plus dUndice de ce dernier mode que dant « texture quelquefois compacte et dans quelques parties frig* nentaires que ses roches enveloppent.

D'ailleurs il possède en général cette sorte de stratification à feuillets minces, onduleux, contournés même, qui indique "une action simultanée de la cristallisation conAise et de la stratification sédimenteuse. Ce n'est donc pas, comme dans le groupe précédent, par des veines et lamelles cristallines, ânH i une sorte d'infiltration d'une matière dissoute , qu'il rappelle l'action chimique, mais bien par l'ensemble de sa tex« fture , qui montre une dissolution presque complète de toutes les parties.

Ce groupe constitue rarement le sol des plaines -ou des plateaux; il s'élève presque toujours en collines ou montagnes tantôt à sommets pointus et arêtes aiguës, tantôt à cronpes assez arrondies , mais dont les flancs sont presque toufours déchirés par de profonds sillons, qu'on ne peut appeler des ravins, car ils ne doivent ni leur existence ni leur forme aux cours d*cau. Ces montagnes atteignent une hauteur dont on évalue le maximum à plus de 3ooo mètres.

.C'est un terrain des plus répandus à la surface du globe , un de ceux qui couvrent les plus grandes étendues de'Cette surface*

11 ne renferme , tel que je le suppose composé, aucune pétrification , et il n'y auroît'par conséquent aucun motif *pour le placer parmi les terrains hémilysiens au-dessus des agalysiens hypozoïques , s*il n'alternoit quelquefois avec àw roches schisteuses du groupe précédent, qui en contiennent, ou s'il ne montrait par l'inclinaison de sa stratification qu'il est supérieur k plusieurs des roches de ce groupe j ce qui

T-BKR. BéMIL. TALQUEltiC/ Il7

sera prouvé par lés exemples qu'on donnera , et qiii rappelleront des lieux et des roches déjà nommés au groupe pré* cèdent. •

; * Les minéraux pierreux et métalliques sont encore plus abondons dans ce groupe que dans le schisteux. Mais leS miserais y sont très-rarement en veines ou en filons ; ils y ont une tout autre disposition et se présentent ordinairement ou en • veines comme anastomosées, en plexus, ou en masses droites et comme traversantes^, sorte de gite que les mineurs allé-* mands désignent par l'expression de Stochi^erk ou de sbehende Stock, Enfin, ils sont aussi , et même assez souvent, en amas ^oujdiés entre les feuillets de ïa stratification , et ils y for<^ ment comme de jgréndes masses lenticulaires alorigées. C'est ce que les mineurs allemands nomment Uegende Stotk, exprès^ sion que nous 'rendons «par celle d'unuis'coi/cfc^s.

Les principaux minéraux et miiiérais qui se présentent ainsi dans ce groupe , sont t

Le quarz grenu et la chlorité^schistoïde, dans le stéaschiste noduieux. — Lé calcaire spathiqtie et la dolomie spathique ' et grenue, avec idocrase, ete.-^ La karsténiteP «^^ Le gra« phite. — L'anihracitè , dans le calschiste veiné. — Le fer olîgiste, le fer oxidulé magnétique, tantôt en lits ou en amas, et tantôt en cristaux disséminés. -*«• La galène argentifère et • les minerais d'argent quil'aocompagnent, et quelquefois avée de l'or natif. (Zillerthal en Tyrol.) — La ])lende. -^ Le cuivre pyriteuxv — Le fer pyriteux aurifère.

Exemples du groupe taiqueujç.

.France. Cherbourg* Stéachiste noduieux et schiste luisant pétris ensemble. ^

Je crois pouvoir^apporter à ce groupe ^ comme exemple des phyllade et schiste satinés macliféres qui en font partie, jeii roches de cette espèce qu'on trouve si abondamment dans Jes Ha|ites-Pyrénées/aiix environs 4» Pic>du-Midi^ et nçtàui^

3l4 TBRR. BéMIL. TALQUBUX».

ment au col du Tourmalet, vers Gripp; au Comelie ; dantU vallée de TArboust, près de Bagnères-de-Luchon, etc.; celles qu*on trouve à Saint-Michel en Grève , dans les C6tes-di I^ordy et près de Fougère, dans le département dUUe-et-Vilaioe. Les premières ont une position déterminée qui les place évidemment dans le terrain hémilysien : je n*y rapporte les autres que par analogie.

