‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 13 sur 246 · L. 5 L E.. P.. R. iz · texte numérisé non relu

L. 5 L E.. P.. R. iz

* La Passerine a tete noire. zc>. P. Melanocephala. P. Capite nigro ,• dorso rufo corpore subthsflavo ; rostro suprà nigro , subtus corneo ; pedibus incarnatis.

Tête noire ; dos roux; dessous du corps jaune; bec noir en dessus, couleur de corne en dessous ; pieds incarnats.

On trouve cette espèce en Dalmatie er dans les contrées voisines. Elle niche dans les vignes et les buissons , à trois ou quatre pieds de terre. Le mâle a la tête noire ; la gorge et toutes les parties inférieures , d’un beau jaune ; un demi-

ORNITH

collier de cette couleur sur le dessus du cou; le dos, d’une couleur marron cirant un peu au veitolive sur le croupion ; les pennes des ailes er de Ja queue , brunes ; les premières , bordées de gris-blanc à l’extérieur , ec les dernières , frangées d’une teinte plus claire que le fond.

La femeîie esr un peu plus petite que le mâle, et en diffère en ce qu’elle est grise sur toutes les parties supérieures, avec un trait noirâtre sur le milieu de la plume ; blanche sur la gorge ; roussâtre sur le devanr du cou er sur la poitrine; cette teinte s’éclaircit sur les parties postérieures , et est remplacée par du jaune sur les couvertures inférieures de la queue ; le bec est en dessus d’un gris rembruni. Latham , Index [Emberi-^a melanocephala ). Scopolij Ann. i. pag. 142. n. 208. 2e édit, du nouv. Dict. d’Rïst. natùr. tom. 25. p. 28. V Europe.

La Passerine a tête rousse. 30. P. Ruficapilla. P. Corpore supra, rufo nigroque vario ; capite gulâque rufescentibus ; alis caudâque aigris ; rostro rufescente ; pedibus cinereis.

Dessus du corps varié de roux et de noir ; tête et gorge roussâtres ; ailes et queue noires ; bec roussâtre; pieds cendrés.

Le sommet de la tête de cet oiseau de la Louisiane présente une sorte de fer à cheval noir , dont la convexité est tournée vers l’occiput, et dont les branches s’étendent vers le bec en passant au-dessus des yeux ;. quelques taches irrégulières sont au-dessous ; le reste de la tête , la gorge et le devant du cou sont roussâcres ; cette teinte est plus’ foncée sur la poitrine et peu apparente sur le fond blanc des autres parties inférieures ; le dessus du cou , le hauc du dos et les scapulaires sont variés de roux et de noir ; le bas du dos , le croupion , les couvertures supérieures de ,1a queue , ses pennes et celles des ailes sont noirs; les petites couvertures alaires sont de cette même teinte, et les autres, bordées de rouge. Latham , Index ( Emberi^a ludovi ciana). Buffon , Hist. nat. des Oiseaux , tom. 4. pag. 325. pl.enlt n. i^. fig. j ( l’Ortolan delà Louisiane). L3 Amérique septentrionale.

La Passerine verdinère. 31. P. Bicolor.

P. Capite pectoreque aigris ; dorso , alis caudâque obscure virescentibus ; rostro nigro ; pedibus jlayescentibus.

Tête et poitrine noires; dos, ailes et queue,

d’un verdâtre obscur ; bec noir ; pieds jaunâtres.

On n’a, jusqu’à présent, décrit cet oiseau que d’après la figure qu’en a publiée Catesby; mais,

. étant défectueuse, il en est résulté qu’on en a fait mal-à-propos une Fringille et un Moineau ; car c’est une véritable Passerine que nous avons observée à Saint-Domingue , où elle est assez commune, de même que dans les autres îles dites grandes Antilles. Elle se tient de préférence dans les buissons isolés des lieux incultes et à la lisière des bois , où l’on voit sosvent le mâle à la cime d’un arbuste : position qu’il prend quand il veuc chanter. Son ramage est monotone, et il répète toujours la même phrase sur le même ton. Son nid est composé d’herbes sèches, de feuilles ec de filamens de racines ; la ponte est de trois ou quatre oeufs blancs , tachetés de roux.

Le front, une partie des joues, la gorge, le devant du cou et la poitrine du mâle sont nôirs ÿ le ventre et les parties postérieures, grisâtres j le manteau , les ailes et la queue , d’un vert rembruni, plus clair sur le bord externe des pennes alaires et caudales.

La femelle a le bec et les pieds bruns; le plumage, assez généralement d’un gris-olivâtre, rembruni en dessus ec plus clair en dessous. Le jeune est cendré sur le dos ec sur les parties inférieures. Il n’y a aucun vestige de noir dans le plumage de l’un er de l’autre. Latham , Indexa ( Fringilla bicolor'). Catesby , Car. tom. i. pL 37 ( Bahama Sparow ). Brisson , Ornithol. tom. p. 202. /z. 5 9 ( Verdier de Bahama'). Bujfon, Llist„ natur. des Oiseaux , tom. 4 .p. 184. L3 Amérique: septentrionale.

* La Passerine des vergers ou le Titït» 32. P. Socialis. P. Vertice castaneo ; superciliis ■ alb’s ; fronte nigrâ ■ genis , pectore uropygioq,u& cinereis ; dorso scapularïisque fusco > rufo nigri~ gricanteque variis ; tectricibus alarum modicis fuscis , apicc pallidè albis ; rostro pedibusquz nigris,.

Vertex couleur de marron ; sourcils blancs , front noir; joues, poitrine er croupion , cendrés ; dos ec scapulaires variés de brun , de roux et de noirâtre;, couvertures moyennes des ailes , brunes et d’un blanc pâle à leur excrémité ; bec et pieds noirs.

