COURS DE LA PRÉFECTURE
On connaît l'œuvre du D' Rerrrer, le savant entomo-
logiste autrichien. Avec la collaboration de quelques collègues, il a entrepris une Faune des coléoptères d'Europe, disposéeen tableaux dichotomiques permettant d'arriver rapidement à la détermination des espèces. Un certain nombre de familles ont déjà été traîtées et tout le monde est d'accord sur les avantages offerts par cette publication.
Malheureusement le texte allemand est un obstacle à sa propagation en France, où l'intelligence des langues étrangères est si peu répandue. Plusieurs parties ont déjà été traduites et nous offrons aujourd'hui au public entomologique, la traduction de la famille des Nécrophages, due à un savant, aussi distingué que modeste, qui désire garder l'anonyme. Tout en respectant sa volonté, nous le prions de recevoir nos remerciments bien sincères pour l’obligeance et l'empressement avec lesquels il a bien voulu se charger de ce travail,
Nous sommes heureux aussi de saisir cette occasion de témoigner toute notre gratitude à un autre de nos collègues, passionné pour l'entomologie, et qui a bien mérité des amis de cette science en employant sa grande fortune à sa vulgarisation.
d'ensemble. Le genre Bathyscia (Adelops), entr'autres, composé de 98 espèces était d'une étude jusqu'alors inabordable. Il en est de même des autres genres cavernicoles, du groupe des Cholevæ et des Colones, des Anisotoma, etc...
Aussi les tables des Nécrophages, dit M. FauveL (1),
-sont un opuscule indispensable aux coléoptéristes. Nous
devons être reconnaissant à M. le D' REITTER qui a bien
voulu autoriser la présente traduction et nous espérons
qu'elle rendra quelques services aux entomologistes, qui
‘ignorants de la langue allemande, ne peuvent se servir
du texte original. | ‘ Ernest OLrviEr.
ST (1) Revue d'Ent., T. IV, 1885, p. 316.
La famille des Nécrophages renferme de nombreuses espèces souvent très petites, dont beaucoup, récemment découvertes, n'avaient jamais figuré dans un travail
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NECROPHAGES
PLATYPSILLIDE, LEPTINIDA, SILPHIDE, ANISOTOMIDE & CLAMDIDE Par Epmonwp REITTER
J'ai réuni sous le nom de « Necrophaga » cinq familles de coléoptères qui ont entre elles une étroite affinité. Tout en conservant la forme de tableaux, c’est leur révision, substantielle dans sa brièveté, que j’offre au public entomologique.
Il n’est pas besoin assurément de me justifier d’avoir, à l’exemple de Leconte et de Horn, séparé le genre Leptinus à titre de famille spéciale. Malgré la très grande ressemblance qui existe entre le Leptinus et différentes formes de Bathyscia, il s’en éloigne pourtant par la structure de la tête, du sternum, des hanches, etc., beaucoup plus que le genre Æucinetus ne s'éloigne des Silphides. Or, à exemple de Thomson, j'ai incorporé parmi les Silphides, à titre de tribu particulière, le genre Æucinetus, qu’on attribuait jusqu'ici aux Dascillides. Je veux bien convenir que la forme du corselet, et la structure des antennes offrent une grande concordance avec celles des Dascillides; il me semble néanmoins que, sur tous les autres points, l’affinité avec les Catopides, est plus grande encore. Dans ce genre, en effet, la structure des hanches postérieures est extrèmement remarquable, et cette structure ne se retrouve pas chez les Dascillides, mais bien dans le genre Bisaya qui doit sans aucun doute être rangé parmi les Silphides. Ce dernier genre doit nous enlever tout scrupule d’attribuer l’Eucinetus aux Silphides ; car on n’y rencontre pas seulement la forme des hanches postérieures que possède l’Æucinetus, mais il y a aussi concordance dans la structure du sternum et dans la bizarre conformation des pattes. Et comme le genre Bisaya possède une massue antennaire quadri-articulée, on doit le considérer, pour ainsi dire, comme le trait d’union entre les
Catopides et le genre ÆEucinetus.
Voici encore d’autres motifs pour lesquels j’attribue l’Eucinetus aux Silphides : 1° l’existence, à la surface apicale des tibias, d’une couronne de spinules, que l’on retrouve chez les Catopides, et notamment dans le genre Catops; chez celui-ci, lastructure des tarses est aussi complètement semblable. À ma connaissance, on retrouve encore des couronnes similaires de spinules à l'extrémité des tibias chez les Conurus, Eustrophus, Orchesia, et Mordella — 2 leur manière de vivre, différente de celle des Dascillides, dans les fongosités des arbres et dans d’autres cryptogames — 3° la structure et la forme de la larve, qui m’a aucune ressemblance avec celle des Dascillides, tandis qu’elle ressemble beaucoup à celle des Agathidium et des Clambides.
