Lamy. Noie inédite
^inerQi, -T- 1\ est formé de galène et dç cuivre gris associés à des minerais d'une bien moins grande importance, tels que le plomb carbonate, le cuivre carbonate, le plpmb ftrsepip-phQspbaté, etc. Ceux qu'on a extraits, pendant plusieurs années de travaux, ont présenté des teneurs variables telles que )^s suivantes :
Galène lamelleuse plomb p>/« 79,SQ Arg,aux400^deplQmt) o7s — grenue, . . — 79,*0 — # -^6
^ fibf6tt«e. . — 80»0Û -^ 61
Plomb carbonate. — » — IS ji 46^
Cuivre grU. . . . euivrep.Vo 43,94 Argent aux 1 00^ da minerai 654» — — — 14800*
Quelquefois, mail rarement, ils ont rendu 4,900 et 4,800 gr?^mm^s\
Disposition du minerai. — Les deux principaux mineraîa» galène et cuivre gris, se font présentés quelquefois en bandea parallèlea aeoolées l'une à l'autre, ou séparées par des matières quartieuses. La plus généralement ils sont disséminés dans le quarts, mais lis ont été aussi trouvés dans des matières feldspathiques altérées qui, sur quelques points, ont aussi concouru au remplissage du filon.
On a reconnu que leur ensemble fbrîttalt dans le filon une sorte de colonne ou plutôt d'amas lenticulaire aplati, incliné à Thorizon, d'une hauteur totale de 60 à 70 mètres et dé 50 à 69 mètres de largeur dans le sens normal à sa pente, ayant présenté vers son centime son maximum de puissance et de richesse.
Au-dessous de cet amas métallifère, le filon conserve toute sa puissance et tous ses caractères, de manière à donner lieu de croire & l'existence de nouveaux amas à une profondeur plus grande.
Pendant cinq ans, on y a extrait plus de 4,600 tonnes de minerai préparé qui ont été vendues aux usines de Vienne et du Notd, au prix moyen de 480 à 500 francs la tonne, et on eu q retiré des bénéfices.
ËQ 4872, les travaux y étaient presque entièrement suspendus, et on pouvait craindre que cette mine, qui s'était présentée dans les meilleures çonditipns de richesse, pût être abandonnée ; mise en liquidation à cette époque paf suite de désaccord entre les intéressés, elle fut vendue à une Société qui aujourd'hui (4873) y exécute des travaux importants.
Il n'est pas inutile de rappeler ici quelles peuvent être les causes de cette défaillance apparente. Lorsque le filon de§ ArdiUat^ fut découvert, les premier^ travaux conduisirent rapidement sur de$ parties métallifères d'une grande richesse. Ce résultat produisit une émotiop générale dans le pays, et les propriétaires des environs entreprirent de^ reoiierches supttrticielles en un grand nombre de pointa, l^es intéressé? de la mine des Arililiats, sous l'influence des mômes sentiiuept^, sans t^uir compte des
1. Bulletin de la Société de Vindtatrie minérale^ ISSS. Lamy.
éventualités et des changements qui pouvaient survenir ^W$ la oonti- Duité des minerais au sein du filon, se hûièreut rie faire construire à grands frais une fonderie sur les bords de la Saôpe et de retirer entièrement les produits que leur fournissait l'exploitation $ans faire ancun travail d'avenir. Lorsqu'on fut arrivé aux extrémité^ de )'amas lenticulaire qu'op avait eu la fortune de rencontrer; lorsqu'on eut recueilli la presque totalité du minerai qu'on pouvait en retirer, il fal]Qt penser ^ exécuter f}es travaux nouveaux, faire de nouvelles recherches, créer enfin un nouveau capital d'exploitation. De U le désaccord entre les propriétaires de la mine et les causes de l'abandon donti cette inine fijt menacée. C'est l'his-» toire d'nne foule d'entreprises d^ ce genre fon France.
Quoique nous pensions que de nouvelles richesses argentifères doivent infailliblement exister dans les profondeurs, probablement plus importantes qne celles qne l'Qn ^ déjà rencontrées, nous pe suivons pas quel est l'avenir destiné aux travaux qui s'exécutent aiyonrd'hui ^nx Ârdill^ts; mais, quel qu'il puisse être, on peut remarquer combien il ét^it ÎYnpru* dent, au dét)ut, de consacrer à des construotions qui n'ont jamais servi des sommes importantes, et de ne pas formert à l'aide des produits de la mine, un fonds de réserve qui aurait permis de développer les recherches, de trouver d'autres amas, d'assurer enfin ('exploitation future sans sacrifices nouveaux.
