Carte géologique du Var, 3. Panescorse
de Fox, seigneur de Bormes et de Collobriëres, faisait travailler sur le territoire de ce dernier pays des gisements de plomb, argent, cuivre et fer; et de nombreuses tentatives furent pratiquées dans le courant du dix-huitième siècle et du siècle actuel.
D'après Topinion généralement admise sur la valeur de ces gisements, on devrait considérer le Yar comme un simple cabinet minéralogique ; il n'y aurait que peu de chose à tenter et l'abandon de ces mines serait justifié. \
Cependant cette opinion n'a pas toujours été exprimée d'une manière aussi nettement défavorable, et si, comme on doit le faire en pareille matière, on laisse de côté les révolutions du globe et les grandes idées qui s'y rattachent, si on étudie la structure des montagnes qui renferment ces filons, on croit reconnaître la possibilité de l'existence de gisements utiles, et on est obligé d'admettre que réellement, dans l'état actuel de nos connaissances, nous ne savons que bien peu de choses qui puissent nous autorisera déclarer que ces gisements n'ont qu'une valeur précaire.
Les travaux anciens importants pratiqués sur plusieurs points, les noms de Largentière que l'on retrouve et les traces d'anciennes fonderies indiquent évidemment des périodes d'un travail prolongé qui s'accorde mal avec l'idée d'une irrégularité plus grande que celle qu'on rencontre ordinairement dans les mines, et c'est, en général, dans des mines de cette nature, le degré de capacité de l'ingénieur dirigeant les travaux qui annule ou accroît le mauvais effet de ces perturbations. Il est donc permis de croire, ainsi que le pensait le préfet du Var en l'an IX, « que le défaut de combustible put être l'une des principales causes qui ont arrêté le travail dans ces contrées, » plutôt que l'irrégularité des gttes.
Si nous jetons un coup d'œil rapide sur les montagnes des Maures et de l'Esterel, nous reconnaîtrons qu'on y trouve puissamment développées toutes ces roches accompagnant ordinairement les productions métallifères; et si nous nous en rapportons à un détail d'une statistique qui nous montre que 100 quintaux de plomb donnaient 60 livres d'argent, soit environ 6 kilos d'argent à la tonne de plomb, nous verrons que ces productions peuvent être dignes d'une étude plus sérieuse.
Les Maures et l'Esterel constituent deux groupes de montagnes, séparées par les eaux de l'Argens et s'étendant des environs de Toulon jusqu'auprès de Cannes. Elles surgissent du sein des terrains sédimentaires et notamment du trias dont on Voit les couches colorées sur la route du Luc à Fréjus, ou du terrain houiller dont les lambeaux se montrent à Toulon, à CoUobrières et dans la vallée du Reyran.
Le groupe des Maures, le plus étendu des deux, est particulièrement formé de gneiss ou de micaschistes traversés, dans un grand nombre de points, par des filons granitiques ; des phyllades satinées recouvrent
les schistes cristallins , traversés eui^mômes par de nombreux filons quarUeux'.
La serpentine apparaît en quelques points, aux environs de la Garde et de SaiutrTropez, de manière à laisser croire à une plus grande étendue souterraine; les spilites et les mélapbyres se montrent dans TËsterel et dans les Maures; les porphyres rouges quartzifè/es constituent presque tout le groupe de TËsterel dont ils forment les cimes escarpées et abruptes, et où ils atteignent plus de 1,200 mètres d'altitude, comme au mont Vinaigre. Enfin on voit encore les traces d'anciens cratères et les basaltes qui en proviennent, dans plusieurs endroits du département, et notamment aux environs d*011ioules, de Revesti de Cogolin, etc.
On voit donc, sans entrer dans plus de détails, que ces montagnes renferment d'abord les schistes cristallins qui sont, partout, le principal siège des mines les plus suivies, et que, comme les contrées les plus métallifères connues, elles possèdent une série de roches éruptives dont la formation a dû favoriser à un haut degré les concentrations métalliques dans la profondeuri et notamment des plombs et cuivres argentifères.
