RECHERCHE DES MOLLUSQUES
Les Mollusques terrestres , à quelques exceptions près , habitent de préférence les endroits ombragés et humides , surtout à l'exposition du levant. Quelques es[3èces affectionnent les détritus calcaires des roches arides et les pans de vieilles murailles ; mais là où il faut surtout les chercher c'est sous les amas de feuilles mortes ou au pied des vieux troncs d'arbres.
Plusieurs espèces d'Hélices, Bulimes, Ambrettes, Vitrines, &., se trouvent dans le voisinage des eaux, sous l'herbe épaisse ; généralement elles rampent sur la terre et s'élèvent peu sur les végétaux. Les plantations de jettins de saule des bords de la Garonne sont surtout fort riches en individus rares : c'est là que se trouvent en abondance les Re\i\ Fulva , Nitida, Cellaria, Hispida; les Clausilia, Plicatula, Bidens ; Pupa muscorum, Marginata ; Bulimus lubricus et Achatina acicula.
Une grande partie de Maillots se plaisent sur les rochers, surtout parmi les pierres sèches des murs de clôture. On les trouve môlés avec les Clausilia rugosa, parvula; Pupa umbilicata; Hélix rupestris , &.
Quelques espèces sont crépusculaires ou nocturnes. On
lie peut les rencontrer qu'après le coucher du soleil, connue la plupart des Limaces et la Testacelle.
Il faut se munir de pinces , dites bruœelles , assez longues et flexibles , afin de prendre le plus de soin possible en saisissant les petites espèces qui se brisent facilement.
Un flacon à large goulot , garni de coton lin et cardé , est nécessaire pour y glisser les espèces fragiles et les petits Mollusques lacustres*; et une boîte en fer-blanc, assez grande, doit être réservée aux gros échantillons. Pour éviter de les briser on peut introduire quelques feuilles de plantes , mais les plus grandes et les plus lisses possible , celles enfin qui ofl'rent le plus de facifité à l'inspection, daiis le cas oii une coquille s'égarerait.
Il est urgent d'avoir avec soi un couteau à lame solide pour fouïr la terre là où l'on suppose que vivent des Mollusques tels que Testacelles, Hélices, Bulimes, &. ; un petit marteau pour briser les fragments de roches où vivent quelques ReMx, Pupa et Clausilia; enfin un troubleau** triangulaire avec une douille en fer-blanc qui puisse s'adapter à un fort jonc de promenade : la gaze doit être assez serrée afin d'éviter le passage des espèces minimes.
On aura soin , pour les espèces aquatiques , de plonger le troubleau dans toutes les mares , les fossés herbeux , les
* H faut éviter de jeter ces individus dans l'eau, un peu d'herbe humide suffit; arrivé chez soi, on pourra sans inconvénient les placer dans un bocal avec l'eau de pluie mêlée d'eau de fontaine, recouverte de lentilles.
Filet pour la pèclic dos insectes a(piati(pics.
UECHEUCHK
fontaines et généralement tous les endroits contenant (Je l'eau. Il ne faut pas négliger de racler les parois, les vases du fond , et de bien laver le filet pour y découvrir les petites bivalves qui y vivent exclusivement.
Il faudra visiter le troubleau après l'exploration de chaque mare ou fontaine , afin de signaler exactement l'habitat des espèces qui pourraient sans cela se confondre avec d'autres.
Pour les grandes espèces de bivalves , il est urgent de se munir d'une sorte de trident très concave en dessus et garni d'une gaze métallique ordinaire. Ce trident ou cuiller devra être promené dans les vases liquides où l'on est certain de rencontrer les Mulettes, les Anodontes; line foule de Cyclades, Pisidies et même des Valvées et des Paludines.
Lorsque les vases sont trop consistantes on ne peut se procurer les espèces qui y sont enfouies qu'en entrant soimême dans les nasses , à moins de donner un salaire à un pêcheur qui consentirait à y pénétrer.
Il faut avoir grand soin de visiter les détritus laissés sur les berges des cours d'eau par les débordements. C'est dans ces alluvions que se trouvent les espèces les plus diffficiles à recueiUir. Telles sont les Valvées, Carychie, Acmée, Pupa, et les petits individus d'Hélices et Paludines.
