‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 113 sur 246 · L. a 4. E.. P.. R. ta · texte numérisé non relu

L. a 4. E.. P.. R. ta

XCVT. Genre.

BÉCASSINE ou SCOLOPACE, Scolopax 3 Linn. Lath.

Corpus oblongum , nigro 3 fusco 3 cinereo 3 rufo wàrium.

Caput rotundatum.

Rostrum capite longius 3 rectum , sub gracile , ferè rotundum , apice obtusum 3 dilatatum , mortuis rugosum mandibula superior utrinquè sulcata ; inferior brevior 3 subtus sulcata.

Nares linéaires 3 in sulco basi rosirï site, 3 memhranâ tecta,.

Lingua mediocris 3 filiformes 3 acuta.

Colluni médiocre.

AU remige prima omnibus longiore.

Femora extra abdomen posita ; tibia semiplumosa (1).

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores ,• exceriores basi membranulâ connexi ; posticus unus3 gracilis , apice insistons .

Cauda brevis.

IL&c ave s habitant in Europe, 3 Asis. 3 Africa 3 America. AustralasUque uliginosis locis ; lumhricis victitant ; terra nidificant ; ova 4-5 pariant. Piilli rec'ens nati è nido discedunt.

Corps oblong, varié de noir, de brun , de gris et de roux.

Tète arrondie.

Bec plus long que la tête , droit, un peu grêle, presque rond , à pointe obtuse, dilatée et ridée chez l’oiseau mort; mandibule supérieure sillonnée sur chaque côté;' l’inférieure plus courte, striée en dessous.

Narines linéaires, situées, à la baàe du bec dans une rainure, couvertes d’une membrane.

Langue médiocre , filiforme, ,pointue.

(l) Exceptis rusticulis Europe et Air.eric& septentrionaLis.

GLOGIE.

Cou médiocre.

Première rémige la plus longue de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; jambes demi-emplumées (1).

Pieds tétradacty les; trois doigts devant ; les extérieurs réunis à leur base par une petite membrane; un derrière, grêle, et portant à terre sur le bout.

Queue courte.

Ces oiseaux habitent dans les matais de l’Europe , de l’Alrique, de l’Asie, de l’Amérique, de l’Australasie ; vivent de vers et nichent à terre. Leur ponte est de quatre ou cinq œufs ; les petits quittent leur nid dès leur naissance.

A. Bas des jambes dénué de plumes.

La Bécassine proprement dite. i. S. Gai linago. S. Corpore nigricante etfulvo vario3 subtùs albo ,• froncis lineis nigris et rubescentibus quinternis ,• rostro tuberculato 3 nigro ; pedibus pallidè viridibus.

Corps varié de noirâtre et de fauve , blanc en dessous; cinq lignes noires et rougeâtres sur Je front; bec tubercule, noir ; pieds d’un vert pâle. (Pl. Gy.fig. 1.)

De tous les oiseaux , celui-ci est le plus répandu , car on le trouve, sur l’anciert continent, depuis l’extrémité du Nord jusqu’au Japon, et dans le nouveau, depuis la terre de Labrador jusqu’à Cayenne , et peut-être encore plus au nord et au sud de cette partie du Monde. Il se tient dans les prairies marécageuses, dans les herbages et les osiers qui sont sur les bords des rivières. Il s’élève si haut en volant, qu’on entend encore son cri lorsqu’on l’a perdu de vue. Mée-3 mée, rnée sont les syllabes qu’il semble1* prononcer, de manière que sa voix paroît avoir du rapport avec celle delà chèvre; aussi quelques personnes l’appellent Ch'evre volante. Il jette aussi , en prenant son essor , un petit cri court et sifflé. Cette Bécassine paroît en France dans l’automne , se tient presque toujours seule , quelquefois deux ou trois ensemble. Elle parc de loin , d’un vol très-preste , et après trois crochets, elle file deux ou trois cents pas, ou pointe en s’élevant à perte de vue. La plupart quittent nos contrées dans les grands froids , et les individus qui restent se retirent dans les marais abrités; les voyageuses reviennent au printemps et s’éloignent pendant l’été ; cependant, il en

.(1) Exception, Bécasses d'Europe et de l’Amérique septentrionale.

