Portrait d’une jeune Princesse
Elle est représentée en pied de trois quarts à gauche. Son visage, qui garde sous des traits gros les signes de l'enfance, est rose et mat sous ses cheveux blonds, dont le chignon est enfermé dans un béguin grenat foncé, garni de perles : elle porte une épingle à pendants de perles près de la tempe gauche, une perle attachée par un étroit ruban rose aux oreilles, un collier de chainettes d’or autour du cou et des bracelets de pareïlles chaînettes au poignet.
Elle est vêtue d'un costume de soie vert foncé aux bords passementés, serré à la taille par un cordonnet large de même couleur. La robe de dessus, ouverte sur le devant sur une jupe plus courte à galons d'or, est à vertugadin : le corsage est couvert sur la poitrine par une fraise de batiste aplatie garnie de point-coupé ; les manches à gigot, tailladées à l'intérieur, se terminent par des rebras en batiste plissée garnis également de point-coupé. La main gauche pend naturellement le long du corps ; la main droite, le bras ployé, tient un éventoir de plumes noires à manches d'ébène. A ses pieds elle a deux chiens, l’un à gauche qui se frotte contre elle, et apparaît de profil, l’autre plus petit qui se dresse sur ses deux pattes de derrière et s'appuie sur sa robe. Le sol est carrelé en damiers. La figure se détache sur un fond sombre.
Panneau. Haut., 1,20; larg., 0,88.
Collection Marquis Charles de Valori.
33, —- Portrait d’Adriana Pannier.
Elle est vue de trois quarts à gauche, jusqu'à mi-corps, en robe noire à passepoils de satin de même couleur. Autour du cou elle porte une ample fraise de batiste blanche à tuyautés rigides et sur ses cheveux roux, relevés et dégageant lefront, un béguin de crêpe noir plissé à calepin en pointe. Le visage est singulièrement caractéristique : ovale émacié et ravagé par les douleurs morales, la bouche aux lèvres épaissies par la fièvre, le nez fort, les pommettes saillantes et rouges, les yeux au regard aigu enfoncés sous les orbites que la douleur physique a creusés. C’est une expression intense de vie qui fait oublier la laideur triviale des traits.
A gauche à mi-hauteur, on lit: Ætatis 56. J. G. Cuyp fecit, A° 1641. Panneau. Haut., 0,72 ; larg., 0,58 Gravé par Desnoyers Collection Didot, Paris, 1825.
Collection Maurice Kann, Paris.
le) PDRS 10 ECC