On rencontre cette espèce au centre des Etats- Unis, où elle fréquente de préférence les jardins et les vergers, et où elle réside pendant toute las belle saison. Elie construit son nid à l'extrémité

des branches d’un arbre fruitier , le compose de tiges d’herbes très-grêles, négligemment arrangées et placées de manière que le petit berceau paroît être à claire-voie de presque tous les côtés. La ponte est de quatre ou cinq œufs d’un vertbleuâtre, foiblement pointillés de roux sur le gros bout. Le chant du mâle semble exprimer les syllabes ri, ri 3 ri 3 ri3 ri 3ti3 répétées plusieurs fois de suite avec gradation de force ec de vivacité.

Il a le dessus de la tète marron ; les sourcils, blancs; une raie noire à travers l’œil, laquelle couvre aussi le front, où elle est coupée par un trait blanc dans le milieu; les joues et les côtés du cou sont d’un joli gris, qui est tacheté de noir sur la nuque; la poitrine, les flancs et le croupion, du même gris, qui s’éclaircic presque jusqu’au blanc sur la gorge , le devant du cou , le milieu du ventre et les parties postérieures ; le dos et les scapulaires sont variés de brun-roux et de noirâtre; les moyennes couvertures des ailes, brunes et d’un blanc terne à leur extrémité ; les grandes, les pennes ec celles de la queue, du même brun en dedans , d’une nuance plus claire en dehors , et terminées de gris sale. La femelle ne diffère du mâle qu’en ce qu’elle n’a point de noir au front; que sa couleur marron est plus terne, et que son bec et ses pieds sont bruns. Wilson 3 American Ornith. pl. 1 6. fig. 5. 2 e édit, du nouv. Diction. d’Hist. natur . tom. 1 5. pag. 29. V Amérique septentrionale.

B. Ongle postérieur arqué et aussi long que le pouce.

* La PASSERINE ROUSSATRE. 33. P. Rujescens. P. Vertice nigro , griseo Ion gituàin aliter s tri ato capistro nigricante ; mento nigro ; auriis genisque griseis ; corpore rufo 3 nigricante maculato ; remigibus rectricibusque nigricante-fuscis , rufescentegriseo extîis marginatis ; rostro pedibusque fuscis ; rectricibus acutis.

Vertex noir, rayé longitudinalement de gris; capistrum noirâtre ; menton noir ; oreilles et joues grises; corps roux, tacheté de noirâtre; rémiges et rectrices d’un brun -noirâtre , bordées à l’extérieur de gris-roussâcre ; bec ec pieds bruns ; rectrices pointues.

Cet oiseau a dans son plumage de grands rapports avec celui de la femelle Passerine agripenne ; mais nous pouvons assurer que c’est une éspèce distincte, que nous avons observée dans les Etats-Unis, Çette espèce habite aussi dans les

prairies , mais elle préfère les prés hauts ; porte en tout temps la même livrée, et ie mâle n’a point de ramage remarquable ; tandis que X Agripenne se tient dans les prairies basses et humides, que le mâle a un chant très- fort et se revêt, dans la même année , de deux vêtemens très-dissemblables. La Passerine roussâtre voyage en famille, se perche volontiers et très-facilement sur les arbres ou sur les buissoris; quand elle est inquiétée, à terre , où elle se cient ordinairement ; enfin , elle a une taille plus svelte et le bec un peu moins gros que X Agripenne.

La femelle ne diffère du mâle qu’en ce qu’elle n’a pas les taches noirâtres que celui-ci porte sur le menton, immédiatement au-dessous de la mandibule inférieure. Tous deux ont le bord du front noir , ainsi que deux raies qui s'étendent en long' sur le sommet de la tête , et qui servent de bordure à la bandelette grise qui en parcourt le milieu dans la même direction ; un trait noir est près de l’angle postérieur de l’œil ; les joues et les oreilles sont grises; cette teinte prend un ton roux sur le corps et est tachetée de noirâtre sur quelques parties et sur les couvertures supérieures des ailes ; ces taches sont très-étendues sur le dos, rares sur les côtés de la poitrine. et sur les flancs ; les pennes des ailes et de la queue sont d’un brun-noir et bordées en dehors d’un grisroussâtre ; les rectrices sont terminées en pointe; les ongles, bruns et longs. 2 c édit. du nouv. Dict. d’Hist. nat. tom. 25. p. z 5. L’ Amérique septentrionale.

* La Passerine agripenne. 34. P. Oryfiyora. P. Nigra ; cervice rufescente ; abdomine nigro • rectricibus mucronatis ; rostro pedibusque atris.

Noire; nuque roussâtre; abdomen noir; rectrices aiguës; bec et pieds noirs. (Pl. 1 5 3 /fig. 2, sous le nom d’ Ortolan de la Caroline . )

lé Agripenne se tient sans cesse dans les prés humides, chante, couche et niche à terre, se perche rarement sur une branche d’arbre ou sur un buisson. D’un instinct très-social, elle vit en troupes nombreuses, si ce n’est dans le temps des amours. Elle arrive au centre des Etats- Unis à la fin d’avril ou dans les premiers jours de mai , y reste jusqu’à la mi-septembre , époque où elle commence ses courses erratiques. Les troupes sont alors composées de mâles et- de femelles; mais à leur retour dans ces contrées, les sexes s’isolent l’;un de l’autre et forment des bandes particulières,