ORNITHOLOGIE. nS9

reste en grand nombre dans les marais de l’Auvergne , où ils nichent à terre , sous quelque grosse racine d’orme ou de saule, dans les endroits où le bétail ne peut parvenir. Le nid est composé d’herbes sèches et de plumes, et la ponte, de quatre ou cinq œufs , d’un verdâtre très-clair et tachetés de cendré et de brun. Les petits quittent leur nid aussitôt qu’ils sont éclos , et la mère ne les abandonne que lorsqu’ils peuvent se suffire à eux-mêmes.

On remarque cinq raies longitudinales sur la tête, deux noires et trois rougeâtres, dont une de celles-ci passe sur le sommet et les deux autres au-dessus des yeux; le cou est varié de brun et de rougeâtre ; les scapulaires sont rachetées de noir et de jaune; les pennes des ailes , noirâtres, avec les bords des premières et l’extrémité des secondaires, blancs ; ces dernières, et le dos portent des raies noires et d’un rouge pâle; le menton, la poitrine et le ventre.sont blancs; les couvertures de la queue, d’un brunrougeâtre et assez longues pour la couvrir en entier; ses pennes, noires, avec des raies transversales d’un orangé foncé, et quelques-unes ont leur extrémité de cette couleur ou blanche ; le bas-ventre est d’un jaune' terne. On donne pour des variétés, i°. le Scolopax gallinaria de Lath'am , laquelle a la tête grise et les pieds jaunâtres; a0, le Scolopax belgica 3 dont la tête, le cou et la poitrine sont roussâtres ; le ventre est blanc; cette couleur est remplacée par du noir sur le dos , les ailes, la queue, les pieds et le bec; 30. des individus qui sont d’un blanc pur et d’autres d’un blanc-roussâcre. Basson , Ornith. tom. 5. p. 298. n. 2. Bufforij Hist. nat. des Oiseaux , 10m. 7. p. 48 3. pl. enl. n. 88,3 .Surtout le Globe.

La double Bécassine. 2. S. Media. S. Nigro

maculata; supra testacea ; subtus albida; lineâ verticis testacea 3 altéra utrinquè nigrâ ; rostro basi rufescente ; pedibus nigris.

Tachetée de noir ; testacée en dessus, blanchâtre en dessous; une ligne sur le vertex , couleur de terre cuite ; une autre , sur chaque côté , noire ; bec roussâtre à sa base ; pieds noirs.

On a donné cet oiseau pour une variété du précédent ; mais nous croyons que c’est une espèce particulière, qui se distingue par ses habitudes , sa grosseur, sa longueur , son cri , son vol et des nuances dans son plumage. On le fait lever avec peine , et il se fait suivre par les chiens

comme le Râle ; son vol est droit , assez mou et sans crochets. Il ne se plaît que dans les endroits où il y a un peu d’eau claire et non fangeuse. Il est commun dans les marais de la Picardie , y arrive vers la fin d’août et disparoît à fa fin d’octobre. Il l’est davantage en Provence et en Italie, où il fait deux passages; le premier en mars et en avril , et le second en septembre ou octobre. Cette espèce niche dans les marais , au milieu des joncs et des herbes; sa ponte esc de quatre œufs, d’un verdâtre rembruni , parsemé de grandes taches d’un- brun foncé.

