‹ Tableau général et description des mines métalliques et des combustibles minéraux de la FranceChapitre 98 sur 194 · Anciens minéralogistes · texte numérisé non relu

Anciens minéralogistes

abandon. On sait cependant qu'en 1 579, bien peu d'années après Vexplosion des guerres religieuses, à l'exception des mines de l'Alsace, toutes les Uilnes d'argent de la France étalon t abandonnées, pour la plupart, par suite de ces guerres, et il n'est pas déraisonnable de croire que les mines de Poutgibaud aient subi les mômes effets par suite des mêmes causes.

XVII* siècle. — Les mines sont reprises sous le règne de Louis XIV par le duc de Lude ' qui , d'après les intendants, les abandonna parce que les dépenses dépassaient le produit.

i7d9. Quelques travaux sont encore faits par la famille de Lude et la Compagnie de Chapdes. On n'en connaît pas les résultats.

i78l. Travaux ouverts par une Compagnie lyonnaise aux Combres, à Roure et à Barbecot. On découvre les travaux anciens, aux Combres, en 1781, des vides considérables à Rosiers; on exploite plusieurs massifs de minerai à la vieille mine de Roure; enfin on construit une laverie sur la Sioute et une fonderie à Pontgibaud en 4790.

4792. Abandon des mines par suite des événements politiques.

4826. C'est à cette époque que commença l'exploitation réelle des mines de Pontgibaud dans les temps actuels, après plusieurs siècles, non pas d'oubli, mais d'abandon, et les tentatives que l'on fit alors, en l'absence de toute tradition, sans que Ton connût rien des travaux du passé, devaient traverser encore bien des phases difficiles avant de parvenir à mettre les mines dans l'état où elles se. trouvent aujourd'hui.

De 4826 à 4838, les travaux, poursuivis par un seul propriétaire, sont conduits avec peu d'activité. On fait des recherches à Pranal, à Barbecot et aux Combres.

4838-4850. Formation d'une Société en commandite. Les travaux sont poursuivis plus activement. On commence les recherches à Rosiers en 4841. Pendant cette période, on rencontre des difficultés imprévuf's par suite du dégagement de l'acide carbonique dans les mines de Barbecot. Des accidents tels que des inondations surviennent, qui détruisent ou endommagent les laveries de Pranal et Barbecot; les capitaux, déjà absorbés par des travaux considérables à l'extérieur, tels que chemins de fer, routes, constructions, canaux, fonderie, devinrent insuffisants; découragement des actionnaires, emprunts qui chargent les frais généraux.

Néanmoins, on avait découvert et exploité des colonnes de minerai; au 30 septembre 4847, on avait abattu 30,227 mètres cubes de fiiuu et

!• Méffloireê des iotendants.

on avait fait 1,773 kilos d'argent, du plomb et des litharges, ayant une valeur ensemble d'environ 1,400,000 francs, pour une dépense totale de 2,700,000 francs, dans lesquels les frais d'exploitation, de manutention et transports, de fusion et divers, entrent pour 979,000 francs*; les frais généraux, comprenant aussi les intérêts d'argent et les constructions, absorbèrent le reste. On comprendra toutes les difficultés que dut rencontrer Tentreprise à cette époque, par suite d*une situation financière embarrassée.

4853-1873. Une nouvelle constitution succède à la précédente; les travaux sont dirigés par Richard Taylor, Tun des ingénieurs anglais les plus éminents du Royaume-Uni, et tout se transforme. On ne fait que les dépenses nécessaires et utilos, on pousse activement les recherches, on découvre de riches colonnes de minerai, et, dans la seule année de 187f , on avait produit 5,255 kifos d'argent, 1,169 tonnes de plomb, c'està-dire plus que dans les dix années de 1838 à 1847; enfin on avait fourni des dividendes et réalisé une réserve importante qui permet de pousser les travaux de profondeur, d'assurer l'avenir de la mine et de la conduire vers un état de prospérité que les anciens n'ont probablement jamais connu.

