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Une mascarade d'artistes, à la gilde de Saint-Luc

Dans une salle tendue de drap d’or, et dans la frise supérieure de laquelle se dessinent les armes de la célèbre confrérie, se répandent des groupes joyeux et animés. Turcs, arlequins et autres masques se pressent, au premier plan de droite, derrière une table chargée de vaisselle d'argent que dresse un jeune valet. À gauche, des joueurs de harpe, de guitare, de flageolet et de viole donnent le branle aux danseurs, pendant que dans le fond un personnage, à l’air méditatif et qu'on suppose être le portrait du peintre lui même, assiste avec gravité à cette folle mascarade. Un couple, princièrement vêtu, attire les regards au premier plan ; sans doute, des visiteurs de distinction, en l’honneur desquels se donne la fête. L'homme, en jaquette à crevés rouges, porte sur l'épaule un petit manteau d'un bleu éclatant ; la dame, aux jupes de drap d’or et de soie rouge étagées, a le buste enserré d’un corselet vert, garni d’or et de perles. Une écharpe pensée et une robe ouverte de la même nuance complètent ce costume d’une grande richesse.

Ce qu’il y a surtout de marquant dans ce panneau, d’une conservation parfaite et qui constitue un véritable document historique, c’est l'éclat des couleurs tranchant les unes sur les autres, sans heurts et sans brutalité.

La correction du dessin et l'intérèt de la composition en font une œuvre des plus intéressantes du genre.

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