De plus, si nous observons les divers endroits de la chaîne des Maures où se trouvent les anciennes exploitations, compris dans une étendue linéaire de plus de 20 kilomètres, on reconnaît que ces lieux sont situés à peu près sur une ligne N. E.-S. 0. presque parallèle à Taxe de la chaîne. Il paraît donc probable que ces anciennes exploitations appartiennent à un même faisceau métallitère courant dans celte même direction, c'est-à-dire dans la direction que devraient avoir les filons nobles de la contrée; par suite de cette observation dont la vérification peut facilement être faite, il y a lieu de rechercher si ces mines ne seraient pas susceptibles d'acquérir une importance plus grande qu'on ne le suppose.
Cette observation de l'existence d'un faisceau métallifère dans la chaîne des Maures et dans la direction N. £.-S. 0, nous paraît d*autant plus possible que nous retrouvons, aux environs de Toulon, un filon de môme nature, dont nous parlerons plus loin, et qui semble être situé sur le prolongement de ce faisceau. Nous devons cependant ajouter que nous ne connaissons pas suffisamment les lieux pour exprimer une opinion afilrmative à cet égard.
Nous n'étendrons pas davantage ces considérations que chacun pourra vérifier; nous rappellerons seulement que les conditions économiques de ces gisements peuvent être modifiées par le voisinage du chemin de fer de Toulon à Nice, et nous donnerons les aétails suivants sur quelques mines :
K Goquand. BéUetin de ia Société géologique de France^ tome VI, p. 2S9.
Mine de Coltobrtères. — Les environs de ce pays sont traversés par de nombreux filons quartzeux. En allant de Collobrières â Pierrefeu,on voit les traces des anciennes exploitations, 'ouvertes dans le quatorzième siècle, au sein des gneiss et des phyllades. Ces travaux n*ont jamais été repris depuis leur abandon, et on n*en connaît ni l'étendue souterraine, ni l'importance.
Mine du Cap Garonne, cuivré. — La présence du cuivre a été signalée depuis longtemps dans les montagnes de Carquaironne et dans les poudingues triasiques du Cap-Garonne, mais H fut particulièrement reconnu en 4856.
Le minerai se présente au sein d'une couche de grès afOeurant sur les bords de la mer et y formant, avec celles qui raccompagnent, une falaise d'une grande hauteur.
Il consiste en cuivre carbonate vert et blanc, quelquefois accompagné de cuivre oxydulé et de cuivre gris. Les analyses de M. Lamy ont constaté une teneur de 8 à 10 pour 100 de cuivre qui parfois devient beaucoup plus grande. 6,000. tonnes environ de minerai préparé, d'une valeur de 370,000 francs, en ont été extraites de 1860 à 1869 (Comptes rendus).
Cette mine est remarquable non-seulement par les produits qu'on en peut retirer facilement, mais surtout parce qu'elle appartient à cette formation métallifère déjà sigijalée en France, que nous avons montrée jalonnée par des exploitations diverses anciennes ou modernes.
Mine des Arméniert, plomb, cuivre et fer. — Cette mine, désignée dans quelques documents anciens, est située sur le chemin qui de Toulon conduit au cap Brun, à 3 kilomètres environ de la ville. Elle fut explorée en 1823 et bientôt abandonnée. Trente-trois ans plus tard, cette mine ne se manifestait au dehors que par quelques rares fragments de galène disséminés à la surface du sol, et la tradition seule faisait mention de son existence. Les anciens du pays parlaient de travaux exécutés jadis, qui eux-mêmes n'avalent été que la suite de travaux antérieurs attribués particulièrement aux Sarrazius.
Vers 1856, M. l'ingénieur Lamy en retrouva les traces et des travaux d'exploration y furent exécutés.