ORNITHOLOGIE

La maturité du riz les guide à la fin de l’été; les jeunes se mettent en route les premiers et ensuite les vieux , auxquels se joignent les couvées tardives et les individus qui nichent dans les parties boréales de l’Amérique. Tous se transportent dans les lieux où les attire cette graine céréale, leur nourriture de préférence. Tous voyagent pendant la nuit, et comme leurs cris continuels décèlent leur passage , on peut les apercevoir au clair de la lune, quoiqu’ils se tiennent alors à une, grande élévation. Ils se reposent le jour dans les champs , où les graines de certaines plantes indigènes au pays qu’ils parcourent leur fournissent dés alimens âbondans. Le mot thuit } prononcé d’un ton bref et aigu, est leur cri de ralliement pour le départ et leur cri d’alarme lorsqu’ils sont inquiétés. ;

Les individus qui habitent file de Cuba , la quittent en août , au moment de la récolte du riz; car ils n’en mangent guère lorsqu’il est en pleine maturité; ils se rendent alors dans la Géorgie et aux Carolines , où cette graine est encore tendre, et, en se joignant à ceux qui arrivent du nord, ils s’y trouvent en si grand nombre qu’ils dévastent en peu de temps tous les champs qu’ils attaquent. Monrhelliard leur trace une route plnsdongue, en disant qu’après avoir resté trois semaines à la Caroline, ils continuent leur voyage du côté du Nord, cherchant des graines moins dures, et vont ainsi de station en station jusqu’au Canada et peut-être plus loin mais c’est une méprise , car à leur départ des Carolines, au lieu de pénétrer dans des régions plus septentrionales, ils se transportent toujours dans le Sud pour y passer l’hiver; les uns séjournent alors au Mexique , les autres , dans les grandes îles Antilles , et aucun ne se montre au Canada avant la belle saison. Ils y arrivent en mai , y nichent et quittent cette contrée en août, pour se porter dans les Carolines et la Géorgie, pays donc tous font leur point de réunion , afin de se gorger de riz , soit qu’ils habitent le Sud ôü le Nord pendant l’été; ils en mangent avec tant de voracité, que de maigres qu’ils éroient à leur arrivée, ils deviennent si gras qu’à peine peuventils voler, et c’est alors un mets délicieux. On a remarqué qu’à l’époque de leurs courses périodiques, ils ne dorment pas plus en captivité qu’en liberté, et qu’ils jettent souvent leur cri de ralliement pendant la nuit , surtout s’ils la passent hors un appartement.

Leur marche , à la fin de l’été et en automne, «st réglée par la maturité du riz , comme nous

venons de le dire ; mais, au printemps , la naissance de certains insectes détermine celle qu’ils font alors. Ils arrivent dans les Florides en bandes nombreuses au commencement d’avril , y séjournent plus ou moins de temps, jusqu’à ce que la grande éphémère jaune, appelée Mouche de maiy et une espèce de sauterelle, dont ils se nourrissent de préférence, soient totalement épuisées ; ils sont alors aussi gras qu’à l’automne , mais ils perdent cet embonpoint à mesure qu’ils s’avancent dans le Nord.

Catesby a , ainsi que nous, remarqué qu’au printemps les mâles et femelles voyagent séparément; mais il se trompe lorsqu’il précend qu’à l’automne, les troupes que forment ces oiseaux ne sont composées que de femelles ; et cette erreur nous paroît provenir de ce qu’alors les mâles , les femelles et les jeunes se ressemblent.

Cette espèce se tient de préférence dans les prairies et les marais dont les herbes sont d’une certaine hauteur, au pied desquelles elle construit son nid avec des feuilles et des herbes grossières à l’extérieur, et une abondance d’herbes fines en dedans. La ponte est de quatre ou cinq œufs d’un blanc-bleuâtre , tacheté de brun. Le ramage du mâle est sonore , pénétrant et si varié qu’on ne peut guère en faite la description. Il paroît composé de cris aigus, d’éclats gradués, tantôt lents , tantôt vifs, et de sons exprimés d’un ton si brusque , que l’on croiroit ce petit musicien continuellement en colère; néanmoins son chant ne manque pas d’agrément et plaît par sa singularité.

Les Mexicains nomment Elototolt le mâle sous son plumage d’été , et Elotolt , sous celui d’hiver, ainsi que la femelle. Aux Etats-Unis, les uns les appellent Bohlincoln ou Conquelde ■ les autres, White-backed, Maise-thief (dos blanc , voleur de maïs). Cette dernière dénomination indique que ces oiseaux mangent aussi ce blé, sans doute quand il est tendre, parce que leur bec n’est pas assez fort pour le concasser, ni leur gosier assez large pour l’avaler entier; aussi le refusent-ils en captivité, s’il n’est broyé.

Les mâles subissent deux mues par an , 1 une au printemps et l’autre aux mois de septembre et d’octobre. Tous les individus ne subissent pas cette maladie à la même époque , les uns plus tôt , les autres plus tard; c’est au point que la première existe encore chez quelques-uns à la fin de juin, tandis que chez d’autres elle est passée au mois de mai. C’est à celle-ci qu’ils se couvrent de leur habit de noce , et après la seconde, ils diffèrent

ORNITHOLOGIE

si peu des femelles , qu’on ne peut guère les distinguer. Ou remarque seulement que leurs couleurs sont plus prononcées. Us ont, dans le temps des amours , la tête , la gorge , toutes les parties postérieures, le haut du dos, les ailes et laqueue d’un beau noir; les pennes primaires, frangées de blanc- jaunâtre à l’extérieur; les secondaires , bordées de roussâtre ; quelques plumes du bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue, terminées d’un roux presque blanc; le dessus du cou, d’un jaune pâle ; les scapulaires , le bas du dos, le croupion et les couvertures supérieures de la queue , d’un beau blanc.