flloasQls, r^ Dans la même concession, et sur les versants de Monsols, ou voyait, en 1872» les traces (}e travaux qui n'étaient pas bien anoiens. ks alflQuremept^ des filons qni traversent les sot^istes superposés auii granités et aux porphyres, disparaissant sous la végétation; mais, d'après M. l'ingénieur Barudio, on avait reconnu de ce côté et non loin de Monsols un filon quartzeux, de 3 mètres de puissance, qui pouvait être le prolongement de celui du Montchonay,
Valettes. — En 1 872, les travaux étaient abandonnés» On y avait exploré un filon quarts^eux analogue au précédent. En 1873, cette conces* sion est s^cquise par les nouveaux propriétsfires de celle de Montchonay ou des ArdiUats.
Chenelette.^ Près du pays de ce nom e^ un peu aurd^ssus de U ronte de Beaujeu à CbaufTailIes, se montre Taffleurement d'un remarquable et puissant filon plombeux. Il n'était trsivaillé en 1872| au moment o4 nous Tavons vu, que par des paysans qui y cherchaient l'alquifoux.
On y voit les traces d'anciens travaux qui remontent sans dpute à une époque éloignée et se développent sur une étendue de plus de 1 kilomètre.
Ce filon, très-apparent à la surface du sol, consiste en zones de quartz
et de baryte parallèles, encaissées dans des porphyres.
Leur direction esta peu près N. S. magnétique.
Il était difficile en 4872 de juger de la puissance de ce gisement en partie caché par la végétation ou par les déblais des anciennes excavations ; mais on pouvait facilement présumer qu'il devait ôtre puissant. M. l'ingénieur Geyler, qui y a fait exécuter des travaux d'exploration dans ces dernières années, nous a assuré qu'en certains points son épaisseur atteignait 20 mètres.
Minerais. — Ils consistent en galène à grandes facettes, pauvre en argent, en plomb carbonate et phosphaté.
Cette mine, dont l'affleureâient est peu élevé au-dessus du vallon, parait devoir être fort riche en plomb.
Longefay. — Non loin de Cbenelette et près du hameau de Longefay, se trouve le filon de ce nom, connu depuis longtemps comme le précédent. £n 4867, il fut l'objet de travaux assez importants et une laverie avait été construite auprès de son afQeurement. Il consiste en un filon quartzeux courant dans la direction N. 65 à 70 E., encaissé dans des porphyres verts fort durs, et qui paraît avoir une grande étendue.
Les minerais étaient composés de galènes et de cuivre gris argentifères.
La dureté des épontes et la difficulté d'ouvrir, dans les roches de cette contrée, des galeries d'écoulement ont été vraisemblablement la cause de l'abandon des travaux, qui auraient peut-être pu être poursuivis avantageusement si l'on avait pu se servir des matières explosives que possède aujourd'hui l'industrie.
Propières, — Azolette. — La mine de Propières, située au nord et presque au pied des roches porphyriques d'Ajoux, consiste en un filon principal encaissé dans des schistes dévoniens que recouvrent des terrains incuites ou couverts de bruyère.
Ce filon est signalé par une succession de dépressions du sol indiquant les éboulements des travaux dont il a été l'objet, suivant la direction N. 40 0. Les déblais extérieurs indiquent que ce filon était particulièrement barytique.
D'après Guillaume Paradin (4560), on le travaillait en 4458, et des travaux antérieurs y avaient été poursuivis au temps de Jacques Cœur. A cette époque, on en retirait l'argent, quoique la teneur paraisse n'avoir pas dépassé 30 à 40 grammes aux 400 kilos de plomb d'oeuvre.
Cette mine fut reprise vers 4838, et, d'après M. PariselSla Compagnie qui exploitait n'avait livré au commerce que du vernis de potier ou de l'alquifoux. Cette Compagnie avait commencé à construire des fourneaux
!• SUUsUque des mines du Rbftne.
pour le traitement des minerais; mais, en 487S, on n'en voyait aucune trace. On pouvait cependant constater la présence de scories indiquant les tentatives qu'on avait faites pour la fusion.
Quelques travaux y furent encore pratiqués plus tard; mais ces recherches nouvelles, peu étendues d'ailleurs, d'après ce que nous en savons, furent bientôt suspendues.
Le gisement A^Azolette paraît être la suite de celui de Propiëres.
