B. Tronqué. — B. Truncatus. (Ziègler.J
Syn. — IJ. Truncatus, Zièg., Cuv. — B. Dccollatus, Brug., Drap., Roiss., Noul., Merm. — H. DecoUata, Linn., Daud.
Animal : chagriné , noirâtre , plus pûle en-dessous ; tentacules supérieurs longs et fortement oculés , les inférieurs très courts. — OEufs calcaires, ronds.*
Coquille : turriculée, striée en long, longue, presque cylindrique, toujours tronquée au sommet, à l'état adulte ; conico-cylindrique à l'état jeune , sans troncature au sommet qui est mamelonné ; ouverture ovale ; péristome blanchâtre ou un peu rosé , peu réfléchi , mais épais ; columelle calleuse recouvrant l'ombilic qui paraît à peine ; quatre à cinq tours convexes j suture marquée; sommet tronqué, fermé pai" une cloison en spirale., couleur gris-fauve corné , luisant , radié de taches brunes \ épiphragme calcaire brillant.
Hauteur : 20 milli"'. — Diam. 8 milli"".
Habite : les vignes des coteaux élevés , au sud et sudouest, dans les friches, à St-Yincent, Bellevue, Bagatelle, le Bédat , Ste-Radegonde , Puymirol , & ; — très-commune.
* J'ai eu quelques accouplements forcés avec les Hélices Variable et Pisana. Lorsque le tonnerre grondait, j'enfermais un Bul. Tronque avec une de ces Hélices , sous un couvercle en gaze métallique ; l'électricité aidant , les animaux se recherchaient bientôt, se fuyaient pour revenir encore , leurs désirs fortement excités les portaient enfin à s'accoupler. Je n'ai point vu de Bulimes pondre et développer autre chose que des individus de leur espèce , mais les Hélices produisaient des variétés de coloration et de forme qui s'écartaient un peu de leur type, sans toutefois avoir le faciès des Bulimes.
MOLLUSQUES DE LAGENAIS.
Observations sur le Bulime Troiujué'.
** Pendant l'été de 1842, je recherchais les Mollusques qui vivent dans nos eaux douces et dans nos champs pour les comparer avec les Coquilles fossiles que m'offraient les calcaires exploités pour la construction du pont-canal. Ce fut lors d'une excursion que je fis près le Bcdat***, que je me procurai le Bulime Tronqué vivant. Je le trouvai au nombre de huit individus que j'emportai avec soin. Arrivé chez moi, je m'empressai de les mettre sur une caisse remplie de terre où végétaient quelques Bellcs-de-Nuit (Mirabilis Jalapa). Cette caisse était située au î""" étage , sur une terrasse , très exposée à la chaleur. Je recouvris mes Bulimes avec une gaze métallique et je leur donnai des plantes en décomposition.
Ils mangèrent pendant deux soirs et deux nuits avec avidité; ils étaient au contraire enfoncés verticalement dans la terre pendant le jour et de manière quelquefois à disparaître complètement. Je m'aperçus en les retirant que plusieurs avaient fermé leur ouverture avec un épiphragme calcaire blanc brillant****. J'avais soin d'humecter la terre de la caisse et de la tenir dans le même état de chaleur humide pour que mes Mollusques pussent aller et venir sans être incommodés par la dureté de la surface. Le lendemain, vers sept heures du soir , je renouvelai mon expérience en retirant un de mes Bulimes pour savoir comment il se débarrasserait de son épiphragme.
Il resta un instant engourdi et sans mouvement. Ce ne fut que vers sept heures trois quarts que je vis l'épiphragme se mouvoir, se détacher
* Ces observations ont été consignées dans les actes de la Société Linnéenne de Bordeaux , tome xv , 1" livraison. — Oct 1847.
** La singularité de la troncature de cette coquille fut décrite par Brisson , dans les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences , page 99, 7 Décembre 1759, sous ce titre : Observations sur une espèce de Limaçon terrestre dont le sommet de la Coquille se trotive cassé sans que l'animal en souffre. Ce sont des notes prises dans ces mémoires, à Paris , en 1839, qui m'ont guidé dans mes recherches.