Le même , sous son plumage d’hiver , porte trois raies longitudinales sur le sommet de la tête; celle du milieu est d’un jaune-verdâtre foncé et les deux autres sont noirâtres ; une bandelette pareille à la première raie s’étend sur chaque côté de la tête et passe au-dessus de l’œil , qui est séparé du bec par une tache blanche; une autre , noire, part de son angle postérieur ; les joues, la gorge, les parties postérieures, le bord externe des moyennes et des grandes couvertures des ailes sont d’un jaune- verdâtre; cette teinte est plus obscure sur le dessus du cou et du corps, et est coupée en longueur par des taches noirâtres sur les plumes du manteau , du croupion , de la poitrine , des flancs et des couvertures supérieures de la queue ; le jaune-verdâtre prend une nuance grise sur les pennes de l’aile et les rectrices, qui sont lisérées de blanc en dehors. Le tarse est d’un brun clair , et le bec , d’un brun- roussâtre.

Des trois bandes que le jeune porte sur la tête, celle du milieu est d’un jaune rembruni et les deux autres sont brunes; les sourcils, d’un jaune terne; le. dessus du cou est roussâtre; le dos, varié de noirâtre et de brun-jaunâtre; le croupion et les couvertures supérieures de la queue sont d’un brun-roux; ses pennes et celles des ailes, brunes et bordées de jaunâtre; la gorge et toutes les parties postérieures , de cette dernière teinte, mais plus claire; les flancs , tachetés de brun. Le plumage du mâle varie tellement après les premières mues , que très-peu se ressemblent parfaitement; d’où il résulte que les auteurs ne paroissent pas d’accord dans la description qu’ils en font; cependant, à l’âge de crois ans , les vieux portent la livrée que nous avons indiquée la première. L’individu décrit par Montbelliard est dans sa deuxième année, et son A gnp aine, de la Louisiane est, ainsi que celui de Mauduyt, moins avancé dans sa mue de prin-

temps. Latham , Index (Emberi^a ory^ivora). Catesby , Car . r. pl. 14 (Rice-bird). Brisson , Ornith. tom. 3. p. 28 2. n. 8 ( Ortolan de la Caroline). Bujfon3 Hist.nat.des Oiseaux , tom. 4. p- 337 (Agripenne ou Ortolan de ri'^). V Amérique septentrionale.

C. Ongle postérieur presque droit 3 subulé et plus long que le pouce.

La Passerine dite l’Ortolan de neige.

35. P. Nivalis. P. Remigibus albis ; primoribus extrorsum nigris ; rectricibus ni gris 3 lateralibus utrinqu'e tribus albis ; rostro pedibusque nigricantïbus.

Rémiges blanches; primaires noires en dehors ; rectrices de la même couleur ; les trois latérales de chaque côté , blanches ; bec et pieds noirâtres. ( PL 1 5 i.fig. 1. )

Nous ne voyons en France les oiseaux de cette espèce qu’en hiver, encore faut-il qu’il soit rigoureux, ou qu’il y ait beaucoup de neige. Us passent la belle saison au Spitzberg, sur les Alpes lapones, dans le Groenland et sur les côtes du détroit d’Hudson. Ces Ortolans de neige se montrent aussi dans l’Amérique septentrionale , et arrivent dans les provinces du centre des Etars- Unisaux mêmes époques qu’en France. Les lieux où ils se plaisent pendant la belle saison, sont les endroits les plus reculés du Nord ; ils y nichent dans des crevasses de rocher , et composent l’extérieur de leur nid avec des herbes sèches , le milieu avec des plumes et l’intérieur des poils d’isatis. La ponte est de cinq œufs , à peu près ronds, tachetés de brun et de noir sur un fond blanc. Le mâle partage l’incubation avec sa femelle, se tient aux environs du nid quand elle couve , voltigeant çâ et là et faisant entendre un ramage foible, mais court et sans nul agrément. Son cri d’appel est doux et agréable ; mais celui de la frayeur ou de l’inquiétude est au contraite aigre et fort. Il chante depuis la fin de mai jusque v^rs la mi-juillet, et se tait lorsqu’il a des petits. O11 l’entend souvent pendant la nuit, que ces oiseaux passent constamment à terre, et au bas de leur cage, lorsqu’ils sont en captivité. Us courent fort vite, et ne dorment point ou trèspeu pendant le mois de juin et une partie du mois de juillet. Ils se nourrissent de diverses graines , d’herbes , d’avoine , de millet , etc. ; ils préfèrent surtout celles du polygonum ( polygonum viviparumj Linn. ). Us quittent les régions boréales,

lorsque

ORNITHOLOGIE

lorsque la gelée et les neiges suppriment leur nourriture, et se répandent alors , les uns en Allemagne, en Angleterre et en France ; les autres dans les Etats-Unis, où ils ne dépassent guère la Virginie. Us portent à la baie d’Hudson le nom de W apothacasish.

Le mâle a, dans son plumage d’hiver, la tête, le cou, les couvertures des ailes et tout le dessous du corps d’un blanc de neige ; cette couleur n’est qu’à l’extrémité des plumes ; elles sont noirâtres dans le reste, de manière que, lorsqu’elles ne sont pas bien couchées les unes sur les autres, le blanc paraît piqueté de noir ; un roussârre léger est répandu sur le blanc de la tête; le dos est noir; les pennes des ailes et de la queue sont noires et blanches.

Le même , en été , a la tête , le cou , le dessous du corps, le dos, ondés transversalement de jaunâtre plus ou moins foncé; d’autres ont du cendré varié de brun sur le dos ; une teinte de pourpre autour des yeux , du rougeâtre sur la tête, etc. La couleur du bec varie aussi ; tantôt il est jaune, tantôt cendré à sa base, et assez constamment noir à sa pointe.

