L. 17 7. E.. P.. R. iz
* L’Ibis a ailes CUIVRÉES. 3. /. Chalcoptera. I.
O LO GTE.
Capite y collo y pectore ventreque griseis ; dorso ÿ tectriabus plarum majoribus fusco-griseis dneîs ; minoribus viridibus nitencibus 3 violaceo mutanti bus ; pedibus rubris.
Tête, cou, poitrine et ventre , gris; dos, grandes couvertures supérieures des ailes, d’un gris-brun bronzé; petites, d’un vert brillant, changeant en violet; pieds rouges.
Cet Ibis y qui se trouve en Afrique, particulièrement au Sénégal , a le bec long de quatre " pouces; les pieds, courts; la queue, carrée à sou extrémité; les yeux , entourés d’une peau nue d’un rouge-sanguin, ainsi que l’arête du bec; la tète, d’un gris uniforme; le cou, la poitrine et le ventre , de deux nuances grises ; une raie blanche et étroite partant de l’oreille et descendant sur les côtés du cou; le dos, les grandes couvertures supérieures des ailes, d’un gris-bleu bronzé; les petites , d’un vert lustré, changeant en violet clair; l’extérieur des moyennes, d’une couleur bronzée ; le crçupion et les couvertures supérieures de la queue, d’un grisa reflets verdâtres; les grandes pennes des ailes et celles de laquelle, d’un beau bleu changeant en violet foncé; la partie nue des jambes, brune. Cet individu est dans la belle collection de M. le comte de Riocour. z* édit, du nouv. Diction . d' Hist. nat. tom. 16. p. 9. L’Afrique.
* L’Ibis blanc ou sacré. 4. I. Religiosa. I. Alba ; capite colloque s uperiore fuscis ; dorso postico remigibusque nigris ; rostro supra viridiy subths nigro ; pedibus atris.
Blanc ; tête et haut du coubruns ; bas du dos et rémiges noirs; bec vert en dessus, noir en dessous; pieds de cette couleur.
C’est à Bruce , illustre voyageur anglais , que l’on doit la connoissance exacte de cet Ibis 3 au sujet duquel on n’étoit pas d’accord, parce qu’on 11e le voyoit plus dans les mêmes contrées qu’autrefois , et c’est à M. Savigny , qui l’a observé en Egypte , que nous devons les détails les plus intéressans sur cet oiseau. Il porte, dans la Basse-Ethiopie, le nom arabe Abou- Hannès , c’est-à-dire, Père de Jean3 parce qu’il paroît en plus grand nombre vers la fête de Saint-Jean, époque à laquelle les pluies commencent en Abyssinie , et où des volées innombrables d’oiseaux aquatiques se réunissent sut les bords du
Nil.
Çes Ibis sacrés ne sont point relégués eq Ethiopie, comme le pensoic Bruce; ils' se trouvent
O RNI T H O'L O G I E.
vent dans îa^Basse-Egypte pendant, une partie i de l’année; mais ils n’y portent pas le nom d’ Abou-Hannès comme en Ethiopie , et on l’y distingue sous une autre dénomination, qui exprime la courbure de son bec ; car les Arabes l’appellent Mengel, Abou-Mengel, ce qui signifie la Faucille } ou , à la lettre, le- Père de la Faucille. Il ne s’arrête en Egypte que peu de temps, ne s’apptoche pas du Caire, dont les environs sont trop arides et trop fréquentés , et se tient peu le long des fleuves. M. Savigny n’a pu examiner ces oiseaux attentivement que dans les environs de Damiette et de Menzabé , et ne les a ■retrouvés en certain nombre que près de Kafr- Abou-Saïd, sur la rive gauche du Nil, à trois mille mètres de ce fleuve , dans de grandes inondations qui s’étendoient jusqu’au lacBurlos.
U Ibis blanc vit quelquefois isolément, quelquefois par petites troupes de huit à dix ; il a le vol pesant et élevé, et jette de temps en temps des cris très-bas et très -rauques. Ces oiseaux restent des heures entières sur les terres nouvellement abandonnées par les eaux , au même endroit, occupés sans cesse à fouiller la fange avec leur bec. Il se tiennent assez constamment pressés les uns contre les autres. On ne les voit jamais , comme nos Courlis , s’élancer et courir avec rapidité, mais ils vont toujours pas à pas.
