FRANCE
Cette nation possède une collection incroyable d’ouvrages de diplomatie j je n’en citerai que les suivans :
i°, Recueil des Traités de paix, de trêves, etc., faits par les Rois de France avec tous les princes de l’Europe , depuis près de trois siècles, par Frédéric Léonard; imprimé à Paris, en 1693.
20, Les traités qui furent publiés avec les mémoires de Comines , sur l’histoire de Louis Iï et de Charles VIII , depuis 1464 jusqu’à 1498.
3°, La collection de Rousset, en 19 vol.
4°, Les traités de paix entre Louis XII et autres princes ,
depuis 1498 jusqu’en i5o8, publiés à Paris, en 1622, in-4°.
5°, Capitulations et traités anciens et nouveaux , célébrés entre la cour de France et la Porte-Ottomane, renouvelés et augmentés, l’an de J. C. 17^0 , et de l’égyre n53 ; traduits à Constantinople par Duval, secrétaire interprète du Roi; Paris, i77o,in-40.
6°, Diplomata, chartæ, epistolæ et alia documenta ad res Francicas spectantia , etc.; par Brequigni et la Porte du Theil , depuis 1464 jusqu’à 1721; Paris, 1791, 3 vol. in-P.
7°, Les Tables de Koch, depuis la paix de Westphalie, jusqu’en 1787 , en 12 vol.
8°, Recueil des traités de paix conclus avec la république française et les différentes puissances de l’Europe , depuis 1792, par Gebhard. Outre ces traités, cette nation possède l’estimable ouvrage de M. Flassan , intitulé : Histoire générale et raisonnée de la Diplomatie française , publiée en 181 1 , depuis le commencement de la monarchie jusqu’au règne de Louis XVI, auquel il a ajouté une table chronologique très-importante des traités. Cependant cet ouvrage contient beaucoup d’erreurs dans la partie qui regarde les relations du Portugal avec la France, comme par exemple, dans le tome Ier, période 2 , page 23 1 , sur le voyage du Roi Don Alphonse V en France, il copie d’abord la relation de la Clède , et dit ensuite : L’histoire reste muette sur les relations qui eurent lieu entre la France et le Portugal jusqu’à 1452 , qu’ Alphonse, prince très-éclairé , accorda des privilèges aux Français , etc., ne faisant aucune mention de la donation que le comte Don Henri lit aux Français du champ de Gamos , près de Guimaraens, le 2 janvier 1121, qui se trouve dans le tir. 8, m. 1., n° 4 , des archives de la Tour du Tombo , ni d’une autre que le même comte leur fit de Villa Franca , dont l’original se
trouve dans le tir. 3 , ni. 1 1 , n° 6, des memes archives. J*? ferai observer aussi que l’auteur ignorait que ce fut aux. prières de Philippe- Auguste , que le pape Urbain III engagea Don Sanclie Ier à Dire la troisième croisade en Orient; que le même Roi de France contribua beaucoup au mariage de l’infant de Portugal Don Ferdinand, avec la comtesse de Fland res, fille de Baudoin , Empereur de Constantinople; que pendant le règne d’Alphonse II , les Français nous aidèrent dans la campagne d’Alemtejo; et que l’évêque de Lisbonne, Don Ayres Vaz, alla en France avec le titre d’ambassadeur; que pendant le règne de Don Alphonse III , il fut décidé , dans les cortès de Leiria, que le tiers des navires français, qui naviguaient dans le Douro et abordaient dans ses ports, déchargeraient dorénavant à Gaia , au lieu de Porto; que , sous le même régne, le Roi de France influença beaucoup dans le divorce de la comtesse de Boulogne, en envoyant des ambassadeurs à ce sujet en Portugal ; que pendant le règne de Don Denis, nos relations politiques et commerciales avec la France continuèrent de même ; que sous le règne d’Alphonse IV, le frère de l’évêque de Rheims vint , en qualité d’ambassadeur du Roi de France, offrir la médiation de ce souverain, pour terminer la guerre entre le Portugal et l’Espagne , négociation qui fut terminée par le traité de paix du Ier juillet i33q, signé à Santarem. Enfin cet auteur ignorait que par la charte du mois de mai de i3/*i, Philippe de France accorda des privilèges aux négocians portugais qui trafiquaient dans différens ports de son royaume , document que j’ai extrait des archives de France, regist. 8o, n° 92, fol. 47; que le même Roi confirma cette charte en septembre de la même année , et qu’il y ajouta de nouvelles concessions, ibid. fol. 47 ; qu’en octobre i35o, Jean, Roi de France, ratifia les deux chartes précédentes, ibid. fol. 47 5 que sous le règne de