Chez la femelle, du roussâtre plus ou moins Foncé domine sur son plumage ; quelques-unes sont noirâtres où le mâle est noir ; le blanc est sale où celui-ci l’a pur. Les descriptions de ces oiseaux, quant aux couleurs et à leur distribution, diffèrent nécessairement , puisqu'on hiver, il est rare d’en rencontrer deux pareils ; quant à celles que nous avons données, elles sont faites sur des individus que nous avons conservés vivans pendant plusieurs années. Latham > Index ( Em.be r'upx nivalis). Brïsson , Ornith. tom. 3. p. 285. n. 9. Buffon y Hist. nacur. des Oiseaux } tom. 4. p. 329. pi. enl. n. 49 7-fig . 1. L’Europe.

La Pas-serine de montagne. 3 6, P. Montana. P. Remigibus sex prirnis nlgricante-fuscis ; reliquis albis 3 apice fusco rnaculatïs ; rectricibus fuscis ; lateralibus utrinquè totis albis ; rostro flavo y 'apice nigro ; pedibus nigris.

Les six pennes primaires des ailes d’un brunnoirâtre ; les autres pennes blanches et tachetées de brun à leur pointe ; recrrices. brunes ; les latérales de chaque côté totalement blanches ; bec jaune et noir à sa pointe ; pieds noirs.

Pennant et Latham ont donné cette Passerine. et la suivante comme deux espèces distinctes de celle de 1 Ortolan de neige , ; M. Meyer les réunit à celui-ci, et -M. Tepiminck les présente comme

des jeunes de cette espèce , tels qu’ils émigrent à^. l’automne; mais M. Montagù, dans le Supplément au Dictionnaire ornithologie al 3 assure, d’après des observations plusieurs fois réitérées, que ces trois oiseaux constituent trois espèces particulières. Nous allons donc transcrire ici les descriptions du Montana et du G/acialis , telles qu’il les a faites. Quoiqu’elles soient très-détaillées, on n’en peut rien retrancher , afin qu’elles servent de guide à celui qui cherche à distinguer trois espèces que l’on peut confondre aisément, tant il y a de rapports entr’elles. . .

La Passerine de montagne a le front et le sommet de la tête d’une couleur de marron qui s’afj foiblit graduellement, au point de n’offrir plus qu’une simple nuance sur l’occiput ; une tache de la même couleur, mais plus pâle, sur les joues; le dessus du cou, des scapulaires, le dos et le croupion , d’un gris-cen dré ec mélangé de noirâtre, particulièrement sur le milieu des plumes du dos ; les couvertures supérieures de la queue, blanchâcres, ec les plus longues, c’està-dire celles qui recouvrent immédiatement les pennes, noirâtres, avec une large bordure grise ; coures les parties inférieures, blanches, à l’exception d’une bande ferrugineuse sur. le haut de la poitrine et très-sombre dans le milieu ; les six premières pennes de l’aile , noirâtres et finemenc bordées de gris à l’extérieur ec sur la pointe des trois dernières ; la septième, blanche en dedans, depuis la base jusqu’au milieu, avec un liséré de la même couleur en dehors qui 11e dépasse pas sa tige; la huitième, pareille à celle-ci, et de plus, blanche à l'extérieur ec cachetée de noirâtre ; les autres , depuis la neuvième jusqu’à la douzième, totalement blanches à l’extérieur, et bordées de noirâtre à l’intérieur ; les deux suivantes, entièrement blanches, et enfin les plus proches du corps, d’un noir sombre, bordé de ferrugineux; les plus petites couvertures des ailes , mélangées de noir et de cendré; cette dernière couleur forme une large bordure sur chaque plume ; Us intermédiaires, terminées de blanc ; ce qui donne lieu à une bande étroite à travers l’aile ; les grandes, pareilles ec ferrugineuses ; la queue, un peu fourchue; ses six pennes intermédiaires, d’un noir sombre et bordées de ferrugineux pâle ; les quatre suivantes pareilles , avec une bandelette blanche à l’intérieur ec près de la tige ; les deux autres blanches, avec le milieu de leurs baibes extérieures noirâtre près de la tige.

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et a le front et le sommet de la tête d’une eou- Dddddd

leur de marron rembruni; les joues pareilles , mais plus pâles ; le reste de la rête , le dessus du cou, les scapulaires, le dos , le croupion et les couvertures supérieures de la queue d’un brun- ferrugineux, plus ou moins mêlé de noirâcre sur le milieu de chaque plume ; mais cetre teinte domine davantage sur le haut du dos, et moins sur les couvertures caudales; le haut de la poitrine esr traversé par une bande d’un rougeâtre terne , au-dessous de laquelle les plumes sont d’une teinte pâle et terminées de noirâtre , ce qui les fait paroître comme tachetées sur cette partie ; le reste des parties inférieures est d’un blanc sale ; les ailes sont presque semblables à celles du mâle , particulièrement les petites couvertures ; mais la couleur blanche des pennes prend moins d’érend'ue, et pas une d’elles n’est en dehors noirâtre le long, de la tige, et les parties obscures inclinent au ferrugineux ; la queue est noirâtre et bordée d’un ferrugineux clair ; ses deux pennes extérieures sont pareilles à celles du mâle ; mais la quatrième n’a point de blanc au centre, sur le bord interne près de la tige.

Cette espèce a été confondue avec la suivanre, mais elle est plus petite et porte un plumage assez différent ; de plus , la Passerine tannée a du blanc pur dans les premières pennes de l’aile, la queue plus large et les ailes plus longues. La Passeri-ne de montagne diffère essentiellement de \' Ortolan de neige par la couleur du bec , indépendamment d’autres différences faciles à saisir, lorsqu’on compare ces oiseaux en' nature. On le trouve en Angleterre. Latham 3 Index ( Erriberi\a montana ). Idem , Montagu 3 Dict. ornithological. 2 e édit, du nouv. Dict. d’Iiist. nat. torn. i^.p. 20. L’Europe.