Pour ne pas rester trop longtemps sur les berges, il suffit d'emporter une certaine quantité des détritus les plus menus que l'on fait sécher sur des linges fins , soit au soleil
OU à l'étuve. On en prend une petite poignée que l'on étend sur un couvercle de grande boîte dont le fond est blanc ; les bords de la boîte retiennent suffisamment les individus minimes*; et alors, à l'aide d'une loupe à large foyer et de pinces-bruxelles , on cherche avec soin tout ce qui s'y trouve , on le jette dans une boîte , et on fait ensuite le triage des espèces que l'on recherche de préférence.
• Il s'aK't ici de \n concavité tlii couvorclc de la boite.
CONSIÎRVATION
DE LA CONSERVATIOIN
Il y a plusieurs manières de conserver les coquilles avec leurs animaux; mais la plus communément adoptée consiste à jeter le Mollusque dans une eau saturée de sel , et à le laisser là jusqu'à sa mort. On le retire alors , on le lave à l'eau fraîche pour enlever les mucosités et les corps étrangers qui le souillent; et une fois propre , on le jette dans l'alcool mélangé d'eau , à la force de vingt degrés v Si on veut le conserver sans sa coquille , il faut l'attacher avec un fil à l'extrémité antérieure du manteau pour les Limaces et Testacelles ; par le mufïle s'il s'agit d'un univalve , et par le pied si c'est un bivalve qu'on veut conserver. Une fois les fils attachés au bouchon , on ferme l'orifice du flacon destiné à cet usage, et on lu te le tout avec soin.
Lorsqu'on veut posséder les coquilles sans les animaux qu'elles enveloppent , il faut avoir soin de les jeter dans de l'eau fraîche et les laisser se bien développer. On aura soin de tenir prêts : un flacon rempli d'esprit de vin et un pot d'eau bouillante. On précipite le Mollusque dans le premier , on l'y laisse à peu près dix à douze minutes et on le retire .
UES MOLLUSQUES
Si l'animal csl jeté en dehors de sa coquille, on le saisit avec les pinces et on lui imprime un mouvement spiral assez rapide afin de ne pas trop le heurter et bi'iser le musckî columellaire , car pour peu qu'il y ait une partie du Mollusque dans l'intérieur, la coquille reste tachée pour toujours.
Si, au contraire, l'animal reste contracté au fond du premier tour , il faut aller le chercher à l'aide d'une forte épingle recourbée en hameçon dans le sens des spires. Comme il arrive quelquefois , surtout pour les Planorbes , que le Mollusque reste enfoncé très avant, et qu'une épingle risquerait de briser le têt, on doit alors se servir d'un crochet en cuivre très délié et emmanché à un morceau de bois assez fort pour résister à la pression des doigts.
Si l'animal jeté dans l'esprit-de-vin montre encore quelques difficultés d'extraction , on le précipite dans l'eau bouillante qui doit être à portée , sur un fourneau ; on le retire cinq minutes après, on le jette dans de l'eau fraîche pour éviter les brûlures , et on recommence l'extraction. Il est rare que cette opération ne soit pas suffisante , même pour les Planorbes.
Comme la plupart sont chargés de mucus , il devient indispensable de les brosser et de les laver à l'eau fraîche.
Les coquilles bivalves sont beaucoup plus faciles à vider que les univalves ; il suffit en général de les exposer au soleil ; et lorsqu'elles ouvrent les valves , on les en retire avec un couteau bien tranchant , comme cela se pratique pour l'huître comestible. Cependant lorsqu'on tient à avoir des échantillons bien intacts et auxquels nul muscle ne
CONSEIIVATION
rëste et rie tache la nacré intérieure; on les plonge une minute dans l'eau bouillante , et alors on ôte l'animal sans effort et sans qu'il reste rien à la charnière ni aux impressions musculaires et palléales.
Après cotte opération qu'il faut éviter de prolonger, à cause du ligament qui se durcirait trop et perdrait son élasticité , il faut presser les valves , les réunir le plus possible avec du fil plus ou moins fort, selon les espèces, les bien brosser à l'eau fraîche et les placer dans un lieu sec.
On reconnaît qu'une bivalve est adulte lorsque les bords libres sont renflés à l'impression palléale et plus ou moins épaissis , selon les genres.
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