Cette Bécassine a les sourcils,, le dessus de la tête et du corps noirs, avec une bande longitudinale sur le milieu de la dernière partie, et des tarses roussâtres et de même forme sur les parties supérieures ; toutes les inférieures , d’un blancroussâtre et coupé par des raies et des bandes noires sur les, flancs et sur le ventre. Frisch3 Ois. pl. 228 ( Scolopax media'). 2e édit, du nouv. Dut. d’Hist. nat. tom. 3. pag. 5 ; 8 et tom. y. p. 55 7. L’ Europe.

La PETITE BÉCASSINE. 3. S. .Gallinula. S. Corpore variegato ; uropygio violaceo vario rostro tuberculato , basi fiavo , apice nigro ; pedibus virescentibus.

Corps varié; croupion marqué de violet ; bec tuberculé, jaune à la base, noir à la pointe; pieds verdâtres.

On rencontre cette espèce en Europe et dans le nord de l’Amérique, où elle se tient dans les marais et se cache dans les roseaux, sous les joncs secs et les glaïeuls tombés au bord de l’eau. Il est très-difficile de la faire lever, il faut presque marcher dessus, d’où lui est venu le nom de Sourde. Son vol est moins rapide et plus direct que celui de la Bécassine proprement dite ; il a moins de durée, et elle ne se remet jamaisloin. On trouve son nid dans les marais, et sa ponte est de quatre ou cinq œufs oblongs , blanchâtres et semés de taches roussâtres.

Elle a le dessus de la tête noir et mélangé de ferrugineux; les sourcils, jaunâtres; le cou, varié de blanc , de brun et de rouge pâle ; les plumes des côtés du dos, longues, soyeuses, brunes et bordées de jaune ; le croupion , d’un pourpre-bleuâtre et brillant; le ventre , blanc; les grandes pennes des ailes, noirâtres; celles de la queue , brunes , avec une teinte jaune sur leurs bords. Le . mâle et la femelle se ressemblent. Brisson 3j Ornithol. tom. 5. p. 303, n. 3. Bujfon3

1 1 6o O R MI T H

Hist. nat. des Oiseaux y tom. 7. p. 490 . pi. enl. n. 884. L’Europe et l’Amérique septentrionale.

* La Bécassine Sakhalin. 4. S. Sakhâlma . S.

Vertice , collo 3 alis et caudâ rubescente-fulvis 3 fusco maculatis ; capistro guttureque albis et fuscis ; pectore fusco ; rostro pedibusque fuscis.

Sommet de la. tête , cou, ailes et queue d’un fauve-rougeâtre tacheté de brun ; capistrum et gorge , blancs et bruns 3 poitrine de la dernière couleur 3 bec et pieds bruns.

Cet oiseau, que nous ne connoissons que par la figure qu’en a publiée Sakhalin dans un ouvrage russe, se trouve en Russie. Il a le dessus de la tête, du cou, des ailes et la queue d’un fauve -rougeâtre, varié d’un grand nombre de taches brunes ; le tour du bec et la gorge , blancs et bruns ; la poitrine de la dernière couleur, mais uniforme 3 les côtés du ventre , les plumes de l’anus et le bord des grandes rémiges, blancs. Sakhalin } pl. 85. ie édit, du nouv. Dict. d’Hist. natur. tom. 3, p. 359. La Russie.

* *La Bécassine aguatère. 5. S. Paraguaia.

S. Capitis strigis tribus longitudinalibus albidisque ; collo anteriore albido fus coque mannorato ; pectore ventreque albis $ hypochondriis fusco et rufescente variis ; dorso fusco 3 nigricante alboque mixto ; rostro nigro ; pedibus pallidè viridibus.

Trois raies longitudinales et blanchâtres sur la tête 3 devant du cou marbré de blanchâtre et de brun 3 poitrine et ventre blancs 3 flancs variés de brun et de roussâtre ; dos mélangé de brun, de noirâtre et de blanc 3 bec noir 3 pieds d’un vert pâle.

Le cri que jette cette Bécassine en s’élevant presque verticalement à une grande hauteur, semble exprimer les syllabes hère , hère ; elle prononce ka ka , lorsqu’elle est effrayée.