*** A un quart-d'heure d'Agcn sur la route de Bordeaux.
**** Planche 1; fig. 4.
MOLLUSQUES DK L AGENAIS.
lentement et tomber. L'animal se mil alors à ramper et se dirigea vers les détritus que deux autres dévoraient depuis un moment.
Je pus les observer à mon aise pendant l'obscurité , au moyen d'une lampe dont je dirigeais la lumière sur eux avec un abat-jour; je les vis tous sortir de terre, manger pendant deux ou trois heures et s'enfoncer plus ou moins dans la terre après leur repas.
Le lendemain je remuai la terre pour m' assurer si la position verticale qu'ils avaient en s'enfonçant était toujours la môme. Je m'aperçus du contraire, car plusieurs avaient enfoncé leur coquille suivant une ligne oblique et d'autres dans une position presque horizontale. Je dois le dire pourtant : sur huit Bulimes que je possédais, cinq conservaient la position verticale et par sftite se trouvaient plus profondément enfoncés que ceux dont la position était oblique ; tandis que ceux enfoncés horizontalement étaient presque tous à fleur de terre. Je supposai d'après cela que les premiers s'étaient enfoncés avant les seconds et ainsi les seconds avant les derniers.
M. Brisson parle dans son Jlfemoire de jeûnes périodiques que fait l'animal lorsqu'il se sent suffisamment repu. Pour bien me convaincre de ce fait, je marquai plusieurs individus et je mapcrçus qu'après plusieurs jours passés à manger, mes Bulimes s'enfonçaient sous terre, et c'était alors que pour jeûner ils fermaient l'ouverture de leur coquille avec l'épiphragme dont il a été question : c'est donc lorsqu'ils cherchent le repos et surtout qu'ils se préparent à passer l'hiver qu'ils se cloisonnent ainsi.
Je m'aperçus , pendant les fortes chaleurs de juillet et d'août, que mes Bulimes ne sortaient que rarement de leur retraite et mangeaient fort peu. Je soulevai la terre qui les recouvrait et ma joie fut grande quand je les trouvai chacun sur une pelote de petits œufs ronds et blancs. Je me hâtai d'en briser un et j'y vis une petite coquille presque de la grosseur de l'œuf avec un rudiment de spire , mais si gélatineuse qu'il me fut impossible de la conserver.
J'attendis encore quelques jours et je brisai avec précaution un de ces œufs qui était exactement rond et friable , comme ceux des Testacelles; sa circonférence n'excédait pas 3 millimètres. La petite coquille qu'il contenait ressemblait au jeune Maillnt ombiliqué. Je la posai sur les détritus, espérant que l'animal marcherait et essaierait même de manger ; mais ni à l'œil nu ni à l'aide de la loupe je ne pus voir faire un mouvement à mon jeune Mollusque qui le lendemain était sec et mort. Enfin le 22 août, entre sept et huit heures du soir, j'aperçus deux indi-
MOLLUSQUES DE L'AdENAlS.
vidus à peine éclos et cependant marchant les tentacules en avant sur un plant de laitue que j'avais posé là à dessein.. Je les observai attentivement à la loupe et je m'assurai qu'ils recherchaient de préférence la laitue fraîche aux végétaux morts. Ils avaient la même forme que les premiers que j'avais retirés de l'œuf, c'est-à-dire que la coquille était plus large que haute, conique, arrondie, avec l'ouverture très fragile, comme toutes les coquilles non arrivées à leur entier développement ; la spire se composait de trois tours; la couleur du têt était jaunâtre et l'animal encore gélatineux avait aussi cette couleur.
Le 24 , sept petits sortirent de terre en tout semblables aux précédents. Armé de ma loupe, j'observai quelques jours après si aucune spire n'était ajoutée aux autres; il me fut facile d'en apercevoir une nouvelle : je vis que le diamètre était change et que la forme tendait à devenir cylindrique. Cette rapidité cessa tout-à-coup et mes Bulimes se cachèrent pendant quatre jours.