Salon le rapport des habitans , cette espèce, arrive lorsque le Nil commence à croître; leur nombre semble augmenter comme les eaux du fleuve, pour diminuer ensuite avec elles , et on n’en voit plus lorsque l’inondation est passée. Quand les inondations font des progrès , que les eaux deviennent plus profondes et s’étendent chaque jour, les Ibis sont,obhgés de refluer vers des terres plus élevées; ils .approchent alors du Nil, viennent autour des' villages, où ils se posent dans les rizières, les luzernes, le long des canaux , et sur les petites digues dont on environne la plupart des terrains cultivés. Lorsque les eaux , parvenues au -terme de leur accroissement, baissent ensuite er se retirent peu à peu, les Ibis les„'suivenc et ne s’en éloignent de même que lenremenr. Les coquillages fluviatiles que les Ibis préfèrent en Egypte , sont les univalves de plusieurs genres, des planorbes, des ampullaires, des cyclostomes , ère.
Cet Ibis 3 que l’on rencontre aussi au Sénégal et dans d’aurres contrées de l’Afrique , a été vu • près de Perpignan. Il a , après quelques mues , une . partie de la tête et du cou nus; mais avant , les
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joues, le bas du cou etîa gorge entière sont couverts dé plumés petites , rares et comme semées sur la peau, qu’elles ne recouvrenr qu rm parfaitement ; le dessus de la tête et la nuque sont revêtus de plumes plus grandes, mieux fournies , assez - longues à l’occiput pour y former une sorte de huppe si l’oiseau avoir/ le pouvoir de les relever ; ces plumes-, celles du sommer de la tête, des joues et du derrière du cou sont d’un noie à reflets, er quêlques-nnes ont une bordure blanche ; celles de la' gorge sont de cette dernière couleur; mais dans un âge plus avancé , à lepoque où ces parties n’onc plus de plumes , la peau nye . perd peu à peu1 sa couleur naturelle , pour en prendre une qui tire sur le noir; "l'extrémité des ailes est de cette teinte ; les grandes pennes sont terminées par. un noir-cendré luisant, dans lequel le blanc forme des échancrures obliques; les secondaires ont leur extrémité d’un beau noir à reflets verts et violets; les troisième et quatrième pennes internes sont entièrement de ce noir, et- les barbes en deviennent, aVed l’âge, si excessivement longues et effilées, qu’elles couvrent tout le Croupion et cachent en* core une partie de la queue ; dont les pennes sont blanches , de même que le restant du plumage.
Nota. Ce n’est point Y Ibis blanc de Brisson ; de Buffon c’est le Tantale s olleikel. Bruce, Noy. aux sources du Nil, torn. 5 .p. 101 ( Abou-Hannès ). Latham , Index, n. 12 ( Tamalus athiopicus). Savigny , Hist. naturelles mythologique de l’Ibis. Ie édït. du nouv. Diction. d’Hist. nat. tom. 1 6, p. ç). L’Afrique.
* L’Ibis blanc d’Amérique. 5. I. Alba, I. Fade rubrâ >• corpore albo alarum apice vi'ridibus ; rostro pedibusque rubris.
Face rouge ; corps blanc; extrémité des ailes ve.rte; bec et pieds rouges. ( Pl. 6 5 . fi g. 3.)
Catesby est le premier qui ait décrit cet Ibis, que l’on rencontre dans les Florides , à la Louisiane er quelquefois dans la Guyane; il ne fait que paroîcre dans les Garolines; y arrive au commencement de l'automne, fréquence les terres basses et marécageuses , y reste environ six semaines, et disparoîc ensuite jusqu’à l’année suivante.
Le tour des yeux et le devant de la tête sont d’an rouge pâle ; tout le plumage'est: blanc , à l’exception des-quatrè premières péh'hesfiës ailes, qui sont d’un bleu d’acier poli et foncé à- quatre Ff'fffff
ORNITHOLOGIE
pouces de distance de leur origine. La femelle ne diffère pas du mâle, et ces oiseaux ont la chair et la graisse d’un jaune-safran. Catesby 3 Carol. tom. 1. pl. 81 ( White curlew ). Brisson, Ornith. tom. 5. p. 339. «. 10 ( Courlis blanc du Brésil). Bujfon 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 8. p. 4 1 . pl. enl. n.yxj ( Ibidem ). V Amérique.
* L’IbIS DES BOIS. 6. I. Sylvatica. I. Fade obscure rubescente ; corpore nigro viridi nitente -, rostro virescence ; pedibus fuscescente flavis.
Face d’un rougeâtre obscur ; corps noir à reflets d’un vert brillant ; bec verdâtre ; pieds d’un jaune rembruni.