La Passerine tannée ou des glaces. 37.

P. Glacialis. P. Remigibus atris 3 basi albis ; ultimâ totâ albâ ; rectricibus ni gris 3 intermediismarginc 3 lateralibus tribus utrinquè albis 3 macula extàs atro notaiis ; rostrojlavo 3 apice nigro ; pedibus nigris.

Rémiges noires et blanches à leur base ; la dernière entièrement blanche ; bords des rectrices intermédiaires et les trois latérales de chaque côté, blancs, avec une tache noirâtre à l’extérieur ; bec jaune, noir à sa pointe ; pieds de cette couleur.

Cet oiseau est figuré dans les Brit. birds de Berwick, tom. i.p. 151. La description que nous allons en donner, est faite par M. Montagu,

d’après deux individus , dont l’un étoit vivant et l’autre fraîchement tué.

Le mâle a le dessus de la tête couleur de tan , avec quelques taches d’un marron obscur ; le dessus du cou d’un jaune terne et pâle, qui prend une couleur de tan brillante sur sa partie inférieure ; le menton , la gorge et le devant du cou, blancs ; le dos et les scapulaires, noirs , avec une large bordure tannée sur chaque plume, ce qui les fait paroître comme tachetées ; le croupion, couleur de tan ; plusieurs plumes des couvertures supérieures de la queue, blanches; la poitrine et les parties postérieures, de cette couleur, qui se retrouve encore à la base des huit premières pennes de l’aile ; les trois premières de ces pennes , noires dans le reste , avec un peu plus , un peu moins de blanc sur leurs bords et à leur extrémité : la couleur noire traverse les autres obliquement ; -les suivantes, jusqu’à la quatorzième, sont d’un blanc pur, avec une perite tache noirâtre sur le bouc des neuvième et dixième ; les plus proches du corps et leurs couvertures , noires et largement bordées d’une couleur de tan ; les plus grandes et les plus petites couvertures de l’aile , blanches ; celles qui recouvrent les pennes primaires ont -leur extrémité noire; l’aile bâtarde est de cette couleur ; les première et deuxième rémiges sont les plus longues de routes, et la deuxième dépasse un peu l’autre; les trois pennes les plus extérieures de chaque côté de la queue sont blanches et noires ; la dernière couleur occupe le bord externe des deux plus éloignées du centre et l’extrémité de la troisième ; la quatrième a seulement un peu de blanc à sa base ; toutes les autres sont noires, bordées et terminées d’une couleur de tan pâle ; l’ongle postérieur est très-peu courbé et pas plus long que celui du milieu ; la large tache blanche qui se fait remarquer sur l’aile , est occasionnée par des pennes secondaires et leurs couvertures, qui sont -en grande partie de cette couleur. Un autre mâle , tué en hiver, porte un plumage qui incline davantage à la couleur de tan.

La femelle a le dessus de la tête d’une teinte moins chargée ; les grandes couvertures des ailes, noires et terminées de blanc ; les petites, mélangées de noir et de gris , et il y a moins de blanc dans les ailes que chez le mâle. Le cri d’alarme de cette espèce est aigre et monotone.

Quoique nous n’ayons jamais vu cette Passerine et la précédente en nature , nous ne balançons pas à croire, d’après cet exposé, qu’elles constituent deux espèces particulières et très-

ORNITHOLOGIE

distinctes de V Ortolan de neige ; attendu encore qu’elles en diffèrent essentiellement en ce que leurs couleurs ne changent point en hiver, comme celles de cet Ortolan; car, s^il en eût écé autrement , les ornithologistes anglais en auroienc fait mention , surrout dans des oiseaux qui habitent leur pays pendant route l’année. Latham , Index [Emberi^a mustelina). Montagu , Diction, ornithol. (Emberi^a glacialis). ie édit, du nouv. Diction. d’Hist. natur. tom. 25 . p. 20. U Eut ope. L. -6 i, E.. P.. R. 11.

* La Passerine dite le grand montain. '5 S. P. Lapponica. P. Capite nigro ; corpore griseo nigroque ; supercilüs albis ; rectricibus extimis maculâ albâ cuneiformi 3 rosiro albo , apice nigro 3 pedibus fuscis.

Tête noire } corps gris et noir ; sourcils blancs ; les rectrices les plus éloignées du centre marquées d’une tache blanche cunéiforme ; bec blanc et noir à sa pointe ; pieds bruns.

Le grand Montain se trouve dans la Laponie, en Sibérie, au Groenland et à la baie d’Hudson ; si l’individu que Latham donne comme une variétéappartient à cette espèce. O11 le voit quelquefois en France , mais très-rarement. Comme les Alouettes et les Ortolans de neige , il a l’ongle postérieur presque deux fois plus long que le doigt ; l’habitude de courir à terre et déchanter en se soutenant dans les airs. Sa ponte est , dit-on, de cinq ou six œufs, un peu alongés et d’un gris léger.

Le mâle a le sommet de la fête, les joues, la gorge et la poitrine, noirs ; les sourcils, d’un blancroussâtre \ les flancs , blancs et marqués de noir ; le dessus du cou, d’un roux vif j les plumes du dos , les couvertures des ailes et les pennes secondaires, noires dans le milieu et brunes sur leurs bords, à l’exception des petites couvertures qui sont bordées de blanc ; les pennes primaires des ailes et celles de la queue, brunes et lisérées de blanc ; le ventre et les couvertures inférieures de la queue, d’un blanc sale. ( Mâle en été. )

La femelle en diffère en ce qu’elle a le sommet de la tête, le dessus du cou, les scapulaires et le dos , gris , roux et tachetés cle noirâtre ; la raie des côtés de la tête, d’un blanc-roussâtre ; elle se joint à un trait blanc qui part du bec ; la gorge est d’une couleur blanche, bordée sur les côtés par une ligne brune } le haut de la poitrine est varié de gris et de noir \ les flancs, roux et tachetés longitudinalement de brun foncé.

