‹ Tableau des terrains qui composent l'écorce du globeChapitre 83 sur 126 · TEaR. FLUT. GBANITOÎDti · texte numérisé non relu

TEaR. FLUT. GBANITOÎDti

feu schiste. Notre manière de considérer cette roche , d'après les observations récentes et les vues des géognostes mo^ derneSy semble éclaircir un peu cette question, en distinguant deux origines de granités : i*une , roche subordonnée au terrain neptunîen et faisant partie du gneiss , et Fautre d'origine typhonienne, toujours massive, s'élevant de dessous le gneiss et peut-être encore d'une bien plus grande profondeur, pour s'épancher sur les dififérentes surfaces du- globe, et même pour pénétrer , en les soulevant, jusque dans Tinter* vmlle des roches stratiâées, déposées avant sa sortie.

Le premier granité ne peut se trouver ^ue dans le gneiss et tout au plus dans le micaschiste , puisqu'il ne semble ea différer que par son mode de structure cristalline. Le second, au contraire , celui dont on va donner l'histoire abrégée ^ peut se présenter sur plusieurs groupes des terrains neptaniens.

1. Le GRÂiiiTE, roche principale du groupe auquel il donne son nom, se présente aussi , comme on l'a dit plus haut, dansles terrains stratiâés, où il fait partie des rochesde gnei»; mais il paroit avoir une tout autre origine que celui dont il est question ici* Cependant on ne peut trouver encore de ca^ ractères propres à faire distinguer le granité cammun nep* tunien du granité commun plutonien , lorsque ces roches se présentent hors de leur positiop ; néanmoins la variété de GaANnE nommée forphyroïde paroît appartenir exclusive* ment à la division des terrains massifs.

Le Granité plutonien se montre depub les plus granda profondeurs connues jusqu'à une élévation de plus de doiixc cents mètres au-dessus du niveau de la mer, depuis le dessous du gneiss jusque dans le grès bigarré; non pas qu'on Tait toujours et clairement vu en recouvrement sur les rochei inférieures à celle-ci ; mais parce qu'une roche d'agrégation qui parott être une suite et une dépendance du granité (l'ar-

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kose granifoïde), et qui se lie intimement avec lui, se lie également avec le lias et le calcaire à gfyp.hités siipérieur à^ ce grès*'

Outre les montagnes , plateaux et autres masses immenses qu'il présente à la surface de la. terre , sur une étendue çt avec une indépendance qui ne permettent point de déterminer ses rapports avec les autres roches, on le cite encore en amas droits , en espèces dVnormes fiions traversant des terrains stratifiés de schistes et de traumate (en Bavière: en Saxe, la roche de topaze; à Rozena eo Moravie, avec lépidolithe; en Ecosse, Bohème, Finlande ,; dans les Pyrénées , etc.. Boue), et en amas couchés sur des terrains hémilysiena, schisteux et calcaire enzoïque (Ërzgebirge en Saxe, De Boi^- NARD. Ecosse.; Norwége). — M. Boue place dans cette position le granité stannifère de Zinnwald en Bohème, celui de Baveno, qu'il attribue même à Tépoque de la formation dçi^ terrains houillers. Enfin , on rapporte à la formation du lias, comme je Fai fait présumer plus haut, mais par une .autre considération, le granité porphyroïde, qui, dans les environs de Predazzo, s'élève en pilier ou masse droite {Kegel odtr^ stehender. Stock) au-dessus du lias.

Ces résultats d'observations si différentes et si difficiles k faire, que l'on a eu tant de peine à admettre séparéiaent ]( acquièrent par leur réunion une grande force et conduisent à faire reconnoltre que le granité plutonien, et notamment le porphyroïde , a paru à plusieurs époques à la surface de la terre , en recouvrant à chaque époque une partie des terrains qui formoient alors la surface extérieure de la croûte du globe.

11 paroit donc s'être épanché sur la ten^Cf d'abord : .

' 1 Db BoKiTARD, Mémoire ttfr les terrains de Bonogogne (Annales àât mines, i8a5, t. io>'p. 193 01427), et mon «Mémoire sur les arkoies (Ann. des se nat., i8a6y t. 8, p. 167 ).

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Après les terrains hémilysîens schisteux (Erzgébirge y prés Dresde) et calcareux (Norwége) ;

Ensuite, après les terrains abyssiques houillers;

Enfin ) après le grè$ bigarré, jusque dans Tëpoque du lias (Predatzo; Bourgogne), et même de Tootithe inférieur (Ord de Laithness, N. de T Ecosse , Morchisok).