- Les habitans de Cayenne ont imposé à cet
'•seau le nom de Flammant des bois 3 parce qu’il vit dans les forêts, le long des ruisseaux et des rivières, et ne fréquente point les bords delà mer. Sa voix est forte, et c’est principalement lorsqu’il se perche le soir, qu’il fait entendre un cri qui exprime coua 3 coua} coua ; sa voix alors s’affoiblit par degrés ; il prononce d’un ton bas et grave co 3 co3 co> et il continue à jaser ainsi, toujours en baissant de ton, jusqu’à ce qu’il s’endorme; si on le fait lever, il vachercher un autre arbre et reprend son premier cri.
Cet oiseau, qui dans son plumage présente une grande analogie avec l’ Ibis vert , a la base du bec, la peau nue qui entoure les yeux, d’un rouge-noirâtre ; le plumage , d’un vert très-foncé , qui de loin paroît noir , et qui de près offre des reflets bleuâtres et verdâtres; les ailes et le haut du cou ont la couleur et l’éclat de l’acier poli; des reflets bronzés sont sur le dos, et d’un lustre pourpré sur le bas du cou et sur le ventre; quelques individus ont du noir sur le milieu des plumes de la nuque et du sommet de la tête. Bujfon y Hist. natur. des Oiseaux 3 tom. 8. p. 42 ( Courlis des bois).pl. enl. n. 820 ( Courlis vert de Cayenne). Latham} Index 3 n. 3 ( Tântalus caya nensis). V Amérique méridionale.
* L’IBIS brun. 7. I. Fuscata. I. Orbitis virescentibus ; corpore rufo-fusco ; rostro virescente ; pedibus miniatis.
Orbites verdâtres ; corps brun-roux ; bec verdâtre ; pieds d’un rouge- vermillon. (Pl. 66.
fig- *•') x
Le plumage de cette espece, que Sonnerat a trouvée dans les îles Philippines et de Luçon, est généralement brun-roux ; les yeux sont en-
tourés d’une peau nue de couleur verdâtre ; fins est couleur de feu. Sonnerat3 Voyage 3 p. 8 5. pl. 47. Bujfon 3 Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 8. p. 3 1 ( Courlis brun de Vile de Lucon ). Latham3 Index 3 n. 1 8 ( Tantalus manillensis). Les Grandes-Indes.
* L’Ibis brun a front rouge. 8. I. Fusca. /. Fade rubrâ ; corpore fusco 3 sublus albo ; rostro pedibusque rubris.
Face rouge ; corps brun, blanc en dessous bec et pieds rouges.
Selon Catesby, quia fait connoître cet oiseau , il arrive dans la Caroline avec Y Ibis blanc et en part à la même époque ; mais il n’est pas aussi commun. On l’appelle aux Florides Courlis espagnol 3 et à la Guyane Flammant gris ; il se nourrit principalement d’écrevisses , dont il sonde les trous, et qu’il pince et tire dehors avec son fort et long bec. Des naturalistes le regardent comme un jeune Ibis blanc ; cependant, quoiqu’il soit de la même grandeur, quoiqu ayant le même genre de vie que celui-ci, on peut soupçonner que c’est une espèce particulière , puisque Bartram, qui l’a observé aux Florides , confirme ce fait avancé par Catesby.
Au reste, il a le devant de la tête et du cou d’un gris-brun ; le croupion et le ventre, blancs; le dos, les ailes et la queue, de couleur brune; la chair et la graisse jaunes. Catesby 3 Carol. tom. 1. pl. 83 ( Brown curlew). Latham 3 Index (Tantalus fus eus). Brisson 3 Ornith. tom. 5» p. 341. n. xi ( Courlis brun du Brésil). Bujfon , Hist. nat. des Oiseaux 3 tom , 8 .p. 42. V Amérique.
* L’Ibis a cou blanc. 9. I. Albicollis. I. Capite colloque rufo-albis ; corpore fusco 3 griseo undulato et viridi nitente ; rostro nigro ; pedibus rubris.
Tête et cou d’un blanc-roux ; corps brun, ondé de gris et de vert brillant ; bec noir ; pieds rouges.
Nous réunissons, comme l’a fait Sonnini, cet Ibis de Cayenne et le Mandurria ou Curucau du Paraguay , décrit par M. de Azara. Le dernier nom est celui que les Guaranis ont imposé à toutes les espèces de son genre , et s’applique particulièrement à cet Ibis 3 parce que son cri exprime souvent ce mot quand il vole.
et qu’il le fait encore entendre quand il est posé à terre. Ce cri est différemment entendu , car les uns entendent comme curucau et les autres totac 3 d’où vient que l’oiseau est également connu sous la demièrer dénomination ; mais les Portugais le nomment Masarico. On le rencontre communément au Paraguay jusqu’à la rivière de la Plara , où on le voit par couples, par familles et par bandes de cinquante. Quoiqu’on le trouve quelquefois dans les lieux humides , il n’entre point dans les terrains inondés ni dans les eaux; il préfère les terres sèches où il se nourrit de vers de terre , de sauterelles et d’autres insectes qu’il cherche même sur les cha rognes.