JsLBs BaiTANNiQOBs. Lcs colUncs de Malven « dans le Gloeei» tershire , offrent le sté<'\schiste associé à des roche» granitoïdes« Les environs de Keswîg en Cumberland font voir des schistes et des phyllades maclifères , comme à Baireuth et aux fyré' nées. Ce sont ces roches qui renferment le graphite , e{ ce minéral semble même quelquefois en faire partie. Oa y re* connoit en outre de nombreuses variétés de stéaschiste.

Italie. La côte de Gênes , dans les environs d'Oneillei d'Albenga, de Finale et de Noli, tous lieux o& le terrain, évidemment stratifié et appartenant encore à la division des terrains en série , offre la réuftion presque complète de tous les groupes des terrains hémilysiens. On y voit^ à Onèille, etc. , des calcaires compactes , fins* et sublamellaires ^ accom? pagnes et peut^âtre altemans avec des schistes mameiix a empreintes de fueoïdes ; à Albenga , des roches élastiques appartenant aux anagénites à petites parties, des quarntes, des macigno , des schistes marneux et satinés, à stratification ondulée et comme plissée , etc.

Allemagne. Il y a dans cette partie de FEurope , comme dans celle que je viens de citer, de nombreux terrains ophiolithiques et talqueux. La difficulté n*est donc pas de trouver des exemples de ces terrains , mais de distinguer ceux qui appartiennent aux terrains hémilysiens de ceux qui ont été formés tout autrement ou à une autre époque.

Or y je ne vois d* exemple authentique du groupe talquevx au milieu des terrains hémilysiens que U| roche que j'^ai nosméep»éphUe?verdâtre, et que les géolo^es allemands appellesl

TERA. H^MIL. TALQUEUX* 3l5

Blâtterstein (le Koriem des ouvriers); elle alterne avec les spilîtes entre le groupe schisteux et le groupe calcareux , prés d*£lbingerode au Harz, et , comme passage de ce groupe au calcaire, le calschiste amygdalin verdàtre, rougeàtre et mêlé de ces deux couleurs, de Festenburg au Harz , de Wildenfels en Saxe, etc.

Les phyllades satinés maclifères , semblables à ceux des Pyrénées et appartenant probablement , comme eux , aux terrains hémilysiens les plus anciens, se rencontrent aussi en Saxe, pré^de Schnéeberg.

Alpes. Un des exemples les plus caractérisés de ce groupe, un des mieux connus par les travaux de M; Brochant de Villiers , est celui que présentent les Alpes de Savoie , et surtout de Tarentaise, On y rencontre toutes les roches talqueuses et stéaschisteuses , évidemment stratifiées , appartenant par conséquent à cette série, et ayant, par cela et par leur texture cristalline , tout-à-fait Tapparenc.e de ce qu'on regarde comme roches primitives ; mais elles alternent avec des calcaires marbres qui renferment des débris organiques, et cette circonstance seule les distingue des terrains agalysiens proprement dits. *

1 L'ëtade suivie que M. Elie de Beaumont vient ^ faire de plusieurs parties des Alpes du Dauphiué et de la Provence, les faits curieux qu'elle lui a fait coimoitre, et les résultats singuliers auxquels ces recherches Tont mené, conduiroient à faire regarder les terrains de la Tarentaise et une grande partie dies Alpes comme formés à une période géognosfique beaucoup plus récente que celle dans laquelle on place les terrains vulgairement nommés de transition, et à les faire remonter jusqu'à l'époque du lias, Nous avons exposé plus haut quelques-unes des observations sur lesquelles cette opinion est fondée; mais son admission ne change rien à notre manière de dénommer les terrains, et c'est là Tavantage de nos principes de nomenclature. Ce seront toujours des terrains, formés en grande partie par voie de dissolution , hémil/siens , et composés principalement de roches à hase de talc, constituant p«r

9l6 TBRR« BéMIL. TALQUEUX.

On ne mentionne pas les autres terrains talquenx des Al* pesy des Pyrénées, ni même les ophiolites de Rochetta, au nord de la Spezzia et de différentes parties des Apennins , qui par leur position appartiennent non-seulement à Tépoque du terrain hémilysien , mais qui lui sont probablement postérieurs; parce que, parleur manière d^étre, ces rochei doivent être rangées ou parmi les terrains agalysiens, ou parmi les terrains massifs.

Le groupe talqueux paroftétre ou plus rare ou moins connu en Amérique , où il est probablement confondu avec la terrains plutoniques et avec les terrains agalysiens. C'est pour éviter les doubles emplois et les erreurs qui peuvent résulter de cette incertitude de détermination, que je n'ai pas vonla multiplier les exemples, en donnant ceux, dont la position né pouvoit être établie que par un développement de preuves trop étendu pour trouver place ici* *

«onsëquent le groupe talqueux. Il faudra teolement placer ce groupe beaucoup plus haut dans la série des terrains et roches rangés par etrdre de chronologie géologique.

