‹ Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la natureChapitre 34 sur 246 · L. 6 L E.. P.. R. iz · texte numérisé non relu

L. 6 L E.. P.. R. iz

* * * Genre.

SIZERIN, Linaria. Fringilla 3 Lien. Lath.

Corpus suhovatum 3 fusco 3 cinereo 3 albo 3 rufo rubroque pictum.

Caput rotundum.

Rostrum breve 3 plumilis recumbentibus basi instructum 3 conicum 3 altius quàm latins , supra culmine anguloso et angusto 3 rectum 3 acutissimum ; mandibula superior integra 3 inferior utrinquè ad basim bidentata.

Nares rotunda 3 capistri plumis tecta.

Lingua basi crassa carnosaque 3 dein canilaginea et acuta.

Collum breve.

Remiges très primar'u omnibus longiores.

Femora extra abdomen posita 3 pars tibia inferior plumis tecta.

ORNITHOLOGIE

Pedes tetradactyli ; dig'ui très anteriores , postions unus ; exceriores basi connexi ; hallux quemadmodum anteriores imo tarsï positus , scdilem cïngens j omnibus articulis humi incumbens.

Cauda rectricibus 1 1.

Linaria in sylvis Europe borealis habitant , nidifie ant ; ova 4-5 pariant ; granis victitant. Mas feminam incubantem alens. Pullis c&cigenis mater escam in os ingerit; hi e nido discedunt > ad volandurn tantum idonei sunt.

Çorps un peu ovale , peint de brun , de cendré, de roux , de blanc et de rouge.

Tète arrondie.

Bec court, garni à sa base de petites plumes dirigées en avant, conique, plus haut que large , à dos anguleux et étroit , droit, très-aigu; mandibule supérieure entière ; l’inférieure bidentée à sa base , sur chaque bord.

Narines rondes , cachées sous les plumes du capistrum.

Langue épaisse et charnue à sa base, ensuite cartilagineuse , aiguë.

Cou court.

Rémiges ire. , 2e. et 3 e. les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen ; bas des jambes emplumé.

Pieds tétradactyles. ; trois doigts devant , un derrière ; les' extérieurs unis à leur base 3 pouce articulé au bas du tarse , sur le même plan que les antérieurs, cerclant le juchoir et portant à terre sur toutes les articulations.

Queue à 1 z rectrices.

Les Si^erins habitent et nichent dans les forêts de l’Europe boréale. Leur ponte est de quatre ou cinq œufs ; ils vivent de graines. Le mâle nourrit sa femelle pendant l’incubation. Les petits naissent aveugles, sont appâtés dans le nid, qu’ils ne quittent qu’en état de voler.

Le SlZERIN boréal, i .L. Borealis. L. Vertice sanguinolento ; mémo nigro ; pectore purpurescente-rubro ; fasciâ alarum duplici albidâ ; uropygio albo rubroque maculato ; rostro Jlaytscente 3 supra fiusco ; pedibus fuscis.

Vertex couleur de sang; menton noir; poitrine d’un rouge-pourprâtre ; croupion tacheté de blanc et de rouge ; bec jaunâtre , brun en dessus ; pieds bruns.

Cette espèce et la suivante ont été confondues par les ornithologistes modernes, quoique Brisson , Buffon et Mauduylt les -aient très-bien distinguées ; en effet , quand on les compare

avec attention , l’on s’aperçoit que le Sir^erin cabaret est moins long et moins gros que l’autre ; qu’il a le croupion roussâtre et brun, avec une légère teinte de brun-rougeâtre vers les couvertures de la queue ; que la couleur roussâtre qui domine sur une grande partie de son plumage , est presque partout remplacée par du blanchâtre chez le Si^erin boréal3 sur lequel cette teinte est beaucoup plus pute en été qu’à l’automne et que pendant l’hiver; en outre , les plumes du croupion sont constamment blanches et d’un rouge rembruni. Si on consulte le genre de vie de ces deux espèces, l’on s’aperçoit qu’ils ont des habitudes différentes. Le Si^erin boréal ne vient dans nos contrées que tous les trois ou quatre ans, et souvent cinq ou six. Il arrive vers le mois de novembre , quelquefois plus tard , et il se conduit de même dans l’Amérique septentrionale, où le Cabaret ne se trouve pas. On le voit alors par troupes souvent très-nombreuses, et il y reste jusqu’au mois d’avril. Le Cabaret , qu’on voit rarement avec le précédent , se montre en France dans les mêmes cantons, presque tons les ans, et y reste depuis la fin d’octobre jusqu’au printemps, y vit quelquefois isolé, mais presque toujours en familles composées de neuf à. douze individus , quelquefois plus , mais rarement audessus de vingt.