Le 30 août le temps devint subitement orageux; je m'empressai de monter et je vis la terre remuer dans quelques parties de la caisse; un instant après les jeunes et les vieux sortirent de leur trou et se mirent à ramper. Il est à remarquer que les jeunes n'avaient que la tête qui fût cachée sous la terre , bien que d'ailleurs ils gardassent la même position que les vieux*.
M. Brisson disant dans son Mémoire que le temps consacré à la nutrition était aussi celui de l'accroissement, je laissai mes Bulimes pendant huit jours sans les regarder, ayant soin de leur donner la pâture. Le fait se confirma : leur coquille s'était accrue et comptait déjà six tours de spire. Ainsi, depuis leur sortie de l'œuf, c'est-à-dire depuis seize jours environ, ils avaient augmenté leur spire de trois tours.
Cette croissance paraît extraordinaire et pourtant elle ne s'arrête pas là. Après quelques jours passés à manger et à jeûner, plusieurs de mes Mollusques avaient atteint huit spires; d'autres (et c'étaient les plus nombreux) en avaient atteint neuf; et j'eus même un individu qui en comptait dix et demi, sans que pour cela aucun fvlt adulte; car leur péristome n'était point' formé et leur columelle était tronquée comme celle des Agatines.
Il est à noter que, un mois et dix-sept jours à peine s'étaient écoulés
* S'inclinant plus ou moins, de manière à faire voir la forme de l'angle.
MOLLUSQUES I)K l'aCIîNAIS.
depuis leur naissance , lorsque je vis mes Buliincs avec tous leurs tours' (Nous étious alors au 22 octobre 1842.)
Toujours guidé par les notes que m'avait fournies le Mémoire de M. Brisson , j'attendais que l'animal retirât son corps et le descendît à la cloison inférieure du second tour. Je fus bientôt satisfait, car trois individus abandonnèrent le premier tour au commencement du mois cité. (Je pus m'en apercevoir à la transparence de la partie vide.) Le lendemain deux autres avaient abandonné le premier et le second; et un, plus actif, avait même quitté le troisième.
J'observai attentivement ce dernier avec ma loupe , et au moyen de la lampe placée derrière la coquille, je pus apercevoir une cloison formée au dessous des trois spires que le Mollusque avait quittées; je notai précieusement cette particularité qui me prouvait qu'au moyen de cette cloison l'animal avait le soin de mettre sa coquille à l'abri des influences atmosphériques , et qu'après cette opération il pouvait se défaire des spires inutiles , sans nuire en rien au développement des autres parties.
Il me restait à savoir comment mes Bulimes s'y prendraient pour opérer la fracture de leur coquille , et si les tours se détacheraient ensemble ou partiellement.
Malgré toute l'assiduité que je mis à les observer, sur cinq arrivés au moment de briser leur têt, deux le firent sans que je m'en aperçusse autrement que par les sommets détachés de leur coquille, que je trouvai gisants sur la terre de la caisse.
Il m'en restait trois, et de ceux-ci pourtant j'obtins entière satisfaction, carie soir, à sept heures , je vis rôder mes petits Bulimes autour des rugosités du terrain, et se posant sur la partie antérieure de leur co(iuille , la faire tourner de manière à décrire un arc de cercle. Presque dans l'angle de la caisse se trouvait la racine d'une Bclle-de-Nuit qui s'élevait au-dessus de la surface; un de mes Bulimes s'était mis tout contre, présentant sa tète dans la concavité de l'angle; alors élevant un peu la partie postérieure de la coquille , il l'agita en décrivant une courbe rapide, et, heurtant le tronc de la plante, en fit se détacher les trois tours vides brusquement et à la fois; ce ne fut pourtant que d une manière imparfaite, car plusieurs parties du 3""° tour adhéraient encore au i"" et formaient des anfractuosités assez semblables à des dents irrégulières. Je ne' tardai pas à en voir faire autant aux deux autres qui prirent (lour moyen de brisement l'un une petite pierre et l'autre un morceau de bois se détachant de la caisse. Je pus m'assurer alors qne la cloison
était faite en spirale déprimée vers les bords , convexe vers le centre, et qu'elle fermait bcrmétiquement toutes les parties du sommet.