BÉA R AIN8 AGALYSISiqS* ^^t

vu/ CLASSE. TERRAINS AGALYSIENS ou TERRAINS PRIMORD. DE CRISTALUSATION. ^

L'incertitude de la position des terrains qu'on a appelé» si long-temps terrains primitifs ^ parce qu'on croyoit être sûr que les roches qui les composent étoient inférieures et par conséquent antérieures à toutes les autres , m'a engagé à let désigner par une expression moins pqsitive, mais qui indique cependant une de leurs -propriétés les plus frappantes, celle de n'offrir que des roches évidemment formées par voie de cristallisation confuse , sauf ensuite à examiner dans quelle position ces roches sont par rapport aux autres.

Tel est donc le premier caractère des terrains agalysiensj mats comme ce caractère ne leur est pas uniquement propre y qu'il se présente dans des roches qui paroissent avoir une tout autre origine, il a fallu en joindre. un autre, qui, fondé sur leur structure , fit présumer cette différence d'origine) c'est la stratification évidente de ces terrains, caractère en général très-distinct et qui les place dans la première diyisioi^ dans celle des terrains en série*

Or , pour être conséquent à ce principe , il a fallu n9 placer dans cette classe que Içs roches évidemment et cons^ tamment stratifiées, ce qui a considérablement réduit lenom^^ bre de celles qu'on attribuoit aux^terraiiv^ primitifs.

Il a été reconnu que plusieurs des roches et même de» groupes de roches qui avoient ce caractère de structure, étoient situés sur d'autres roches, d'une texture beaucoup moins cristalline , quelquefois même compacte y mais qui

1 Terrains primitifs proprement dits, en partie,—- Terrains primordiaux en partie, d'Omal. d'Hall. — KrjrstmUische Schiefer- oder geschidl^ ieie, oder neptunischê GMldt, A. Bodb. — Ganggebirgt en paaitie» KcrifiiT*

3i8 t£RRAlN3 ACALYSXENS.

offroient 9 dans la présence des débris organiques qu* elles renfermoient , une différence bien plus importante. Il a été nécessaire de distinguer les groupes.de roches qui se spnt montrés dans cette position , de ceux au-dessous desquels on n'a jamais

découvert aucun débris organique; de là la distinction en deux ordres des terrains agalysiens : les épizoiquesj au-dessoua desquels on connoit des roches a débris organiques, et les ^/potoïque$^ au-dessous desquels on n*a jamais pénétré, et qui sont jusqu'à présent inférieurs non -seulement à tous les débris organiques, mais même à toutes les roches connues.

La distinction entre ces deux ordres est souvent impossible. On ne doit placer dans le premier que les cantons dont les roches cristallisées recouvrent évidemment d'autres roches qui renferment des débris organiques; on doit placer dans le second, toutes celles dont on ne connott pas la position. Il n'y t d'ailleurs aucun caractère minéralogique dont on puisse s'aider pour dbtinguer les roches de ces deux époques, certainement très-différentes.

Il me paroit donc très • difficile d'établir un ordre complètement satisfaisant dans la distribution de ces roches.

La classification géologique la plus naturelle, celle qui est le but de la science, doit avoir pour résultat de fïiire connoftre deux choses: premièrement l'ordre chronologique dans lequel les différentes parties de ces terrains ont paru à la surface du globe , ou , ce qui revient à peu prés au même , celui dans lequel ils se sont recouverts; car, quoi qu'on en dise, les monumens de la nature ne sont pas comme ceux des hommes; et il est quelques cas où Tétage supérieur pourroit bien avoir été fait avant Plnférieur : on en verra quelques preuves* Cette vue conduit à la seconde considération, qui est relative au procédé suivi par la nature dans la formation de ces roches et des, terrains qu'elles composent. On juge par ce simple aperçu de quelle importance est cette seconde considératibn dans la question des terrains agalysiens.

TEfillAIKS AGALYSIENS* 819

Or, les roches cristallisées qui entrent dans la composition de Técorce du globe, considérées uniquement sous le rapport de leur texture et p|r conséquent de leur mode de forma* tion, ont certainement éfé formées par des voies et dans des circonstances très-différentes.