Si l'on réfléchit sur cet historique, on y trouve, ce me semble, de grands enseignements. Dans cette dernière période de 1838 à 1853, on peut admettre que l'absence des traditions dut créer bien des incertitudes et faire naître des tâtonnements coûteux dans les premiers travaux ; mais il est permis de croire que bien des capitaux ont été employés trop tôt en constructions onéreuses, ainsi que cela a eu lieu sur d'autres points delà France, et qu'enfin les forces disponibles étaient épuisées avant qu'on ait achevé les travaux des mines les plus nécessaires et les plus aptes à reconstituer ces forces. Ce système n'a pas été suivi par les ingénieurs qui dirigent aujourd'hui les travaux. Ils se sont servis des constructions anciennes dont ils ont profité, mais ils ont montré^ par leur manière de procéder, qu'avec de bien moindres dépenses on aurait pu atteindre le but qu'on s'était proposé; ils ont consacré la plus grande part des fonds dont ils disposaient aux travaux souterrains et rigoureusement utiles. 11 est probable que, si on avait agi de la même manière pendant la période de 1838 à 1850, on n'aurait pas rencontré tant de difficultés et d'obstacles, et il y a longtemps que les mines de Pontgibaud seraient en pleine production.

Enfin, d'après l'opinion d'hommes compétents, d'après les caractères des filons dont nous allons parler, d'après la richesse en argent de leurs minerais, et surtout d'après la manière dont les travaux y sont conduits, dont l'administration est dirigée, ces mines paraissent être au commcn-

t . GrOner. Mémoire inédit.

cernent d*une période nouyelle et prospère, placées désormais parmi les bonnes affaires industrielles. Elles sont vraisemblablement appelées à nous prouver que tous les obstacles dont on a si souvent parlé, comme l'élévation de la main-d*œuvre, etc., qu'on a tant de fois mis en avant pour expliquer l'abandon des mines de la France, n'existent réellement que dans Tesprit de ceux qui les expriment sans avoir sufiQsamment approfondi cette difiSciie question.

Gisements. — Ainsi que nous l'avons déjà dit, les mines de Pontgibaud appartiennent à un vaste faisceau métallifère qu'on retrouve dans les trois concessions de l'entreprise. Ce faisceau se manifeste aux lieux suivants, dans leur ordre de succession du sud au nord : Houre, Rosiers, Lagrange^ Mioche^ Labrousse^ Pranalf Barhecot et les Combres^ échelonnés, dans une direction rapprochée de la direction N. 45 E., sur une distance d'environ 8 à 9 kilomètres.

Ces lieux sont les centres des exploitations anciennes ou actuelles.

Dans les cinq premiers, l'ensemble des filons court à peu près parallèlement aux eaux de la Sioule*, et il traverse ce torrent au nord de Pontgibaud en le recoupant presque à angle droit.

Sur les bords de la Sioule, on voit ainsi de nombreux affleurements et on distingue, à Pranal et à fiarbecot, deux groupes de filons qui, d'après l'inspection des plans, paraissent devoir se réunir aux groupes principaux de Roure et de Rosiers au sud.

Au milieu de tous les filons que Ton connaît dans chacun de ces groupes, on distingue le fiion Saint^Marc^ que l'on retrouve à Roure, à Rosiers, qui se poursuit à Lagrange et à Jtfioche, et que l'on croit reconnaître au delà de Pranal, à Chalusset.

Ce filon, d'une puissance de 4 à 5 mètres, dans lequel on a trouvé des renflements d'une largeur de 40 mètres, présente une continuité et une puissance qu'on n'a retrouvées dans aucun autre; il paraît être le filon maître de la contrée, autour duquel viennent se grouper, dans des directions diverses, une foule d'autres veines et de filons plus ou moins productifs.

Tous ces filons sont encaissés dans le gneiss et le granité; ils pa<;sent au-dessous des coulées basaltiques que l'on voit sur les bords de la Si tule, et quelques-uns d'entre eux, notamment à Pranal, suivent ce même porphyre quartzifere qui semble accompagner le faisceau métallifère Hans son développement et qu'on retrouve dans la même direction, ainsi que nous l'avons déjà rappelé, au sud, à Mont-la-C6te, et, au nord, à Saint- Pardoux et près de Blot-l'Église.

Remplissage des films. — A l'exception d'un filon essentiellement quartzeux, tous sont g^^néralement remplis par des gangues participant de la nature des roches encaissantes et, comme elles, essentiellement feldspa-

thiques et siliceuses. Ce remplissage est généralement composé de roches altérées et argileuses, dont la décomposition est d'autant plus grande qu'on se rapproche davantage de la surface. Le sulfate de baryte est généralement peu abondant, et là où on Ta rencontré en quantité un peu notable, il a été remplacé en profondeur parle quartz; la chaux carbonatée s'y trouve rarement; et enfin on y rencontre fréquemment des fragments de la roche encaissante. Les filons sont généralement munis de salbandes; quelquefois cependant elles manquent dans les parties minéralisées; on en rencontre sous forme d'argiles noires, avec quelques centimètres d'épaisseur, dans les parties stériles.