Près de la surface, au milieu des schistes talqueux, on reconnut un vrai chapeau de fer, composé de quartz, d'oxyde de fer, de pyrites ferrugineuses et cuivreuses et de mouches de galène, qui caractérisaient directement la présence du filon. La galène pure devint plus abondante en profondeur, et, dans Iccours des explorations, on reconnut l'existence d'anciens travaux antérieurs à l'invention de la poudre.
Direction générale : N. E.-S. 0. Presque vertical.
Puissance : plus de 1 mètre. Épontes argileuses.
Minerai : galène avec pyrite de cuivre et un peu de fer oxydé pyriteux.
En quelques points, d'après M. Lamy, on a trouvé plus de 4 mètre de galène massive. La galène lui a donné 75 pour 100 plomb et 90 à 400 grammes d'argent aux 400 kilos de minerai. Le cuivre n'a pas été recherché à cette époque, quoiqu'il ait une valeur réelle.
Ce filon, dont les travaux étaient délaissés vers 4870, et qui est encore aujourd'hui (1873) abandonné, par suite de désaccord entre les iutéi;essés, peut vraisemblablement donner lieu à une exploitation utile, et, bien qu'il existe dans une sorte d'tlot de schistes cristallins, il y a tout lieu de croire qu'il se prolonge au-dessous ou dans l'intérieur même des grès rouges ou bouillers qui circonscrivent cet îlot.
En 4872, les exploitations les plus importantes de ces contrées se sont portées sur les gisements de manganèse et sur les mines de fer, et les autres gîtes sont restés dans un délaissement presque absolu.
Néanmoins, d'après les quelques mots que nous venons d'écrire, on doit reconnaître que ce délaissement n'est pas encore absolument justifié.
Département des Alpes-llaritinies.
L'ancien comté de Nice, aujourd'hui l'un des départements de la France, offre un sol profondément accidenté et sillonné par des ravins profonds.
Le massif de la chaîne des Alpes-Maritimes, qui en constitue Tensemble, haut de 3,480 mètres à son point le plus élevé, est composé de granités, gneiss, syénites, etc., sur lesquels viennent s'appuyer les micaschistes, talschistes, etc., traversés par de nombreux filons plus ou moins importants non exploités.
Ces terrains vont disparaître sous les roches secondaires et notamment sous le trias qui possède aussi des gisements métalliques et sous les étages tertiaires.
On y voit encore les traces d'anciennes exploitations, de cuivre, de plomb argentifère et de fer, que Ton fait remonter h l'époque romaine. Quelques-unes d'entre elles furent reprises dans le cours du siècle dernier, et actuellement (4873) de nombreux permis de recherches ont été accordés pour explorer des gîtes métallifères et carbonifères dans les communes de Saint-Guillaume ^ Féone^ Auvare^ Rigaud^ Puget-Rostang^ Saint'DalmaS'le-Sauvage ^ Saint^E tienne j Saint-Sauveur^ Roure, Saint- Martin-de-Lantosqîie, le Belvédère^ Fontan, etc.
Concessions et principaux gisements connus :
Du Cerisier, cuivre, commune de Lacroix. En exploitation en i874. Clatfy cuivre, commune de Saint-Étienne, 204 hectares (i87i). Travaux de rccoanaissance.
L'Eubac de Jourdan, cuivre, commune de Deluis. En exploitation en 4874.
Ciuchelier, cuivre, commane de Yaldeblore. Ea reconnaissance en 1874. Charontes, cuivre, commune de Rimplas. Id.
Rancels, cuivre, commune de Roure. Sans travail. Saint-Pierre^ p\omh, commune de Pëone. Travaux préparatoires en 1874. Bois de la Garde^ manganèse, commune de Biot. Concession de 4864^ sur 538 hectares. Exploitée.
Gisements indiqués par M. t ingénieur Dépine * dans le comté de Nice :
Puni de Boubert^ cuivre.
Vallon du Furet, id.
Trésor d'Amen, id.
Cerisier, id.
Auvare, id.
Puget'Rostan, id.