Trois traits longitudinaux et blanchâtres sont sur la tête , l’un sut le sommet et les deux autres sur les côtés au-dessus des yeux ; l’espace qui les sépare est noir 3 un de cette couleur commence à l’œil et s’étend jusqu’à la nuque 3 un autre traverse le lorumy et un troisième, mais plus petit , se trouve sur l’oreille ; le reste des côtés de la tête est blanchâtre 3 le devant du cou , marbré de la même teinte et de brun 3 la poitrine et le ventre sont blancs ; les côtés et le

couvertures inférieures de la queue, variés de brun et de roussâtre 3 cependant ces parties sont blanches chez des individus. On remarque sur l’occiput des veines brunes et rougeâtres 3 le dessus du cou est mélangé de noirâtre et de blanchâtre; les couvertures supérieures des ailes ont des raies transversales rousses et noirâtres, et leur extrémité blanche ; le dos présente un mélange de brun , de noir et de blanc ; les pennes alaires sont noirâtres ; les scapulaires , noires et bordées de blanc-roussâtre ; les huit pennes intermédiaires de la queue, noires et variées de blanc , et de noirâtre vers le bout ; les huit autres entièrement couvertes de bandes blanches et noires; la partie nue des jambes est d’un vert flétri. De A\ara> Apuntamientos para la Hist. nat. delos Paxaros del Paraguay , tom. 3 .p. 274. n. 387. 2e édit, du nouv. Diction d’Hist. nat. tom. 3. p. 3 5 (s. L’Amérique méridionale:

* La Bécassine brune. 6. S. Grisea. S. Ca-

pite , collo et humeris cinereo-fuscis 3 atro maculatis ; dorso et abdomine albis ; tectricibus alarum 3 remigibus y rostro pedibusque fuscis.

Tête , cou et épaules d'un gris-brun et tachetés de noir 3 dos et abdomen blancs 3 tectrices des ailes , bec et pieds bruns.

On rencontre souvent cette Espèce dans les Etats-Unis , où elle se tient sur les bords marécageux de la mer, à l’embouchure des. rivières et dans les marais salés. Elle a le dessus de la tête et du cou , les pennes scapulaires , les couvertures supérieures des ailes et leurs pennes secondaires , d’un cendré rembruni uniforme; les pennes primaires , brunes 3 les intermédiaires , bordées et terminées de blanc 3' le dos, le croupion , les couvertures supérieures de la queue , blancs et mouchetés de noir 3 les pennes du milieu, grises; les autres, blanches et tachetées de noir 3 les sourcils , la gorge , le devant dü cou , variés de blanc et de brun effacé ; la poitrine et les parties postérieures , blanches 3 les flancs tachetés de gris 3 les couvertures inférieures de la queue, rayées transversalement' de brun 3 le bec long de vingt -trois lignes; les ongles noirs 3 le doigt extérieur uni à l’intermédiaire par une membrane plus prononcée que dans nos Bécassines } chez lesquelles cette membrane est presque nulle , et nullement apparente chez elles quelque temps après leur mort, L’individu décrit par Pennant et Latham offre dans son plumage quelques différences qui , probablement,

ORNITHOLOGIE

probablement , sont dues à l’âge ou aux sexes. Fermant 3 Arct. %ool. torn. r.pag. 464. n. 365?

( Brown snipe ). 2 e édit, du nouv. Dict. d’Hist. nat. torn. 3. p. 3 67. V Amérique septentrionale.

La Bécassine grise. 7. S. Leucoph&a. S. Suprà albo-cinereo 3 nigricante maculata ; collo anteriore pectoreqm dilutè rufis3 maculis nigricandbus ; ventre albo ; rostro nigro ; pedibus fuscis ; digitis anteriorïbus basi membranâ connexis.