Le Si^erin boréal se plaît dans les lieux plantés d’aunes , dont il mange les graines ; il fréquente les bois et se tient souvent à la cime des chênes, des bouleaux et des peupliers , s’accrochant , comme les Mésanges , à l’extrémité des petites branches, et il parcourt toutes les sommités avec un vivacité étonnante. Cette espèce se retire pendant l’été au Groenland, où elle fait son nid entre les branches des arbrisseaux, et le compose de trois couches ; la première, qui est la plus épaisse, est tissue d’herbes sèches, entremêlées de quelques petits rameaux ; la couche du milieu est plus mince et composée d’un mélange de plumes et de mousse; enfin , le duvet d’une espèce de fromager ( eriophorum vaginatum , Linnée) forme la couche sur laquelle la femelle dépose cinq œufs d’un blanc-verdâtre, tachetés de roux , principalement vers le gros bout. Le ramage de cet oiseau est foible et plaintif, et il babille sans cesse en volant et en cherchant sa nourriture. Les oiseleurs de Paris l’appellent grand Cabaret.

Le mâle a 1€ sommet de la cête d’un rouge de sang ; une tache entre le bec et l’œil et le haut de la gorge, noirs ; le devant du cou et la poi-

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trine , d’un rouge-pourpré; le ventre et les parties postérieures, blancs; l’occiput, le manteau et

' les flancs, variés de brun sombre et de gris ; le croupion , tacheté de rouge sur un fond blanc ; les couvertures inférieures des ailes , blanches ; les supérieures, d’un brun obscur; les petites et les grandes, terminées de blanc; les pennes, brunes et frangées de blanc- roussâtre en dehors; la queue, pareillq à ces pennes, mais en été elle est bordée de blanchâtre. Les couleurs sont , en hiver, plus ternes, et le blanc est nuancé de roussâtre.

La femelle est un peu plus petite que le mâle, et en diffère encore en ce Lju’elle a le front blanc ; le devant du cou et la poitrine, de cette couleur , avec des taches brunes sur leurs côtés. Le jeune mâle a le front blanc; le sommet de la tête , mélangé de gris-blanc et de rouge: le devant du cou et la poitrine, blancs. Le rouge commence à pàroître sur ces parties quelque temps après la première mue. Frïsch } pl. 10 ( Linaria vertice rubro ). Bujfon 3 Hist. natur. des Oiseaux 3 tom.. 4. p. 21 G ( Si^erin ou petite Linotte de vigne). Brisson 3 Ornithol, tom. 3. pag. 138. h. 3 1. L3 Europe.

* LE SlZERIN CABARET, 2. L. Rufescens. L. Vertice sanguinolento ; mento nigro ; pectors purpurescente rubro ; fasciâ alarum duplici rujâ ; uropygio superiore fusco y inferiore rubello ; rostro jlayescente; pedibus fuscis.

Vertex couleur de sang ; menton noir; poitrine d’unrouge-pourprâtre ; double bande rousse sur les ailes; croupion brun sur le haut, rougeâtre sur le bas ; bec jaunâtre ; pieds bruns.

Les Cabarets paroissent en France au mois d’octobre et y restent jusqu’au mois d’avril, époque où ils partent- pour le Nord. Ils construisent leur nid sur des arbrisseaux , le composent de mousse , d’herbes et de petites racines sur les contours et en dessous , et de crins noirs à l’intérieur. La ponte est de cinq ou six œufs d’un blanc-bleuâtre , tachetés de rouge, avec des zigzags bruns et isolés. Le ramage du mâle ressemble assez à celui de la Fauvette d’hiver 3 mais il est beaucoup moins fort.