Boubion, etc., id.
ValdeblorCj id.
Cluchelier, id.
Col de Salèze, id.
Péone, plomb. Anciens travaux Importants. Fremamuorta, près de Moliéras, plomb (Syénites de Galré). Le Pissetf entre Saint-Martin-Lantosque et le col des Fenêtres, plomb Environs de Tende (Italie), plomb.
Près de Tende, entre le col d'Omo et Formosa^ zinc (Gény). Saint'Sauveur, Trémisiéros, Pont-Robert, etc., cuivre.
Vallon de la Madone de Fenêtre^ pyrite. Travaux anciens attribués aux Romains Gény). Saint-Jean, cuivre.
Vallon du Trésor^ arsenic, près de Lucéram. Fontan, mercure, près de Tende. Dans les schistes métamorphiques.
D'après les descriptions données par H. Dépine, on peut juger que la plupart des gisements de cuivre de Pont-de-Bobert, du Furet, du TrésordAmen, Cerisier, Auvare, Boubion feic, appartiennent à un môme horizon que M. l'ingénieur Juge rapporte au terrain permien.
Ces gisements, dit M. Dépine, se trouvent toujours dans les mômes circonstances. Les autres sont dans les gneiss et les granités.
Les premiers se présentent en couches intercalées dans des grès schis* teux rougeâtres et des grès siliceux blancs.
Gisement de Pont-de-Bobert. — Travaux anciens dans la yallée du Var. Ancienne fonderie des mines au moulin de Robert.
Trésor^ Amen. — Travaux anciens, presque inaccessibles, dans un rocher qui surplombe à pic au-dessus du Var, à une grande hauteur.
1. Etêaiiur la itatiilique minéralogique du comté de Nice, 1822, reproduit dans rjjifiiiaire deê Atpeê-Êaritimet, 1866. ^ Note inédile de M. Gény, 1874.
Ce gisement renferme plusieurs reines minceâ de cuiri'è tiâtif et dô diverses variétés de minerais de cuivre.
Cerisier. — Couche {iâréille à Celle de Poftt-dô-Robert. Àrijourd'huî en èiploitation (<87i). M. bépine écrivait en i^îî : « Je ne pense pas que cette mine puisse seule faire Tobjet d'une exploitation. » Lès faits actuels montrent combien il faut de réserve dans ces assertions, car la mine du Cerisier produit aujourdliiil (1873) annuellement 450 tonnes de schlick à 25 pour 100 de cuivre. La production de cette mine augmenterait notablement si on pouvait porter les minerais par charrettes*
Auvare. — Vers la pointe de Mourragun et dans le vallon de Rabi, même gisement. Le minerai est un mélange de cuivre pyriteux, carbonate, natif, en filets, courant dans toutes les directions et pénétrant les grès quartzeux. Les veines les plus épaisses avaient O^^d à 0^,4.
Houblon. — Gisement dans des couches de schiste argileux et de grès, renfermant des filets, dans tous les sens, de cuivre pyriteux et de cuivre carbonate vert.
Valdeblore. — Indices de cuivrei que M. Dépine Considérait comme peu importants.
Cluchelier, commune de Valdeblore. — Ancienne exploitation attribuée aux Romains^ située vers le milieu de la montagne de Trémiscieros^ à une lieue du village de la Bollène.
On y connaissait une grande galerie principale de 3 à 400 mètres de longueur et de 2 mètres à 2«>,50 de hauteur, poursuivie au travers d'une série de couches de grès quarlzeux et de schistes argileux pénétrés en tous sens par des veines minces de fer oligiste, ou de veines de quartz contenant du cuivre vert et gris.
Les minerais étaient fondus à Saint-Sauveur.
l'abandon de^ travaux aurait été dû, d'après M. Dépine, au peu d'abondance du mmerai. L'exemple de lamine du Cerisier atténue l'effet de ces paroles. On y travaille (1873).