Le Pegmatitb et le Kaolin ne doivent être considérés que comme des roches subordonnées au granité. L*on et Tautre paroissent appartenir aux plus anciennes époques 6u form»' tioiis de granité. La structure très-laminaire du felspath dans le piegmatite et le voisinage des roches graiiitofïdes-ferrugîi' neuses, paroîssent avoir eu quelque influence sur la d'écofllposition du felspath en kaolin. Les principaux gt tes de kaolin connus présentent cette double circonstance. (Saint -Yrieix, près Limoges ; Cambo , près Bayonne ; les Pieux , près Cher- Bourg ; Aue 9 près Schnéeberg , etc. )

Le granité, tant le commun que le porphyroïde, renferme ^eu de métaux : ils y sont en veines ou petits filons souvent intimement liés avec les roches. Ils sont quelquefois très-bien Réglés , mais assez ordinairement peu puissans»

Nous avons donné au tableau Ténumération des prineipaux minéraux et métaux qui se trouvent dans le granité* Presque tous ces minéraux sont ou disséminés, ou en veines, ou en éristaux implantés dans quelques cavités : c'est ainsi que se présentent les beaux cristaux de quan hyalin de Savoie , du Vallais , de Madagascar , etc.

' L'absence de quelques minéraux ou au moins leur rareté h*est pas moins remarquable que la présence constante de quelques autres : ainsi l'or natif, l'argent natif, le enivre pyriteux, les pyrites ordinaires, le calcaire spatbique, si même il s'y trouve jamais, les grenats, etc., sont fort rares dànsle-granite, tandis que le titane ruthile^ l'étain, l'urane, le fer arsenical , le tnolybdène , le wolfram , la tourmalinei • le béryl ^ etc. , sy présentent assez communémeat.

2. iLa PROToerNS , qui ne diffère du g^nîte que par la présence du talc, appartient peut-être tput autant. aux terrains stratifiés qu*ai|x terrains massifs; cependant sa stratification^ quoique plus sensible que dans les granités, est encore trèsimparfaite, et sa position la rapproche tellement des granitfvi ëpizoïques, qu^oh croit devoir la placer plutôt parmi lestei)- 'rains typhoniens que dans les terrains neptuniens.

Ses circonstances de texture , de structure^ même de forme iextérieure, sont à peu près les mêmes que dans le granité; seulement elle parott former des montagnes. plus hautes jeti plus aiguës (le Montblanc et la plupart des aiguilles qui Faci^ompagnent)»

3. La Syénite , encore plus semblable au granité par sa testture, est de toutes les roches du groupe granitoïde celle qui a la structure la plus cristalline et la plus massive, et dont la position au-dessus des terrains hémilysiens schisteux et calcareux enzoïques soit la moins contestée*

Elle passe au DioaiTS et celuipci à la S^Acrrs par desnaaor xes si insensibles , que nous ne pourrions faire distinguer ces ro» ches que par des détails d'exemples locaux etdes circonstances légères qui ne peuvent trouver place ici. Mais la syénite pré* sente très-rarement des traces de stratification (Flamanville, .près Cherbourg) ^ et on ny connoit pas de variétés schistoïdea, tandis que le diorite en offre qui ne peuvent être douteuses*

L'embarras de distinguer ces roches est, comme on Ta dit, ■une preuve des rapports naturels qui lient entre elles celles qui composent ce groupe.

Les circonstances tirées de la présence des métaux en filona et de celle des minéraux, sont aussi à peu près les . mêmes dans ces trois roches. Elles ,en renferment en général encore moins. que le granité , et ce sont, plus particulièrement ceux qui sont énumérés au tableau. On doit faire remarquer que le titane sphçne est tellement constant dans ce groupe, qu'oa

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le donne comme un caractère empirique propre a lé faire >iéconhoitre. Le zîrcon est encore un minéral assez remarquable dans quelques syénites, qui en ont pris leur nom (sjënite zirconienne de Norwége) ; on le trouve également dans cette même roche en Groenland et dans les environs de Miask en Sibérie.

