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CHEZ I.' ACTEUR, HUE l'OKTE-NECJVE.
La tendance générale des esprits vers les idées positives est venue seconder cette impulsion (vers l'histoire naturelle), et aujourd'hui l'étude de la nature est reconnue comme un des éléments indispensables dans tout système libéral d'éducation, L'Université, d'ordinaire si peu favorable aux innovations , a elle-même senti la nécessité d'en admettre l'enseignement dans les collèges, et désormais cette science ne pourra rester «omplèteraent étrangère, même aux hommes qui se contentent de l'instruction élémentaire reçue dans ces établissements.
Milne-Edwarbs. [Élém. de Zool.)
Sous ce titre : Tableau méthodique et descriptif des Mollusques terrestres et d'eau douce de l'Agenais , je me suis proposé de donner l'histoire naturelle des invertébrés appartenant à cette branche du règne animal , qui se trouvent sur le sol ou dans les eaux douces de notre circohr •scription.
Le département de Lot-et-Garonne , coupé par de nombreuses collines où des calcaires sont échelonnés au-dessus de roches tendres, est un des plus favorables au développement des espèces dont nous nous occupons.
La partie élevée fournit un grand nombre d'espèces terrestres ; les champs dç la plaine ont aussi les leurs ; les vallons que parcourent de légers cours d'eau ; des fontaines , des marais stagnants , sont riches en espèces aquatiques ; enfin notre fleuve et nos rivières promettent à l'amateur d'abondantes richesses.
Il offre aussi toutes les variétés de culture, de sol et de climat. Tandis que les vallées de la Garonne, du Lot et du Gers ressemblent par leur aspect et leur fertilité aux plaines de la Touraine et de l'Anjou , les sables de nos Landes rappellent les tristes déserts de l'Afrique.
Il est une contrée de notre département dont la position géologique diffère complètement du sol général. Je veux parler de Tournon dont les roches suivent la chaîne du Lot et vont se relier aux montagnes de l'Auvergne.
Cette formation , plus ancienne que celle qui s'étend de Beaupuy à Hautes-Yignes et Meilhan , vers l'embouchure du Lot et sur les deux rives de la Garonne , est caractérisée par les nombreuses gryphées , térébratules et ammonites dont certaines couches sont remplies.
INTRODDCTION. 3
Un grand nombre d'espèces habitent ce i terrain - et lui sont propres , car elles ne se retrouvent dans les plaines de la Garonne qu'apportées par les alluvions de nos cours d'eau*.
Le sol des Landes est généralement de formation marine , surtout près de Sos , de Rimbès , Baudignan et Gabarret. A Saint-Julien-de-Fargues , les formations marine et lacustre n'alteraent pas , mais se relient et se fondent ensemble ; car le troisième dépôt du calcaire gris à limnées touche un dépôt de marne crayeuse remplie ^ostrœa vesiculans et de quelques montes de bivalves qu'il ne m'a été possible de déterminer.
Là aussi , comme dans les terrains du haut Agenais se trouvent des espèces qui ne dépassent pas la ligne des sables" ; mais il est à remarquer que les fluviatiles céphalés et acéphales y sont aussi communs que dans les vallées , lorsqu'au contraire les environs de Tournon en sont très avares.
Le nombre considérable de Mollusques répandus dans cette partie du bassin sous-pyrénéen est porté à cent trente- Ce sont les Hélix : Cornea , Neglecta , Pygmœa; Pomatias maculatum; Bulimus radiatus ; Pupa avena , &.
Ce sont les Hélix : Poncnlina, Fusca; Succinea putris; Pupa ti idenx , &[.
trois espèces dont deux pourtant sont douteuses. Ce sont : VHelix pomatia et la Paludina vivipara.
La première , trouvée sub-fossilc dans nos terrains d'alluvion , m'a été apportée vivante de plusieurs localités opposées. Ces Hélices vivent-elles réellement dans notre département?... Ce fait me paraît douteux, car cette espèce abonde toujours dans les localités où elle se plaît , à en juger surtout par leur agglomération aux environs de Paris. Il est de fait cependant que dans les terrains meubles de quelques coteaux on a trouvé beaucoup de ces Hélices mortes depuis longtemps, et dont le têt avait conservé toute sa coloration ; ce qui me porte à croire que quelque froid très rigoureux ou une chaleur trop subite les aurait surprises tout-à-coup et fait périr*.