Les unes, évidemment dissoutes dans un liquide proba* blement aqueux, se présentent dans toutes les contrées de Técorce du globe plutôt comme couches subordonnées que comme terrains : ce sont quelques calcaires, des gypses, le selmarin, etc. Il en a déjà été question , et ce ne sont pas ces roches toujours accompagnées de roches compactes qui doi* vent entrer dans la classe des terrains agalysiens ou terrains cristallisés par excellence, dont nous traitons ici.

Mais parmi ceux-ci on peut reconnottre trois modes de for» mation. Dans le premier , les roches offrent, avec une texture cristalline évidente, une structure stratifiée en grand, qui ne peut guère laisser douter qu'après avoir été dissoutes dans un liquide, elles n'en aient été séparées par voie de précipitation et de cristallisation confuse, ou , comme on le dit maintenant, par voie neptunienne: ce sont les terrains agaljrsiens stratifiés ; dans le second , les roches présentent une texture cristalline non moins évidente , mais on n'y découvre aucun indice de stratification ni en petit , ni en grand. 11 est difficile de croire qu'elles aient été dissoutes et formées dans un liquide à la manière des premières; on peut présumer qu'elles ont été dans un état pâteux qui a dû donner par sa consolidation des masses cristallines, sans aucune trace de stratification : ce sont les terrains agaljrsiens massifs»

Enfin , dans le troisième mode de formation, le terrain cristallisé présente, avec les caractères de formation du second, des indices plus ou moins développés de l'action ignée , et par conséquent d'une formation par voie de fusion et de cristallisation par refroidissement : ce sont les terrains agaly^ siens fyrogènes.

Sae Tfia^AiNs ac ALYSisiia*

Si dans la nature ces distinctions étoient auMÎ laciles i saisir que les définitions que nous en donnons paroissent précises, la division d'après les origines serait simple et claire; les trois sortes de roches agaljsiennes| que nous venons de distinguer d'après leur mode de formation, constitueroieat autant de terrains , et il ne resteroit plus qu^une question i résoudre, solution non moins difficile à obtenir, celle de Mh voir sur quel autre terrain ils' sont placés ; par conséquent quelle est leur époque de formation relative et quelles sont celles de leurs diverses parties.

Mais il s'en faut beaucoup qu*on puisse amener ces questions à des solutions aussi simples et aussi précises.

Les terrains agalysiens stratifiés, les massifs et les pyrogèna, passent des uns aux autres par des nuances insensibles* Chi'' cun d'eux passe même aux terrains de sédiment , et leur position est souvent encore plus obscure, encore plus incer* taine que leur mode de formation.

Pour quelques roches que l'on distingue clairement ^ quelques cantons que Ton connoit bien , il est une multitude de cas dans lesquels on ne sait quel parti prendre; par censé» quent, vouloir suivre dans ces terrains Tordre des époques dt formation comme le plus géologique , c'est placer deux oi trois points connus au milieu de vingt inconnus , et se perdre dans des suppositions perpétuelles.

L'ordre minéralogique , quoique plus artificiel^ quoiqit rompant souvent de véritables rapports naturels , quoiqat présentant lui-même bien des points d'hésitation ^ m^a para le plus simple , par conséquent le plus clair.

Tel est le principe que j'ai cru devoir adopter et qui b's dirigé dans la disposition du tableau des roches qui composeot les terrains agalysiens et les terrains massifs*

Quant à la subdivision des terrains agalysiens en ëpizoïqutfs et hypozoïques, elle ne peut être établie que pour les lieux où cette position des terrains est connue avec certitude; elle

ne peut s^appliquer aux roches ijfui composent ces terrains; car ces roches, prises isolément, n'offrent point, comme celles qui renferment des débris organiques, d'indice de leur position dans récorce du globe* Les tableaux ne présenteùi donc que Fénumération des roches qu'on a vues, ne fût-ce qu'une fois, superposées à des terrains renfermant des débris organiques* Ils montrent des parties communes aux deux divisions, parce qu'on a dû rappeler dans le tableau de la se* conde division toutes les roches de même sorte au-dessous desquelles on n'a encore vu aucun débris organique.

Ces roches sont énumérées dans l'ordre qu'on présume être le plus général, en allant des superficielles aux plus pro>» fondes.

Entre ces masses minérales cristallisées et stratifiées sont interposées des roches de sédiment et de démi-cristallisation ^ renfermant des débris organiques. On y voit aussi des portions de roches massives qui les ont soulevées, brisées, et qui ont quelquefois même pénétré entre elles , soit ten masse droite {stehende Stocke) , soit en ,amas couchés {liegende Stoche)^.

