‹ Tableaux anciens et modernes de premier ordreChapitre 8 sur 32 · JORDAENS · texte numérisé non relu

JORDAENS

26 — Job.

Il est représenté en buste invoquant le ciel. Très belle et énergique exécution.

On lit en haut, à droite : Job.

Galerie l'ommersfelden.

Collection de Schœnborn.

il) Documents donnés par M. Alfred Michiels.

LACROIX (Etienne-François de)

(Élève de Joseph Vernet).

27 — Vue du port de Gênes.

Signé à droite, et daté 1773.

T. — H., Im,l8. L., 2m,16.

28 — Vue prise à Baia.

Signé et daté.

Pendant du précédent.

T. — H., lm,48. L., 2->,16.

MEMLING (Hans)

29 — Sainte Véronique,

Ce tableau représente sainte Véronique portant le voile où une sueur sanglante a empreint la face du Sauveur. Elle est debout, seule au milieu d'une campagne que traverse un chemin sinueux.

Un manteau d'un bleu foncé et une robe amarante clair forment son costume. Le paysage est éclatant de lumière et d'un caractère primitif.

Sur le voile de gaze légère et diaphane, la face du Seigneur a une fermeté de dessin et de couleur, une solidité aussi grande que si les chairs étaient réelles.

Cette peinture, exécutée sur bois, est admirable comme conservation. Ce tableau, qui provient de l'ancienne collection du prince de Liel, a toujours été considéré comme étant une œuvre de Memling, par sa pureté exquise, sa délicatesse et sa grâce noble et idéale.

Pourtant, plusieurs experts et écrivains, entre autres M. Michiels, ont cru reconnaître qu'elle devait être attribuée au célèbre Simon Marmion de Valenciennes, surnommé le prince d'Enluminure, et qui fut le peintre de Charles le Téméraire.

MEMLING (Hans) — Ecole de

(Ecole primitive flamande).

30 — Le Triomphe de la Rose rouge.

Histoire de la réconciliation des maisons de Lancastre et d'York, avec l'assistance de la Vierge, dont quinze panneaux racontent la vie, joies et douleurs. Le seizième panneau central donne la note d'histoire ; il est comme un poème d'actions de grâces, pour une victoire définitive et pacifique des Lancastres : le Triomphe de la Rose rouge.

Énumérons d'abord la vie de la Vierge :

1" Annonciation.

2° Visite de la Vierge à sainte Elisabeth.

3" Jésus dans sa crèche, adoré parles anges.

4° Jésus présenté au Temple.

5° Jésus au milieu des docteurs.

6° Jésus au jardin des Oliviers.

7° Jésus attaché à la colonne et flagellé.

8° Jésus bafoué, appelé dérisoirement roi des Juifs.

9° Jésus succombant sous la croix.

10° Jésus en croix; au pied de la croix, la Vierge et saint Jean.

11° Jésus sortant du tombeau.

12° Jésus montant au ciel.

13° La Vierge au milieu des disciples recevant l'inspiration du Saint-Esprit.

14° Mort de la Vierge.

15" La Vierge couronnée parla Trinité.

L'histoire de la Vierge se trouve ainsi complète.

Le grand panneau central est, nous l'avons dit, allusif à la division des deux maisons d'York et de Lancastre et à la guerre des Deux-Roses. Le seigneur agenouillé doit être Henri VII Tudor, proclamé roi en 1485, qui se rattachait aux Lancastres par les femmes. 11 épousa l'héritière de la maison

d'York ; ce mariage mit fin aux divisions. Une branche des Lancastres avait pour chef Jean de Gand, pour lequel le comté fut érigé en duché, et comté palatin on souveraineté indépendante sous Edouard III, père de Jean.

La Vierge est debout, couronnée. La Rose rouge et la Rose blanche, disposées en guirlande, lui composent une manière de portique. L'Enfant Jésus semble élire la Rose rouge, emblème de la maison des Lancastre, en posant sa main dessus. La main droite bénit Henri agenouillé. Derrière Henri, dans l'attitude des partis en guerre, sont des chevaliers, l'un agresseur, et les autres défenseurs. C'est une allusion au passé ; la guerre vient de finir. La Vierge, que l'on a sans doute implorée, préside à cette paix réalisée par son intercession. A sa droite, s'agenouillent les plus grands potentats du siècle :

Saint Dominique personnifiant la foi ;

Le pape Alexandre VI ;

L'empereur Frédéric III, père de Maximilien, aïeul de Charles-Quint, dernier empereur couronné à Rome (remarquer la couronne impériale et romaine du personnage);

Et enfin, Ferdinand V, dit le Roi Catholique, introducteur en Castille de cette même Inquisition représentée par saint Dominique.

L'acte du chevalier qui menace Henri de son poignard et lui présente en même temps le rameau de Roses blanches, emblème de la maison d'York, confirme et caractérise la donnée historique de ce merveilleux et précieux ouvrage.

Dans le fond, un paysage : églises et maisons gothiques.

Nous reproduisons ci-dessous la notice due à M. Paul Lefort, publiée dans le Catalogue de 1878 (vente Astruc) :

« Ce mystérieux et précieux tableau votif, allusif, sans doute aucun, à l'heureux dénoùment, pour les Tudors, de la guerre des Deux-Roses, avec ses quinze petits panneaux reproduisant

les scènes principales de la vie du Christ , quinze perles sertissant un diamant, est, nous ne craignons pas d'y insister, un monument du plus haut comme du plus sérieux intérêt pour l'histoire de la primitive Ecole flamande et des origines de l'art.

« Sont-ils de Memling ces merveilleux panneaux? Sont-ils plutôt dequelque autre élève des Van Eyck, on bien de ce Gérard David, de cet Hugo van der Goës, ou de ce Stuerbout dont nous savons encore si peu de chose?

« Le temps, les documents, les éléments de comparaison et d'étude, tout manque à notre critique pour résoudre sur l'heure, avec pirme- à l'appui, l'attirant problème que posent ces délicates peintures, Véritables miniatures à l'huile, ingénieuses autant qu'ingénues, si exquises dans leurs fins détails, toutes d'une simplicité d'inspiration et d'une grâce d'exécution également charmantes et fortes. Ah! cet art du quinzième siècle, que d'énigmes laborieuses il présentera longtemps encore!

« Mais, à quelque nom qu'on s'arrête dans la recherche de ces précieuses peintures, il n'en demeure pas moins acquis que nous sommes en présence d'une œuvre hors ligne, capitale, historique au premier chef, et de tous points digne de prendre place dans la plus noble collection ou dans le plus riche musée ; et, s'il en devait advenir, comme nous osons le souhaiter, c'est dans un des nôtres qu'elle ne tarderait guère à trouver cette place. Croyez, au surplus, que plus d'un de ces petits panneaux où se déroule avec tant de naïveté et de grandeur quelque épisode de la vie du Christ, n'y ferait point trop insuffisante figure. »

MIERIS (Willem) 34 — Danaé.

Elle est représentée sur un lit de repos; près d'elle, un Amour soulève son voile; au premier plan, un autre Amour recueille les pièces d'or.

Grande finesse d'exécution.

MIGNON (Abraham)

32 — Son portrait.

Il est représenté debout, eu costume de l'époque, recouvert d'un manteau de velours, appuyé contre une balustrade en pierre.

De la main droite il retient son manteau, la gauche est étendue vers un parc. Derrière lui, des arbres, un vase Louis XIV et des fleurs merveilleusement peintes.

Très belle signature sur le socle en toutes lettres : A. Mignon f.

T. — II., 0'",57. L., 0'",i8.

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