Le retrait du corps de l'animal laissant la partie vide privée de substance alimentaire , le têt doit nécessairement arriver ;i un état de dépérissement complet. L'air comprimé par la cloison inférieure doit aussi donner plus de facilité à la cassure et rendre le têt plus susceptible d'un bris instantané lorsqu'il est frappé contre un corps dur, ce qui me fait penser que la sécheresse et l'air comprimé sont les principaux agents de la rupture.
Le temps étant subitement devenu froid et sec , mes Bulimes jeunes et vieux se cloisonnèrent et restèrent sous terre, entièrement à l'abri de l'air.
Quelque temps après , je soulevai la croûte qui les recouvrait , ayant soin do l'humecter un peu, et je vis tous mes Mollusques fermés par leur épipbragme et conservant l'immobilité des Chrysalides. Je les recouvris alors après m'être assuré que leur position était toujours variable . sans toutefois s'écarter des trois manières précitées.
Pendant tout l'hiver de 1842 à 1843, ils restèrent ainsi inertes dans leur trou ; seulement par une huitaine de jours très doux, deux ou trois sortirent et je vis les autres sans épiphragmc, sous la terre qui les recouvrait encore
Aussitôt que la végétation se fit sentir aux petits arbustes de ma terrasse, je m'empressai de lever la croûte de terre durcie au-dessus de mes Bulimes , espérant par ce moyen procurer à mes Mollusques une sortie plus facile , ce qui fut vérifié bientôt , car ils sortirent tous le soir du 5 avril.
Je m'empressai de leur apporter un plant de laitue, et l'avidité qu'ils montrèrent en dévorant tous les parenchymes de cette plante me prouva qu'ils ne revenaient à la surface que lorsque la végétation était assez avancée pour suffire à leur nourriture. Car, resserrés comme ils l'étaient au milieu d'un petit espace , dans un peu de terre végétale enclose elle-même entre quatre planches , l'air ne devait nécessairement les pénétrer que fort tard puisque, comme je l'ai dit plus haut, la caisse était sur un toit borné par quatre murs dont un seul , au couchant , laissait arriver quelques bouffées de Nord-Ouest.
Je crois bien que , libres , ils doivent sortir du sommeil léthargique dans lequel ils sont plongés avant l'époque à laquelle ils se sont montrés chez moi dans des conditions si opposées, surtout til)lii:és de liorner leurs mouvements dans un espace très limité.
MOLLUSQUES 1)E l'aGENAIS.
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J'attendais avidement l'instant qui devait me rendre témoin de l'accouplement de ces singuliers Mollusques, et je fixai principalement mon attention sur les vieux, sans perdre les jeunes de vue.
Le 6 avril , à l'entrée de la nuit , je commençai à voir quelques individus quitter leurs trous et s'acheminer presque tous vers le centre de la caisse. Après plusieurs tours très lents , deux couples semblèrent se rapprocher, et au bout d'un instant la position de leur coquille prit une direction tout-à-fait opposée, c'est-à-dire que les deux ouvertures se présentaient en sens inverse, appliquées l'une à l'autre, la base de la columellc se collant au péristomc de l'autre, et ainsi pour les deux dont les ouvertures se touchaient , laissant les sommets opposés sur un même plan horizontal.
Plusieurs de mes Bulimes s'accouplèrent le même soir , et le lendemain la majeure partie avait satisfait aux lois de la reproduction des espèces. Le lendemain l'accouplement durait encore pour plusieurs, tandis que d'autres s'étaient déjà enfoncés sous terre.
Mes jeunes Bulimes mangeaient toujours et je pus apercevoir alors que leur spire se dégageait au sommet par la rétraction du corps. Je me hâtai de briser la partie vide et je fus convaincu alors d'un fait que j'avais théoriquement avancé; c'est que l'animal, en se retirant, cloisonne la partie qu'il doit habiter pour la séparer de celle qu'il quitte , car la spire que j'avais séparée brusquement laissa à jour lapartie que l'animal cloisonnait mais qui n'était pas encore terminée. Je vis le corps se rétracter et descendre encore une spire ; un instant après je m'aperçus qu'il suintait par la partie non terminée une liqueur visqueuse qui s'augmenta lentement pendant près d'une heure et demie. Au bout de ce temps la cloison des deux tours abandonnés fut entièrement fermée par cette liqueur qui devint , en peu d'instants de la même dureté que le têt , étant comme lui du carbonate de chaux.