La division que j'ai établie entre les groupes épizoïques et les groupes hypozoïques , est, comme je l'ai dit, très-incertaine: elle signifie seulement que les rochçs de la première division ont été vues au-dessus de roches renfermant des débris organiques, tandis qu'on n'a pas reconnu de tels débris d'une manière évidenteau-dessous de celles de la seconde série. 11 ne faut donc pas attacher à ces divisions plus de précision qiie- je leur en donne et qu'elles ne peuvent en comporter.

Cette circonstance m'engage à réunir sous un même titre toutes les considérations relatives aux terrains agalysiens, et à ne les diviser que dans les exemples.

Les terrains agalysiens stratifiés s'étendent depuis les groupes quarzeux , schisteux et talqueux des terrains hémilysieas , dans lesquels ils entrent quelquefois parleurs roches de quarsite,

3aa TBARAINS ACALYSIBN-S»

de phyllade et de stéaschiste ^ jusqu'aux parties les pliu iofërieurea de Fécorce du globe qui soient connues.

Comme leur nom Tindique, leur mode de formatioB est entièrement de dissolution; à peine renferment* ib quelques débris de leurs propres roches, quelques lits ou amas corn-» pactes.

Ils sont essentiellement stratifiés ; leur stratification est en général peu puissante , et leur structure en grand passe à la fissile et à la feuilletée* Elle est généralement inclinée , quelquefois presque verticale.

Les bancs , lits et feuillets sont rarement plans : ils sont au contraire souvent ondulés , quelquefois même comme plissés et tordus. Les lames cristallines de mica et les petits lits de quarz hyalin, qui se trouvent dans les plis les plus aigus, sont plies, contournés, mais point brisés (Simplon, vers le sommet; montagne de Mindi, au Finistère, etc.).

Ils ne renferment aucun débris organique, mais ils sont riches en minéraux pierreux et métalliques. Une multitude d'espèces de ces deux grandes classes ne se présentent que dans ces terrains; les minéraux combustibles charbonneux j sont au contraire très -rares.

Ces terrains constituent des pays immenses, des chaînes de montagnes entières , ou au moins des parties très-étendues de ces chaînes.- Ils forment après les terrains massifs les montagnes les plus élevées du globe. Ces montagnes et les collines qui appartiennent à cette même classe, présentent ordinairement des crêtes élevées, aiguës, dentelées, et sur leurs flancs do sillons nombreux, étroits, déchirés et profonds.

Leurs masses ne renferment ordinairement ni cavetnes, ni canaux , mais elles sont assez souvent divisées par des fissures rarement entièrement vides , et beaucoup plus souvent tapissées et remplies des minéraux et métaux qu'on mentionne dans le tableau de ces terrains. Les fissures, qu'elles soient pleines pu vides , sont tantôt simples et assez régulièrement

TE Ha. AGAL. lâPIZOÏQUKf. SsS

prolongées dans une même direction , qui n*est presque jamais celle de la stratification, tantôt multiples et se croisant dans. diverses directions. On les appelle filons et veines : le nom de veines s'applique plus ordinairement aux petites fissures. Lorsqu'elles se ramifient et se croisent sous toutes sortes de directions , on leur donne le nom deplexus et réseaux de filons (quel^ que£oi$ Stoohçtferké)', enfin, plusieurs de ces minéraux pierreux et métalliques forment, au milieu des roches qui composent ces terrains, des espèces d'amas lenticulaires parallèles à la Stratification , qu'on nomme aussi amas couchés ( liegende Stoche) , mais qui ont certainement une forme générale et une origine différente des gîtes que j'ai déjà indiqués sous ce nom. Le tableau fait voir que les roches qui composent ces terrains sont presque toutes hétérogènes, et c'est aussi parmi les minéraux adventices ou accessoires à leur composition principale que se trouvent un grand nombre des espèces que nous avons nommées, et dont on désigne alors la ma*nière d'être, en disant qu'elles s'y trouvent disséminées.

L" ORDRE. TERR. AGALYSIENS ÉPIZOÏQUES.

Les groupes de roches que je vais présenter sont plutôt fondés sur les rapports minéralogiques que sur la position géo^ logique ; mais , je le répète encore , il n'y a pas de série géologique réelle dans les terrains agalysiens, et toutes les

roches a^ présentent sans aucun ordre reconnu. Il ne s'agit que de faire l'histoire spéciale^ de chacune d'elles, de son association et de sa position relative la plus fréquente.

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