‹ Tableau élémentaire des relations politiques et diplomatiques du PortugalChapitre 12 sur 26 · RUSSIE · texte numérisé non relu

RUSSIE

Cette puissance ne possède pas encore une collection particulière de ses traités : sous le règne de Catherine II on a formé le projet de cette entreprise.

Comme nous l’avons rapidement démontré, presque toutes

îes nations de l’Europe possèdent imprimés des corps de leurs actes diplomatiques, excepté cependant notre Portugal. Ce manque s’est déjà fait sentir plus d’une fois, par l’incertitude qu’on éprouve sur des points essentiels, qui devraient être bien clairs et bien décidés : je citerai comme exemples les particularités suivantes. Dans une dépêche du Roi Don Jean III à son ambassadeur à Rome, Don Alphonse de Lancastre , grand commandeur, il est dit: Comme il pourrait survenir des doutes entre ses ambassadeurs envoyés au concile et ceux du Roi de Pologne , qui y allaient aussi , sur la préséance de chacun d’eux , et qu’en Portugal on ne connaissait pas d exemples qu’on pourrait citer dans un pareil cas , etc. C’est un secrétaire d’etat qui écrivait cela , sans se souvenir de ce qui avait été décidé après la protestation du 5 octobre il\i6 , que le Roi Don Jean Ier fit faire dans le concile de Constance , contre la concession faite aux ambassadeurs d’Aragon ; ce ministre ignorant que dans ce concile la préséance du Portugal avait été réglée de la manière suivante : A gauche , après l’ambassadeur de l’Empereur, était l’ambassadeur d’Angleterre, et tout de suite après, celui de Portugal , Alvaro Gonçalves d’Atayde , en face de celui de Castille , précédant ainsi ceux d’Ecosse, Naples , Sicile , Aragon , etc. : ce dont le susdit ambassadeur a apporté un brevet apostolique, qui lui avait été passé dans le concile. Ce ministre ignorait encore, que le comte d’Ourem, ambassadeur de Portugal au concile de Bazilée, en 1 43 1, y a joui des mêmes prérogatives, comme on pourra le voir en Cassano, L’Enfant, etc. Cet oubli a a produit encore l’embarras où s’est trouvé un de nos ministres à Londres, en 1721, sur les formules des actes et notes diplomatiques , de manière qu’il lui a été nécessaire que Joseph da Cunha Brochado les lui indiquât dans une dépêche du 18 avril de la même année, ainsi que celui où s’est

trouvé un autre de nos ministres à Paris , dans l'année 1763, lorsque nous tûmes partie contractante dans le traité de Paris , signé cette même année , n’ayant pas connaissance de ce qu’on avait observé à Utrecht pour les signatures.

Pour donner une légère idée de la riche collection de matériaux que nous possédons dans cette branche, et qui existent pour la plupart inédits et dispersés, je vais faire rapidement mention des suivans.

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