Salèze, à une lieue et demie de Saint-Martln-Untowpie. — Couches verticales dirigées N. S. d'une serpentine schisteuse.
Plusieurs de ces couches sont pénétrées de disséminations de pvrlte de cuivre, quelquefois sur une épaisseur de i mètre.
On y voit une galerie, dite des Romains, d'environ 100 mètres de longueur.
€ Cette mine, dit M. Dépine, serait abondante; tiials, comme le ml- € nerai y est fort disséminé, il faudrait, avant de l'exploiter, faire des *e essais nour s'assurer des produits que donnerait la fonte. »
Gisement de Péoney plomb. — Il avait été anciennement Tôbjet de deux attaques : Tune aux fosses maquettes, l'autre au point de jonction des torrents d'Algiiebldnche et du Pacolet.
La première montre un gisement consistant en une couche interctllée dans deà calcaires noirs veinés de blanc, liasiques.
Cette ôoucbe se composait, selon M. Dépiiie, de t)Iaàieurs aiitres :
i^ Au toit, une argile grisâtre produisant au lavage 7 à 8 pour f 00 de galène en grains.
i^ Au milieu, une Couche cle galène en rognons dans une argile ferrugineuse rougeâlre. Puissance : 0,<0à 0,20,
3^ Au mu^, couche mince d*oxyde de Fer, séparée du calcaire par une salbande argileuse rougeâtre.
Là galènfe donne 56 pour 100 plomb. Elle est pauvre en ârgetit.
La seconde attaque présente une couche de plomb blanc, où plomb carbonate terreux mélangé de galène^ d'une épaisseur de 0,20, et ayant à son mur une couche argileuse rougeâtre de quelques centimètres aveo rognons de galène.
Minerai : sa teneur était de 62 pour 400 de plomb.
De l'diitre côté du torrent le Pacolet se montrent tes fedtes d'anciennes exploitations et de nombreux déblais dans lesquels où trouve fré^ueihment des rognons de galène.
Les causes d'abandon de ces mines étaient inconnues. H. Dépitie rapportait l'exploitation au siècle dernier et attribuait rflbandon, d'après la tradition, à la mort de l'exploitant.
Ces mines sont aujourd'hui (1874) en voie dé ^epris^.
Frema-Muorta^ près de Molières.-— Endroit presque inaccessible. Filou de galène qui parait peu important.
Le Pisset, à moitié chemin entre Saint- Martin- Lantosque et le col de Fenêtres. — Minces veines de galène et de cuivre pyrileux, assez riches en argent, intercalées dans le gneiss.
Elles ont été exploitées au commencement de la Révolution.
La galène était transportée à la fonderie de Tende.
Mine de Tende. — Elle est située en Italie; nous la rappelons ici parce qu'elle appartient à l'ancien comté de Nice.
Cette mine avait été travaillée ancienilemcnt par les Sarrazins. Reprise vers 1740, elle fut exploitée avantageusement jusqu'au moment de la Révolution française et depuis jusqu'en 1817, époque de son abandon.
Le gîte se trouve dans une roche quartzeuse et plus ou moins talqueuse, reposant sur le granité. Il est muni, au toili d'uoe salbande argileuse.
Direction ; E. 0.
Inclinaison : 45 à 50*.
Puissance : variable.
Minerai : galène à grains d*acier disséminée dans la couche quartzeuse.
Galène à grandes facettes formant quelquefois, dans le sens de la couche, des amas de 45 à 20 mètres de puissance» et tenant 60 pour 400 de plomb, 833 gr. d'argent à la tonne de plomb.
Les travaux, très-étendus, se sont prolongés longtemps au-dessous des travaux les plus anciens. Us sont sans doute en partie éboulés, mais M. Dépine y vit, en 1822, des vides considérables indiquant toute Tim^ portance de Fancienne exploitation. Cette mine, exploitée par des Anglais (1873], fournit annuellement 400 tonnes de minerai lavé.