Minerais. — Ils consistent en galènes, lamellaire ou à grain d'acier, accompagnées d'un peu de blende, de pyrite de fer, de plomb carbonate et arséniaté, quelquefois aussi de cuivre gris et rarement de mispikel. A la surface, ils se présentent parfois sous forme de phosphates. Dans certaines parties, la pyrite de fer devient très-abondante; mais, le plus souvent, on peut expliquer sa présence par le voisinage ou le croisement de filons pyriteux qui sont très-nombreux dans la contrée.

La galène se présente généralement en bolonnes de largeur variable, ordinairement de 50 à 60 mètres, quelquefois de plus de 450 mètres, séparées par des espaces plus ou moins stériles; elles ont présenté, dans certaines parties, des massifs de i mètre de galène ptire.

Jusqu'à ce qu'on ait poursuivi les travaux du filon dit filon de Labrousse, on avait remarqué que ces colonnes, partout où on les avait rencontrées, devenaient de moins en moins riches en se rapprochant de la profondeur de 400 à 120 mètres et cessaient môme de renfermer le minerai au-dessous de cette profondeur. Cette disposition particulière semblait indiquer l'existence d*une zone métallifère presque horizontale, représentée par une série de colonnes ou plutôt d'amas lenticulaires. Le minerai disparaissait peu à peu au-dessous d'elle, sans que les caractères des filons ni leur puissance fussent modifiés; cette circonstance faisait considérer cette interruption comme simplement momentanée et permettait de croire que de nouveaux amas, peut-être encore plus riches, pouvaient être rencontrés à une profondeur plus grande. A Pontgibaud, on a confiance dans cette manière d'interpréter les faits, fondée d'ailleurs sur des faits analogues dans d'autres contrées, et l'on n'a pas hésité à entreprendre à la mine de Roure l'exécution d*un puits qui résoudra la question et sera sans doute le précurseur d'un important avenir. La disposition particulière de cette zone paraît pourtant ne pas être générale, car les travaux récents de Labrousse montrent une exception à l'appauvrissement constaté à la profondeur indiquée plus haut, et les amas s'y poursuivent plus profondément.

lia teneur des minerais en argent varie de 300 à 500 grammes aux 400 kilos de plomb.

Jn 1872.

Lésschlickë dé Rosiers doiibâient 48 «/o plomb et 300 gr. argent aux lôb k. plomb.

Les minerais non laves

Schlicks de Làbroussd

Minerai massif

Schlicks de Pranal

Minerai massif

il lie nous ésl pâi possible de donner la descriptiori nçs lioixibreux filons connus à Pontgibaud,ou qui depuis vingt ans ont été l objet de recherches ou de travail)^, nous nous bornerons à en rappeler quelquesuns, parmi lesquels nous citerons les suivants :

Filon de ^ûclrtt *: — Direction : b. \ 1/8.

Incliîtaison : iSi rfest, presque verticale.

Puissance : 5 métrés.

Gangue : quartz sjïccharoïde trës-dur. Il a été reconnu métallifôre à la mine de Roure, ma|s il n'est actuellement (1873), autant que nous le sachions, Tubjet d'aucun travail.

Filon Saint-Mare ^ à Rosiers. — Dans la région de Saint*Harc, son affleurement est marqué sur le sol par un chapeau de fer bien déterminé.

Direction générale : h. 1 à 2.

Puissance : variable de 4 à 6 mètres.

Ce iSlon est rencontré par un grand nombre de raniifications qiii, sui sbii prolongement à Roure, étaient érî 1872 l'objet a une exploitation iinportante. On Ta poursuivi sur une longueur de 1,700 mètres.

Minerai. — Il se présente en colonnes, tin peu inclinées vers le nord, qui, travaillées par les anciens jusqu'à 25 et 30 mètres de profondeur, ont motitrë des largeurs de 50 mètres et môme de 150. La tenelit* en argent des minerais de plomb a varié de 350 à 600 grammes aui lUO kilos de t)lomb.

li est rencontré par des croiseurs arglletiK qui renferinent aussi dés colotmes riches et puissantes. Ce fiiôn et ces veines ont été reconnus stériles à la profondeur d'environ ISO mètres.

La Brousse. — Ce filon n'était indiqué; il n'y a p^i lon^emps encore, que par les ti'aces de quelques ti^avaui anciens, et par la présence dé minerais de plomb phosphaté et carbonate; il est sitiié à 600 mètres eh-

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