La seconde espèce, la Paludina vivipara, si commune dans le canal à Toulouse , n'y était point à l'époque où le docteur Noulet publia ses Mollusques du bassin sous-pyrénéen. Je ne l'ai point trouvée dans le canal latéral à la Garonne ; mais par anticipation j'ai cru devoir la mettre au
* On ne peut sérieusement admettre que les Romains aient été pour quelque chose dans l'agglomération de ces coquilles ; tous leurs parcs à limaçons n'y auraient point suffi. Il en est de cela comme de VOstrca virginiana , répandue par bancs nombreux et épais , à la même hauteur , sur tous nos coteaux , et que quelques personnes attribuent aussi au luxe culinaire des Romains.
nombre des espèces qu'on y rencontre , car peut-être à peine mon travail sera-t-il imprimé que cette Paludine sera dans les eaux de notre Canal comme elle est dans celles du Canal du Midi , qui doivent se relier mutuellement.
D'après l'avis de plusieurs savants , j'ai cru pouvoir signaler des espèces qui se trouvent dans les alluvions de nos rivières, bien qu'elles ne soient qu'accidentellement dans notre localité.
J'ai suivi pour la classification la méthode adoptée par M. Sander-Rang dans son Manuel des Mollusques, tout en supprimant son genre Hélix que lui-même voulait supprimer plus tard. Je m'en suis rapporté alors aux animaux sans vertèbres de Lamarck pour les divisions de ce genre.
J'ai aussi emprunté la synonymie à ce dernier auteur dans la dernière édition où s'est joint M. Deshayes; au Catalogue des frères Villa, au docteur Graëlls, à Rossmassler, &. , ces divers ouvrages étant le plus au niveau de la science.
Depuis ces publications il a paru quelques ouvrages partiels que je me suis procurés , afin de compléter autant que possible la synonymie des genres et des espèces. J'ai eu à ma disposition les ouvrages les plus importants et une foule de petits traités sur les découvertes nouvelles de presque
tous les départements ; à l'aide de ces matériaux et des avis officieux de MM. de Grateloup, Noulet, Dupuy, Deshayes, Charles des Moulins, &. , j'ai pu compléter mes observations et par là aider de mon faible concours à la Statistique départementale , lorsqu'on s'occupera de la Faune de l'Agenais.
Je me suis attaché à donner une description détaillée des individus afin que , la coquille à la main , l'on pût les distinguer facilement les uns des autres. Pour les espèces nouvelles ou peu connues , je les ai faites soigneusement dessiner et colorier d'après nature*.
Les variétés sont pour moi d'une faible importance; aussi je signale rapidement celles qui m'ont paru le plus s'écarter du type , tant pour la forme que pour la couleur , et je laisse aux amateurs le soin de les collectionner à leur goût.
Les recherches que nécessite l'étude des Mollusques demandent des déplacements fréquents et beaucoup de persévérance ; aussi pour en rendre les commencements moins abstraits , je fais précéder mon ouvrage par un petit aperçu des mots techniques en usage en conchyliologie,
(*) Une collection complète des Mollusques du département sera placée au cabinet de la ville, ainsi qu'à celui du petit Séminaire , pour faciliter les sujets de comparaison.
suivi de la manière de recherclier, conserver et classer les Mollusques et leurs coquilles ; je l'ai fait dans le but d'être utile aux personnes qui, ne s'étant point occupées de cette science , seraient bien aises de s'initier au moins à la connaissance des espèces indigènes et de leur éviter des recherches pénibles et souvent infructueuses.
Aucun fait , même douteux , n'a été passé sous silence , et toutes les fois que j'ai cru errer j'en ai appelé sans amour-propre au jugement des savants distmgués qui m'honorent de leur affection.
Les collections publiques et particulières de Paris , Nantes, Bordeaux , Rochefort, ont été scrupuleusement visitées par moi , et j'ai pu par analogie comparer les individus sur lesquels j'avais des doutes.
Puisse mon travail , fruit de neuf années d'études , être accueilli avec bienveillance par les Conchyliologistes ! je m'estimerai fort heureux et mon but sera atteint ! . . .
Agcn, mars 1849.
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