D’un gris-blanc marqué de noirâtre en dessus 3 devant du cou et poitrine d’un roux clair et racheté de noirâtre; ventre blanc; bec noir ; pieds bruns ; doigts'ancérieurs réunis à leur base par une membrane.

Cette Bécassine , qui est très-commune dans l’Etat de New-Yorck,' a le dessus de la tête et du cou , le haut du dos, les couvertures supérieures des ailes et les plumes scapulaires d’un gris-blanc tacheté de noirâtre ; les taches sont

f>etites sur la tête , peu prononcées sur le cou , arges sur le dos et sur les grandes couvertures des ailes , dont le haut est d’un roux rembruni ; leurs pennes- sont noirâtres ; le bas du dos et le croupion, mouchetés de noir sur un fond blanc 3 la queue est de cette couleur et tachetée de brun ; la gorge , les sourcils , le devant du cou et la poitrine sont d’un roux trèsclair , parsemé de petites taches noirâtres sur les deux dernières parties , sur les flancs et sur les couvertures inférieures delà queue; le ventre est blanc.

Cette Bécassine diffère de toutes les autres en ce qu’elle a le doigt intermédiaire uni au doigt extérieur , par une membrane qui se prolonge jusqu’au tiers de leur longueur, et uni au doigt interne par une autre, mais seulement à la base. Ie édit, du nouv. Diction. d’Hist. nat. tom. 3. p. 5 58. L’Amérique septentrionale.

r La Bécassine des savanes. 8. S. Palu-

dosa. S. Loris et superciuis ni gris ■ corpore nigro vario 3 supra rufo 3 subtus exalbido ; rostro basi rubescente 3 api'ce nigrescente ; pedibus fuscis.

I^orums et sourcils noirs 3 corps varié de noir, roux en dessus , blanchâtre en dessous 3 bec roussâtre à sa base , noirâtre à la pointe 3 pieds bruns.

On trouve cette espèce dans les savanes de Cayenne , où elle se tient dans la vase et les

herbes épaisses et hantes 3 mais dans la saison des pluies elle se retire sur les hauteurs et y niche sur de petites élévations , clans des trous tapissés d’herbes sèches. Sa pente est de deux œufs. Aux approches de la nuit, ces Bécassines se rappellent par un cri de ralliement un peu rauque er assez semblable à cette voix basse , ka , h t , ka 3 ka 3 que fait souvent entendre la Poule domestique. On assure que ces oiseaux ont la faculté de se percher , ce qui nous parole vraisemblable; car ils ont le doigt postérieur long de près d’un pouce et son ongle arqué, attribut - qui, joint à la grosseur et à la longueur du bec, ne permet pas de réunir, comme individus d’une même espèce, cette Bécassine et la double Bécassine d’Europe , ainsi que l a fait M. Temminck dans son Manuel d’ Ornithologie.

Cette Bécassine a le bec long d’environ quatre pouces 3 deux bandes noires sur la tête, séparées sur le sommet par une bandelette rousse3 les lorums , noirâtres 3 le dessus du cou , les scapulaires et les couvertures supérieures des ailes , variés de roux et de noir 3 les parties inférieures d’un blanc-roussârre , rayé de noir; ces raies sont longitudinales sur le devant du cou , transversales sur la poitrine , le ventre et les flancs ; les plumes de l’anus et le haut de la gorge sont d’un blanc-roussâtre uniforme 3 le dos et le croupion , striés en travers de noirâtre sur un fond roux 3 les pennes primaires des ailes, brun'es et tachetées de roux 3 les secondaires rousses et ‘ rayées de noir , de même que les pennes de la queue, à l’exception des deux intermédiaires dont le bord extérieur est noir. Buffon3 Hisc. nat. des Oiseaux 3 tom. 7. p. 481 [ Bécasse des savanes ). pl. enl. 895 ( Bécasse de Cayenne). L’Amérique méridionale.