L’individu que Latham rapproche de cette

espèce, comme variété , est connu des naturels de la baie d’Hudson , sous le nom de Ttcumashisch , y fréquente les environs de la rivière Severn , et se tient dans les genévriers, dont la graine esc alors sa seule nourriture 3 on ne l’y voit que pendant l’hiver. Il a un pouce et demi de moins que le précédent ; la tête noire ; une lunule de cette couleur derrière l’aile ; la poitrine, rayée longitudinalement de noir sur un fond blanchâtre 3 le reste du plumage ne diffère que de très-peu de celui du grand Montain. Quelques mâles ont le dessus de la tête ferrugineux, Forster a décrit cet oiseau dans les Phil. Trans.vol. 61. p. 404. Lathamj Index ( Fringilla lapponica ). Brisson 3 Ornith. tom. $.p. 160. n. 38 {Pinson de montagne). Buffon, Hist. nati des Oiseaux , tom. 4. p. 134. P allas , Voyage, 2. p. 7 1 o. n. 20. pl. E. 2 e édit, du nouv. Dict. d’Hist. natur. tom. 25. pag. 8, sous le nom de Passerine boréale , et pag, 1 2 , sous celui de grand Montain. L’Europe.

LXXV Ie. Genre.

PINSON ou FRINGILLE, Fringilla 3 Linnée, Latham.

Corpus subovatum 3 coloribus variis pictum.

Caput subrotundum 3 interdhm cristatum.

Rostrum minus crassum quam caput 3 marginibus rectis 3 integrum 3 brev't - çonicum 3 acutum ; mandibula superior margines inférions tegens 3 recta, rarissime apice declivis, palato cavo 3 longitudinaliter striato.

N ares rotunda , pervia 3 plumilis recumbentibus plus aut minus tecta.

Lingua crassa 3 rotundata 3 apice compressa et bifida.

Collum médiocre.

Remiges 1 a. , 2a. , ?a. , 4a. omnibus longissima.

Femora extra abdomen posita ; tibia omnino plumosa.

Pedes tetradactyli ; digiti très anteriores 3 posticus unus 3 exteriores basi connexi 3 hallux quemadmodum anteriores imo tarsi positus 3 sédilem cingens 3 omnibus articulis humi incumbens.

Cauda rectricibus 1 2 , intermediis interdàm longissimis.

Fringilla per omnes orbis terras, in dumis , arboribus , nemoribus , sapé pagis habitant et nidi ficant 3 ova 4-6 pariunt, insectis , granis , baccis victitant. Mas plerisquefeminam incubantem alens, et ipse incubans . Pullis cacigenis mater escam in Dddddd 2

os ingerit ; hi e nldo discedunt 3 ad volandum tantum idonei sunt.

Corps un peu ovale, peine de couleurs variées.

Tête'arrondie , quelquefois huppée.

Bec moins épais quq la tête, à bords droits , entier, brévicône, pointu ; mandibule supérieure couvrant les bords de l’inférieure, droite, rarement inclinée a sa pointe, à palais creux et rayée longitudinalement.

- Narines rondes, ouvertes , couvertes plus ou moins par de petites plumes dirigées en avant.

Langue épaisse, arrondie, à pointe comprimée et bind“.

Cou médiocre.

Rémiges ire., 2e., 3e. et 4e. les plus longues! de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen 3 jambes totalement emplumées.

Pieds tétradactyles 3 trois doigts devant , un derrière ; les extérieurs réunis à leur base ; pouce articulé au bas du tarse , sur le même plan que les antérieurs , cerclant le juchoir et portant à terre sur toutes les articulations.

Queue à 1 1 rectrices ; > ntermédiaires quelquefois-très- Ion gués.

Les Fringilles se prouvent dans tous les pays, où ils fréquentent et nichent dans les buissons , sur les arbres, souvent dans les habitations rurales. Leur ponte est de quatre à six œufs 3 ils se nourrissenc d’msectes , de graines et de baies. La -plupart des mâles nourrissent la femelle quand elle couve et partagent l’incubation Les petits naissent aveugles, sont appâtés dans le nid, et ne le quittent qu-’en état de voler.

Le Pinson proprement dit. i. F. C&lebs. F. V trace nuckâque canis ; dorso badïo ; remigibus utrinquè albïs ; tribus primis immaculatis ; rectricibus. duabus oblique albïs • rostro vere et astate 3 cârulescente 3 apice nigro ; pedibüs fus cls.

Vertex et nuque grisâtres; dos bai ; rémiges blanches de. chaque, coté ; les trois premières sans taches j' deux rectrices obliquement blanches; bec, au printemps et en été, bleuâtre, noir à la pointe ; pieds bruns. ( Fl. ‘5 9-fig- 1.)

On rencontre cette espèce en Europe , depuis la Suède jusqu’au détroit de Gibraltar, et même sur la côte d’Afrique , dans la Barbarie. Une partie voyage a i automne ; mais cette partie n’est composée, dtr-on, que de femelles seules, et les mâles restent pendant l’hiver dans leur pays n-a- ■ ;tal ; ne. seroit-ce pas une méprise, en. prenant

des mâles pour des femelles ? Nous croyons être fondé à la relever ; car à certe époque , les deux sexes portent à peu près les mômes ceintes , et nous voyons pendant tout l’hiver des femelles en aussi grand nombre que des mâles. Ils forment, dans cetre saison , des bandes très-nombreuses , qui se joignent avec les Friquets , les Verdiers , les Pinsons d’Ardennes et les Bruants , pour chercher leur nourriture dans les champs .et les vignes , et qui viennent , lorsque la terre est couverte de neige , devant les granges pour partager avec les moineaux la nourriture de nos volailles.