Mes vieux Bulimes ne se montrant plus, je dus diriger mes recherches sur les jeunes et je les suivis dans toutes les phases de leur accroissement.
Alternativement plongés dans la terre et observant leurs jeûnes périodiques , après avoir cassé leur spire deux fois , mes Mollusques m'apprirent que s'ils perdaient au sommet, leur base prenait plus d'ampleur et s'augmentait aussi pour ne point laisser de lacune dans le nombre de tours qu'ils doivent avoir, parvenus à l'état adulte.
On a vu que mes jeunes Bulimes avaient cassé trois spires la première fois, et que la spcnndc ils n'en avaient cassé que deux; relui sur lequel
MOLLUSQUES UE L AGENAIS
j'avais moi-même opéré l'amputation ne parût nullement incommode de cet accident forcé, et se portait aussi bien que ses congénères, dont la fracture s'était faite de leur propre volonté.
Quelques jours après mes Mollusques brisèrent encore leur coquille, mais cette fois il y en eut qui ne cassèrent qu'une spire tandis que plusieurs en cassèrent une et demie. La coquille se trouvait en ce moment très forte à sa base et l'ouverture affectait une forme plus accusée ; ses spires étaient au nombre de quatre et demie, ce qui laissait mes individus dans le même état qu'après la 2° fracture.
En suivant toutes les gradations de la rupture de la coquille j'en suis venu à voir son accroissement parfait lorsque les Bulimes l'eurent cassée cinq fois , pendant lesquelles un tour de spire toujours grossissant graduellement avait été ajouté à la base tandis que le sommet perdait un ou deux de ses tours. Le ligament qui enroule et fixe l'animal à la columelle a descendu deux spires de plus, de telle sorte que l'animal se trouve à la hauteur de la base qui s'élargit à mesure qu'il prend un développement plus large. Il y a donc un temps de repos entre le brisement du sommet et l'agrandissement de la base.
Vers la lin du mois de mai mes Bulimes furent tout-à-fait formés , le dernier tour constituait à lui seul les 3(4 de la coquille , le péristome s'était épaissi et se renversait même un peu vers la base de la columelle.
Ainsi, tout bien considéré, lorsque l'animal sort de l'œuf il a trois spires, il en ajoute quelquefois dix autres pendant son accroissement, ce qui fait treize et nous donne la longueur de 51 à 52 milli™. Il casse sa coquille cinq fois; à la première les tours primitifs ont été augmentés de six autres qu'il conserve, tandis que les trois premiers sont brisés. La seconde fracture est de deux tours et demi, et les trois brisures qui suivent ne sont que d'une spire chaque fois lorsque la base s'augmente d'une plus ample. Il a donc perdu trois tours une fois , la deuxième deux et demi , la troisième un , la quatrième un , et enfin la cinquième encore un ; ce qui fait un total de huit spires perdues; sa longueur est alors de 34 millimètres et son diamètre de 1 1 .
Quand à mes vieux Bulimes ils restèrent sur leurs œufs pendant à peu près deux mois, durant lesquels ils sortirent rarement de terre, touchant à peine aux aliments que je leur présentais. Les petits firent leur éclosion vers le 13 juin, j'en comptai un soir jusqu'à 32; ils n'avaient alors que leurs trois spires. Vers cette même époque mes jeunes Bulimes de 1842 s'accouplèrent , pondirent, et vers le 7 septembre 1843 je vis encore quelques petits de cette seconde couvée. Mes individus adultes étaient
MOLLUSgUES l)K I. AGENAIS.
d'assez belle taille, mais ils étaient loin d'atteiiulre les proportions colossales du Bulime Tronqué de Bougie , dans nos possessions d'Afrique.