B. Bas des jambes emplumé.

* La Bécasse commune. 9. S. Rusticula. S. Castaneo , nigro griseoque varia ; subtus rufescens 3 fasciolis nigris ; fasciâ capitis nigrâ; rostro basi rufes cerne ; pedibus cinerus l

Variée de couleur marron , de noir et de gris 3 roussâtre en dessous, avec des petites bandes noires ; bande noire sur la tête 3 bec roussâtre à sa base 3 pieds cendrés. [Pl. 68. fig. 4.)

Cette Bécasse z st généralement répandue au nord ec au sud de l’Europe; mais on ne la retrouve point en Amérique; celle du nord de

ii<Sa ORNITH

cetre partie du Monde est une espèce distincte, que nous décrirons ci-après. La nôtre habite pendant l’été les hautes montagnes, les quitte dès les premiers frimats pour descendre dans la plaine , ou elle se tient dans les bois. Elle y arrive vers le milieu d’octobre pendant la nuit, quelquefois pendant le jour par un refri ps sombre, presque toujours une à une ou tout au plus deux ensemble, et très-rarement en troupes. Elle préfère les bois et les lieux où il y a beaucoup de terreau et de feuilles tombées , s’y tient cachée pendant tout le jour et tellement , qu’il faut des chiens pour la faire lever. Elle quitte sa retraite à l’entrée de la nuit, pour chercher sa nourriture dans les clairières , en suivant les sentiers ; préfère les terres molles et les petites mares , où elle va pour se laver le bec et les pieds , qu’elle s’est remplis de terre en cherchant sa nourriture , souvent au clair de la lune , surtout à la pleine lune de novembre , que les chasseurs appellent la lune des Bécasses.

Cet oiseau bat des ailes en partant, file droit dans une futaie, mais dans les taillis il paroît forcé de faire le crochet. Il plonge en volant derrière les buissons , pour se dérober à son ennemi. Son vol, quoique rapide, n’est ni élevé ni long-temps soutenu ; il s’abat avec tant de promptitude , qu’il semble tomber comme une masse abandonnée à toute sa pesanteur ; dès qu’il est posé à terre, il court avec vitesse ; c’est pourquoi l’on ne le trouve pas où il s’est abattu. Il paroît qu'il ne voit bien qu’au crépuscule, et qu’une lumière plus forte offense sa vue j c’est de quoi l’on juge d’après ses allures et ses mouvemens , qui sont plus vifs après le coucher et avant le lever du soleil. On reconnoît les lieux qu’il fréquente à ses fientes, qui sont de larges fécules blanches, sans odeur, et qu’en terme d’oiseleur l’on appelle miroirs . Il cherche sa nourriture en fouillant dans la terre molle des petits marais , des fossés et des prés humides qui bordent les bois ; il retourne et écarte les feuilles sèches , pour prendre les vers qui sont dessous.

Les Bécasses quittent les plaines au mois de mars, pour retourner sur les hautes montagnes. Elles partent ordinairement appariées, volent alors rapidement et sans s’arrêter pendant la nuit j le matin elles se cachent dans les bois, pour y passer la journée, et continuent leur route le soir. Arrivées à leur destination , elles se fixent dans les endroits les plus solitaires et les plus élevés de leur domicile ; c’est là que la femelle fait un nid par terre, le .compose de

OLOG1E.

feuilles et d’herbes sèches, entremêlées de petits brins de bois, le tout rassemblé sans art et amoncelé contre un tronc d’arbre ou sous une grosse racine 5 elle y dépose quatre ou cinq œufs oblongs , un peu plus gros que ceux du Pigeon commun 3 d’un gris-roussâtre et marbrés d’ondes d’un brun plus foncé et noirâtres. Les petits abandonnent le nid dès qu’ils sont éclos; le mâle ne quitte pas la femelle , tant que ceux-ci ont besoin de leur secours. Il ne fait entendre sa voix que dans le temps de leur éducation et de ses amours ; mais il est muet dans le restant de l’année. Ces cris ont des tons différens, passant du grave à l’aigu, et semblent exprimer go 3 go 3 go 3 go ; pidi3 pidi ; cri} cri3 cri; ces dernières syllabes semblent indiquer la colère entre plusieurs mâles, rassemblés. Ils ont aussi une espèce de croassement, couan 3 couan3 et un certain grondement , frcâ3 froû 3 frou 3 quand ils se poursuivent.