Chez le mâle , le sommet de la tête est d’un rouge-sanguin ; le lorum et le menton sont noirs ; les joues , les sourcils et le? couvertures inférieures des ailes , roussâtres ; les supérieures , brunes et terminées de roussâtre; les rémiges

et les rectrices, bordées delà même teinte en dehors et brunes dans le reste ; le bas de la gorge, le devant du cou et la poitrine, d’un rougepourpré 3 l’occiput , le manteau , les côtés du cou et de la poitrine, variés de roussâtre et de brun ; le croupion , roux et brun sur sa partie supérieure, ensuite d’un rougeâtre pâle; les couvertures inférieures de la queue et le milieu du ventre , d’un blanc sale. Le même , après sa première mue , a l’extrémité des plumes du sommet de la tête d’un gris-blanc , qui disparoît totalement au printemps.

Le jeune , dans son* premier âge , n’a nulle apparence de rouge sur la tête ; du reste il ressemble à la femelle , dont la gorge , le devant du cou et la poitrine sont roussâtres ; le croupion est varié de brun et de roux; les couvertures supérieures de la queue sont tachetées de brun sur le milieu de la plume. La livrée du mâle de cette espèce et de la précédente, perd son éclat quand ils sont en captivité. La couleur du sommet de la tête prend un ton orangé sale , et le rouge des parties inférieures disparoîc totalement. Brisson j Ornith. tom. 4. pag . 148 ( petite Linotte ou Cabaret). Frisch}pl. 10 ( Linaria pectore subluteo) ( jeune mâle et femelle). Bujfon 3 pl. enl. 48 S-fig. z 3 inexacte. L’Europe.

LXXVIT. Genre,

GROS-BEC, Coccothraustes. Loxia j Linn. Lath.

Corpus subovatum 3 coloribus variis pictum.

Caput subrotundum 3 rare cristatum.

Rostrum yalidum 3 gibbum 3 crassum 3 acutum; mandibula superior aliis tam alta quàm frons 3 aliis fronte altior} inter dum basi calata 3 âut recta 3 aut apice declivis 3 sapius integra 3 palato cavo 3 striis longitudinalibus munito.

N ares rotunda } pervia 3 glabra vel plutnilis recumbentibus tecta.

Lingua crassa 3 compressa 3 apice cartilaginea et subbifida.

Collum médiocre.

Remiges ra. , 2a, , 3 ®., 4®. omnibus longissima.

Femora extra abdomen posita ; tibia pars inferior plumosa.

Pedes tetradactyli ; dïgiti très anteriores 3 posticus unus ; exteriores basi connexi ; hallux querhadmodùm anteriores imo tarsi positus 3 sedilem cingens 3 omnibus articulis humi incumbens.

Cauda rectricibus 11.

Loxia per omnes orbis terras habitant j in arbo-

ORNITHOLOGIE

ribus j durais nidificant; ova 4-5 parïunt ; granis j baccis y inscctïs victitant. Mai feminam plerisque incubantem aléas et ipse incubans, Pullis cutci geais mater escam in os ingerit ; lit è nido discedunt s ad volandum tantum idonei suât.

Corps un peu ovale , peint de diverses couleurs.

Tête un peu arrondie , rarement huppée.

Bec robuste, gibbeux, épais, arqué; mandibule supérieure aussi haute que le front chez les uns, plus haute chez les autres , quelquefois ciselée à la base , ou droite ou inclinée à la pointe, le plus souvent entière , à palais creux et strié longitudinalement.

Narines rondes , ouvertes , glabres ou cachées sous des petites plumes dirigées en avant.

Langue épaisse , comprimée , cartilagineuse et bifide à sa pointe.

Cou médiocre.

Rémiges ire., ic., 3 e., 4e. les plus longues de toutes.

Cuisses posées hors de l’abdomen; partie inférieure des jambes couverte de plumes.

Pieds rétradactyles; trois doigts devant , un derrière ; les extérieurs réunis à leur base } pouce posé au bas du tarse, sur le même plan que les antérieurs, cerclant le juchoir et posant à terre sur toutes les articulations.