Vallon du Trésor^ arsenic. — Veines assez abondantes d'arsenic sulfuré jaune et rouge, dans le calcaire, près de Lucéram.
Fontan^ mercure. — Il a été signalé à quelques minutes du Fontan, du côté de Tende. On n*a pas encore pu le découvrir malgré les recherches qu'on y a faites à plusieurs époques.
Mine de Biot, manganèse. — Production annuelle environ 1,200 tonnes.
En résumé, les gisements de cuivre, de plomb, de zinc et de manganèse paraissent être très-fréquents dans le département des Alpes-Maritimes. Quelques-uns d'entre eux y ont donné et donnent encore lieu à d'importantes exploitations.
L'absence des voies de communication y a été vraisemblablement une des principales causes du ralentissement de l'industrie minérale dans le siècle actuel. Cette difficulté est encore aujourd'hui si grande, que, dans les hautes vallées, les transports ne peuvent s'y faire qu'à dos de mulet.
L'ouverture de routes et de chemins vicinaux dans cette partie si négligée du département devient donc de plus en plus nécessaire, soit pour l'agriculture, soit pour Texploitation des mines qui, sans eux, ne peuvent avoir qu'une existence précaire et qui, par eux, peuvent acquérir un grand développement.
La partie de la France où nous allons rechercher les gisements métallifères signalés jusqu'à présent comprend les départements suivants :
Tarn.
Aade. } MONTAGNES NOIRES BT COBBliRES.
Hépaalt.
Pjrrénéea-Orieiitalea.
Arléi^e.
Haate-caaponne. ) ptrénésSc
Haiitea-P|vénéea.
Baaaea-Pyrénéea.
Les renseignements qui vont suivre seront presque exclusivement extraits des ouvrages divers publiés jusqu'ici sur les mines de ces contrées^.
Département du Tara.
Ce département, d'après M. de Bouchepom qui en publia ia carte géographique en 4848, ne présenterait qu'un faible intérêt au point de vue des mines métalliques.
Cette opinion peut être vraie si on ne considère ces mines que d'après ce que nous en connaissons, car, en réalité, nous sommes tout aussi peu éclairés sur ce qui les concerne que sur ce qui se rapporte à celles d'un grand nombre de points de la France. Avant de nous exprimer d'une manière aussi nette et aussi peu favorable, il nous semble ^ilus raisonnable d'attendre que des études essentiellement pratiques aient été faites de nouveau. Cela nous paraît d'autant plus sage que le Tarn possède le prolongement de montagnes que l'on retrouve dans l'Aveyron, l'Hérault, l'Aude, où se présentent de nombreux gisements susceptibles de production ; il possède la même nature de terrain, et on y rencontre des travaux anciens assez étendus où jusqu'à ce jour, autant que nous puissions le croire, on n'a pas encore pénétré depuis des siècles.
Ce département' se montre à nos yeux comme une sorte de vaste amphithéâtre dont la montagne Noire au sud, les monts de Lacaune à l'est, les montagnes de l'Aveyron au nord-est et au nord, forment Tenceinte demi-circulaire.
Les terrains tertiaires constituent la majeure partie de l'étendue de cette enceinte qui n'est en quelque sorte qu'un vaste plateau ondulé. On n*y voit appaniltre qu'en quelques points, et sur de petits espaces, le terrain houiller de Carmeaux qui se prolonge au-dessous des terrains plus récents, les grès bigarrés et les couches jurassiques.
La partie montagneuse offre, dans la montagne Noire, un aspect bien différent. < Le sol se dépouille, ses accidents deviennent plus grandioses et plus agrestes; ils vont jusqu'à Tâpreté la plus sauvage, et, de leurs cimes élevées, on voit la plaine de Castres, les montagnes aiguës de l'Hérault, les plaines du Languedoc, les Pyrénées et la mer.
Ces montagnes sont presque exclusivement formées de granités, de gneiss et micaschistes que traversent des amphibolites, des serpentines, des roches quartzeuses et porphyriques.