Le haut de la tête , le cou, le dos et les couvertures supérieures des ailes sont variés de noir, d’un peu de gris et de couleur marron ; le cou est traversé par quatre larges bandes noires ; il yNa sur chaque côté de la tête une bandelette de la même couleur , qui s’étend depuis les coins de la bouche jusqu’aux yeux; la partie inférieure du dos, le croupion, les couvertures du dessus de la queue, la' gorge , ta poitrine et le ventre, sont d’un blanc sale, rayé transversalement ; le devant du cou est jaunâtre ; les pennes des ailes ont des taches triangulaires rousses sur un fond brun ; la queue est arrondie , bordée de roux et terminée de cendré; l’iris est brun. La femelle est un peu plus grosse que le mâle , et en diffère encore par des couleurs plus ternes et par un plus grand nombre de taches blanches sur les couvertures des ailes.

Les chasseurs distinguent trois sortes de i 5e~, casses ; celle-ci, une plus petite, et une troisième plus grande. La plus petite, qui porte en Picardie le nom de Martinet , a le bec plus long que les autres ; le plumage , roussâtre , et les pieds , bleus ; elle arrive après les autres. La grosse l’est d’un tiers plus que la Bécasse ordinaire ; son plumage est plus rembruni ; elle hante peu les bois , et se tient par préférence au pied des grosses haies doubles , dans les pays couverts. On a remarqué plusieurs variétés accidentelles: telles sont la Bécasse blanche ou mélangée de blanc ; la rousse 3 V Isabelle 3 celle à tête rouge et celle aux ailes blanches. Brisson , Ornithol. tom. 5 . p. 191. n. 1. Buffon 3 Hist. nat.

ORKÏTH

des Oiseaux 3 tom. 7. pag. 462. pl. enl. n. 884. L’Europe 3 l’Afrique et l’Asie.

* La Bécasse des États-Unis, io, S.Minor. S. Fronte cinereâ ; occipite nigro 3 lineis quatuor transversis flovicantibus ; mento albo ; corpore supra nigro 3 fulvescente undulato ; subtils Jlavo ; rosfo fuscescente ; pedibusjlavescentibus.

Front cendré; occiput noir, avec quatre lignes transversales jaunâtres; menton blanc; dessus du corps noir et ondé de fauve; dessous jaune; bec brunâtre; pieds jaunâtres. ( Pl. 69, fig. 1 , sous le nom de petite Bécasse. )

Cette Bécasse 3 que nous avons observée dans l’Amérique septentrionale, fait, comme la nôtre , son nid au pied d’un arbre ou sous une grosse racine ; sa ponte est de six à huit œufs d’un gris roux tacheté de brun.

Elle a la tête, le dessus du cou et le dos gris , avec des bandes transversales sur l’occiput et sur la nuque ; de grandes taches longitudinales de cette même couleur et terminées de jaune sale sur le manteau; le croupion et les couvertures supérieures de la queue, roux; les rectrices, noires , rousses et terminées de blanc ; la gorge , blanche; les côtés et le devant du cou, la poitrine et les parties postérieures, pareils au croupion ; le dessus des ailes et les pennes secondaires, bruns et traversés par des petites lignes d’une nuance plus foncée ; les primaires, d’une couleur tirant au violet, et l’iris, de couleur noisette. La femelle ressemble au mâle. Pennant 3 Arct. \ool. tom. 2. p. 463. n. 365 . pl. 19. 2e édit, du nouv. Diction. d’Hist. natur. tom . 3. p. 351. L’ Amérique septentrionale.