Dès les premiers jours du printemps, et même avant, chaque couple s’isole, les uns dans nos jardins , dans nos vereers , les autres dans les bois taillis , les bosquets. Le ramage du mâle 11e manque pas d'agrément ; il est composé de phrases plus ou moins longues. Il jette divers cris bien connus ; celui qu’il fait entendre en automne et pendant toute la belle saison, est simple et aigu; au printemps, il en jette un autre d’un accent plaintif , surtout le soir, et le répète plus souvent dans les temps pluvieux.

La femelle seule travaille à la construction du nid , et lui donne cette forme élégante et ce tissu solide qui le fait citer comme un des plus jolis de notre pays. Elle le pose sur les arbres et sur les arbustes les plus touffus, même dans nos jardins et nos vergers, sur les arbres fruitiers. Différentes mousses blanches et vertes, et des petites racines sont â l’extérieur, recouvertes au milieu d’un lichen pareil à celui de la branché sur laquelle il est posé, de manière qu’on passe souvent à côté sans l’apercevoir ; l’intérieur est garni de laine, de crin et de plumes liées ensemble avec des toiles d’araignées. Sa ponte est de quatre ou cinq œufs d’un gris-rougeâtre , semés de taches, noirâtres , plus fréquentes vers le gros bout.

Le mâle, sous son habit de noce, a le dessus de la tête et du cou d’un cendré-bleuâtre ; les côtés de la tête, la gorge et le devant du cou, rougeâtres ;-le dos, couleur de marron ; le croupion, olivâtre; Ta poitrine et les autres parties inférieures, d’une reinte vineuse ; cette teinte est plus prononcée sur la poitrine ; une grande marque blanche suivies petites couvertures des ailes, et une bande transversale pareille sur les grandes ; leurs pennes sont noires et bordées de jaunâtre en dehors ; celles de la queue , pareilles, avec Une raie blanche oblique sur le bord extérieur de ses premières pennes latérales, et une tache semblable sur le côté interne des plus proches de celles ci ; le bec esc couleur de corne

ORNITHOLOGIE

pendant la mauvaise saison. La femelle a des' teintes sombres sur la tête et sur le dessus du corps , dont le dessous est d’un blanc sale. Les jeunes lui ressemblent. Brisson 3 Ornith. tom. 3. p. I48.fi. 36. Bujfon , Hist. nat. des Oiseaux 3 tom. 4. p. 109. pi. enl. n. 54. fig. 1. V Europe.

Le Pinson d’Ardennes. 1. F '. MonùfringUla. F. Capite 3 cervice 3 dorso gulaque nigris ; alarum basi subtus Jlavissimâ ; rostrojlavicante 3 apice nigro ; pedibus olivaceo-fuscis.

Tête, dessus du cou, dos et gorge, noirs; base des ailes très-jaune en dessous ; bec jaunâtre , noir à sa pointe ; pieds brun-olivâtres. (PI. 1 5 9- 3-) .

Lottrnger a dit de cet 'oiseau ce que d’autres ont assuré pour le précédent , que les femelles voyagent seules et que les mâles res.tent dans les Vosges lorraines; mais cette assertion 11e peut être généralisée à tous les individus, car nous voyons dans nos provinces au moins autant de mâles que de femelles. Ils y arrivent en automne, y passent l’hiver, étendent leur course jusqu’en Provence, et disparoissent dans les premiers jours du printemps. Ils se tiennent en troupes plus ou moins 'nombreuses , se réunissent aux Pinsons communs et autres petits granivores, pour chercher leur nourriture dans les champs, erse retirent le soir dans les bois. Ils ont un cri qui a du rapport avec celui du chat . et un autre qu’ils font entendre lorsqu’ils sont à terre,.; ce cri approche de celui du Traquet 3 mais il n’est j pas aussi fort ni aussi prononcé. Le ramage du mâle est foible et monotone; c’est- un petit gazouillement qu’on n’entend que de très-près.

Cette espèce ne niche pas , dit- on, en France, et il paroit que c’est dans le Luxembourg et dans les forêts de Notthlande qu’il faut chercher son nid , qu’elle pose assez haut sur les sapins lès plus branchus ; elle s’occupe de sa .construction vers la hn d’avril, le recouvre en dehors de la longue mousse de ces arbres , et en rapisse l’intérieur avec du crm et des plumes. Sa poure est de quatre ou cinq, œufs jaunâtres et tachetés.

Le mâle a le front noir ; le dessus de la tête et du cou. et le haut du dos , variés de gris -jaunâtre et de noir lustré (la première couleur dispar.oîc totalement dâns les temps des amours , et alors ces parties sont totalement noires ) ; le croupion est blanc, ainsi que le bas de la poitrine et les parties postérieures; le devant du cou et le ' haut de la poitrine soni'd’un roux clair ; les pe-

tires couvertures supérieures des ailes, d’un jauneorangé; les moyennes , d’une teinte plus claire; les grandes , noires , terminées de blanc , et les plus proches du corps onc leur extrémité rousse ; les pennes sont noires et bordées de blanc-jaunâtre, ainsique celles de la queue ; les flancs , mouchetés de noir sur un fond blanc.

Chez la femelle , la tache des ailes est d’un orangé pâle, et la couleur jaune plus terne; la gorge, d’un roux clair; le sommer de la tête , le dessus du cou et du dos sont d’un brun-cendré. Brisson 3 OrnithoL tom, 155. «. 37 ( Pinson de montagne). Bujfon 3 Hist, nat. des Oiseaux 3 tom. 4. p. 1 2. 3 . pi. enl. n. 5 4. fig. 2. L Europe.

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