CHAPITRE IV
Parmi les éléphans de l'Inde , il y a une grande variété par rapport a la couleur, a la taille, et à la longueur de ses défenses. La couleur dominante est d'un brun noirâtre ; le blanc, qui ë"si sacré dans l'Inde chinoise, passe pour un Albinos, résultat de maladie. Dans les forêts des Ghales il y a des troupeaux de deux ou trois cents; dans le district de Tiperah du Bengale, ils sont aussi très-nombreux. Ceux de Ghittagoiig sont hautenient appréciés ; mais les plus dociles comme les plus beaux, quoique intérieurs en taille, viennent de Ceylau. Sur les montagnes du nord dé l'Inde , ils sont encore plus petits , s'élevant rarement au-dessus de 7 pieds dé hauteur; el on les chasse surtout à cause de leurs dents. La taille commune de la femelle dans l'Inde est de 7 à 8 pieds ; celle du mâle de 8 à 10. Le plus grand qui se soit jamais vu dans le pays avait dix pieds six pouces de haut, a partir des épaules; il fut pris dans l'année 1796, et appartenait au n.i bab de Aoude.Les plus grandes défenses de l'éléphant du Bengale pèsent rarement plus de 70 a 80 livres. Ces auimaux gigantesques, jadis si formidables sur les champs de bataille, ne sont maintenant employés dans 1rs armées dis<ipli-
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uecs de l'Inde que pour traîner des canons, porter des munitions, et mettre en mouvement de lourdes machines, ou transporter sur leurs larges dos la tente de pourpre sous laquelle un nabab se repose, couché sur des coussins dorés.
Les Anglais résidant dans l'Inde montent l'éléphant pour la chasse du tigre; assis dans le howdah, ou boîte carrée surmontée de coussins et d'un canapé, et attachée sur le dos de l'animal, ils sont a l'abri de la fureur de ce terrible ennemi , qui est quelquefois abattu par les balles et quelquefois foulé à mort sous les pieds de l'éléphant pendant le combat. Les dames anglaises et les jeunes enfaiis font aussi leurs promenades du matin et du soir sur le dos de cet énorme animal, qui est si doux, que, sans mors et sans bride , il obéit avec la plus grande docilité aux encouragemens et aux caresses de son conducteur Indien assis sur son cou. On fait aussi usage des éléphans dans toutes les cérémonies et processions politiques ou religieuses, et ils produisent un effet magnifique dans toutes les cavalcades orientales.
Le rhinocéros portant une seule corne est aussi originaire du Bengale et habite particulière-,
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ment les iles a l'embouchure du Gange , où on le voit fréquemment en compagnie du tigre. Ces animaux sauvages et d'une nature très-différente , quoiqu'ils n'aient aucun instinct d'association mutuelle, sont rapprochés par leurs habitudes physiques et respectives. Le tigre trouve dans les jungles et dans les broussailles des Sunderlands les alimens grossiers dont il se nourrit ; tandis que le rhinocéros cherche dans la boue et dans l'eau un abri contre les chaleurs ardentes. Le tigre royal du Bengale atteint une hauteur de cinq pieds, et est capable, dit-on, de franchir d'un bond un espace de cent pieds. Telles sont la taille et la force de ce formidable animal, qu'on l'a vu emporter des taureaux. La couleur d'un jeune et vigoureux tigre est presque d'une teinte orange brillante , zébrée de raies d'un noir de jais. La mort affligeante du jeune Hector Munro, qui fut saisi par un tigre au moment où, assis au milieu de ses amis, il partageait un repas dans file de Sangor, est une histoire devenue populaire; et la mort également déplorable, et beaucoup plus récente , d'un jeune et savant français, M. Alfred Duvaucel , neveu du célèbre baron Cuvier, vient attacher un intérêt dou-
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loureux à mes souvenirs. 11 mourut d'une blessure reçue a la chasse du rhinocéros. Conduit dans l'Inde par son( zèle pour la science, il m'était intimement connu, comme savant et comme ami. Les rapports que j'ai eus avec sa iamille, depuis mon séjour a Paris, ont renouvelé tous mes regrets.
S'il faut se rapporter aux anciennes traditions indiennes , on serait tenté de croire que le lion (appelé sin-li) se trouvait- jadis dans toutes les parties de l'Inde. Cependant la plupart des naturalistes doutent que le lion africain, ou a longue crinière , ait été originaire de cette contrée. Les autres variétés de l'espèce iéliue sont trèsnombreuses. Le serival, ou chat-panthère, animal peu connu , se trouve depuis le Dekhan jusqu'au Thibet. L'once, la panthère de Pline, habite la partie centrale du Dekhan, et la province duGoudjerate.On trouve dans le Bengale une espèce particulière de panthère, d'un noir foncé, et parsemée de taches d'un noir encore plus l'oqçé. Le tigre ordinaire peuple les Ghates de la péninsule, et Ceylan. Les léopards s'y trouvent aussi, de taille et de couleur \ariées. Une espèce appelée le chîttah est exercée à chasser