*** Genre.

RHYNCÉE , Rhynch&a 3 Cuvier. Scolopax 3 Linn. Lath.

Corpus oblongum , rubescente 3 albo 3 viridi nigroque varium.

Caput rotundatum 3 subangulare.

Rostrum capite longius 3 subgracile 3 versus apicem paulo gibbosum ; m.andibula superior utrin que sulcata 3 apice curvata lavisque ; inferior brevior 3 recta 3 apice dilatata.

N ares lineares 3 in rima basi rostri sit<e.

Lingua medio.ris 3 filiformis 3 acuta.

Collum médiocre.

OLOGÏE. 1 1 63

AU remigibus duabus et tribus omnium longis simis.

Femora extra abdomen posita ; tibia semi-plumosa.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores ; exteriores basi membranâ connexi • posticus unus 3 apice insistens.

Cauda brevis.

Rhynchaa habitant in Africa } Asia orientalis uliginosisj vermibus victitant ; terra nidifie ant.

Corps oblong, varié de rougeâtre, de blanc, de vert et de noir.

Tête arrondie, un peu angulaire.

Bec plus long que la tête, un peu grêle, un peu gibbeux vers le bout ; mandibule supérieure sillonnée sur chaque côté , courbée et lisse à sa pointe ; l’inférieure plus courte , droite , dilatée à son extrémité.

Narines linéaires, situées à la base du bec dans une rainure.

Langue médiocre, filiforme, pointue.

Cou médiocre.

Deuxième et troisième rémiges les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen; jambes detni-emplumées.

Pieds tétradactyles; trois doigts devant ; les extérieurs réunis à leur base par une membrane ; un derrière, portant à terre sur le bout.

Queue courte.

Les Rhyncées habitent dans les marais de l’Afrique et des Grandes-Indes; ils vivent de vers et nichent à terre.

* Le Rhyncée du Cap de Bonne-Espérance. 1. R. Capensis. R. Lineâ verticis rufesc ente ; / as cia pectorah nlgrâ j lineâ utrinque dorsi albâ; rostro rufescer.te.

Ligne roussâtre sur le vertex ,• bande pectorale noire; ligne blanche sur chaque côté du dos ; bec roussâtre. (Pl. 6 y, fig. 3 , sous le nom de Bécassine du Cap 3 et pl. 70 , fig. 1, sous le nom de Bécassine de Madagascar. )

Cinq bandes sont sur la tête de cette espèce, une roussâtre, deux grises et deux blanches; le manteau est d’un gris-bleuâtre, mélangé d’ondes noires et traversé par une ligne blanche; ii y a une zone noire sur le haut de la poitrine , qui dans le reste est blanc , ainsi que le ventre ; la queue est cendrée et rayée transversalement de noirâtre, avec quatre taches jaunes de chaque côté.

On donne comme variété d âge ou de sexe, Hhhhhhh 2

le Rhyncée de Madagascar x lequel a la rête et le cou roux; deux traits au-dessus de l’œil, l’un blanc et l’autre noir ; le bas du cou , couvert d’un collier de la dernière couleur; le dos, noirâtre et gris ; les couvertures supérieures des ailes , variées de ces deux couleurs et de roussâtre ; des bandes transversales noirâtres etquatre rangs de taches ovales d’un roux clair , entouré de noir, sur les pennes des ailes et de la queue; enfln, le dessous du corps, blanc. Gmeün ,Syst. nat. n. 14. Latham 3 Index , n. 10 (Scolopàx capensis). Diisson3 Ornithol. Appendix 3 p. 141. Buffon 3 Hist. nat. des Oiseaux , tom. y.p. 495. pl. enl. n. 992 ( Bécassine du Cap de Bonne-Espérance'). V Afrique méridionale.

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