Les mêmes époques de formation et les mêmes lieux que nous avons cités comme exemples de la superposition du gra* nite sur les roches bémilysiennés enzoïques^ et même sur des terrains yzémîens , offrent d'une manière encore plus évidente la syënîte dans cette position. On la voit même sortir, sons forme de gros filons ou de puissantes masses droites , ^u milieu des couches de ces terrains. Les îles et rives du golfe de Christiania, tout prés de cette ville, en moi/trent des exemples nombreux et frappans.

Exemples du groupe gaénitoïde.

Toute la terre en est couverte. Le choix et la descrîptioa des exemples choisis feroient seuls un ouvrage. Je me contenterai de prendre pour exemples quelques-uns de ceux que )*ai vus ou que f ai ^ous les yeux.

La Corse, avec ses protogynes, ses diorites orbiculaircs, ses pyromérides globaires , ses euphotidés ^ etc., dffre la réunion de tous les groupes des terrains plutoniques; les granitoïdes néanmoins paroissent dominer.

Les montagnes des environs de Limoges et de Saint- Yrieix, malgré la réalité de la stratification du gneiss et de la diorite schistoïde qui s'y présentent, montrent , dans les carrières de kaolin même , un exemple de la manière dont toutes les parties des roches granitdïdes ont été comme pétries et mêlées.

On voit sur la côte du Cotentin , de Cherbourg aux Pieux, une syénite granitoide dont la composition, la couleur , la texture et la disposition ont la plus grande ressemblance avec celles de Drammen en Norwége. Il y a dans ce même

TBim» FLUT. GRANITOZDES* ^4^^

]ieu, et surfout un peu plus loin, a Tou est, prés de Chatelaudrun , des masses puissantes de trappite dans ce granité syëoitique , comme dans les parties de la Scandinavie que |*ai citées. La ressemblance des roches, tant principales qu*aocessôires , est à s'y méprendre.

Dans les Vosges , dont la structure générale a été si bien exposée par M. Voltz*, le groupe granitoïde est dominant ^ mais il remporte de peu sur Tentritique. Il renferme les plut belles syénites qu^on puisse citer avec celles de Norwége^ d*£gypte et de Syrie.

hes syénites du Harz , leur mélange ( au Rebberggraben , etc..) avec des trappites ou des eurites {Hori^eU)^ rappellent toujours la même disposition de ces roches entre elles dans toutes les parties de la terre , et on doute si le granité du Brocken et de ses annexes n'appartient pas au groupe ^ue nous décrivons, et s*il n'est pas épizoïque**

Les pegmatites du Stoekwtrk de Geyer, les syénites deis bords de TËlbe , entre Zehren et Meissen', et celles de la vallée de la Mii'glits , au sud-est de Dresde, différent un peu. des précédentes en se rapprochant de celles de Scandinavie de la manière la plus flrappante. Nous nWons pas besoin de rappeler que MM. de Raumer et de Bopnard ont prouvé qu'elles recouvrent aussi des terrains analogues.

La Bohème , à Carlsbad ; la Hongrie , dans divers lieux ( Hodrîtz , etc. ) , offrent des exemples de ces terrains massifs de syénite , de .protogyne , de diorite.

1 Aperçu de la topographie minéralogique de l'Alface, nn cahier de 66 pages; Strasbourg, i8a8.

a M. Hausmann n'admet pat ce doute, et regarde le granité du Brocken comme étant inférieur à toutes les roches du Hars.

3 Suivant M. Weiss, la syénite de Veinbola près Meîssen , seroit postérieure hi la glauconie crayeuse. On la voit dans ce lien et près de Hohepstein, placée sur ce terrain crétacé, caractérisé par ses ammonites, térébratules , etc.

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- La Norw^ge présente des exemples célèbres de ces roelieè granitoïdes typhonîennes. -^ A Brambokamp en Haddaad) diorîte granîtoïde , avec pyrite ; disposition fort remarquable i décrite par M. Keilau. A Rotangen , près d'Holmstrand , et i Drammen, vers Solberg; syénite rougjcâtre trèa^caractérisée; ignelques cavités drusiques présentent des cristaux de feispatli et de quarz, comme k Baveno. A Laurwigy Friederichswam f syénite zirconienne, si. célèbre par les beaux ûrcons qu'elle renferme , avec éléolithe. — Il n^ a dans ces roches aueuae trace de stratification ; les collines ressemblent & de gftQt ta* bercules de la surlace du globe ,* un grand nomb^ dV elles est traversé par des filons de trappite (VasbcyMen)»

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