On l'a reconnu, la délimitation des genres qui constituent la division des Cholevini est jusqu'ici fort défectueuse. Thomson et Horn ont déjà démontré que Ptomaphagus ne peut être réuni à Catops ; c'est aussi à bon droit qu’Abeille de Perrin a réparti les Pholeuon de France en deux genres distincts. Si j'ai encore augmenté de quelques-uns le nombre de ces genres, il ne faut en rechercher‘la cause, ni dans l’amour du mithi, ni dans la manie de faire des genres ; le véritable motif de leur multiplication, c’est que les coléoptères minuscules sont encore peu soigneusement étudiés et ne jouissent pas en général d’une grande vogue. Une longue expérience me permet d’affirmer que la plupart des petits coléoptères sont ordinairement considérés avec de tout autres yeux que les grands, et qu'on a malheureusement coutume, à l’encontre de toute équité et de toute impartialité scientifiques, de mesurer la valeur des genres à représentants exigus d’après une règle toute différente de celle qui est employée pour les coléoptères de grande taille et faciles à étudier.
Parmi les Clavicornes, les Silphides sont la dernière famille qui exige une augmentation de genres. Ceci soit dit pour la consolation de tous ceux qui sont antipathiques à la multiplication de ces divisions et de ceux qui se montrent opposés à ce qu'on nomme la fabrication des genres.
L'étude des espèces de Ptomaphagus et des Leptoderini a fait voir que les espèces à élytres transversalement striolées appartiennent à des genres totalement différents de celles qui ont les étuis simplement ponctués. Le changement de sculpture des espèces est d'ordinaire accompagné d’une diversité dans la conformation d’autres organes. C’est ainsi que les espèces de Choleva à strioles transversales : acicularis, strigosa, transversostriata, etc, offrent chez le sexe mâle deux articles fortement dilatés aux tarses inter-
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médiaires ; leur mésosternum est caréné; leurs hanches médianes sont un peu écartées ; les autres ont les tarses intermédiaires du © simples, le mésosternum sans carène, et les hanches médianes rapprochées. Chez les Péomaphagus simplement ponctués, le mésosternum est simple et le premier article des tarses intermédiaires du ©” est dilaté, tandis que les Cafops possèdent un mésosternum fortement caréné et des tarses intermédiaires simples dans les deux sexes.
On sera peut-être surpris de ce que le genre Pholeuon, très homogène en apparence, qui comprend cinq espèces, d’après le récent Catalogus coleopterorum Europæ et Caucasi, soit décomposé en quatre genres. Mais la structure très différente du mésosternum, les tibias diversement épineux et d’autres caractères importants ont rendu cette séparation nécessaire.
Le groupe d'espèces, désigné sous le nom d’Œceoptoma qu’il ne peut conserver, et qui figure dans le catalogue mentionné tout à l’heure, ainsi que dans l'édition précédente auprès des Phosphuga avec lesquelles il n’a rien de commun, est si distinctement caractérisé, sans qu’on puisse le méconnaître, par la forme de la tête et du labre, qu’on ,ne saurait lui contester le droit générique, encore moins qu’à tout aulre genre du groupe des Si/phini.
C’est aussi une énigme pour moi de savoir comment le genre Xanthosphæra a pu être attribué comme sous-genre aux Colenis, avec lesquels il ne possède pas la moindre ressemblance.
Les Cybocephalini offrent une grande affinité avec les Nitidulaires, mais ils se trouveraient parmi eux complètement isolés sur beaucoup de points. Ils se rapprochent aussi des Clambides sous d’autres rapports non moins considérables et même par la ressemblance du faciès ; car la faculté de se rouler en boule, qui manque aux Nitidulides, existe chez eux. Je les ai donc rattachés aux Clambides, pauvres en espèces, quoi qu’il eût peut-être mieux valu les mettre à la suite, à titre de famille spéciale.
Modling, fin juin 1884.
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NÉCROPHAGES
Veux finement granulés, souvent nuls. Prosternum sans pièces latérales distinctes. Hanches antérieures saillantes, plus où moins en forme de fausset, très rarement transverses. Hanches postérieures transverses, légèrement saillantes, ou en forme de plaques et recouvrant les cuisses. Ventre composé de cinq ou six segments, rarement de quatre (Colon Q), tous libres et mobiles. Tarses de trois à cinq articles, les postérieurs presque toujours simples.