Queue composée de 1 z rectrices.

On trouve des Gros-becs dans tous les pays} ils nichent sur les arbres et dans les buissons. Leur ponte est de quatre ou cinq œufs} il se nourrissent d’insectes , de graines et de baies. La plupart des mâles nourrissent la femelle quand elle couve et partagent l’incubation. Les petits naissent aveugles, sont appâtés dans le nid , et ne le quittent qu’en état de voler.

A. Bec à bords lisses.

e Gros-bec proprement dit. 1. C. Fulgaris-

C. Lineâ alarum albâ ; remigibus mediis apice rhombeis ; rectricibus latere tenuiori basi aigris ; rostro cinerescente ; pedibus pallidè incarnatis.

Ligne des ailes blanche } rémiges intermédiaires rhomboïdes à leur pointe } rectrices noires à la base , sur leur côté grêle } bec grisâtre ; pieds d’une couleur de chair pâle. [PL 3-)

On rencontre cette espèce en France pendant toute l’année, où elle se tient en été dans les bois , et s’approche des habitations pendant l’hiver. Le cri du mâle est vif, mais foible,

plus doux et caressant en amour , et qui approche du bruit d’une lime lorsqu’il est blessé ou en colère. On trouve son nid sur les arbres, à l’insertion des grosses branches contre le tronc } il est composé de petites racines et d’un peu de lichen. La ponte est de quatre œufs un peu pointus, tachetés de brun-olivâtre, avec des traits irréguliers, noirâtres et peu marqués, sur un fond vert-clair bleuâtre. Les petits naissent couverts de duvet, et sont nourris, dans leur premier âge , d’insectes , de chrysalides, etc. Ou doit agir avec précaution lorsqu’on veut les dénicher, car les vieux se défendent avec courage et mordent bien serré. Après les pontes, toute la famille se réunit et vit ensemble jusqu’au printemps, où chaque couple s’isole. Ayant , ainsi que les Bouvreuils et les Pinsons d’ Ardennes , l’habitude d’ébourgeonner les arbres, on doit leur faire la chasse comme à des oiseaux destructeurs , mais non pas pour leur chair, car elle est sèche et sans saveur.

Ceroiseau, dont la taille est grosse et courte,, a la tête et ses côtés d’une couleur marron, plus foncée sur le dos et sur les scapulaires, et tirant au gris sur le croupion ; le dessus du cou, cendré; la base du bec, entourée d’une ligne noire } le lorum , le tour des yeux et la gorge , de cette couleur } le devant du cou , la poitrine, le haut du ventre et les flancs , d’un rougeâtre mélangé d’un peu de fauve } le bas-ventre et les couvertures inférieures de la. queue, blancs; les petites du dessus des ailes , noirâtres }. les grandes , cendrées } les plus éloignées du corps, d’un noir changeant en violet, et quelques-unes, blanches du côté extérieur , ce qui forme sur chaque aile une grande tache ; enfin , plusieurs sont pareilles au dos , ainsi que les trois pennes alaires les plus proches du corps ; d’autres pennes sont noires , avec leur extrémité et leur bord extérieur à reflets violets, et une tache blanche en dedans} plusieurs de ces pennes , les cinquième , sixième , septième et huitième , ont à leur bout une échancrure du côté inférieur , et les barbes de ce côté se recourbent en dehors } toutes celles qui suivent, jusqu’à la onzième, sont comme coupées carrément à leur pointe } les pennes intermédiaires de la queue sont noirâtres à leur origine , d’abord cendrées , ensuite couleur de marron dans leur milieu et blanches à leur bout. On retrouve encore ces couleurs qui se fondent ensemble sur les autres pennes , soit sur leur bord, soit à leur extrémité. Tel est le mâle.

. La femelle en diffère par des teintes moins

vives. Le jeune est moucheté de jaunâtre, spécialement sur les parties supérieures , et son plumage est généralement terne. Latham , Index (Loxia coccotkraustes). Brisson , Ornith.tom. 3. pag. 2.1 y.n. i.Bujfon , Hist. nat. des Oiseaux , tom. 3. p. 444. pl. enl. «.99, 100. V Europe.

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