Dans le district de Beaujeu, on connaît encore d'autres gisements plombeux situés sur les versants de la Saône, comme à Saint-Didier^ Vemaj/j Lantigné^ Quincié^ Marchaiis^ VauXy Odenas. Mais généralement, dans ces mines comme dans tout le Beaujolais, les minerais de plomb qui n'y sont pas accompagnés de cuivre gris n*y possèdent qu'une faible teneur en argent. Ils peuvent toutefois, comme le filon de Chenelette, avoir une grande richesse en plomb. Parmi les derniers gisements que nous venons de citer, nous devons cependant rappeler celui d*Odenaz^ au sujet duquel Guillaume Paradin écrivait : < La mine d'Odenaz, près la montagne de BruUon (Brouilly), chemin de Beaujeu à Charentay, payait et satisfaisait en plomb à toutes mises et frais, restant de gain Targent. L'eau empêche le travail. »
On y connaît plusieurs filons quartzeux et barytiques dans lesquels la galène est accompagnée de plomb carbonate et de cuivre carbonate vert qui y font soupçonner la présence du cuivre gris.
Vallée de tAzergue. — En descendant la vallée de TAzergue, on a trouvé de nombreux vestiges de mines qui ont été attaquées à diverses époques. Parmi ces mines, nous citerons les suivantes :
Vautorte, près Claveysollest pyrites de fer. — Vers U50, d'après Paradin, on travaillait à ces mines, qui renfermaient € force vitriol, argent, plomb, cuivre et soufre. » Les ducs du Bourbonnais y prenaient certains droits comme barons du pays.
Dans le dix-septième siècle, on en retirait la couperose. A cette époque, les travaux y furent interrompus, et, d'après les Mémoires des intendants, la cause de l'abandon devait être attribuée à la mésintelligence des entrepreneurs, à la rareté des gros bois nécessaires au boisage, à la difficulté des transports, à la rudesse extrême du pays. Des travaux y ont été faits dans ces dernières années sans qu'ils aient été poursuivis.
Chamelet. — Létra^ anciennes exploitations de galène.
Valsonne^ filon dans une roche porphyroîde. Galène & fines facettes, compacte. Blende, mispiket, pyrite de fer, cuivre et fer arseniaté et pyriteux. En 1849, on l'exploitait pour en tirer l'arsenic. Aujourd'hui (1873) ces travaux sont abandonnés.
Mhkek de Jncquéi Cœu^. — Pendant longtempè on à igtiofê H «îtiîâtîon des mines de Jacquen Cœur; les Mémoires deà intendant» écrite eri 1698 n'en font pas mention; en 1820, Tétat des mines publié pal^ TAdminlstration disait que (jUdlques-un^s de ces mines n'avaient pu éthë retr^ou- Téesi et en 1889 on écrivait î « L'ihsottciante pouf les mines est telle en France, qu'on n'a pas encore retrouvé la situation des fllons concédés par Charles VII aux fils de Jacques Cœur^ »
Aujourd'liui, si on ne connaît pas toutes les mines de Jacqife$ Cœur, on sait au moins, grâce aux reclierches laborieiises d'up ingénieur civil, feu M. Poyet, où se trouvent la plupart de celles qu'il f^^isait exploiter dans le Lyonnais et dans le Beaujolais.
Ces recherches, publiées en 1861 S ont fait savoir que ces o^nes, désignées dans les anciens documents sous les noms de :
Cheisêieu ou Càisiieu,
PompaiHèU, Pûmpadly ou Pômpilieti^
Cane,
Joêdétû fn&H^igfie de tc^nne,
ne sont autres que les mines :
de CkeBsff et de SainM (Souroieuxi Seint^Pierre^la-Palild et Che-
vinay) ; de Boussivreei Valetier, commune de Joux-sur-Tarare; de Hre&ieu, bafttoti de Stilnt-Laurent*de-<6h0méu8aet, et de
Pompallieu ou Pompailly étant un hameau situé sur la rive droite du ruisseau de Cosne, près Bressieu % on ne peut avoir aucun doute à cet égard, et la mine de Cosne était auprès de BruUioles.
Les usines, placées sur les lieux mêmes, étaient désignées sous les noms de Martinets, de Cosne, Venail ou Yernay, hameau de Brullioles, et Brucieux.
On voit encore, dit-on, à Bressieu les restes de la laverie et de la fon* derie, les vestiges des anciens travaux dans la montagne du Yernay; mais la végétation et la culture cachent les traces des filons exploités.
Les mines de Joux-sur-Tarare ont été rappelées en 1560 par Guillaume Paradin, qui dit : % Eu la paroisse de Joux et au lieu appelé la Vieille' Montagne de Boussièvre, il y a des mines tenant argent, plomb, cuivre et un peu d'or, et d'autres, près Valletier et à un quart de lieue du ehfltèau de Joux, tenant 1 marc d'argent pour 100. » La tradition rappelait aussi celles de Bl'uiHoles, suspendues en 1560, puisque, dans le même travail