Tous les individus de cette espèce qui vivent dans le même canton , à une ou deux lieues de distance, se rassemblent pour passer la nuit sur les mêmes arbres, et choisissent les plus élevés et les plus secs à la lisière des bois; et si les arbres sont rares dans le canton , ils se posent sur le même en aussi grand nombre qu’ils le peuvent. Le matin , chaque paire ou chaque famille se rend sur le terrain où elle a coutume de chercher sa nourriture. Ils composent leur nid de bûchettes , le font profond et le placent sur le tronc d’un arbre sec et brisé.
Comme le plumage de Y Ibis à cou blanc et celui du Curucau présentent quelques différences, nous allons décrire l’un et l’autre. •
Le premier a le cou d’un blanc-roussâtre ; cetté teinte est plus foncée sur la tête ; tout le manteau , les grandes pennes des ailes et le devant du cou sont d’un brun ondé de gris et lustré de vert ; les grandes couvertures alaires sont blanches.
Chez le second , la partie de la tête , qui n’est pas nue , et le cou en entier, sont blancs; une tache de couleur de tabac d’Espagne est au bas du cou , dont le dessus est d’une teinte trèsfoible; les plumes scapulaires, celles du haut du dos et les petites. couvertures supérieures des ailes sont d’une couleur de plomb et lisérées de blanchâtre ; le reste du dos , la queue , les pennes de l’aile , une partie des couvertures supérieures, toutes les inférieures et le ventre, sont noirs ; les autres couvertures , blanches ; la poitrine, couleur de plomb ; l’iris est rouge , et le bec noir jusqu’aux deux tiers, et d’un vert foible dans l’autre.
La femelle ressemble au mâle , et tous les deux ont l’espace nu de la tête noir. Buffon , Hïst. nat. des Oiseaux 3 tom. 8. pag. 47 ( grand
Courlis de, Cayenne), pl.enl.n. 97 6. Latham 3 Index ( Tantalus albicollis). L’Amérique méridionale.
** L’Ibis couleur de plomb. 10. I. C&rûlescens. I. Plumbea ; fronce albâ ; caudâ remigibusqué nigric antibus ; tectricibus alarum mediis griseis ; rostro nigro 3 versus apicem viridi.
Couleur de plomb ; front blanc; queue , rémiges, noirâtres; couvertures du milieu de l’aile, grises; bec noir, et vert vers la pointe.
M. de Azara, qui appelle cet Ibis A plomado3 dit qu’il ne fréquente point les eaux et qu’il se plaît dans les terrains argileux, où il vit des mêmes alimens que le Curucau. Son cri semble exprimer la syllabe ta 3 répétée six à huit fois de suite , et prononcée d’un ton fort et aigu. Il est beaucoup plus rare au Paraguay que celuici , dont il a la conformation , le vol et la démarche ; on le trouve plus au midi de la rivière de la Plata.
Il a l’iris d’un rouge vif; la membrane nue du tour de l’œil, moins grande que celle du précédent; le haut de la gorge entièrement dénué de plumes; celles du devant du cou sont renflées et arrondies , celles du derrière de la tête et de la nuque , beaucoup plus courtes ; le tarse , plus court et plus rouge ; le corps plus robuste et le cou plus gros que n’a 1 q Curucau. Le mâle et la femelle sont presque toujours ensemble , et rarement ces oiseaux forment des troupes un peu grandes. Ils ont une bande blanche, large de quatre ligues sur le front, laquelle s’étend au-dessus de l’œil jusqu’à sa moitié ; la queue, les pennes des ailes et les couvertures supérieures de sa partie extérieure sont noirâtres; celles du milieu ,. grises ; tour le reste du plumage est couleur de plomb ; les plumes de l’occiput et de la nuque ont leur milieu blanchâtre ; l’iris est orangé. De A^ara , Apuntamiencospara la Hist. nat. de las Paxaros del Paraguay y Rio de la Plata 3 tom. 3 . p. 195 . n. 3 6 y 2e édit, du nouv. Dict. d’Hisc. nat. tom. 1 6. p. 18. L’Amérique méridionale.