Pierre Ie1 , nous envoyâmes un ambassadeur en France; que nous continuâmes toujours les mêmes relations avec cette puissance; que dans la charte du mois de juillet i362, Jean II, Roi de France, confirma les privilèges accordés aux portugais, comme on pourra voir dans les archives de France, regist. 91, n° 229, fol. iÔ2; que sous le règne de Ferdinand , dans les conférences d’Alcoutim, le Roi de France fut une partie contractante dans le traité qui y a été célébré en 1371 , et qui se trouve dans les mêmes archives, recueilli dans le Trésor des chartes; que dans le traité de paix, célébré à Santarem , le 19 mars 1378, par l’intermédiaire du cardinal de Boulogne, nonce du Pape, entre le Roi Don Ferdinand et le Roi de Castille, le Roi de France fut partie contractante pour lui et pour ses successeurs; que sous le règne du Roi Don Jean Ier , le Portugal a été compris comme allié dans le traité de Trêve, du 16 juillet 1389, fait entre Charles VI, Roi de France , et Don Jean II, Roi de Castille, d’un côté, et Richard II, Roi d’Angleterre, de l’autre; qu’en 1897 le Roi de France exempta les négocians portugais, qui trafiquaient dans son royaume, de l’impôt de dix deniers, comme on peut le voir dans les archives de France, reg. i53 , n° 279; que, le 6 décembre 1399, le Roi Jean Ie1 , par sa charte passée à Santarem, accorda des privilèges aux Français, par lesquels ils pouvaient négocier avec le Portugal , en cas d’une guerre entre la Francé et l’Angleterre, comme on peut le voir dans le liv. de PEstremadura , feuil. 110 , et dans un code de la Maison de Ponibal , intitulé: Privilèges accordés aux Anglais ; qu’en 1420 le Roi de France accorda des privilèges aux négocians de Portugal, qui faisaient le commerce avec la ville d’Harfleur, comme on peut le voir dans les archives de France, reg. 171, n° 56o; qu’en r/,44 le Roi de France, Charles VII, confirma tous les privilèges que les
ïlois ses prédécesseurs avaient accordés au Portugal, ainsi qu’on le trouve dans les mêmes archives de France, reg. 177 , n° 108.
Malgré une si grande abondance de transactions politiques et commerciales , l’auteur dit , et malheureusement avec vérité , que l’histoire reste muette sur les relations du Portugal avec la France, jusqu’en 1^52. : ainsi voilà une preuve de plus de l’importance de mon ouvrage ! Et comme tout ce que je dirai sur ce sujet est nouveau, je remarquerai encore le silence de cet auteur sur les intéressantes négociations de M. de Jeant, envoyé et ministre plénipotentiaire de France en Portugal, l’année i655, que j’ai exactement copiées du code io358~ 2 des manuscrits de la bibliothèque royale de Paris; sur celles de M. de Saint-Romain , envoyé de France en Portugal , pendant les années i665 et 1 666, que j’ai extraites d’un code manuscrit de la bibliothèque publique de Lisbonne ; ainsi que sur celles de M. Guenegaud, envoyé extraordinaire de France en Portugal, dans l’année 167$ , lesquelles sont de la plus haute importance, et se trouvent dans le code 137 de la collection de manuscrits de la bibliothèque royale de Paris, dont je les ai extraites.
Je serais extrêmement diffus , si je parlais ici de tous les mémoires diplomatiques que les Français ont publiés sur leurs négociations, et dont on pourra voir une notice plus détaillée, dans la table des auteurs consultés dans mon ouvrage.