H., Ora,30. L., 0m
124 — La Cigale.
Première pensée.
Signé et daté.
B. — H.,0»,30. L.,Ora,li.
LEHMANN (Henri)
125 — Vénus désarmant l'Amour.
PALIZZI
126 — La Vallée d'Auge.
Esquisse faite d'après nature pour le grand tableau la Vallée d'Auge.
T. — H., 0m,64. L., lm,4i.
PENGUILLY-L'HARIDON
127 — L'Enfant prodigue.
Signé à gauche et daté.
PUVIS de CHAVANKES
128 — Etude pour la grande décoration allégorique représentant la Paix.
Collection Paul de Saint-Victor.
Ii. — II., 0»,38. L., 0m,30.
REGNAULT (Henri) 129 — La Sortie du Pacha à Tanger. 1870.
(Son dernier tableau).
N° 19 du Catalogue de la vente de Henri Regnault.
Théophile Gautier disait, de celte peinture exceptionnelle : C'est de la grande peinture, une merveille, une symphonie en blanc majeur
Mais, entre ces tableaux d'Afrique, le moins connu et le plus significatif, le moins choyé et le plus heureux, le moins réputé et le plus digne de l'être, celui qui l'emporte sur tous par l'intérêt qu'il offre pour le critique et le biographe, celui qui. malgré ses dimensions restreintes (hauteur, 0m, 47 ; largeur 0m.T^). inaugure un nouvel idéal et marque un retour vers la nature, c'est la Sortie <lu Pacha, à Tanger. Il semble que Regnault soit rentré en possession de lui-même , qu'il ait recouvré sa primitive indépendance; il s'abandonne à sa verve, il s'échauffe au contact du luxe, de l'agitation de ce monde de l'Orient qui ne s'éveille qu'au jour d'une coutume religieuse ou d'une fête éclatante. Le faste, le mouvement, tout ce qu'il aime et recherche est là sous
ses yeux, sous sa main; comment ne tirerait-il pas profit d'une telle bonne fortune?
De hautes maisons, semblables à d'énormes dés taillés dans des bancs de craie, dominent et entourent le spectacle, envahissant la toile au point de ne laisser au peintre, pour composer sa scène et faire mouvoir ses personnages, que l'étroit espace d'une petite placeet d'un angle de rue; mais, loin d'écraser les figures, l'architecture, avec ses proportions lourdes, rend, par la qualité neutre du ton, par la rudesse de la facture, plus évidents encore le fourmillement de la vie, l'animation de ces êtres minuscules si délicatement traités. Au pied des bâtiments, diversement frappés par le soleil ou l'ombre, sous la claire lumière du Midi un peu affaiblie par les nuages d'un ciel gris, la foule se presse et ondoie. Au premier plan, des cavaliers marocains — coupés par la bordure — rangent leurs montures ; d'autres portent des étendards ou refoulent la masse avide, curieuse, qui se rue au passage du cortège. Les sais tiennent les chevaux des mouchirs prêts à se mettre en selle et, du fond de la cour, vêtu de blanc, sur un cheval blanc harnaché de rose, le pacha s'avance lentement, suivi d'un cheick en burnous bleu, entre deux lignes de gardes. ■ — Au delà des murailles s'aperçoit, dans le lointain, sur un aride escarpement, la Casbah, drapeau rouge déployé et flottant au vent.
L'œuvre est d'une pénétration exquise. Quoi de plus finement analysé, de plus finement transcrit que la gravité du pacha, la surexcitation du peuple, que l'empressement des soldats penchés pour guetter leur souverain et l'impatience des chevaux arabes qui dressent l'oreille et qu'on entend hennir? Le peintre n'est pas moins à louer que l'observateur clans ce tableau inachevé qui, à côté de parties où la toile est à peine couverte, l'intention à peine lisible, en réunit d'autres où l'écriture est précise et sur lesquelles l'artiste n'avait plus à revenir. Partout, alors même que l'exécution paraît poussée jusqu'aux limites du possible, alors même que Regnault peint ces sais, ces chevaux hauts de 2 à 3 centimètres et si parfaits qu'ils demandent à être examinés à la loupe, sa touche alerte, spirituelle, qui ébauche et finit d'un coup, ne garde aucune trace de l'effort, de la difficulté d'envelopper dans l'atmosphère des figures presque microscopiques, de leur donner un caractère, une individualité, tout en conservant cette ampleur qui atteste que la même main a brossé la Sortie du Pacha et le Portrait de Prim.
(Extrait du livre Henri Regnaull, par Roger MARX.)